Jour 7 : Rudkøbing – Maribo (64 km)

En ce septième jour de vélo sur les routes danoises, on découvre enfin un Danemark relativement plat ! J’entends déjà les railleurs ricaner, goguenards, que le plus haut sommet du Danemark, hors Groenland et Îles Féroé, culmine à 170 mètres. D’accord, c’est pas l’Everest. Mais je signale quand même que grimper une fois mille mètres ou dix fois cent mètres, ou même cent fois dix mètres, c’est du pareil au même. Non mais !

En route !

Cette mise au point faite, revenons à cette journée, commencée inhabituellement tard puisque nous ne sommes partis qu’à 8h20 ! En même temps, on avait une bonne raison pour ça : le petit-déjeuner n’était pas servi avant 7h. Et alors qu’on allait partir, un autre cycliste nous a interpelés pour nous demander une clé (pas pour ouvrir une porte, hein : pour réparer un truc sur son vélo). Ça nous a permis de découvrir qu’il y avait d’autres cyclistes à Rudkøbing, alors que jusque là on avait plutôt eu l’impression que les seuls autres touristes étaient un car de pensionnés ! 

Comme j’avais la clé en question et qu’entre cyclistes, faut s’entraider, je lui ai prêté ma clé, même si on piaffait d’impatience, puisqu’on visait le ferry de 9h15 à l’autre bout de l’île.

Bon, l’autre bout de l’île, dans le sens ouest – est, ça fait à tout casser 10 km, donc pas de panique : on l’a eu, notre ferry, et largement, puisqu’avec le vent dans le dos (merci Hans !), on a roulé jusqu’à l’embarcadère à une moyenne honorable de 20 km/h.

C’était un gros ferry, pouvant accueillir non seulement des vélos, mais aussi des voitures et des camions. Après les 45 minutes de traversée (qu’on a passées à l’intérieur, parce qu’il faisait assez caillant, même sur la terre ferme), on a rejoint nos vélos, un peu saisis par une forte odeur, pas très agréable. C’était un camion de transport d’animaux vivants, en l’occurrence de malheureux cochons, qu’on entendait bouger et grogner à l’intérieur. Pauvres bêtes… En plus, comme on quittait le ferry, un autre camion rempli de cochons attendait pour embarquer. C’était vraiment pas possible de laisser les cochons de Langeland à Langeland, et ceux de Lolland à Lolland ?

Oui, Lolland, c’est le nom de l’île sur laquelle on a donc accosté vers 10h, plus exactement à Tårs. On a suivi l’itinéraire 8, qui nous a fait passer par un fort convenable chemin de terre traversant une forêt et longeant le fjord de Nakskov, on a eu de belles pistes cyclables, de belles routes goudronnées aussi, le tout dans un environnement tantôt champêtre, tantôt boisé, et surtout, relativement plat ! On a vu des chevreuils – ou des daims, ou des biches, des trucs du genre, qui s’enfuient dès qu’ils vous aperçoivent -, on a eu du vent encore, bien sûr, mais un peu moins qu’hier, et des gouttes de pluie, mais pas beaucoup : il faut dire que, malins comme on est, on s’est vite rendus compte que si on allait dans le même sens que le vent et qu’on était sous un gros nuage, on risquait fort d’y rester longtemps. Aux premières gouttes, on a donc sagement attendu quelques minutes, plutôt que d’essayer de dépasser ledit nuage.

Lolland nous a semblé moins proprette que le reste du Danemark traversé cette année : plus de maisons en ruine ou en tout cas mal entretenues, et la ville de Nakskov, qu’on a traversée rapidement, nous a semblé un peu triste, mi-industrielle mi-portuaire, mais sans charme. 

Au niveau densité de population, c’est toujours pareil : très peu d’habitations, très peu d’horeca aussi, et pas beaucoup plus de bancs publics ou de tables de pique-nique, mais on commence à avoir l’habitude. Aussi, quand on a vu deux petits bancs à Stokkemarke, on n’a pas hésité et on a sorti notre sandwich. Il était 12h20 et on avait fait 47 km.

C’est toujours vent dans le dos qu’on est repartis pour notre B&B du jour, le Skelstrupgaard, où on est arrivés peu avant 14h et qui s’avère être un endroit adorable, une sorte d’ancien bâtiment de ferme en carré comme il y en a beaucoup par ici, converti en appartements. De la ferme, il reste quelque chose, puisqu’il y a des oies et des poules en liberté. Et on a un charmant appartement avec une petite terrasse. 

On prend le temps de s’installer, puis on repart à vélo vers Maribo, car nous logeons en fait à Skelstrup, un village juste à côté, à 3 km. Maribo n’est pas bien grand, mais assez pour qu’il y ait des panneaux touristiques indiquant les principales « attractions », notamment une cathédrale et un lac. C’est donc vers là que nous nous dirigeons. La Maribo Domkirke, une cathédrale luthérienne, est située quasiment au bord du lac Søndersø, un magnifique espace vert aménagé pour les loisirs calmes – c’est précisé sur un petit panneau.

Et justement, le loisir calme, pour Philipp, c’est s’asseoir au bord du lac (il y a là des sièges métalliques pivotants), et pour moi, comme d’habitude, c’est aller voir un peu plus loin, en l’occurrence de l’autre coté du lac, où il y a un restaurant (pas végétarien pour un sou) et une magnifique vue sur la cathédrale.

Après quoi, on est tous les deux d’accord pour dire qu’il commence à faire faim. Et l’offre de restaurants étant assez limitée, on opte pour un burger végétarien au café Victoria. Ce n’est jamais que le quatrième, et c’est aussi le meilleur !

Non, ce n’est pas notre resto du jour, mais je ne savais pas où la placer…

Ensuite, on rentre « à la maison », non sans s’arrêter au Rema 1000, un supermarché où on s’achète de quoi petit-déjeuner demain matin, et aussi une canette de bière à se partager sur notre petite terrasse : ce soir, c’est fête !

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