Eh ben voilà, on a survécu à ce foutu vent d’Ouest, qui soufflait quand même à 40 km/h ! Mais que d’émotions…
Vous connaissez la différence entre des vacances et un voyage ?
En vacances, on roupille, on est peinards, on récupère des fatigues de l’année. En voyage, on s’éveille à 5h du matin, on tente de se rendormir un peu, mais finalement on se lève, car on sait qu’on a une longue route devant nous, alors si on est éveillés, autant en profiter…
On a donc pris notre petit-déjeuner au sous-sol, dans la cuisine commune du B&B (où on était évidemment les seuls à 6h du matin), préparé nos sandwiches (spartiates : des petits pains + du gouda dedans), fait notre petite vaisselle, notre leçon de danois (éh oui !) et peu après 7h30, on s’est mis en route, par un vent épouvantable mais un grand ciel bleu.
On a quitté Odense par une piste cyclable jonchée de branches et de feuilles, et après 11 km on a fait un premier arrêt église, à celle de Højby. Après 24 km, on a fait un deuxième arrêt près d’un troupeau d’oies qui nous observaient d’un oeil torve, on passe près du magnifique château d’Egeskov, du moulin de Søby, et après 41 km, un troisième arrêt à l’église de Stenstrup. Et il n’était encore que 10h30 !





On dira ce qu’on voudra, mais se lever tôt, ça a quand même des avantages, dont celui non négligeable de pouvoir se dire à 10h30 qu’on a déjà fait la moitié de notre trajet du jour !
Après notre voyage de l’an dernier, on voulait à tout prix éviter les trop longues étapes, qui vous font arriver à votre logement tellement tard qu’il n’est plus possible de faire autre chose que prendre une douche et aller manger, avant de s’écrouler, crevés.
Or, en préparant ce voyage-ci, on a été confrontés à la même difficulté : c’est bien beau de se dire que l’idéal, c’est 60 km sur une journée, pas plus… mais s’il n’y a rien pour loger, on fait quoi ?
Bon, cette année, on n’a pas encore eu de crevaison, ni de vent de face tout le temps, et on a sans doute appris de nos erreurs en partant plus tôt et en prévoyant un pique-nique.
Mais revenons à nos pauses… Outre l’inévitable pause pipi-WC d’église, il s’est essentiellement agi d’enlever une couche, de remettre une couche, d’enlever une couche, etc. Car la route était comme d’habitude, sinueuse et vallonée à souhait, avec de belles éclaircies et de gros passages nuageux, donc forcément on a chaud, puis un peu froid, puis à nouveau trop chaud, etc.
Avec tout ça, on est arrivés à Egebjerg, qui comme son nom l’indique, est une colline, d’où on aperçoit la mer. Et ça, ça valait bien un petit arrêt, juste pour une photo…

Quelques kilomètres plus loin, voilà que soudain, après une belle descente bien sinueuse, nous voilà au bord de la mer ! On s’extasie, il y a des vagues, une petite barque et une majestueuse propriété toute blanche, et puis on se rend compte que ce n’est pas du tout la mer, mais un petit lac, qui porte le charmant nom de Hvidkilde Sø.


Pour la mer il faudra attendre Svendborg ! Mais avant Svendborg, on essuie notre première averse de la journée. Elle sera suivie de quelques autres, chaque fois un peu perturbantes car le vent souffle tellement fort qu’en général, le ciel est tout bleu au-dessus de nos têtes, la pluie venant d’un nuage situé bien plus à l’Ouest.
À midi, on est à Svendborg, on a fait 60 km, on n’est pas peu fiers de nous et on s’offre une bière, des chips et des olives à la terrasse du Vinsted, sur la Klostersplads. Nos sandwiches ? On les mange un peu plus loin, sur un banc face au port, car le serveur ne pouvait pas nous laisser manger notre nourriture alors que son établissement en servait.

Ensuite, on se remet en route sans traîner, car il semble que le temps se gâte. Et d’ailleurs, il n’y a pas que le temps qui se gâte… Notre itinéraire va en effet nous faire emprunter, pendant la vingtaine de kilomètres qui viennent, deux ponts monumentaux permettant de passer d’une île à l’autre. En effet, Odense est sur l’île de Fyn, d’où nous devons passer sur celle de Tåsinge pour arriver sur celle de Langeland, où nous logeons. Or, ceux qui suivent le savent, je ne suis pas très « ponts », de manière générale, et encore moins par grand vent ! J’essaie donc bravement sur quelques centaines de mètres de franchir le premier, mais c’est trop impressionnant, avec ce vent latéral et cette piste cyclable même pas protégée des voitures ! Au moindre écart dû à une bourrasque, on est sur une bagnole ! C’est donc à pied, poussant nos vélos, que nous franchissons ce premier pont, long de 1220 m. Et du même coup, on quitte l’itinéraire 55, qu’on suivait depuis Odense, pour le 8, celui de la Baltique.


L’île de Tåsinge est absolument adorable, et nous y traversons même le château de Voldemort ! Enfin presque, puisqu’il s’agit du Valdemars Slot, un palais en pierre datant du 17è siècle et appartenant à la famille Valdemar. De toute beauté !


Le temps est de plus en plus changeant, on essuie encore des averses, parfois très violentes, où la pluie (glacée) tombe quasiment à l’horizontale, et puis arrive la digue qui doit nous mener à l’île de Langeland.
Je ne le sens pas trop, mais à nouveau, j’essaie bravement : le vent souffle à présent très fort, mais dans notre dos, ce qui me semble tout de même moins effrayant que le vent latéral. et puis une digue, au moins, c’est près du sol (ou de la mer en l’occurrence). Tout se passe donc bien jusqu’à la petite île de Siø, et puis tout se gâte quand je vois soudain se dresser devant moi un énorme pont tout en hauteur: le pont de Langeland, datant de 1960 (c’est pas un peu vieux pour un pont, ça ?) et long de 771m !

Rien à faire, ce sera à pied !
Une fois sur la terre ferme, on n’est plus qu’à quelques centaines de mètres de notre hôtel, où on arrive à 14h40 ! C’est pas beau, ça ?


On était censés avoir une chambre avec terrasse « vue sur mer », mais en fait notre hôtel, situé au port, est composé d’un ensemble de maisonnettes en bois à un étage, peintes en différentes couleurs pastels, et nous avons bénéficié d’un surclassement : nous avons donc, rien que pour nous, tout le rez-de chaussée, soit un appartement deux chambres (et deux terrasses, mais qui n’ont du coup pas vue sur la mer : elles sont trop bas pour ça).
On ne va pas se plaindre ! On est quand même assez fatigués, car même si on s’en est bien sortis, on a dû beaucoup se concentrer sur la route, et ce en permanence, pour anticiper les bourrasques dues aux changements de direction, aux trouées dans les arbres, aux montées débouchant sur un plateau, etc. Quand je pense qu’il y a quelques jours, on avait choisi de rester autant que possible sur un plateau !
Le soir, on est motivés pour aller se promener un peu avant le repas, mais une grosse averse de grêle, suivie de lourds nuages menaçants, nous en dissuadent. On se replie sur le restaurant de l’hôtel, et ce n’est que là qu’on apprend que la Scandinavie est pour l’instant en proie à la tempête Hans. Ce qu’on a subi aujourd’hui a donc un nom…

Après le repas, le soleil brille à nouveau, et on en profite pour aller faire un tour dans le centre de Rudkøbing, qui est absolument charmant, et désert.


