
Éveil à 6h, un peu tôt, mais impression d’avoir très bien dormi, malgré un réveil vers minuit et un autre à 4h34. On craignait un peu le bruit le soir et la nuit, car hier on avait un groupe de six Danois juste devant notre fenêtre qui faisait un boucan pas possible en prenant joyeusement l’apéro, mais non, ils ont été sages comme des images ! À mon avis, c’est vraiment un logement pour randonneurs, comme annoncé, et tout le monde est au lit à 21h, fourbu !
Comme j’ai une demi-heure à tuer avant le petit-déjeuner (qui est servi à partir de 7h30), j’en profite pour dire un truc que je pense souvent à écrire, et puis que j’oublie : je pense souvent à quelques personnes, au cours de ce voyage : à mes enfants évidemment (même aux deux dont je parie qu’ils ne lisent jamais ce blog – bisous à tous, je vous aime !), à un certain petit Raphaël qu’il me tarde de rencontrer, à ma maman qui aimait tant la Scandinavie (elle avait visité le Danemark et la Norvège), à ma filleule Coline, à mes amis Nath et Henry qui sont encore plus au Nord que nous, mais en voiture (et dont le blog « croise » souvent mes réflexions), et puis à quelques cyclistes :
Arnaud, qui je pense trouverait ce périple trop plat, avec son Grimpe-Tout, et dont j’ai commencé ici à partager le goût pour les routes où les cyclistes cohabitent avec les voitures (surtout quand il n’y en a pas, de voitures…): les pistes cyclables, c’est bien quand leur revêtement est top, mais souvent la route est meilleure…
Et puis Lukske, Florence, François, Michèle, Sophie, avec qui je partage cet amour des expéditions cyclistes et qui peut-être roulent quelque part sur la terre en ce moment, comme nous…
Voilà, c’était mon quart d’heure sentimental, plus qu’un quart d’heure avant d’aller manger !
Pendant notre petit-déjeuner, il se met soudain à pleuvoir des cordes. On s’en fiche, on pare au plus prisé : manger, ce qu’on fait assis dans une très jolie salle qui date du 17è siècle, et où la reine en personne s’est attablée avant nous, comme en témoigne une photo accrochée au mur. Ce premier petit-déjeuner danois est un peu différent de l’allemand, plus de fruits, de légumes, etc. et moins de charcuteries. Tout ça reste quand même fort éloigné de mes habitudes, mais je me débrouille.

À 8h45, on se met en route, sous la pluie. On roule bien, il cesse de pleuvoir, après 7 km environ on entame la digue, ça va tout seul avec le vent dans le dos, on admire les paysages, la pluie qui tombe manifestement plus loin devant, plus loin à gauche, plus loin à droite, mais pas sur nous, bref c’est le bonheur, et puis Philipp m’appelle : son pneu avant est plat !



Le plus sage me semble être de faire demi-tour: on a fait environ 2km sur la digue, et juste à son début il y a des pompes à essence, ils pourront peut-être nous aider. Car je le rappelle, même si ça doit me valoir les railleries pendant des siècles et des siècles de mes amis cyclistes, on n’a pas de pompe. Et ça, c’est pas de bol…
On repart donc en sens inverse, moi à vélo, Philipp à pied. À la pompe à essence, je sors mon plus bel allemand et je ne m’en sors pas trop mal : j’apprends qu’il y a un réparateur à 8km (au port, je l’ai vu hier soir près du resto…), et une pompe à l’office du tourisme juste en face de la pompe à essence. Malheureusement, à l’office du tourisme, ils ont une borne de réparation, mais pas de chambre à air, or vu la rapidité à laquelle le pneu de Philipp s’est dégonflé, il va certainement falloir la remplacer. Et celle que j’avais avec moi à déjà été utilisée pour mon vélo…
Entretemps, Philipp a appelé notre assurance Europe Assistance. Qui nous informe un peu plus tard laconiquement par sms que notre assurance ne couvre que les pays limitrophes, pas le Danemark donc…
On a donc plus qu’une chose à faire : se débrouiller par nous-mêmes ! En mettant nos compétences en commun, on finit par trouver l’origine de la fuite, Philipp sort son kit de réparation, mais la colle est complètement séchée dans son tube ! Heureusement, la pompe à essence vend des kits complets de réparation !


Le temps a évidemment passé, et il est 11h30 quand on est enfin prêts ! Rebelote sur la digue, qu’on avale à plus de 28km/h (aucun mérite, vent dans le dos), et cap vers le Nord le long de la Vestkystruten (ben quoi ? La Westkustroute, c’est pourtant clair !). Là, ça se gâte tout de suite un peu, car non seulement on n’a plus le vent dans le dos, mais en plus on se tape quelques kilomètres sur un sentier en gravier absolument abominable, dont le seul mérite est de nous confirmer que la réparation du pneu de Philipp tient !



Heureusement, on finit par rejoindre une route asphaltée qui longe la digue, puis on traverse le village de Brøns, et on fait un arrêt devant sa très jolie église pour se mettre de la crème solaire.
À 13h05, alors qu’on a fait 22,22km (depuis notre deuxième départ, le « vrai »), on avise une table de pique-nique au bord de la route, le soleil brille, on a faim, on a déjà compris qu’on ne mangerait pas vraiment ce midi, donc on s’arrête pour grignoter (noix de cajou pour Philipp, la même chose plus figues séchées et mini-bretzels pour moi). Mais on est à peine arrêtés qu’il se remet à pleuvoir, Alors on repart…


Nouvel épisode graviers, puis on atteint une magnifique piste cyclable qu’on n’arrêtera plus de suivre pendant plusieurs dizaines de kilomètres, le long de la digue. De l’autre côté, comme je le vérifie (profitant d’un des arrêts « Attends, j’enlève mes protège-chaussure », ou « Attends, j’ai oublié de remettre mes lunettes »), ce sont des paysages habituels des Wadden: des schorres, des moutons, des vaches, etc.


Avec toutes ses averses, le ciel est magnifique, et les barrières allemandes ont fait place à des petits passages étroits (dont le sol est constitué de tubes métalliques espacés que les animaux ne peuvent emprunter) à gauche ou à droite de larges barrières, passages que je m’exerce à franchir, car je reste pas très douée pour les manoeuvres cyclistes…

On commence à avoir envie de s’arrêter (en fait, on est crevés), mais il n’y a pas un établissement en vue, et comme notre B&B est assez excentré, on décide d’aller d’abord dans le centre, car on a pris la ferme résolution de ne pas poursuivre ce périple sans avoir fait l’acquisition d’une pompe et de deux chambres à air ! Quelques averses plus tard, on arrive donc à un magasin de vélos, on fait nos petits achats et on repart pour le centre-ville, où on arrive à 16h30. On s’installe à une terrasse, où commence par un cappuccino (moi) ou un chocolat chaud (lui), puis on décide de manger là, après tout il est presque 17h… On enchaîne donc avec une grande bière sans alcool et un cheeseburger végétarien.




Puis, un peu requinqués, on se remet en route pour notre B&B, situé à Tarp, dans la banlieue de Esbjerg. On y arrive à 18h25, c’est le « 272 B&B », on y a la chambre 20, et c’est mignon tout plein : quelques bâtiments de plein pied qui abritent chacun quelques chambres (4 pour le nôtre en tout cas), chacune ayant aussi une petite table de jardin et deux chaises dans le jardin commun, face à la porte d’entrée.


Je prends ma douche, il repleut, mais il fait grand soleil, donc ce qui doit arriver arrive !























































































































































