(DE-DK) Vendredi 15 juillet 2022 (jour 19) : Asaa – Hadsund (61,56km)

On n’a pas trop mal dormi, finalement, dans notre petite cabane en bois n°20. Bon, évidemment, ces Danois semblent ne pas connaître le concept de stores occultants (et à lire nos amis Nathalie et Henry, en Norvège c’est pareil), et la lumière du jour me réveille toujours dans les 4h du matin, mais à part ce petit détail, ça va.

Réveillés à 6h30, on avait tout le temps jusqu’au petit-déjeuner de 8h, et pas vraiment la place pour faire notre gymnastique matinale (non, je déconne), j’en ai donc profité pour me mettre en 4G et publier l’article relatif à la journée d’hier.

Le petit-déjeuner était servi, en fonction de la météo, sur la terrasse ou à l’intérieur. Heureusement, aujourd’hui on pouvait choisir, car il ne fait toujours pas chaud-chaud, c’est le moins qu’on puisse dire… Mon application météo prétend qu’il fait 17 degrés à Asaa (ça semble être la manière courante de l’écrire, moi qui était toute fière de savoir comment faire des A avec un petit rond au-dessus !), mais je tablerais sur 3 ou 4 degrés de moins…

C’était plus frugal que d’habitude, puisqu’au lieu de l’habituel buffet, on était limités à deux petits pains par personne (on avait pu choisir hier le type de pain qu’on voulait), accompagnés de barquettes de fromage à tartiner, de confiture et de Nutella, ainsi que de quelques tranches de fromage.

Il a aussi fallu que je regonfle mon pneu avant, qui avait fameusement ramolli depuis hier (et que j’ai d’ailleurs du regonfler deux autres fois en cours de route – heureusement qu’on a cette pompe maintenant !)

Après quoi, on s’est mis en route, il était déjà 9h30, mais bon, quand on déjeune à 8h, forcément… J’ai eu un moment de stress car impossible de mettre la main sur la clé de mon vélo, qui ouvre aussi le cadenas avec lequel j’ai attaché nos deux vélos ensemble hier soir ! Heureusement, j’ai fini par le retrouver (« Réfléchis, où l’as-tu mis hier en rentrant ? ») dans la poche du pantalon que je portais hier soir pour aller manger au port – pantalon qui était évidemment soigneusement emballé tout au fond d’une de mes fontes…

Bref, on est partis.

Le dos de Philipp étant toujours douloureux, on a rebroussé chemin au premier chemin de gravier, on est restés sur l’asphalte et on a roulé pépère, et on s’est arrêtés vers 10h30, après une quinzaine de kilomètres, au ravissant petit port de Hou. Philipp s’est posé sur un banc, et moi j’ai marché un peu histoire de gravir la dune et de voir la mer Baltique. Quand je suis revenue, Philipp était en pleine conversation avec un Norvégien qui venait passer ses vacances au Danemark pour pouvoir faire du vélo, parce qu’en Norvège…

Ce n’est évidemment pas tombé dans l’oreille de deux sourds, puisqu’initialement, notre projet était de continuer l’an prochain à longer la North Sea Cycle Route vers la Suède et la Norvège, justement. On est de moins en moins sûrs de le faire, de toute manière. D’abord parce que c’est un peu trop « sportif » pour nous, déjà ici. Non pas que ça monte trop ou qu’il y ait trop de vent, mais on est habitués à plus de possibilités d’arrêts pour boire un verre, manger un bout, etc. Ici, on se demande toujours quand on va trouver quelque chose, et on a l’intime conviction que ça ne va pas s’arranger plus au Nord. En plus, l’itinéraire de la North Sea Cycle Route n’est apparemment pas encore terminé en Suède. 

Mais ce n’est pas grave, on a plein d’autres idées !

À Hals, après avoir roulé 23km depuis ce matin, on a pris un bac pour Egense (le bac traverse le Langerak, qui se jette dans la Baltique), puis on a commencé à chercher à manger. Je plaçais tous mes espoirs dans le centre d’Egense, mais j’avais tort : une fois quittée la zone de l’embarcadère (où il y avait deux établissements et un supermarché), il n’y a rien à Egense. Heureusement, on a loupé un panneau indicatif de la route cyclable n°5, et du coup on s’est retrouvés dans un charmant patelin au nom tout aussi charmant : Mou. Si si, après Hou, Mou ! 

Et à Mou, il y avait un Dagli Brugsen, autrement dit un supermarché où on s’est acheté de quoi faire « un petit repas de roi » sur un banc devant le magasin : olives, Gran padano, une bière et une charcuterie quelconque pour Philipp, et des chips au sel !

Après quoi on est repartis vers Hadsund, en choisissant non seulement de continuer à boycotter les chemins de gravier, mais aussi de renoncer aux détours que fait faire l’itinéraire cyclable pour voir des choses sans doute très jolies, mais qui risquent de nous faire emprunter à nouveau des pistes à peine dignes de ce nom, et certainement pas compatibles avec un dos en mauvais état. On a donc longé la grand-route qui longe la mer, ce qui nous a offert quelques magnifiques paysages, puis on a bifurqué vers l’intérieur des terres pour rejoindre Hadsund et le B&B Forvalterboligen.

Arrivés à l’adresse indiquée, à deux pas d’un magnifique château, on n’a trouvé personne et on a donc un peu chipoté, puis appelé, pour avoir les indications sur le manière de prendre possession de notre chambre, dont je savais grâce à un message que c’était la n°1, mais rien de plus.

La chambre n°1 s’est avérée une grosse arnaque : pas bien grande, avec WC et salle-de-bain sur le pallier, pas d’essuies, et surtout un lit dans un état épouvantable : hors de question qu’un de nous deux dorme là-dessus ! Philipp a donc retéléphoné et la dame a prétendu qu’elle s’était trompée, et qu’on pouvait prendre n’importe laquelle des chambres sur laquelle il y avait une clé. On n’a fait ni une ni deux (ah ah !) et on a pris la n°2, juste à côté, deux fois plus spacieuse, et avec salle-de-bain et essuies !

Nous ne sommes pas seuls, il y a là aussi un couple de Néerlandais qui n’a pas l’air très sympa. Et comme le centre de Hadsund est à 4km, on va se faire livrer des pizzas, ce soir !

Commander des pizzas n’a pas été aussi simple qu’on l’imaginait. On avait pourtant trouvé un restaurant qui livrait, mais c’est au moment de remplir les champs que ça coinçait : les bougres voulaient absolument un numéro de téléphone danois, que nous n’avions évidemment pas ! Philipp a donc téléphoné pour passer commande, mais là encore, ça a failli coincer car ils n’acceptaient pas les payements par carte, uniquement les couronnes danoises… Finalement, ils ont accepté le payement en euro, ouf !

Pendant ce temps, je m’étais préoccupée du petit-déjeuner de demain matin (Obélix veille !). En effet, dans ce B&B, il y a certes le premier B, mais pas le deuxième ! Par contre, j’avais trouvé sur internet, avant notre départ, un commentaire d’un voyageur qui disait avoir pris son petit-déjeuner à l’hôtel tout proche. J’ai donc contacté l’hôtel, le Møllehuset, et  c’est réglé: nous irons y prendre le petit-déjeuner demain matin à 8h !

Pour la livraison de la pizza, on devait patienter une heure et demie (gloups !); heureusement, il nous restait quelques chips de ce midi et des peanuts, on s’est donc fait un petit apéro sur la terrasse du B&B (avec un seul B).

C’est vraiment un drôle de concept, ce logement : c’est une grande maison, il doit y avoir quelque chose comme 8 chambres, un grand jardin, une cuisine, une salle-à-manger commune,… Les chambres sont proposées à la location, mais personne n’habite les lieux, et quand on arrive, il suffit d’entrer, la porte est ouverte !

En arrivant, j’ai d’ailleurs cru qu’on devait aller chercher les clés à l’hôtel, ou même qu’on y logeait (le message que j’avais reçu via Booking n’était pas clair); j’ai donc fait le tour du bâtiment, cherchant un accès, et trouvé une porte ouverte, qui menait au couloir des chambres, qui elles-mêmes étaient pour la plupart ouvertes !

Ce que j’avais lu sur la mentalité danoise se vérifie : ici, on fait confiance, et on peut : il arrive même qu’on laisse paraît-il son bébé dans sa poussette devant un magasin, le temps d’une course, parce qu’on sait qu’il ne viendrait à personne l’idée de l’emmener. Aussi, nous sommes de plus en plus décontractés quand on laisse nos vélos chargés de bagages quelque part.

Encore un mot sur notre logement : c’est en réalité une dépendance du château tout proche, et le petit mot disposé dans chaque chambre présente la maison comme celle de l’intendant du château. Il est signé de la main de « Benedikte Rigskomtesse von Platen-Hallermund ».

Retour aux pizzas : on craignait un peu d’être roulés, puisque le type à qui Philipp avait eu affaire était incapable de nous dire combien on devrait payer en euros. On avait donc calculé de notre côté que le montant total était d’un peu plus de 300 couronnes, et qu’il pouvait donc nous réclamer environ 40-45€. En fait, il en a demandé 35 !

On s’est donc installés dans la salle-à-manger pour manger nos pizzas en discutant d’une question due la plus haute importance : le Kattegat fait-il partie de la mer Baltique ou de la mer du Nord ? Personnellement, j’avais déjà tranché la question en considérant qu’à Grenen, les deux mers se rejoignaient, et que dès lors sitôt que l’on quittait Grenen et Skagen par l’Est, on était sur la Baltique, mais c’est loin d’être sûr, et c’est bien dommage.

Après quoi nous sommes allées nous coucher, jusqu’à ce que notre porte s’ouvre brutalement : un type s’apprêtait à s’installer dans la chambre 2, que visiblement notre hôtesse lui avait attribuée. Mais on ne bougera pas d’ici, il y a assez d’autres chambres libres…

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(DE-DK) Jeudi 14 juillet 2022 (jour 18) : Skagen – Aså (80,87 km)

Après une très mauvaise nuit, on était à 7h30 au petit-déjeuner, après quoi Philipp se mît en devoir de regonfler tous nos pneus, profitant de la pompe prêtée par le gérant du motel.

Pendant ce temps, je m’informais sur les éphémérides, ce qui me permet de vous transmettre cette information capitale : les

journées font plus de 17h ici à cette saison, le soleil se lève 1h20 plus tôt qu’à Bruxelles.

On se met en route un peu avant 9h, avec, comme on s’y attendait, un bon gros vent de face. On avance donc péniblement et, pendant les 12 premiers kilomètres, sur le même itinéraire que celui qu’on a pris pour arriver, puisqu’on est sur une étroite langue de terre.

Ensuite, on quitte la route numéro 1 pour la route numéro 5 – au Danemark, les itinéraires pairs vont dans le sens est-Ouest ou l’inverse, et les itinéraires impairs dans le sens nord-sud ou l’inverse. Nous prenons donc l’itinéraire 5 à son point le plus au nord, en direction du sud.

Et pendant près de 30km, on longe la route nationale 40 (on a décidé que c’était une nationale, mais en fait on n’en sait rien) avec un vent d’ouest, donc latéral, très fatigant., mais heureusement souvent atténué par la présence d’arbres ou de maisons au bord de la route. On est certes sur une belle piste cyclable, mais ce n’est pas folichon. Enfin, au moins on avance bien, et à 11h30, après 40km, on arrive à Frederikshavn.

Notre première préoccupation est double : acheter une pompe à vélo de qualité (rappel des épisodes précédents : d’abord on n’avait pas de pompe – grave erreur -, et ensuite on en a acheté une petite que Philipp a cassée) et acheter des anti-inflammatoires pour Philipp, qui a soudain très mal au dos. On se répartit la tâche (moi la pompe, lui les médicaments) puis on va manger à la terrasse d’un petit resto italien que j’ai repéré à notre arrivée : le Da Leonardo.

Ensuite on repart, tout en notant que Frederikshavn est vraiment jolie et mérite plus que les brèves visites de tous ceux qui transitent vers la Norvège, puisque c’est le principal port d’embarquement pour quitter le « continent ». Car oui (coucou Benoit ou Alain M.), visiblement, les Danois considèrent comme nous que l’Europe continentale s’arrête chez eux, et que les autres Scandinaves sont des quasi insulaires. On a d’ailleurs vu un panneau souhaitant la bienvenue sur le continent aux passagers descendant des ferrys.

L’itinéraire qu’on emprunte en quittant Frederikshavn est charmant, c’en est enfin fini de la grand route, on voit la mer, magnifique, sur notre gauche, malheureusement Philipp a très mal au dos et on fait donc un premier arrêt après 8km pour lui permettre de souffler un peu.

Non seulement il y a beaucoup de vent, mais il fait froid ! C’est bien la peine de rouler vers le sud…

Heureusement, la pause fait du bien à Philipp, qui repart donc plus vaillant.

L’impression qu’on avait déjà eue ce matin ce confirme : la région a l’air plus prospère que ce qu’on a traversé sur la côte ouest : on voit des cafés, des restos, des industries, des B&B, et même des terrains de tennis ou de mini-golf.

La route reste très agréable, on est tout le temps sûr de l’asphalte et on voit la mer, d’un magnifique bleu turquoise. Mais on est quand même fatigués, et soulagés d’arriver enfin à l’Aså Camping Cottage à 16h30.

Comme son nom l’indique, il s’agit d’un camping avec une partie logements en dur. Et le nôtre est un minuscule chalet en bois avec juste un lit, deux chaises et une tablette. Pas de WC ni de salle-de-bain, qui sont communs.

Après l’habituelle douche, on décide de reprendre nos vélos pour aller jusqu’au port, indiqué à 1km de là et où il y a un restaurant qui propose un hamburger végétarien ! En fait, le resto et le port sont plutôt à 2km, et on y mange vraiment sur le pouce (et assez mal) d’autant qu’un jeune chanteur se produit ce soir-là sur la terrasse du Café Hawblik (c’est son nom), ce qui rend toute conversation impossible.

Je fais ensuite une petite promenade histoire de faire le tour de ce charmant petit port, pendant que Philipp m’attend sagement sur un banc.

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(DE-DK) Mercredi 13 juillet 2022 (jour 17) : Skagen

C’est à peine croyable, mais on a bien dormi ! 

Vers 8h, on était au petit-déjeuner, ce qui nous a permis d’avoir le bus 99 de 9h01.

Sur le net, il était vivement conseillé de s’y rendre tôt le matin ou tard le soir, car c’est un des lieux les plus courus du Danemark. On décide donc que ce sera notre première activité de la journée.

En effet, on voulait absolument aller jusqu’au bout du bout du Danemark, à savoir Grenen, qui est l’endroit où la mer du Nord et la mer Baltique se rejoignent de part et d’autre d’une étroite bande de sable sur laquelle on peut marcher. Un truc un peu magique pour les gens qui, comme moi, veulent toujours aller « au bout » (de la jetée, de la digue, du ponton, de n’importe quoi qui a une fin qu’on voit très bien à vingt ou à deux cent mètres, mais qu’il faut absolument que j’atteigne). 

Grenen étant à un bon 5km d’ici, et la météo prévoyant beaucoup de vent, l’idée de faire une journée « sans vélo » ne nous déplait pas, mais 5km à pied, plus le retour, plus tous les autres projets que j’ai encore pour la journée, ça commence à faire beaucoup. D’où la riche idée de Philipp : prendre le bus. Et ça tombe bien, le bus 99 passe devant le motel et va jusqu’à Grenen, d’où il ne reste plus qu’un bon kilomètre et demi à parcourir pour avoir un pied dans la mer du Nord et l’autre dans la Baltique.

Bref, on a pris le 99, un bus (en fait plutôt un car) un peu irritant, car il vient de Blokhus (et Hune) et passe par Hirtshals, et les plus attentifs se souviennent qu’on a logé à Hune puis à Hirtshals. Ce bus fait donc en 2h ce que nous avons fait en deux jours.

Du terminus du 99, on a emprunté le chemin balisé qui nous amène dans les dunes, histoire de découvrir quelques vestiges architecturaux majeurs de la seconde guerre mondiale (des bunkers), puis la plage qui nous fait longer la Baltique jusqu’à la pointe où elle se confond avec la mer du Nord. Il n’y avait pas encore trop de monde à cette heure-là, mais lorsque nous avons fait demi-tour, un tracteur arrivait par la mer du Nord, tractant un bus plein de touristes… et au terminus du bus, deux autres tracteurs étaient déjà prêts à partir, remplis eux aussi de leur contingent de touristes. On avait donc bien fait !

J’aurais bien été voir de plus près le phare, mais un bus 1 (je me demande s’ils ont d’autres lignes à Skagen que le 1 et le 99 !) nous tendait les bras, on a donc sauté dedans pour rejoindre le centre ville. Cette fois-ci, le chauffeur nous a fait payer nos billets, alors que celui du 99 nous avait fait comprendre que c’était déjà bon comme ça (on était les seuls dans son car, peut-être nous était-il reconnaissant d’agrémenter sa solitude ?).

D’abord le plus urgent : se désaltérer, et tant qu’on y est, craquer pour une délicieuse pâtisserie au chocolat. Pourquoi n’ont-ils pas ce genre de choses au petit-déjeuner, au lieu de leurs charcuteries et autres fromages ?

Ensuite, on est partis flâner, faire les boutiques, se perdre (je veux dire que j’ai perdu Philipp, mais ça va, je l’ai retrouvé), constater que la mode féminine danoise est certes intéressante, mais pas vraiment mon genre (ouf, de toute manière je n’ai pas vraiment de place dans mes sacoches !), puis manger au Green’s un petit snack à la fois roboratif et diététique : diverses fritures (oignons frits, bâtons de mozzarella frits, mini loempias et frites de patates douces) et bière sans alcool.

Je vous ai déjà parlé des cailloux peints, mais l’amour des Danois pour les cailloux semble aller au-delà de ça, car on trouve quantité de brols plus ou moins artistiques en cailloux, et notamment des sortes de colliers de cailloux qui sont parfois simplement suspendus (dans quel but ?) parfois disposés artistiquement pour faire des formes diverses.

De retour à l’hôtel, j’ai profité de la sieste de Philipp pour relire le manuscrit de mon prochain livre (moment pub : sortie le 6 septembre !), puis on est repartis, en direction cette fois de la Tilsandede Kirke, autrement dit l’église ensablée. Pour ça, on a pris le bus n°1, puis on a marché une vingtaine de minutes. Les conducteurs de bus sont vraiment gentils ici: celui-ci, quand on lui a dit où on voulait aller, nous a conseillé de plutôt prendre un autre bus pour avoir moins de trajet à faire à pied (sauf qu’on le savait déjà, mais l’intention était là). Et comme rien n’indique, dans le bus, le nom de l’arrêt suivant, ils s’arrêtent là où on leur a dit qu’on voulait descendre et nous font signe. Celui-ci est même descendu de son bus pour nous indiquer l’itinéraire à suivre à pied pour arriver à cette fameuse église ensablée, dont l’histoire est vraiment très triste : elle date de la fin du 14è siècle, et c’est à l’époque un des plus grands édifices religieux du Jutland. Mais à partir du 16è siècle, le sable commence à envahir l’église, puis les murs du cimetière adjacent. En quelques dizaines d’années, malgré les efforts de la congrégation, l’église est envahie par le sable, tant et si bien qu’elle est détruite en 1795. Mais le roi Christian VII ordonne que le clocher soit préservé et utilisé comme phare. (Merci Wikipédia)

N’empêche, si l’histoire est triste, l’endroit est superbe, en plein milieu d’une réserve naturelle, où l’on retrouve ce mélange, bien connu de nous maintenant, de lande et de forêt de conifères. On s’y balade un peu, puis, en attendant le bus pour rentrer, on s’offre une glace (lui), un café et un chapeau (moi). 

On prend le bus jusqu’à l’arrêt « Svenske Sømandskirke », car je tiens absolument à aller voir cette église suédoise de marins, très logiquement située à deux pas du port. Elle est malheureusement fermée à cette heure, on se contente donc d’y jeter un oeil de l’extérieur avant de rejoindre le centre ville, où on va manger un hamburger au Mcknudsens Restaurant, à la décoration assez originale, jusqu’aux portes des toilettes d’ailleurs !

Le vent souffle de plus en plus fort, on reprend la route demain pour un bon 75 km, les premiers que nous ferons le long de la mer Baltique, avec comme première étape Aså. Mais avant, il faudra regonfler mon pneu avant, un peu flagada ce soir…

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(DE-DK) Mardi 12 juillet (jour 16) : Hirtshals – Skagen (54,12 km)

Était-ce le vin rosé de notre hôtesse ? En tout cas, on a tous les deux passé une mauvaise nuit, pendant laquelle j’ai l’impression d’avoir rêvé plusieurs fois de notre arrivée à Skagen, ce bout du monde danois, qui est aussi le bout le plus au nord de l’Europe continentale.

vous voyez la pointe, tout là haut là haut ? Eh bien, Skagen, c’est là !

Je me suis éveillée d’humeur maussade, et pour ne rien arranger, on a dû partir l’estomac vide, ce qui n’est pas du tout mon genre. Bon, c’était pour faire les 300m nous séparant du supermarché Brugsen, mais quand même…
On a donc acheté des « viennoiseries » (danoises, donc pas de quoi nous envier), qu’on est allés manger sur un banc en regardant le port de Hirtshals. Le temps était couvert, le vent s’était levé, j’ai mis ma petite laine et tenté de rester positive quand même.

Et puis on est partis pour de bon, on a cafouillé un peu à la sortie de Hirtshals, puis on a retrouvé notre itinéraire, et tout s’est arrangé ! On a eu droit sur une petite dizaine de kilomètres à une magnifique piste cyclable asphaltée, sous un grand soleil et avec un vent plutôt dans le dos. Que rêver de mieux ?

Après, évidemment, on a dû se taper un tronçon abominable avec en guise de revêtement des gros cailloux sur lesquels on manque à chaque instant de déraper, mais ça n’a pas duré trop longtemps, et de manière générale, on pourrait résumer cette journée cycliste par ces quelques mots : « dans la forêt, entre asphalte et piste de graviers concassés ».

C’était de toute beauté, de temps en temps on apercevait la mer à gauche, des chevaux, des vaches, des moutons (même si globalement, il y a beaucoup moins d’animaux ici qu’aux Pays-Bas ou en Allemagne), et un moment donné, on n’a plus vu la mer du tout, mais on savait qu’elle était à la fois à gauche et à droite, puisque nous montions droit dans la fine pointe qui termine le Danemark.

À l’approche de Skagen, nous avons croisé un chasseur, ou un garde-chasse, qui revenait en portant une biche morte. L’avait-il tuée ? La ramenait-il après l’avoir trouvée dans cet état ? Mystère. 

Le nombre de cyclistes augmentait (mais celui de vélos électriques, par contre, diminue depuis que nous sommes au Danemark) : il y a de tout, comme cyclistes: ceux qui pédalent à l’aise, de retour d’une course ou d’une promenade; ceux qui tracent, le nez dans le guidon de leur VTT; quelques rares solitaires sur leur vélo de course ; et puis évidemment les « randonneurs au long cours » comme nous, lourdement chargé, parfois plus que nous d’ailleurs s’ils campent. Et comme cette partie de l’itinéraire n°1 que nous suivions est commune à l’aller et au retour, forcément, ça fait du monde !

À 12h25, nous sommes arrivés à notre motel, le bien nommé Skagen Motel, où nous resterons deux nuits avant de repartir, côté mer baltique cette fois pour la « redescente ». On avait fait 54km, et j’avais faim ! 

Pile à ce moment, Philipp a reçu un appel de son ami Ingo, qui était censé nous héberger deux jours à Kiel dans quelques jours: il a le covid ! On va donc réfléchir à un plan B – on a déjà quelques idées, mais normalement, on ne roulera pas plus, et ne modifiera pas non plus notre date de retour à Bruxelles.

Notre chambre n’étant pas encore prête, on a déposé nos bagages et on est repartis sur des vélos considérablement allégés vers le centre de Skagen, situé à un kilomètre environ. Très joli, mais bondé, plein de magasins, de restaurants et de touristes, et d’ailleurs piétonnier. 

Cela dit, c’est la première fois qu’on est positivement frappé par l’architecture danoise. En général, on a surtout vu des chalets isolés de bois noir, ou alors des centres plus bâtis, mais à l’architecture assez hétéroclite, ce qui signifie que le plus laid côtoie le plus charmant, sans grande unité. Une seule chose semble typique ici, hormis les chalets en bois noir : les petites barrières de bois blanc entourant nombre de maisons.

On a cherché à s’éloigner de la foule, et on s’est installés à la terrasse ombragée et quasi déserte du Foldens hôtel café restaurant, pour un énorme sandwich.

Puis on est revenus à notre motel pour prendre possession de notre chambre et se reposer un peu avant de repartir.

En fin d’après-midi on est donc repartis à pied vers le centre, où on a longuement flâné (Philipp s’achetant au passage deux chemises) afin de choisir notre restaurant du soir. On a finalement jeté notre dévolu sur le Firenze, un « authentique restaurant italien » qui me permettait, pour une fois, de ne manger ni pizza ni burger végétarien. Les pains à l’ail en entrée se sont avérés très décevants, et l’apérol spritz décidément toujours très inférieur aux standards belges, par contre le spaghetti aux champignons, ail et huile de truffe était délicieux.

Ensuite, on est encore allés boire un verre au port, qui pour une fois offrait quelques possibilités. On s’est attablés à une terrasse située sur le toit d’un bâtiment, d’où on avait une vue imprenable sur la vie du port de plaisance. 

Ensuite, retour à l’hôtel en passant par de petites rues. Ici, tout est jaune. À croire qu’ils m’ont entendue regretter le côté trop hétéroclite de l’architecture des villes : ici, c’est presque trop uniforme !

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(DE-DK) Lundi 11 juillet 2022 (jour 15) : Hune – Hirtshals (61,25 km)

Après une nuit très moyenne, on est debout à 6h30. On prend notre petit déjeuner et il est à peine passé 8h quand on se met en route. On a une étape assez courte aujourd’hui et le temps s’annonce magnifique.

Philipp est heureux : on fait près de dix kilomètres sur une magnifique asphalte. Ensuite, quelques centaines de mètres un peu moins confortables, et nous voilà au bord de la mer, plus exactement sur la plage, car les Danois ont inventé un concept inédit : la route sur la plage, même pour les voitures d’ailleurs ! Pendant 4 km, nous roulons donc sur du sable heureusement bien tassé, et ça a quelque chose de surréaliste de croiser ainsi cyclistes et automobilistes, heureusement peu nombreux, sur une piste ensablée.

A 9h45, alors qu’on a roulé près de 25km depuis ce matin, on atteint les 1000 km depuis Bruxelles ! On fait une photo pour immortaliser ça, et on repart !

On était censés faire un 1000 avec nos doigts, mais je crois que c’est raté…

Philipp est très attentif aux plaques de voitures et tient beaucoup à me signaler chaque fois qu’il voit une voiture norvégienne, surtout depuis qu’on a traversé un quartier ou village appelé la petite Norvège. Du coup, je m’y mets aussi et lui dit un moment donné : « Tiens, c’est pas des Suisses, ça ? ».

Comme il est à moitié sourd (sa version est que je murmure, mais il est évident que je m’époumone en pure perte), il me fait répéter, puis finit par comprendre « des huîtres ». Fou rire sur la route pour nous deux, sans cesser de pédaler bien sûr !

Après 40km, on atteint un endroit absolument magnifique au bord de la mer, où on s’offre une pause collation.

On poursuit ensuite notre route et on se retrouve enfin (ben oui, ça commençait à manquer !) sur des graviers, des coquillages concassés, puis des montées et des descentes, puis une forêt… Ici, j’ai toujours l’impression quand on traverse une forêt qu’on va voir surgir un renne, un caribou, un gnou ou un truc du genre, mais non, rien !

A 12h20, on atteint le phare de Hirtshals, où on a décidé de manger nos sandwiches avant d’aller à notre logement du jour, où on ne peut arriver qu’à partir de 15h. Le paysage est à nouveau de toute beauté, et l’endroit a l’air assez touristique : étonnamment, il semble que le Nord soit plus touristique que le Sud, ici. On a fait près de 60 km ce matin !

On laisse un message sur le répondeur d’Elsa (on loge au Hos Elsa) et comme elle ne répond pas, on va au centre boire un verre en terrasse.

Elle nous prévient un peu avant 15h, on gagne son adresse, qui est à 250m à peine du centre, et on s’installe dans notre petit sous-sol, puisque c’est là que sont situées notre chambre et notre salle-de-bain. Elsa est charmante, elle nous a mis une bouteille de rosé au frais et nous invite à utiliser son jardin. Dans un premier temps, c’est à faire sécher ma lessive que je l’utilise ! 

Jusqu’ici, j’ai oublié de parler de deux ou trois petites choses frappantes au Danemark :

D’abord leur amour de leur drapeau : il y en a partout, et au début c’est perturbant, parce qu’on a plutôt l’habitude qu’un drapeau signale un camping, un restaurant, un hôtel, etc. Or, ici il y a des petits drapeaux plantés au sol au bord des routes, au mât de quasiment toutes les maisons, sur des cailloux peints au sol, etc. Il parait que ça n’a rien de politique, c’est juste qu’ils aiment bien leur pays.

À propos de cailloux, un autre truc marrant, c’est le nombre de « galeries » qu’on trouve au bord des routes, et qui sont généralement de simples brocantes de garage où s’entasse du brol invraisemblable, ou même des stands devant les maisons, où l’on peut acheter de superbes (ou moins) cailloux peints. Je n’ai pas encore eu l’occasion de les photographier, parce qu’en général il y a un enfant ou un adulte derrière qui pourrait trouver bizarre que je m’arrête juste pour faire une photo de ses « trésors » sans manifester la moindre intention d’en acheter, mais j’essayerai…

Une autre chose qu’on peut acheter sans problème au bord des routes, ce sont des pommes-de-terre. Et évidemment, qu’on vende des cailloux ou des patates, ça se signale toujours avec un drapeau danois !

Pour une fois qu’on est là tôt, on a très envie d’aller à la découverte de Hirtshals, qui a en plus l’air jolie et animée, une vraie cité balnéaire dans le vent (au figuré, puisqu’il n’y a quasi plus un souffle de vent aujourd’hui !).
A suivre donc pour le récit de la fin d’après-midi et de la soirée ! Mais sachez déjà que je suis totalement réconciliée avec le Danemark.

… Voilà, nous sommes donc partis à la découverte de cette petite ville. Évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher de faire quelques achats que je devrai caser dans mes sacoches (ça va aller). Non non, pas de caillou peint ! Puis on a essayé de trouver un resto sympa, et ça c’est quand même toujours un peu la galère. Curieusement, le quartier du port n’est jamais très joli – c’est un euphémisme – en tout cas dans les villages qu’on a traversés jusqu’à présent. Pas la moindre Marina un peu sympa, avec petite terrasse, etc. On a donc fini par jeter notre dévolu sur le resto Normann’s, qui servait des hamburgers végétariens, mais avant, on est allés prendre un verre à la terrasse d’un pub juste en face. Et après, on est allés faire une petite promenade digestive sur la plage en direction du phare. Il y avait encore des gens qui se baignaient, quant à moi j’ai mis les pieds dans l’eau et ça m’a suffi, alors que j’ai l’habitude des eaux froides… 

Ensuite, pour faire honneur à notre hôtesse (on est comme ça, on a le sens du sacrifice chevillé au corps), on a ouvert sa bouteille de rosé et bu un verre sur sa terrasse.

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(DE-DK) Dimanche 10 juillet 2022 (jour 15) : Hanstholm – Hune (92,58 km)

Aujourd’hui, je « spoile » : c’était magnifique, mais un peu long sur la fin !

Maintenant que c’est dit, reprenons par le menu : d’abord, on a fait la grasse matinée ! On s’est levés à 7h30 après avoir ouvert brièvement un œil à 4h44 (moi) puis à 6h30 (nous). J’avais espéré qu’il y aurait des croissants au petit-déjeuner, comme c’est dimanche, Philipp s’était évidemment moqué de moi en disant qu’on aurait du poisson cru, et j’avais raison : il y avait des croissants, ou plus exactement des pains en forme de croissants ! 

On se met en route vers 9h15, après un dernier regard au phare de Hanstholm. On redescend la route qu’on a grimpée hier pour rejoindre la côte, et pendant une dizaine de kilomètres au moins, c’est une paysage enchanteur qui s’offre à nous. La piste (je ne dis plus « cyclable ») se déroule devant nous en lacets, la mers à notre gauche, d’un bleu d’opale, à droite il y a des prairies, des collines, parfois des vaches ou des moutons.

Ensuite on rejoint une route, où on dépasse un couple de français qu’on a déjà vus il ya quelques jours – cela semble déjà si loin ! – sur cette digue à Thorsminde où on souffrait tant du vent : elle arborait sur son vélo un drapeau français, lui un drapeau espérantiste, du coup Philipp l’avait salué en espéranto. Elle avait l’air d’avoir du mal à suivre son homme, qui la devançait largement et ne semblait pas se préoccuper beaucoup de savoir si elle suivait.

Cette fois, on leur a dit bonjour en français; c’est une des choses que j’aime dans les voyages cyclistes : parfois, on rencontre à plusieurs reprises sur notre route quelqu’un ou quelques uns qui font le même trajet, on finit par les reconnaître de loin et ne plus s’étonner de les retrouver.

Le vent est bien tombé, et en plus on l’a à peu près dans le dos. Autant dire qu’on a avalé les 30 premiers kilomètres dans la joie et la bonne humeur, après quoi on s’est juste arrêté quelques instants près d’un magnifique cheval qui, visiblement, aimait bien les caresses.

Ensuite, c’est reparti pour une douzaine de kilomètres dans la forêt, mais aussi avec une bonne grimpette sur une magnifique route qui s’éloigne de la côte. La région est plus vallonnée ici, même si le pays reste globalement très plat.

Un peu après midi, on s’arrête en pleine forêt pour un pique-nique frugal. Enfin, pour ma part, j’ai quand même décidé que je m’offrais entrée, plat et dessert – à vous de deviner ce qui fait office de quoi !

Le silence est incroyable. Surtout après les journées venteuses qu’on a eues, où on avait parfois envie de crier « Ta gueule ! » au vent pour qu’il cesse enfin, on profite maintenant de ce silence extraordinaire, à peine troublé par les chants des oiseaux ou, de temps en temps, le bruit d’une voiture. Il n’y pas grand monde non plus, on croise parfois un promeneur ou des cyclistes, mais c’est rare, comme les maisons d’ailleurs; on est vraiment en pleine nature.

Ensuite on repart, n’étant pas totalement d’accord sur la pondération à accorder respectivement à la qualité du revêtement et à la beauté du paysage : on a déjà essuyé pas mal de tronçons en gravier, mais pour moi c’était compensé par la beauté des paysages traversés. Philipp, quant à lui, estime qu’il est trop concentré sur la route, quand elle est composée de gravier, pour pouvoir profiter du paysage. Les deux points de vue se valent, évidemment, et justement on est sur une (belle) route asphaltée, on est donc contents tous les deux. Sauf qu’à un moment, l’itinéraire balisé nous fait prendre à gauche, et ce n’est évidemment plus de l’asphalte. Je me souviens qu’on a regardé la carte, que j’ai dit « Bah, si c’est pour 300 m, ça va », et qu’on est repartis pour des kilomètres de piste en mauvais état… Puis, après une magnifique route, on s’est de nouveau retrouvés devant des panneaux qui nous faisaient emprunter une route épouvantable. Comme un cycliste en arrivait justement, Philipp lui a demandé si ça durait longtemps, ces graviers. « About 3 km ». Et en effet, mais avec une côte mortelle – j’avoue, j’ai marché, et j’avoue aussi, Philipp a réussi à la gravir sans mettre pied à terre, lui ! -, mais il était malheureusement impossible d’y échapper.

Ensuite, le bonheur : après être redescendus vers la mer, le Badehotel Svinkløv, un lieu magique, un hôtel au bout de nulle part, une terrasse face à la mer, avec rien autour, que la forêt d’un côté et la mer de l’autre. On y arrive en même temps que la jeune Anglaise qui logeait au même hôtel que nous et nous a déjà dépassés le matin. Et on s’y prend une désaltérante bière brune sans alcool, avant de remplir nos gourdes et de repartir pour la dernière « ligne droite », qui fait quand même encore une trentaine de kilomètres et qu’on fait en évitant cette fois scrupuleusement les « pistes », privilégiant le bitume jusqu’à notre arrivée à Hune à 16h20.

On loge dans un appartement, je m’attendais donc à une sorte de motel impersonnel, et en fait c’est une adorable appartement indépendant à l’étage d’une maison où vit une charmante dame rondelette que j’imagine en vendeuse de bonbons, et qui nous accueille très chaleureusement.

L’appartement est vraiment spacieux, mais de manière générale, tout me semble plus spacieux ici, même les toilettes sont souvent très grandes. Il faut dire qu’ils ont de la place !

Je me découvre une tique, normal après avoir traversé tant de forêt… Pas encore vu le moindre moustique par contre, sauf hier soir dans la chambre (et je l’ai prestement occis). Marianne, pourquoi diable as-tu tellement insisté pour que je prenne du lait anti-moustiques?

Ce soir, c’est fête : je ne mangerai pas de burger végétarien, mais une pizza ! C’est en tout cas ce que je prévois, puisqu’on a réservé dans la pizzeria toute proche.

(à suivre)

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(DE-DK) Samedi 9 juillet 2022 (jour 13) : Thyborøn – Hanstholm (71,85 km)

Hier soir, j’ai enfin compris pourquoi je me réveillais tous les matins vers 4h30 : c’est l’heure où le soleil se lève ici !

Cette nuit-ci n’a pas échappé à la règle, et il nous a fallu un peu nous motiver pour se lever et aller prendre le petit-déjeuner : c’est fou comme une journée de pause, ça casse le rythme !

Vue de notre chambre

Ensuite, on s’est mis en route pour l’embarcadère, puisqu’on avait jeté notre dévolu sur le bac de 9h (sinon c’était 7h, vraiment tôt, ou 10h, vachement tard). Le vent souffle toujours beaucoup trop fort à mon goût, mais bon, on n’a pas le choix, et je me motive en me disant que demain, ça ira mieux… et qu’à l’hôtel de ce soir, il y a une piscine !

On embarque donc pour Agger, non sans avoir déjà vu un phoque en attendant de pouvoir embarquer (je dis « déjà », parce que j’étais persuadée que j’en verrais plein, mais en fait non).

Traversée bien agitée, comme il fallait s’y attendre, et 20 minutes plus tard, nous voilà à Agger. Enfin, façon de parler, parce qu’Agger est en fait à une dizaine de kilomètres de l’endroit où on débarque, et la digue qui joint les deux est évidemment toute droite et en plein axe Sud-Nord, alors que le vent, je vous donne en mille, souffle du Nord. Bref, on déguste, et c’est dommage parce que c’est vraiment magnifique, mais on est entièrement concentrés sur la route, tenir le cap, avancer, coute que coute. Le vent, en effet, souffle à 45 km/h !

Heureusement, on rejoint ensuite une magnifique piste cyclable en bitume qui tourne légèrement à droite et longe la dune, ce qui nous met (un peu) à l’abri du vent. C’est le pied ! On rêve déjà de faire tout notre itinéraire du jour dans ces conditions-là, mais ce serait trop beau, et la piste devient rapidement du gravier, puis des coquillages concassés (déjà nettement mieux – moi, j’aime même beaucoup, mais Philipp n’est pas de cet avis), tandis qu’on traverse une sorte de lande. 

On rejoint ensuite une route qui nous amène à une ravissante église dont le clocher, ou plutôt la cloche, est situé à côté, dans une sorte de construction en bois noir, c’est très curieux. On s’arrête quelques instants, et un monsieur m’adresse la parole pour m’expliquer que cet édifice supportant la cloche date d’il y a trois ans seulement; je ne comprends pas grand chose à ce qu’il me raconte – on fait tous les deux de louables efforts pour parler anglais, mais ça ne ressemble pas à grand chose – mais il nous invite à visiter l’église, nous ouvrant la grille, et donc on s’exécute. L’intérieur est assez semblable à celui des précédentes déjà visitées, mais il y a un orgue et de très beaux vitraux.

Ensuite, on reprend la route, qui nous ramène dans les bois. C’est magnifique, on traverse une forêt de conifères, mais évidemment, le revêtement est très variable. On croirait qu’ils s’amusent à nous faire des blagues, alternant bitume, graviers, terre, etc. ! En tout cas, je dois arrêter de parler de « pistes cyclables » quand je décris notre parcours, car la plupart du temps, ce sont juste des itinéraires qu’un demi-dingue a estimé cyclables, sans doute un soir de beuverie…

J’exagère un peu, mais pas tant que ça en fait…

L’avantage de ce trajet, par contre, est qu’on est bien à l’abri du vent, et qu’on avance donc à un bon rythme, contrairement à ce qu’on craignait. Finalement, tout bien réfléchi, par un vent pareil, on préfère slalomer dans les bois sur des revêtements variables que tracer au bord d’une route pleine de voitures et exposée au vent ! Alors qu’on s’était juré de ne plus jamais emprunter une « piste » de gravier, on se retrouve donc plusieurs fois à pédaler dans les graviers en se contentant d’espérer que ça ne dure pas trop longtemps. On s’offre aussi le plaisir enfantin de grimper une longue côte à du 25 km/h, vent dans le dos évidemment.

À l’approche de Vorupør, on commence à avoir faim et à désespérer de trouver à manger. On se résigne donc à faire arrêt devant le cimetière, dont l’unique banc nous tend les bras. Mais je ne suis pas vraiment disposée à me contenter de noix de cajou ce midi, et je vérifie donc sur Google Maps, où je découvre qu’il y a plusieurs restaurants dans ce charmant petit village de Vorupør. On se remet donc en route, et en effet, on ne tarde pas à trouver le Break café. Ça n’a pas vraiment l’air d’être un restaurant, mais on n’est déjà que trop heureux d’avoir trouvé un établissement, quel qu’il soit, donc on s’arrête et on fait notre repas d’un délicieux cheesecake. Il est 13h et on a déjà fait 42km, on est donc à peu près aux deux tiers de notre parcours ! L’endroit est très « baba cool », d’ailleurs tout ce qu’ils servent est végétarien, et il y a différents espaces où s’asseoir : des petites tables classiques, une grande table commune et un salon en cuir, ainsi qu’un coin « boutique » où on vend des vêtements faits avec du matériel de récupération.

Ensuite ? Ben on repart, on continue à rouler, le paysage est magnifique (c’est normal, on est dans le parc national de Thy), on traverse encore des paysages de forêts, de landes, puis de dunes. Le vent a légèrement tourné, il souffle davantage d’ouest et donc on l’a surtout latéralement, ce qui nous permet d’avancer vite, mais reste dangereux à cause des bourrasques. Je manque d’ailleurs une fois de tomber, mais je réussis à me rattraper.

On s’arrête au Spar de Klitmøller (il y a plein de noms en « klit » par ici, ça nous a évidemment bien amusés, mais en fait « klit » veut simplement dire « dune ») pour quelques courses. 

Les dix derniers kilomètres se font sur une (vraie) piste cyclable qui longe la route principale, qui elle-même longe la mer. C’est à nouveau de toute beauté. Curieusement, la route est plate, mais la piste cyclable ne cesse de monter et descendre, ce qui est finalement assez agréable, même s’il faut veiller à ne pas être déstabilisé par les bourrasques lorsqu’on arrive au sommet d’une montée. Le vent est un peu plus fort que ce matin : près de 47 km/h !

À Hanstholm, on doit grimper un peu pour arriver à notre hôtel, enfin ! C’est normal, apparemment le centre est sur les hauteurs. Il est 15h30, on y est arrivés, et finalement, cette journée n’était même pas si épouvantable que ça ! En tout cas, les paysages étaient de toute beauté. On arrive en même temps qu’une jeune anglaise à vélo qui était déjà au Spar en même temps que nous et qui loge ici aussi. Elle est en vélo électrique et veut aller jusqu’au Cap Nord ! On va ranger nos vélos et on s’installe dans notre chambre 14, au rez-de-chaussée, une chambre spacieuse avec un petit balcon où on s’empresse de mettre sécher notre linge après notre lessive du jour.

Le soir, on va manger au restaurant de l’hôtel, comme arrêté avec la réceptionniste à notre arrivée : elle m’a expliqué que c’était un menu, et quand j’ai dit que j’étais végétarienne, elle m’a dit qu’en entrée c’était un potage tomates et qu’ensuite on pourrait me faire un plat de légumes. J’ai donc dit « OK ! », tout ça, évidemment, dans un anglais approximatif. 

Quelle ne fut pas notre stupéfaction lorsque le serveur nous amena notre premier plat : au lieu du potage aux tomates attendu, du roastbeef pour Philipp et un genre de cabillaud pour moi ! On appelle le serveur, on lui explique qu’il y a un malentendu, que je suis végétarienne, qu’on m’a parlé de potage tomates et de légumes. Il s’empare de nos assiettes avec un laconique « perfect ! » et s’en va.

Lorsqu’il revient, c’est avec du roastbeef pour Philipp et un burger végétarien pour moi. Très bien, mais quid du potage ? En plus, toutes les tables autour de nous se voient amener une entrée que nous n’avons pas eue et qui ne ressemble pas du tout à un potage tomates. Le mystère s’épaissit ! Pour en avoir le coeur net, Philipp demande au serveur qui a l’air le plus dégourdi, et qui nous explique très candidement qu’il n’y avait qu’à demander la formule 3 services ! Euh oui, mais nous on ne nous a jamais demandé combien de services on voulait ! Et si on nous l’avait demandé, on aurait certainement préféré l’entrée au dessert (une sorte de tarte à la framboise, pas mauvaise du tout d’ailleurs, accompagnée d’une boule de glace à la fraise épouvantablement sucrée).

Enfin bon, c’était pas mauvais, et on termine la soirée par un whisky dans le salon de l’hôtel. On n’aura même pas profité de la piscine, tiens !

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(DE-DK) Vendredi 8 juillet 2022 (jour 12) : Thyborøn

Aujourd’hui, c’est REPOS ! 

On s’éveille tôt quand même, comme d’habitude, mais on traîne un peu dans notre chambre qui fait plutôt studio, tant elle est spacieuse, et on va prendre le petit déjeuner un peu avant 8h. Les Danois ne m’ont pas l’air très doués pour faire le café, généralement c’est plutôt de l’eau chaude avec un vague goût « café », mais bon.

Un autre truc bizarre ici, ce sont les serrures : chez nous, pour fermer une porte, il faut faire un tour complet avec la clé dans la serrure. Ici, il suffit de tourner la clé d’un quart, ou même d’un huitième de tour, et puis de remettre la clé dans sa position initiale et de la retirer, et c’est fermé !

Après le petit-déjeuner, on va parlementer avec la propriétaire de l’hôtel, qui allait nous trouver une solution pour le vélo de Philipp, et en effet nous donne les coordonnées d’un réparateur qui se déplace pour réparer « chez vous ». Celui-ci vient à 11h, ce qui me laisse le temps d’écrire ma chronique pour Marianne.

Le gars est tellement sympa que Philipp m’envoie un sms pour me dire de descendre, et en effet (en fait, les Danois sont sympas, même si pas très causants quand ils n’ont rien à dire, ce qui au demeurant n’est pas pour me déplaire). Mais surtout, il a inventé sa propre entreprise, puisqu’il a aménagé sa camionnette pour pouvoir faire des réparations « ambulatoires » en suspendant le vélo par un système ingénieux. Il remplace les deux pneus de Philipp, trop usés, et vérifie l’état de mon pneu avant, qui se porte comme un charme. D’après lui, on a dû mal revisser la pipette après la dernière réparation, ce qui explique ma mésaventure.

Hier soir, on était crevés et découragés, et je dois bien dire que je me demandais s’il était bien raisonnable de poursuivre ce voyage. Mais après avoir tout bien considéré (les logements déjà payés, la piste ferroviaire pour au moins éviter les forts vents de demain, le programme des jours restants), on est parvenus à la conclusion qu’on allait continuer, puisque le vélo de Philipp est retapé, que la météo annonce moins de vent dès lundi et que notre journée de demain n’est pas trop longue (une soixantaine de kilomètres quand même).

Nos problèmes de vélo étant réglés, on se met en route à la découverte de Thyborøn. D’abord, on ne résiste pas à faire un tour dans un magasin de vêtements de sport, où on achète chacun une couche en plus : c’est qu’il ne fait pas chaud, en juillet, dans le Jutland central !

Après quoi la découverte peut vraiment commencer. L’arrivée sur la plage, après avoir franchi une dune, offre un spectacle époustouflant : la mer est déchaînée, les vagues se brisent sur les brise-lames à grand fracas, l’écume vole sur la plage, … Les lunettes de soleil sont indispensables, pour se protéger non pas du soleil, mais du sable. Il y a énormément de bunkers aussi.

On revient dans l’intérieur des terres, une église m’intrigue parce qu’elle est à la fois très moderne et (surtout) surplombée d’une croix, ce qui la rend très identifiable de loin, contrairement aux églises que j’ai vues jusqu’ici, qui ressemblent davantage à des maisons étirées en hauteur, sans signe distinctif particulier. Je suppose que ces dernières sont des églises luthériennes (de l’Eglise du Danemark, religion officielle ici) tandis que cette église-ci est catholique.

Thyborøn est la première « ville » (en réalité, c’est un village de pécheurs) que nous découvrons vraiment. On est loin de l’image qu’on a souvent des pays scandinaves, avec leurs petites maisons en bois peint, et de manière générale l’aspect propret et cossu que donne généralement la prospérité : la région est historiquement plutôt pauvre, comme l’a expliqué à Philipp le réparateur de vélos, raison pour laquelle il y a si peu de cafés, restaurants, etc. Les habitants n’avaient tout simplement pas les moyens de s’y rendre. Il y a malgré tout de jolies maisons, mais qui cohabitent avec des habitations fort banales, qui ont parfois l’air un peu abandonnées ou peu entretenues. On tombe aussi sur un bâtiment très étrange, la Sneglehuset (maison des coquillages), qui est, comme son nom l’indique, une maison entièrement couverte de coquillages (à l’intérieur aussi, parait-il) où l’on peut aussi boire un café. Mais comme on commence plutôt à avoir faim, on poursuit notre chemin.

On va manger finalement au Mallemukken, un endroit très spécial puisqu’on y mange dans la coque retournée d’un bateau ! On se contente d’une salade et de frites, histoire de ne pas se transformer en hamburgers… A la sortie, on s’offre même une glace.

Puis on revient vers le port, où j’ai la joie indicible de voir un phoque, puis ce qui ressemble fort à un dauphin ! Ça y est, ma journée est faite ! 

En fait non, pas du tout : car un peu plus tard, j’apprends que mon filleul Raphaël est enfin né. Ô joie, et qu’il me tarde de faire sa connaissance ! 

Le soir, on hésite un peu, et finalement on va manger au resto de l’hôtel : après tout, puisqu’on a le choix entre hamburger (végétarien si on veut) et hamburger (végétarien si on veut), autant le manger là où on sait qu’il est bon, et dans un cadre agréable !

Car je crois l’avoir déjà dit, mais l’art des plaisirs de la table, ce n’est pas vraiment le fort du Danemark, ou en tout cas de cette région-ci. Peu de restaurants, peu de variété : on vient pour manger plus que pour passer un moment agréable autour d’une table.

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(DE-DK) Jeudi 7 juillet 2022 (jour 11) : Hvide Sande – Thyborøn (87,68 km)

Après une bonne nuit réparatrice, on s’éveille vers 6h30 (enfin, ça c’est moi, Philipp était déjà éveillé), et avant-même le petit-déjeuner, Philipp va jeter un oeil à son vélo, dont le pneu s’est bien dégonflé pendant la nuit. Puis, à 7h30, notre hôtesse nous amène le petit-déjeuner, qu’on prend dans notre chambre. Ils sont vraiment attentionnés : comme j’avais mentionné la veille que j’étais végétarienne quand on a parlé du choix du reste avec notre hôte, elle m’a prévu du fromage à la place de la charcuterie. Fromage dont on se sert pour faire des sandwiches pour ce midi, puisqu’elle nous a aussi amené un sachet de conservation et du papier aluminium. Ces gens sont vraiment charmants !

Je reçois un mail de Booking.com qui m’étonne un peu: il dit que ma réservation pour cette nuit a été annulée car on ne s’y est pas présentés. Bizarre, on est pourtant bien là ! Il faudra tirer ça au clair avec notre hôte (le seul du couple à parler anglais).

Philipp a oublié une de ses gourdes sur son vélo, et pour gagner du temps, je vais la lui chercher. J’en profite pour vérifier mes pneus, et caramba ! Mon pneu avant est plat ! 

Bon, on a fait un bon petit-déjeuner, le vent souffle en rafales mais il a cessé de tomber des cordes et il y a même quelques trouées bleues dans le ciel. Y a plus qu’à regonfler les pneus histoire qu’ils tiennent jusqu’au réparateur de Ringkøbing; ça nous fera un petit détour, mais rien de bien grave.

Quand je parle à notre hôte de cette histoire de réservation annulée, il faut quelques minutes pour qu’on comprenne qu’il y a un gros malentendu : en fait, on n’a pas logé là où on avait réservé (l’Appartement Holmsland), mais juste à coté, chez Lyngvigs B&B ! Eux n’attendaient personne hier, mais ont pensé qu’on arrivait à l’improviste, ayant vu le panneau au bord de la route. Et Philipp avait vu la maison « Holmsland », mais comme il n’y avait aucune indication de B&B devant, j’ait dit « Non non, c’est l’autre, là-bas », et on y est allés…

Du coup, on va trouver la madame du Holmsland, qui est bien désolée (tu parles) mais doit quand même nous compter la réservation. Voilà une nuit qui nous en aura coûté deux !

On se met finalement en route, avec un vent de face absolument épouvantable, et arrivés au bout de la « digue », on décide de continuer sans faire le détour par Ringkøbing, puisque nos pneus ont l’air de tenir.

Après une quinzaine de kilomètres comme ça, Philipp doit déjà regonfler son pneu, et l’itinéraire « North Sea Cycle Route » veut nous faire emprunter un chemin d’herbe et de pierre. Ça, c’est hors de question, on a déjà trop mis nos pneus à l’épreuve sur ces revêtements à la noix ! On décide alors de suivre mon itinéraire Komoot.

Petit mot d’explication : Philipp a enregistré tout notre itinéraire en suivant la « North Sea Cycle Route » sur Komoot. Moi, je fais chaque jour l’itinéraire le plus court de logement à logement, et en général je lance mon application à quelques kilomètres de l’arrivée, pour éviter de chipoter. Ici, je l’ai donc lancé à 15 km du départ, histoire qu’on ait l’itinéraire non seulement le plus court, mais aussi adapté au vélo de route, donc uniquement des voies asphaltées. Car une chose est sûre : si on veut arriver à notre étape suivante, avec un tel vent et deux pneus pas très vaillants, on doit penser « efficace » !

Après 24 km (il est déjà 11h15 !), on fait un petit arrêt à Vedersø : il fait 16° à tout casser, mais on peine tellement sur nos vélos qu’on meurt de chaud, il est donc temps d’enlever une couche. J’en profite pour aller voire l’intérieur de la ravissante église qu’on voyait de loin. Elles sont vraiment spéciales, les églises, ici : de loin, on dirait des maisons, mais beaucoup plus hautes.

Vers 12h40, on a fait un peu moins de 40km, mais on est fourbus. On tente de trouver un restaurant indiqué sur la gauche de la route, mais rien; Philipp demande alors à une dame qui sort justement du camping, elle demande à sa fille d’aller chercher son mari (visiblement, ce sont souvent les maris qui parlent anglais), lequel nous explique que le resto n’existe plus depuis longtemps mais nous fait rentrer dans le camping, et nous autorise à nous installer à une petite table et à utiliser l’infrastructure du camping pour recharger nos appareils, aller aux toilettes, etc.

On se remet ensuite vaillamment en route, mais c’est de pire en pire : on a toujours le vent de face, il souffle toujours à plus de 40 km/h, on avance donc horriblement lentement, qui plus est le long d’une route où des voitures nous dépassent en permanence. Impossible d’admirer vraiment le paysage, sans même parler de s’arrêter pour une photo : ce serait perdre un précieux « élan »,  si tant est qu’on puisse parler d’élan …

À cela s’ajoute que tous les 10 km environ, Philipp doit regonfler son pneu, et qu’il le fit avec tellement de conviction qu’il finit par casser la pompe ! Bon, elle peut encore servir, mais ça devient de plus en plus difficile de l’utiliser…

Et toujours ce vent, qui nous assourdit, rend toute conversation ou même tout bref échange impossible : on ne s’entend pas à deux mètres ! 

On a mal aux genoux, à la nuque, aux épaules, au dos, aux mains, tant on est crispés sur nos guidons, attentifs à anticiper les bourrasques pour ne pas valser dans le fossé, on est épuisés et on en vient à penser qu’Hamlet avait raison : « Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark ».

Finalement, tant bien que mal, on arrive à Thyborøn; assez moche au premier abord: on longe d’abord une zone portuaire industrielle, puis on arrive dans un port de pêche, notre hôtel n’est plus qu’à 500m mais ça n’a toujours pas l’air très cosy…

Et puis finalement, on y est, l’hôtel Sea Side est devant nous, face au port, ça a l’air assez mignon, il est 18h, on est épuisés: on a fait près de 88km avec, de face, un vent de plus de 40 km/h ! Je dois dire que je suis fière de nous…

Et la bonne nouvelle, c’est qu’on reste ici deux nuits ! Pas de vélo demain donc, repos !

On va manger au café-restaurant de l’hôtel, heureusement ils ont des burgers végétariens !

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(DE-DK) Mercredi 6 juillet 2022 (jour 10) : Esbjerg – Hvide Sande (92,75 km)

Après une très mauvaise nuit dans ce lieu pourtant extraordinairement calme, je m’éveille vers 6h40. Le soleil brille, le ciel est uniformément bleu, serait-ce une belle journée qui s’annonce ?
Hier, on a fait très fort, puisqu’on n’est finalement jamais ressortis de notre chambre une fois arrivés : une fois la douche prise et les diverses tâches habituelles accomplies, il était 21h ! On accuse sans doute la fatigue, même si chaque matin on est en forme pour se remettre en route. À retenir pour la prochaine fois : prévoir une pause de deux nuits au même endroit après une semaine. Dieu n’avait pas tout à fait tort quand il s’est reposé le 7è jour, en fait…

On prend le petit-déjeuner dans la salle commune, située dans le bâtiment de la réception – où il n’y avait personne hier, les clés étaient disponibles dans un petit coffre à code. Ensuite, peu avant 9h, on se met en route. On fait quelques kilomètres pour rejoindre la mer, puis on longe la route qui la longe (ben oui) jusqu’à ce qu’on arrive à un magnifique front de mer. Il n’y a pas un chat, et l’architecture est vraiment curieuse : beaucoup de constructions très modernes, et un peu plus loin, une fois rentrés un peu dans l’intérieur des terres, d’énormes baraques, parfois très prétentieuses, parfois pleines de charme, mais en tout cas tellement spacieuses qu’on à peine à croire que ce sont des habitations privées.

Le vent est toujours très fort (hier, il soufflait à 33 km/h, aujourd’hui, si on en croit Strava, il est retombé à 21 km/h, mais ça reste quand même pas mal, surtout quand on l’a de face.)

On s’arrête à un supermarché Super Brugsen à Oksbøl, où on achète des viatiques, puisqu’on ne peut pas dire que l’horéca pullule par ici : noix de cajou, figues séchées, biscuits, pistaches. On est parés !

Le parcours est plus vallonné que d’habitude aussi, mais ça reste agréable de pédaler sur ces routes qui serpentent dans des paysages magnifiques, notamment un parc naturel où mon seul regret est que la piste cyclable soit le long de la route, alors que ç’aurait été tellement plus agréable d’être à l’écart de la route…

Vers 12h40, comme on n’a décidément rien trouvé pour s’arrêter et manger, on fait une pause pique-nique sur un banc du même nom du coté de Henne. On a déjà fait 50 km, on vient de traverser des dunes et des bois, il fait magnifique, sans faire chaud pour autant, bref c’est un temps idéal pour rouler !

On aimerait bien, cependant, s’arrêter un peu plus loin pour remplir nos gourdes,  voire manger un petit quelque chose (dixit Obélix au Danemark), mais je commets la funeste erreur de dédaigner l’unique établissement qu’on voit, 7 km après notre pause de midi : j’avais décidé qu’on en ferait encore au moins dix…

Bon ben tant pis pour nous, il n’y en a pas d’autres… On continue donc à rouler, ne s’arrêtant que pour une petite photo lorsqu’on atteint pile la moitié de notre itinéraire : 665 km faits – ça, c’est sûr -, et 665 km à faire – ça, c’est moins sûr, ça peut changer, plutôt vers le haut d’ailleurs…)

À force de pédaler, on atteint la langue de terre sur laquelle se trouve Hvide Sande, puis le port de Hvide Sande. Ça aussi, c’est déconcertant ici : on ne voit quasi jamais de caravanes au bord de la route vendant des boissons, des frites, des gaufres, des hot dogs ou que sais-je encore. Pas non plus de café dans le moindre village, en face de l’église. Je ne sais pas si c’est parce qu’on est dans le Jutland, ou si c’est comme ça partout au Danemark.

Quand on arrive au port de Hvide Sand, il est 15h10, on a encore fait 35 km depuis notre pause de midi, et on commence à avoir mal un peu partout (le popotin, les genoux et les pieds surtout), même si sur cette étroite bande de terre où se trouve Hvide Sande, on a le vent dans le dos. On s’installe donc dans l’établissement Marina, où on fait le point en buvant une boisson chaude. Philipp est tenté de réitérer le système d’hier (manger tôt, ici, et puis aller s’installer), moi je préfère la formule classique, et comme il est gentil, il accepte qu’on fasse comme je veux (NON, pas « comme toujours »).

On se remet donc en route, non sans avoir revêtu notre vêtement de pluie, parce que le temps s’est progressivement gâté dans l’après-midi, et c’est là que Philipp se rend compte que son pneu arrière est dégonflé. Pas totalement, mais quand même de manière anormale. On hésite un peu : rebrousser chemin ou continuer ? Mais il fait froid, il pleut, on a envie d’arriver, alors on regonfle un peu et on continue, et heureusement, le pneu tient jusqu’à notre arrivée à l’Apartment Holmsland.

La route sur cette bande de terre où se situe Hvide Sande n’est pas des plus agréables : la plupart du temps, il n’y a pas de piste cyclable et on est donc sur la route, juste à côté des voitures qui nous dépassent en trombe. Mais c’est apparemment à peu près la seule voie asphaltée : toutes les rues qui en partent sont en réalité des chemins de cailloux, autant dire qu’on préfère pas ! On en a déjà eu quelques uns aujourd’hui, et c’est le seul bémol jusqu’ici à cette journée qui est vraiment, de notre avis commun, la plus belle de celles qu’on a eues depuis notre départ.

Je m’attendais à un motel, à un truc un peu impersonnel, mais l’apartment Holmsland est en réalité une maison privée habitée par un couple charmant, qui a apparemment deux chambres au premier étage. Nous occupons la chambre « Nord », et en face sur le pallier se trouve comme de juste la chambre « Syd », occupée par des Suédois, nous apprend notre hôte.

On entrepose nos vélos dans le « garage » (en fait une sorte de gigantesque grange), on se douche, écritures, etc. puis on se met en route pour le restaurant qu’on a repéré sur la route, pas trop loin d’ici.

La vue de notre chambre est magnifique !

Finalement, on n’est pas allés au restaurant prévu : alors qu’on s’apprêtait à partir, notre hôte est venu frapper à notre porte pour nous proposer, vu qu’il pleuvait à verse, de prendre sa voiture… et tant qu’à faire, d’aller ailleurs qu’à ce resto, selon lui pas terrible. Il nous a recommandé entre autres le café Marina, où nous sommes donc retournés en voiture ! Hamburgers à nouveau, délicieux d’ailleurs et bien sûr végétarien pour moi, puis on a été remettre un peu d’essence dans la voiture et on a fait un bref arrêt devant une église toute proche !

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