On n’a pas trop mal dormi, finalement, dans notre petite cabane en bois n°20. Bon, évidemment, ces Danois semblent ne pas connaître le concept de stores occultants (et à lire nos amis Nathalie et Henry, en Norvège c’est pareil), et la lumière du jour me réveille toujours dans les 4h du matin, mais à part ce petit détail, ça va.



Réveillés à 6h30, on avait tout le temps jusqu’au petit-déjeuner de 8h, et pas vraiment la place pour faire notre gymnastique matinale (non, je déconne), j’en ai donc profité pour me mettre en 4G et publier l’article relatif à la journée d’hier.
Le petit-déjeuner était servi, en fonction de la météo, sur la terrasse ou à l’intérieur. Heureusement, aujourd’hui on pouvait choisir, car il ne fait toujours pas chaud-chaud, c’est le moins qu’on puisse dire… Mon application météo prétend qu’il fait 17 degrés à Asaa (ça semble être la manière courante de l’écrire, moi qui était toute fière de savoir comment faire des A avec un petit rond au-dessus !), mais je tablerais sur 3 ou 4 degrés de moins…
C’était plus frugal que d’habitude, puisqu’au lieu de l’habituel buffet, on était limités à deux petits pains par personne (on avait pu choisir hier le type de pain qu’on voulait), accompagnés de barquettes de fromage à tartiner, de confiture et de Nutella, ainsi que de quelques tranches de fromage.
Il a aussi fallu que je regonfle mon pneu avant, qui avait fameusement ramolli depuis hier (et que j’ai d’ailleurs du regonfler deux autres fois en cours de route – heureusement qu’on a cette pompe maintenant !)
Après quoi, on s’est mis en route, il était déjà 9h30, mais bon, quand on déjeune à 8h, forcément… J’ai eu un moment de stress car impossible de mettre la main sur la clé de mon vélo, qui ouvre aussi le cadenas avec lequel j’ai attaché nos deux vélos ensemble hier soir ! Heureusement, j’ai fini par le retrouver (« Réfléchis, où l’as-tu mis hier en rentrant ? ») dans la poche du pantalon que je portais hier soir pour aller manger au port – pantalon qui était évidemment soigneusement emballé tout au fond d’une de mes fontes…
Bref, on est partis.
Le dos de Philipp étant toujours douloureux, on a rebroussé chemin au premier chemin de gravier, on est restés sur l’asphalte et on a roulé pépère, et on s’est arrêtés vers 10h30, après une quinzaine de kilomètres, au ravissant petit port de Hou. Philipp s’est posé sur un banc, et moi j’ai marché un peu histoire de gravir la dune et de voir la mer Baltique. Quand je suis revenue, Philipp était en pleine conversation avec un Norvégien qui venait passer ses vacances au Danemark pour pouvoir faire du vélo, parce qu’en Norvège…



Ce n’est évidemment pas tombé dans l’oreille de deux sourds, puisqu’initialement, notre projet était de continuer l’an prochain à longer la North Sea Cycle Route vers la Suède et la Norvège, justement. On est de moins en moins sûrs de le faire, de toute manière. D’abord parce que c’est un peu trop « sportif » pour nous, déjà ici. Non pas que ça monte trop ou qu’il y ait trop de vent, mais on est habitués à plus de possibilités d’arrêts pour boire un verre, manger un bout, etc. Ici, on se demande toujours quand on va trouver quelque chose, et on a l’intime conviction que ça ne va pas s’arranger plus au Nord. En plus, l’itinéraire de la North Sea Cycle Route n’est apparemment pas encore terminé en Suède.
Mais ce n’est pas grave, on a plein d’autres idées !
À Hals, après avoir roulé 23km depuis ce matin, on a pris un bac pour Egense (le bac traverse le Langerak, qui se jette dans la Baltique), puis on a commencé à chercher à manger. Je plaçais tous mes espoirs dans le centre d’Egense, mais j’avais tort : une fois quittée la zone de l’embarcadère (où il y avait deux établissements et un supermarché), il n’y a rien à Egense. Heureusement, on a loupé un panneau indicatif de la route cyclable n°5, et du coup on s’est retrouvés dans un charmant patelin au nom tout aussi charmant : Mou. Si si, après Hou, Mou !





Et à Mou, il y avait un Dagli Brugsen, autrement dit un supermarché où on s’est acheté de quoi faire « un petit repas de roi » sur un banc devant le magasin : olives, Gran padano, une bière et une charcuterie quelconque pour Philipp, et des chips au sel !



Après quoi on est repartis vers Hadsund, en choisissant non seulement de continuer à boycotter les chemins de gravier, mais aussi de renoncer aux détours que fait faire l’itinéraire cyclable pour voir des choses sans doute très jolies, mais qui risquent de nous faire emprunter à nouveau des pistes à peine dignes de ce nom, et certainement pas compatibles avec un dos en mauvais état. On a donc longé la grand-route qui longe la mer, ce qui nous a offert quelques magnifiques paysages, puis on a bifurqué vers l’intérieur des terres pour rejoindre Hadsund et le B&B Forvalterboligen.



Arrivés à l’adresse indiquée, à deux pas d’un magnifique château, on n’a trouvé personne et on a donc un peu chipoté, puis appelé, pour avoir les indications sur le manière de prendre possession de notre chambre, dont je savais grâce à un message que c’était la n°1, mais rien de plus.
La chambre n°1 s’est avérée une grosse arnaque : pas bien grande, avec WC et salle-de-bain sur le pallier, pas d’essuies, et surtout un lit dans un état épouvantable : hors de question qu’un de nous deux dorme là-dessus ! Philipp a donc retéléphoné et la dame a prétendu qu’elle s’était trompée, et qu’on pouvait prendre n’importe laquelle des chambres sur laquelle il y avait une clé. On n’a fait ni une ni deux (ah ah !) et on a pris la n°2, juste à côté, deux fois plus spacieuse, et avec salle-de-bain et essuies !




Nous ne sommes pas seuls, il y a là aussi un couple de Néerlandais qui n’a pas l’air très sympa. Et comme le centre de Hadsund est à 4km, on va se faire livrer des pizzas, ce soir !
Commander des pizzas n’a pas été aussi simple qu’on l’imaginait. On avait pourtant trouvé un restaurant qui livrait, mais c’est au moment de remplir les champs que ça coinçait : les bougres voulaient absolument un numéro de téléphone danois, que nous n’avions évidemment pas ! Philipp a donc téléphoné pour passer commande, mais là encore, ça a failli coincer car ils n’acceptaient pas les payements par carte, uniquement les couronnes danoises… Finalement, ils ont accepté le payement en euro, ouf !
Pendant ce temps, je m’étais préoccupée du petit-déjeuner de demain matin (Obélix veille !). En effet, dans ce B&B, il y a certes le premier B, mais pas le deuxième ! Par contre, j’avais trouvé sur internet, avant notre départ, un commentaire d’un voyageur qui disait avoir pris son petit-déjeuner à l’hôtel tout proche. J’ai donc contacté l’hôtel, le Møllehuset, et c’est réglé: nous irons y prendre le petit-déjeuner demain matin à 8h !
Pour la livraison de la pizza, on devait patienter une heure et demie (gloups !); heureusement, il nous restait quelques chips de ce midi et des peanuts, on s’est donc fait un petit apéro sur la terrasse du B&B (avec un seul B).


C’est vraiment un drôle de concept, ce logement : c’est une grande maison, il doit y avoir quelque chose comme 8 chambres, un grand jardin, une cuisine, une salle-à-manger commune,… Les chambres sont proposées à la location, mais personne n’habite les lieux, et quand on arrive, il suffit d’entrer, la porte est ouverte !
En arrivant, j’ai d’ailleurs cru qu’on devait aller chercher les clés à l’hôtel, ou même qu’on y logeait (le message que j’avais reçu via Booking n’était pas clair); j’ai donc fait le tour du bâtiment, cherchant un accès, et trouvé une porte ouverte, qui menait au couloir des chambres, qui elles-mêmes étaient pour la plupart ouvertes !
Ce que j’avais lu sur la mentalité danoise se vérifie : ici, on fait confiance, et on peut : il arrive même qu’on laisse paraît-il son bébé dans sa poussette devant un magasin, le temps d’une course, parce qu’on sait qu’il ne viendrait à personne l’idée de l’emmener. Aussi, nous sommes de plus en plus décontractés quand on laisse nos vélos chargés de bagages quelque part.
Encore un mot sur notre logement : c’est en réalité une dépendance du château tout proche, et le petit mot disposé dans chaque chambre présente la maison comme celle de l’intendant du château. Il est signé de la main de « Benedikte Rigskomtesse von Platen-Hallermund ».



Retour aux pizzas : on craignait un peu d’être roulés, puisque le type à qui Philipp avait eu affaire était incapable de nous dire combien on devrait payer en euros. On avait donc calculé de notre côté que le montant total était d’un peu plus de 300 couronnes, et qu’il pouvait donc nous réclamer environ 40-45€. En fait, il en a demandé 35 !
On s’est donc installés dans la salle-à-manger pour manger nos pizzas en discutant d’une question due la plus haute importance : le Kattegat fait-il partie de la mer Baltique ou de la mer du Nord ? Personnellement, j’avais déjà tranché la question en considérant qu’à Grenen, les deux mers se rejoignaient, et que dès lors sitôt que l’on quittait Grenen et Skagen par l’Est, on était sur la Baltique, mais c’est loin d’être sûr, et c’est bien dommage.
Après quoi nous sommes allées nous coucher, jusqu’à ce que notre porte s’ouvre brutalement : un type s’apprêtait à s’installer dans la chambre 2, que visiblement notre hôtesse lui avait attribuée. Mais on ne bougera pas d’ici, il y a assez d’autres chambres libres…




























































































































































































































