Épilogue

Encore un beau voyage qui se termine, mais aussi un projet, puisqu’après 5 années pendant lesquelles nous avons suivi le même chemin, reprenant chaque année là où nous nous étions arrêtés l’été précédent (bon d’accord, avec une exception pour Copenhague), nous mettons un point final à cette « ruée vers l’est » qui nous aurait fait faire, au total, 4750km environ. D’abord parce que plus à l’est, dans les conditions géopolitiques actuelles, ce serait trop, mais aussi parce que finalement, ces voyages de deux jours pour arriver à notre point de départ, puis de deux jours pour revenir de notre point d’arrivée, sont plus fatigants que le voyage cycliste lui-même ! 

De plus, personnellement, tout en étant très heureuse d’avoir découvert le Danemark et la Pologne, j’arrive à la conclusion que finalement, ce que j’aime, c’est rouler. Et que donc, peu importe finalement de le faire dans des contrées reculées ou plus près de chez nous ! Bien sûr, rien ne dit que j’en serais arrivée à cette conclusion sans ces quatre années d’ « exotisme » (je ne compte pas Kalmthout – Cuxhaven, parce que l’Allemagne, c’est encore relativement proche – demandez à Philipp si vous ne me croyez pas !).

Ce que je retiens de la Pologne (je parlerai surtout d’elle ici, car l’Allemagne, même de l’Est, outre que c’est encore relativement proche – demandez à Philipp si vous ne me croyez pas -, on connaissait déjà de l’année dernière), ce sont essentiellement les étendues de forêt. Je n’imaginais vraiment pas la Pologne comme ça, et sûrement pas la côte baltique, qui est quasiment bordée de forêt tout au long du tronçon qu’on a parcouru.

J’ai été frappée aussi par le sentiment de proximité que j’ai eu avec la Pologne, malgré la langue. Je m’attendais sans doute à être plus dépaysée, et en réalité, j’ai eu le sentiment très vif que c’était toujours du « familier », que ce soit au niveau des paysages ou de l’architecture, de la nourriture (j’y reviendrai), de l’infrastructure urbaine ou de la culture en général.

Les Polonais nous ont souvent fait penser aux Danois : très peu souriants (moins encore que les Danois, je dirais, mais je n’avais pas emporté mon souriromètre), avares de mots inutiles, mais généralement très serviables. On a été très frappés aussi par leur manque de maîtrise d’une langue étrangère, à moins que ce soit une volonté de ne pas parler autre chose que polonais. A part près de la frontière allemande, où l’allemand était évidemment encore très présent, on a très vite été confrontés à des gens, même dans les hôtels et restaurants, qui ne nous parlaient que polonais. Les logiciels de traduction nous ont à quelques reprises été précieux, malgré les efforts et les progrès louables de Philipp en polonais.

En ce qui concerne la nourriture, sans doute parce que nous longions la côte, nous avons surtout rencontré des restaurants spécialisés en poisson. Mais il y avait la plupart du temps quelques plats de viande, et avec un peu de chance, quelque chose de végétarien ! Parfois un burger végétarien, parfois une salade au haloumi ou des pierogi, sortes de raviolis farcis à un peu de tout, souvent des épinards, mais aussi des champignons, etc. A Gdansk, la cuisine était évidemment plus internationale.

Au total, nous avons fait 893,37km de Rostock à Gdansk. Mais si on y ajoute les petits « morceaux » pour arriver à Rostock, pour revenir à Bruxelles et (une seule fois) pour aller manger au restaurant le soir, il faut ajouter 32,73km, ce qui nous fait un total général de 926,1km. En termes de dénivelé positif, « on est sur du » (tentative puérile de parler jeune) 3302m, 3462 si on compte aussi les petits morceaux.

On a été partis 21 jours, mais notre voyage cycliste proprement dit a duré 15 jours, puisque nous avons mis 2 jours pour arriver, 2 jours pour rentrer, et sommes restés deux fois deux jours au même endroit (à Świnoujście et à Gdansk).

On n’a eu qu’un jour de franche pluie et deux crevaisons. Et mon vélo approche tout doucement des 20 000 km parcourus ! 

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Jour 21 – 7 août : Porta Westfalica – Bruxelles

On se met en route avant 9h après un bon petit-déjeuner, et à 12h on est à Europcar Aachen, où on restitue le van. De là, on pédale jusqu’à la gare de Aachen, où on arrive bien à temps pour le train de 12h37 vers Verviers. On descend à Welkenraedt, et c’est là que les ennuis commencent !

On a normalement 50 min pour changer et prendre un train pour Bruxelles. On l’attend donc sagement voie 3, jusqu’à ce que Philipp ait l’idée d’aller demander à un contrôleur si notre train roule bien normalement, vu qu’on entend des annonces concernant la liaison perturbée entre Verviers et Liège (ce qui a priori ne nous concerne pas, mais sait-on jamais…). Il fut bien inspiré, car à cause d’un incendie à Bruxelles, il n’était en fait pas du tout certain que notre train aille jusqu’à Bruxelles, et le contrôleur nous conseillait donc d’aller plutôt jusqu’à Liège par un train partant de la voie 1, partant du principe qu’il y aurait de toute manière plus de choix de trains à Liège. Changement de voie donc, sans ascenseur évidemment, sinon c’est pas drôle…

On s’installe dans le train, un contrôleur passe, on s’informe encore par acquit de conscience, d’autant que notre train ne part pas, et là le gars nous dit qu’il ne sait pas si le train va repartir car il n’a pas de conducteur pour le moment ! Finalement, il est donc préférable de prendre le train pour Bruxelles à la voie 3. On rechange donc de voie (toujours sans ascenseur), dans le stress car  on voit notre train arriver alors que nos deux vélos et nos quatre sacoches sont disséminées un peu partout sur le chemin entre la voie 1 et la voie 3 (Philipp transporte les vélos, moi les bagages, selon une méthode désormais éprouvée) et je me fais au passage donner des leçons de politesse par un contrôleur parce que, courant et transpirant sur le quai, je ne lui ai pas dit bonjour avant de lui demander où était le wagon vélos !

Le contrôleur dans le train est très gentil et nous fait oublier nos mésaventures, et qui plus est il nous rassure : dans notre wagon vélo, il y a un bouton permettant d’ouvrir soi-même la porte quand on arrivera gare du Midi. Nul besoin donc d’espérer qu’on vienne nous ouvrir… Sauf que pas de chance, arrivés à Bruxelles-midi, la porte ne s’ouvre pas, malgré mes essais répétés. Au grand maux les grands remèdes : j’appuie sur le bouton d’appel d’urgence, tandis que Philipp se précipite sur le quai par une autre sortie pour trouver le contrôleur… qui heureusement, après un temps qui m’a semblé très long, vient me libérer, moi, mes deux vélos et mes quatre sacoches !

On fait les derniers kilomètres jusqu’à la maison à vélo, allez savoir pourquoi…

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Jour 20 – 6 août : Gdansk – Porta Westfalica 

Lever à 6h30 aujourd’hui, car notre train part à 7h28. Il fait ensoleillé pour notre départ, mais très venteux. On roule jusqu’à la gare, puis en embarque sans encombre dans notre train, même s’il n’est pas des plus adaptés aux vélos avec les trois marches à gravir.

À 13h30, on arrive en gare de Berlin Gesundbrunnen, et un peu avant 14h on est chez Europcar. On a un van Renault, plus petit que celui qu’on a eu à l’aller, et à boîte manuelle. On se met en route tout de suite, on roule sans trop d’encombres (juste quelques petits ralentissements), et vers 18h20, on est à Porta Westfalica, à la pension Zum Angestellten, où on a une superbe chambre, très spacieuse, au rez-de-chaussée. 

On a fait 938km aujourd’hui, dont à peine 6 à vélo, un bon 400 en voiture et le reste en train !

On va manger une « pinsa » (sorte de pizza de forme plus ou moins rectangulaire, délicieuse !) au Linus, on s’offre encore un moelleux au chocolat à se partager, puis on va se balader jusqu’au parc derrière la maison communale. Et puis dodo !

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Jour 19 – 5 août : Gdansk

En gros, on a arpenté la ville de long en large, flânant dans le marché Sw Dominika, le nez en l’air à s’extasier sur les façades magnifiquement décorées, à la fois très différentes les unes des autres et tellement en harmonie les unes avec les autres.

On a été conquis par cette ville, et on compte bien y revenir !

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Jour 18 – 4 août : Hel – Gdansk

J’ai oublié de parler hier des progrès de Philipp en polonais. Il est pourtant très fier, et à juste titre, de se débrouiller très convenablement en polonais.

Comme les tentures occultantes ne sont visiblement pas habituelles en Pologne, on est à nouveau éveillés vers 6h. Et à 8h on est au petit-déjeuner au seul établissement de la rue principale déjà ouvert, le Kutter, un restaurant cachoube qui propose un buffet assez international (traduction : avec des croissants ! Même s’ils sont fourrés au chocolat ou à la pâte d’amande).

On rentre ensuite à notre appartement, que l’on quitte à 9h après avoir remis les clés à Marzena (la dame qui nous les a apportées hier). On se met en route vers le port, pour l’achat des tickets pour Gdansk. Il n’est que 9h10 quand on y arrive, mais le guichet est déjà ouvert et il y a 5 personnes avant nous. Dire que la préposée nous a dit hier qu’on pouvait venir à 10h, alors que le ferry part à 10h20 !

Nous ne sommes que trois cyclistes à bord. La troisième est une Allemande qui engage la conversation avec Philipp et ne le lâche plus. Moi, pendant ce temps, je bronze – en tout cas quand des nuages menaçants ne cachent pas le soleil.

On entre dans le port à 11h40, et on en déduit que la préposée qui nous a vendu une traversée de 2h nous a menti. Mais en fait non : le port est gigantesque, et on met encore 40 min à atteindre l’endroit où on accoste, quasi au centre ville ! 

Première étape : la gare, pour prendre nos billets retour Gdansk – Berlin (on fera la suite en voiture de location, de Berlin à Aachen, puis à nouveau en train).

On continue ensuite vers notre hôtel, situé non loin de là, mais on s’arrête en chemin pour manger notre repas de midi dans une petite rue très animée. Puis on parcourt les dernières dizaines de mètres qui nous séparent de l’hôtel (un peu plus car le pont pivotant est rabattu, et ne sachant pas quand il va se remettre en position, on préfère emprunter le pont fixe suivant). 

Comme notre chambre n’est pas prête (on est 30 min trop tôt), on laisse bagages et vélos à la réception et on repart faire un petit tour du quartier. À 15h, on prend possession de notre chambre. On repartt ensuite à la découverte des environs, puis, après un apéritif dans un établissement, on prend notre repas du soir au Mon Balzac.

On est tous les deux sous le charme de Gdansk: une ville hanséatique où la beauté est omniprésente – les touristes aussi, cela dit. Qui sait, peut-être y reviendra-t-on un jour pour un séjour plus long et hors saison ?

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Jour 17 – 3 août : Władysławowo – Hel (41,2km)

On n’est pas pressés aujourd’hui, donc on a décidé de traîner un peu à Władysławowo, qu’on a traversé sous la pluie hier, avant de prendre la direction de Hel. Le phare et le port en tout cas semblent valoir la peine d’être vus. 

Je n’en ai pas encore parlé, mais on est depuis le début de ce voyage en Poméranie. Une région dont le nom remonte à mon enfance, puisque mon grand-père y a été emprisonné pendant la seconde guerre mondiale dans le fameux stalag IIB, à Hammerstein. Bien plus au sud donc, mais quand même…

Bref…

À nouveau, on est sans effort à 8h au petit-déjeuner après une nuit pas terrible pour moi, entre cauchemars, douleurs à l’épaule et hurlements (pas les miens) dans la nuit. 

Le temps est sec, mais il ne tarde pas à commencer à pleuvoir pendant qu’on déjeune. Les œufs brouillés sont au lard, zut ! À la place, je découvre le raifort, moins convaincue, même si dans un sandwich au fromage, ça passe finalement pas mal.

De notre balcon, on voit bien la presqu’île de Hel, vers laquelle on se met en route vers 9h35 après avoir un peu hésité : il y avait tellement de monde hier sur la route qui y mène, de véritables bouchons ! Et nous ne sommes pas sûrs de ne pas devoir faire la trentaine de kilomètres sur cette route hyper fréquentée. Après tout, on pourrait encore modifier nos plans, rester sur le continent et prendre un ferry à Gdynia jusqu’au village de Iel, situé à l’extrémité de Iel, où on a réservé notre logement pour la nuit.

Mais non, faisons ce qu’on a décidé, on verra bien ! 

On renonce au phare de Władysławowo, situé à 8km dans la direction opposée à celle qu’on doit prendre, mais on fait un crochet par le port, pas vraiment le petit port de plaisance plein de charme…

Nous voilà donc rapidement sur la piste cyclable balisée R10 qui nous mène sur (la presqu’île) et à Hel. Sur les premiers kilomètres, on a l’impression d’avoir débarqué à Tomorrowland : le long de la route se succèdent les campings fréquentés quasi exclusivement par une faune de jeunes « alternatifs » aux mines pas toujours très fraîches. On se demande un peu ce qu’on fait là, mais après quelques kilomètres, le paysage change radicalement, et on se retrouve sur une magnifique piste cyclable qui longe la mer (côté sud et continent). Est-ce la météo peu engageante ? Toujours est-il qu’il n’y a vraiment pas la foule qu’on craignait. 

On fait un premier arrêt à Chalupy, quelle paix soudain ! La mer est étale, parsemée de quelques frêles embarcations colorées. On est sous le charme et on profite de ce qu’on a tout le temps (on ne peut pas arriver avant 15h à notre logement) pour faire quelques autres petites pauses, ainsi que quelques détours, notamment par le port et l’église de Kuznica, puis l’église de Jastarnia. Comme il se met à pleuvoir, on s’arrête pour un cappuccino à l’Oranzeria, à Jastarnia,  après 24km, peu avant midi.

La mer, côté « large »

Puis on traverse la bande de terre, passant au-dessus de l’unique voie de chemin de fer qui relie Władysławowo à Hel, pour aller jeter un oeil à la mer, côté nord et « large » cette fois.

Ensuite, on ne tarde pas à changer radicalement de paysage pour emprunter une splendide piste cyclable longeant une forêt de pins. Ça monte et ça descend, ça tourne, et ça pendant 7 ou 8km, j’adore ! 

Quand je pense qu’on a envisagé de ne pas prendre cette route, qui est je crois ma préférée de tout ce voyage ! Et je crois que c’est aussi sur cette trentaine de kilomètres qu’on aura finalement le plus vu la mer Baltique !

On finit par arriver comme ça à Hel, où à 13h15 et après 39,6km, on prend le repas de midi au Hello, sur la digue (éh oui, il y a une digue, bondée de restaurants d’ailleurs). Soupe tomates pour Philipp, et pour moi un curieux plat composé de trois oeufs, des pommes de terre, des cornichons (que je ne mange pas) et … une tasse de babeurre.

Ensuite, on cherche l’endroit où acheter les tickets pour le ferry vers Gdansk. On finit par trouver, mais on ne peut acheter les tickets que le jour-même. Tant pis, il ne nous reste plus qu’à gagner notre logement du jour, situé Leśna 3a/1. 

Là, la surprise est totale: des deux côtés de la rue, des bâtiments datant de l’époque soviétique, à droite restés en l’état, à gauche un peu retapés. Notre appartement se situe dans celui de gauche, et pas de chance, le message en polonais qui m’a été envoyé (et que j’ai négligé de traduire hier…) stipule que je dois prévenir 40 min avant notre arrivée ! Enfin, on prévient, une gentille dame tout confuse arrive dix minutes plus tard et nous ouvre la porte de notre palace du jour : un appartement deux chambres qui nous ramène quarante ans en arrière ! Il y a tout ce qu’il faut, mais on se croirait dans Good bye Lenin !

C’est à la table de la cuisine que je m’installe pour écrire ma chronique, après quoi on part se balader à pied, d’abord vers le phare (où on s’offre une glace), puis vers le port et la rue commerçante pour un repérage des restaurants pour ce soir.

On finit par s’installer au Dorsz ´Spolka, et sitôt assis, on est interpelés par nos voisins de table, un couple de Polonais qui tient absolument à nous conseiller certains plats de la carte, ainsi qu’à nous indiquer qu’une soupe suffit largement pour deux. On n’a jamais vu Polonais aussi volubiles, et souriants avec ça ! Evidemment, ils ne parlent que polonais, mais ils se font comprendre et sont vraiment sympathiques. N’empêche, on ne suit pas leurs conseils, puisque Philipp prend une pizza, et moi un burger végétarien.

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Jour 16 – 2 août : Wicko –  Władysławowo (84,2km)

Le petit-déjeuner est servi à partir de 8h. On est donc à 8h tapantes en bas. Il faut dire qu’aujourd’hui, c’est notre dernière longue étape du voyage.

La nuit a été moins bonne pour moi, essentiellement à cause d’un chien qui aboyait dans une chambre voisine. Quelle idée d’emmener son chien dans un palac s’il est bruyant, non mais !

Peut-être sent-il la présence des deux chats qui se baladent dans l’hôtel, l’un d’eux ayant d’ailleurs accompagné notre repas d’hier, couché à nos pieds ?

On retrouve d’ailleurs l’un des deux chats au petit-déjeuner, pour lequel nos hôtes ne sont visiblement pas prêts : la table du buffet est encore vide, et ils se dépêchent de la dresser. On mange de bon appétit, notamment les œufs brouillés qui sont devenus au fil du voyage un incontournable, puis on se met en route à 9h30.

Après 3km sur la nationale sans piste cyclable par laquelle on est arrivés hier, on atteint la route de Leba et sa magnifique piste cyclable. Et après 12,8km, on rejoint notre Eurovélo 10, et on s’arrête au Rossman pour racheter du lait anti-moustiques, car notre flacon est vide, et ces sales bestioles toujours bien présentes ! Il est 10h10, on a bien roulé, à une moyenne de 20,1 km/h !

Pendant que Philipp fait les achats, j’aide une dame dont le sac en papier contenant ses courses s’est déchiré, et qui veut donc le mettre dans un autre sac en papier avant de remonter sur son vélo avec ledit sac plein de courses sur son porte-bagages. Comme je ne comprends pas ce qu’elle me dit en polonais, elle passe à l’anglais (help me please). Tiens, elle parle donc anglais, alors que les (jeunes) serveuses de notre hôtel n’en parlaient pas un mot ?! Je suis peut-être suspicieuse, mais est-ce un hasard, ou les Polonais (ne) parlent-t-ils anglais (que) quand c’est vraiment nécessaire pour eux ?

On emprunte ensuite une route sinueuse et vallonnée, puis on se farcit un passage impossible par un chemin qui s’avère en plus une voie sans issue (mais qui risque d’être traversée par des vaches), et quand après avoir fait demi-tour, on rejoint la « bonne » route, ce n’est vraiment pas mieux : un vrai bac à sable !

Heureusement, ce passage pénible est largement compensé par la suite par une magnifique traversée de dunes plantées de pins sur des kilomètres, avec un revêtement suffisamment bon pour qu’on puisse en profiter. 

On roule comme ça jusqu’à 12h25, où on s’arrête après 39km pour manger dans une sorte de snack avec plage miniature à Lubiatowo. Au menu : soupe tomates pour chacun de nous, et frites pour moi. Et avec ça une bière sans alcool, au goût de baies noires pour moi.

On repart à 13h15, et on en a à nouveau pour des kilomètres de forêt : ça monte et ça descend, ça tourne, on n’a pas trop de problèmes de sable ou de nids de poules, j’adore ça mais c’est fatiguant pour les épaules !

À quelques reprises, on retrouve les deux cyclotouristes à sacoches jaunes déjà vus ce matin dans le bac à sable (aimables comme des portes de prison), ainsi qu’une dame au vélo chargé comme un baudet qui affiche qu’elle fait un « compassing tour ». Ça fait partie des petits plaisirs des voyages cyclistes, retrouver régulièrement les mêmes cyclotouristes, même si les interactions sont nulles.

Alors qu’on a déjà fait 70 km, à 15h15, voilà qu’il se met à pleuvoir et que le tonnerre gronde. On s’équipe et on continue, un peu déprimés quand même de constater un peu plus tard qu’il nous reste encore une dizaine de kilomètres à faire ! En plus, sur une piste cyclable longeant une route tout sauf plate, alors que notre énergie est proche de zéro. Et comble de frustration, même si cette route longe la mer, on ne l’aura pas vue une seule fois de la journée ! C’est d’ailleurs une des deux choses intéressantes que Philipp m’a dites aujourd’hui, l’autre étant qu’en ce 2 août, nous avons maintenant tous les deux passé plus de temps ensemble que l’un sans l’autre. Eh oui, ça fait 28 ans qu’on est ensemble, et il avait 28 ans, et moi 27, à l’époque !

Il a enfin cessé de pleuvoir quand on arrive enfin à Dom Wczasowy Grażyna, à Władysławowo, à 16h10 et après 84,2km ! Autant dire qu’on est fourbus.

Evidemment, il nous faut pourtant repartir, d’autant qu’on meurt de faim (rappelez-vous : une soupe tomate à midi, plus des frites pour moi). On consulte Google Maps, on trouve une pizzeria à 800m, on s’arme de courage et on se met en route, à pied et sous la pluie puisqu’il s’est remis à pleuvoir. 

À la place où devrait se trouver la pizzeria, il n’y a rien d’autre qu’une sorte de snack en plein air où on va se renseigner. Deux jeunes hommes charmants viennent à notre secours, et finissent par nous indiquer un très bon restaurant, la Tawerna Klipper. On décide d’aller là, et lorsqu’on y arrive, après deux bons kilomètres de marche donc, on se rend compte qu’on est passés devant en allant à la pizzeria fantôme, et que c’est à 400m de notre pension !

On y entre bien décidés à faire bombance et, pour ce qui me concerne, à faire une seconde entorse à mon régime végétarien si nécessaire, puisque c’est un restaurant de spécialités de poisson. 

Ce sera donc Mojito à l’apéro, suivi (en fait précédé car elle est arrivée avant notre apéritif !) d’un potage tomates, puis d’un morceau de saumon grillé pour moi (éh oui : je suis végétarienne parce que j’estime ne pas avoir besoin de manger des animaux pour me nourrir, mais là j’en avais besoin !) et une pièce de porc pour Philipp. C’était délicieux, on sort de là rassasiés et toujours bien fatigués, mais demain, c’est une toute petite étape qui va nous mener à Hel, tout au bout de la fine langue de terre qui pend dans la mer, sur la carte tout en haut de cet article. Ensuite, on prendra le bateau pour Gdansk. Autant dire que les performances cyclistes, c’est fini !

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Jour 15 – 1er août : Wodnica – Wicko  (67km)

On est éveillés à 6h20. Nuit excellente pour moi, moins bonne pour Philipp, qui a maintenant la phobie des bestioles qui le piquent la nuit ! Faut dire que quand on voit son dos et ses jambes, il y a de quoi !

Notre charmante maisonnette a un seul inconvénient : pas de petit-déjeuner possible. Mais qu’à cela ne tienne : j’ai encore une boîte entière de ces délicieux biscuits Nutella découverts en Allemagne, et Philipp a aussi encore quelques biscuits.

On déjeune donc, on prépare notre thé de la journée, et il est à peine 8h quand on se met en route, pleins d’entrain !

Il faut dire que notre itinéraire du jour promet d’être long, puisque je l’ai estimé à 80km, auxquels il faut encore ajouter une dizaine de kilomètres jusqu’à notre hôtel du soir, très éloigné de l’Eurovelo.

On roule d’abord à belle allure, et à 9h30 on a déjà fait 24km, dont un long passage dans une magnifique forêt, à la sortie de laquelle on perd le balisage… On suit alors notre itinéraire Komoot jusqu’à Rowy, où on fait une petite pause sur un banc faute de mieux, et où on retrouve d’ailleurs le balisage !

Ensuite commence un premier tronçon épouvantable dans un parc national, le Słowiński Park Narodowy, probablement magnifique mais dont on ne profite absolument pas tant le revêtement, atroce, nous oblige à garder l’œil rivé sur le sol et les mains crispées sur le guidon pendant les 5 kilomètres que dure cet enfer.

A la sortie du parc, on rencontre une famille de Polonais (papa, maman et le fiston adolescent) avec qui on échange poussivement quelques mots : le fiston et Philipp parlent anglais, et le père me montre un itinéraire. Ça n’a l’air de rien, mais ce fut un instant d’intense sociabilité !

Un peu dégoûtés des parcs nationaux après cette expérience, on décide de renoncer au deuxième parc national de la journée, qui nous aurait fait faire un grand détour par le nord, et de couper court à travers de petits villages, « sur des routes asphaltées » (dixit Philipp, se fiant en cela à Komoot – grave erreur). À une route asphaltée succèdent en effet un tronçon qui ne l’est pas, puis une route faite de grosses dalles de béton disposées à la va comme je te pousse. Après 44 km, dont près de la moitié à ce régime, on est fatigués, on n’a pas trouvé le moindre établissement où boire ne serait-ce qu’un café, et on tente donc un petit arrêt grignotage au bord d’un lac. Mal nous en prend : l’endroit est infesté de moustiques et de taons ! 

On retrouve là deux cyclotouristes déjà rencontrés hier, dont l’un que je surnomme « mon ami » sans savoir duquel des deux il s’agit : hier en effet, je photographiais une église en roulant alors qu’ils étaient derrière moi. L’un d’eux m’a alors lancé quelque chose dont je n’ai compris que le mot « selfie », et j’ai répondu par la négative. Ensuite, on s’est encore dépassés mutuellement quelques fois, et voilà qu’on les retrouve ! Cela dit, notre amitié ne s’est pas épanouie davantage depuis la plaisanterie sur le selfie…

Après le lac, le pire restait à venir : on espérait trouver à manger à Glowczyce, et on suivait donc la route qui y menait. Sauf qu’un moment donné, plus de route : juste deux chemins de terre, l’un droit devant, l’autre à gauche. Philipp demande alors notre chemin à une dame, qui nous explique en polonais (évidemment) qu’on doit soit aller tout droit, soit rebrousser chemin et prendre un autre chemin, qui se trouve être notre itinéraire balisé, lequel doit nous mener à une grand route. On opte donc pour cette seconde solution, et on se retrouve dans un atroce chemin de terre, cailloux et sable, où quand le sable domine on dérape évidemment dangereusement… Tout ça avec en plus des nuées de moustiques et de taons qui ne cessent de nous attaquer !

Ensuite, c’est la grand route, mais toujours pas le moindre établissement. On s’arrête donc au Zabka café, sur un parking de pompe à essence. Le Zabka café est une sorte de supérette, miraculeusement agrémentée dans ce cas-ci d’une unique petite table et de deux chaises. On s’achète de quoi manger, et on bénéficie pendant tout notre repas de la vue sur la pompe à essence, le car wash et une sorte de Hema local, ainsi que du bruit des moteurs qui tournent (c’est fou le nombre de gens qui vont faire une course rapide en laissant leur moteur tourner ici, que ce soit une voiture ou un gros camion de gaz). On a fait 50,8 km depuis ce matin, et il est 12h10 ! On est fourbus, et notre seule consolation est d’avoir vu plein de cigognes. 

On repart une fois rassasiés pour la dernière partie de notre itinéraire du jour. Plus de surprise cette fois, puisqu’il suffit de longer la grand route qu’on vient de rejoindre sur 16km. Ce qu’on fait donc. Ce n’est pas toujours très rassurant car il n’y pas de piste cyclable ni de bas côté, on tient donc notre droite le plus possible en espérant que les automobilistes nous dépassent prudemment, ce qui est généralement le cas… sauf pour un taxi et un autocar : le premier nous colle puis nous dépasse en trombe alors que des voitures arrivent en face, et le second nous dépasse dans un virage, mordant sans complexe la ligne blanche !

Il est 14h15, et on a fait 67 km, quand on arrive à Wicko, au Pałac Poraj, qui porte bien son nom puisqu’on bénéficie d’une magnifique chambre et qu’on nous accueille en nous offrant un verre, alcoolisé ou non selon notre choix. On remet ce doux moment à après la douche, et on entrepose nos vélos dans une sorte de salles de fêtes sous tente.

Aujourd’hui, on fête nos 28 ans. On méritait bien une nuit dans un palace pour marquer le coup, surtout après une journée qui fut, je crois, la plus éreintante et la moins gratifiante de toutes, cyclistement parlant.

Après la douche, on redescend prendre ce fameux verre, un mélange de Prosecco et de jus d’orange, et on s’assure qu’il y a une possibilité de repas végétarien pour moi ce soir. Ouf, c’est le cas !

On s’offre donc un délicieux petit repas en amoureux. Comme je sais que certain(e)s aiment savoir ce qu’on mange, je précise : un potage aux champignons en entrée, puis un schnitzel à l’œuf pour Philipp, et pour moi une salade avec haloumi accompagnée de purée (ils n’avaient malheureusement plus de frites). Un verre de vin blanc avec l’entrée, un verre de vin rouge avec le plat. Et curieusement, on n’a pas eu de choix pour le vin. Mais le rouge, un Primitivo, était délicieux bien que servi sortant du frigo …

Eh oui, la gastronomie et l’œnologie polonaises ont leurs spécificités.

Ensuite, on tente un petit tour dans le parc plein de charme, et parsemé d’œuvres d’art, qui entoure le palace, mais les moustiques nous font vite renoncer. 

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Jour 14 – 31 juillet :  Karnieszewice – Wodnica  (70,5 km)

On est à 8h au petit-déjeuner après une nuit pas terrible pour Philipp, qui se réveille le dos constellé de piqûres (de quoi ??).  

Le petit-déjeuner est servi dans une sorte de salle de bal, qui nous fait nous demander quelle était l’affectation d’origine de cette grande bâtisse. Un hôtel ? On y occupe la chambre 1, la seule de tout l’étage qui soit occupée d’ailleurs.

C’est la mère de notre hôte (Damian) qui nous accueille, quittant pour l’occasion son fauteuil installé devant la télévision. Une femme assez spéciale, qui m’a considérablement énervée hier: elle est venue tambouriner à notre porte en pleine nuit (il devait être au moins 19h30 !) pour nous dire des choses évidemment incompréhensibles (elle ne parle que polonais). Comme on ne comprenait pas, elle m’a obligée à descendre avec elle dans la salle du petit-déjeuner pour me montrer la bouilloire et les boissons. Moi, je n’avais besoin de rien, mais elle n’avait pas l’air d’être disposée à accepter ça. Elle a fini par utiliser Google translate, puis faire mine d’appeler son fils, mais à force de « nie » j’ai fini par obtenir qu’elle me laisse remonter dans ma chambre. Ouf, bon débarras la vieille !

Enfin, elle est quand même sympa : on a eu un bon petit-déjeuner, avec des oeufs brouillés, du fromage, une salade de pâtes, plus évidemment des charcuteries, des saucisses, des tomates, des concombres, des radis, etc. Seul le café était assez infect (un vulgaire Nescafé).

On s’est mis en route à 9h20, non sans que la vieille nous ait encore collé dans les mains un petit pot de miel polonais, et on a repris sur 5km l’itinéraire qu’on avait fait hier pour arriver. En clair, ça veut dire qu’on s’est retapé le bon kilomètre d’horribles pavés, du genre qui vous fait rentrer les omoplates dans les oreilles, puis on a rejoint notre itinéraire. 

Ensuite, on a roulé longtemps sur des pistes cyclables longeant des routes, ce n’est pas super joli mais au moins on avance bien, ce qui est précieux quand on a une longue étape, comme aujourd’hui, et on est épatés par l’infrastructure cyclable polonaise, mais aussi par le comportement courtois des automobilistes polonais !

On finit par rejoindre la côté et ses inévitables stations balnéaires, mais on traverse aussi de charmants villages, comme Darlowo, où passe la Wieprza. On est souvent frappés par l’architecture très hétéroclite : on identifie aisément les anciennes constructions communistes, qu’elles soient rénovées ou non, mais elles coexistent avec de très belles bâtisses plus anciennes, ainsi qu’avec des édifices résolument modernes. Quant aux églises, elles sont souvent très jolies.

À 11h25, on fait une pause baignade après avoir roulé 29,9km, à  Darlowo-Darlowko. C’est rare de trouver une plage qui ne soit pas bondée, et celle-ci est merveilleusement peu fréquentée, on n’hésite donc pas ! Il y a longtemps que les Strandkörbe ont disparu, on n’en a vu que pendant les premiers kilomètres après la frontière allemande. La mer est agitée, curieusement peu salée, et la baignade nous fait un bien fou ! 

On repart vers 12h10, pour un tronçon difficile mais magnifique le long de la mer : une étroite piste cyclable dont des segments sont ensablés, ce qui nécessite parfois de descendre de vélo quand on ne roule pas en VTT, mais en vélo de randonnée bien chargé. 

Ensuite, on a droit pour nous consoler à un tronçon européen nickel ! On s’arrête au premier établissement qu’on trouve, à 12h45, après avoir fait 37,4km depuis ce matin. Pour Philipp, ce sera une soupe tomate-croûtons, et pour moi des crêpes épinards et fêta.

On repart à 13h50, avec un plan pour le soir : comme on est de nouveau loin d’un restaurant, mais qu’on bénéficie d’un logement avec frigo et jardin, on décide d’aller s’acheter de quoi faire un petit repas sommaire « chez nous ». Le Carrefour Express de Jaroslawiec nous fournit ce dont on a besoin.

On poursuit notre route, avec un éventail de revêtements très diversifié, un passage près d’un impressionnant champ d’éoliennes, puis une route importante longée par une piste cyclable aux allures d’autoroute, et vers 16h30 on arrive à Wodnica dans notre logement du soir, qui s’avère être une petite maison dans le jardin d’un particulier. Un cadre idéal pour notre repas du soir !

Notre hôte est très sympa, mais ne parle que polonais. Qu’à cela ne tienne, on s’en sort. Et quelques chips, olives (moi), charcuterie, olive et fromage (Philipp) plus loin, ça va encore mieux ! On sirote notre bière au jardin en préparant un peu la journée de demain, car une nouvelle longue étape nous attend.

Ah et puis j’allais oublier : on a vu des cigognes, aujourd’hui ! Elle est pas belle, la vie ?

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Jour 13 – 30 juillet :  Kołobrzeg – Karnieszewice (60 km)

On se lève à 7h, avec un objectif clair : aller nager ! Nous sommes en effet dans un hôtel avec piscine, et la dernière fois que ça nous est arrivé, on n’en a même pas profité. Hier, à nouveau, on n’a pas eu l’occasion d’y aller, alors comme elle est accessible à partir de 7h, on a décidé qu’on irait ce matin.

Et quelle bonne idée on a eue ! La piscine est en effet située au 5e étage, ce qui signifie sur le toit et en plein air. Bon, elle n’est pas très grande, mais on y est seuls avec vue sur la cime des arbres.

Ensuite, petit-déjeuner. J’ai découvert avec un peu de retard le coin où étaient rassemblés toutes les composantes possibles d’un petit-déjeuner sucré, mais cela dit, je me fais assez bien aux œufs brouillés et à ce fromage d’ici qui ressemble à de la fêta, mais n’a aucun goût… Quant à Philipp, j’aurais dû photographier son assiette !

On se met en route à 9h20 après s’être enduits soigneusement de crème solaire, car le soleil tape déjà bien !

Sitôt quitté Kołobrzeg (ce qui arrive vite, puisque notre hôtel est situé à l’est de la ville), on entame un trajet magnifique le long de la mer, sur une piste cyclable qui nous permet d’être attentifs à autre chose qu’elle : le bruit des vagues sur notre gauche, la lumière dans les arbres, etc. Cette idylle n’est interrompue que par les traversées de cités balnéaires, toutes semblables et toutes aussi laides. Non pas qu’elles soient réellement laides, mais elles se ressemblent toutes : partout les mêmes stands proposant l’insertion de fausses mèches colorées dans les cheveux, les mêmes petits trains touristiques, les mêmes échoppes de bracelets en coquillages et de bouées en forme de dauphin, les mêmes vendeurs de gaufres, de kebabs et de glaces… Et puis ce monde ! Chaque fois, quel soulagement de quitter cette cohue et de retrouver le calme de la forêt, sans transition aucune. Il n’y a pas d’entre-deux en effet, c’est soit la vulgarité criarde des stations balnéaires, soit le silence et la beauté de la nature.

Après une dizaine de kilomètres, on cafouille un peu à cause d’un panneau manifestement mal placé qui nous fait rentrer dans les terres alors qu’on aurait dû continuer le long de la mer. Pas grave, on retrouve vite notre route, et peu avant 11h on fait un premier petit arrêt pour boire et voir la plage. On a déjà fait 26km ! Il faut dire qu’avec ce revêtement nickel, on avance bien (à la notable exception d’un tronçon qui traverse un énorme chantier immobilier, qui nous fait rouler dans la poussière pendant quelques centaines de mètres).

Après quelques kilomètres encore, on entame le tour d’un lac sur une piste étroite dont le revêtement nous ralentit, et on s’arrête un peu avant 12h après 39km pour manger une pizza (une seule pour deux, Philipp ayant bien mangé ce matin !) au restaurant Nautilus, à Mielno.

On repart ensuite à 12h50. On est en fait sur une étroite bande de terre, avec le lac à notre droite et la mer à notre gauche. On décide donc d’abandonner le tour du lac pour passer côté mer, sur une route qui nous permet d’avancer plus rapidement et surtout met nos épaules moins à l’épreuve. De plus, on caresse vaguement l’idée d’aller se baigner dans la mer, mais finalement on renonce, car il fait couvert et plus si chaud que ça, du coup ! 

Pour une fois, notre logement ne se trouve pas sur le trajet de l’Eurovélo, on doit donc dévier de notre itinéraire pour y arriver. On traverse des paysages plus campagnards, un peu plus vallonés aussi, et il est 14h25 quand on arrive 60 km à la Dom Gościnny Liść Dębu, à Karnieszewice. On se trompe d’abord de maison, s’arrêtant devant le 42 plutôt que le 42A. Mais le 42A est clairement plus engageant comme chambre d’hôtes ! On est accueillis par le propriétaire et sa mère, qui nous préparera le petit-déjeuner demain matin.

Le seul problème est que la maison est très isolée, le premier restaurant est à 3km. Aura-t-on le courage d’aller jusque là ?

Eh bien oui, on l’a eu ! On s’est remis en route un peu après 17h, et on a été immédiatement interceptés par nos hôtes : la mère voulait absolument nous recommander d’aller voir l’arboretum tout proche, et son fils trouvait visiblement cette suggestion idiote. Selon lui, il valait mieux aller manger tout de suite, car sinon il n’y aurait plus rien ! Question resto, il faut dire qu’on n’a pas vraiment l’embarras du choix, puisqu’il n’y en a qu’un – mais paraît-il, on y mange très bien. On est donc allés à ce fameux Bar 6, à 4km de notre pension. On a un peu cafouillé car une nouvelle autoroute a visiblement été construite récemment le long de la route au bord de laquelle se trouve le Bar 6, mais finalement on y est arrivés. Ça vous a un petit air de Bagdad Café : un resto de routiers, qui ne paie pas de mine, avec une dame derrière son comptoir qui prend vos commandes sans un sourire (mais ça, c’est assez commun en Pologne : les gens sont gentils, serviables, tout ce qu’on veut, mais pas souriants pour un sou ! Ne dit-on pas d’ailleurs « triste comme toute la Pologne » ? Eh bien maintenant, on sait pourquoi.)

Miraculeusement, dans la liste de plats aux noms plus incompréhensibles les uns que les autres (mais la patronne a fini par nous sortir un menu en allemand, ouf !), il y avait des ravioles aux champignons ! Philipp, quant à lui, a choisi une goulasch, et on est allés s’installer à l’arrière, dans un charmant jardinet. Parce que oui, le bar de routiers dispose d’un petit jardin avec des fleurs, une vigne, des jeux pour enfants, etc. Et on a fort bien mangé.

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