On est au petit-déjeuner un peu avant 8h (juste pour moi, Philipp fait maigre, comme il dit dans ces cas-là) après une nuit pas vraiment réparatrice – en cas pour moi, qui m’éveille avec une migraine épouvantable !
Le soleil brille et il fait déjà chaud.
On récupère nos vélos au sous-sol et on rejoint la station de S-Bahn la plus proche, celle de Parkstrasse, à 3 km. On prend le train de 9h11 pour Warnemünde, point de départ officiel de notre itinéraire (j’attrape les tics de langage de Philipp, il faut que je me reprenne !), où on arrive à 9h31. La prochaine étape, c’est le ferry qui va nous permettre de traverser et d’entamer notre périple toujours plus vers l’Est.
L’embarcadère est à 300 m de la gare, on ne voit donc pas Warnemünde avant de monter dans le ferry. Mais vu le monde, ce n’est peut-être pas si mal de rester sur le souvenir de l’année passée.
On traverse sur un ferry bondé de voitures et de vélos, c’est l’affaire de trois minutes, et on débarque à Hohe Düne ! Il est déjà 10h, en route !
À 11h 15, après 16 km, on voit enfin la mer ! On a traversé des bois et des pinèdes magnifiques, mais au revêtement souvent assez discutable, avant d’arriver à cette petite plage où l’on peut évidemment louer des Strandkõrbe, acheter les habituelles camelotes de plage, mais aussi admirer un choix impressionnant de bières ! La mer est bien tentante, mais on doit avancer, on repart rapidement et on longe alors la mer sur une belle piste cyclable, bien large et au revêtement agréable.
À 11h40 on s’arrête au Strandhus Restaurant à Graal-Müritz après avoir roulé 19km seulement. On s’offre un repas léger (trop léger à mon goût : champignons grillés et baguette, la baguette se limitant à deux fines tranches … Philipp a quant à lui opté pour une soljanka, une soupe russe restée très courante dans la région.
On se remet en route à 12h30, on traverse à nouveau des paysages magnifiques souvent bien arborés, ce qui n’est pas négligeable par cette chaleur. Puis on empreinte une piste cyclable goudronnée, extraordinairement confortable en comparaison de ce qu’on a eu précédemment, et heureusement puisque c’est justement le moment où on commence à avoir le vent bien de face . Malgré tout, on avance à un bon rythme et on arrive bientôt en vue de Wustrow, dont l’église se profile dans un paysage parfaitement plat.
On n’entre pas dans la ville, on poursuit notre chemin, et après avoir traversé un village transformé pour la journée en exposition de divers artistes, on arrive sur un adorable petit chemin qui semble longer l’arrière des maisons, puis à un petit port. On a fait 36 km et il est 13h45.
Le chemin est ensuite magnifique, fait de coquillages concassés formant un ruban blanc dans une immensité verte, avec de temps en temps une vue sur l’eau à notre droite. Mais on commence à fatiguer ! On s’accorde donc une petite pause après 50 km, puis on traverse un ravissant petit village, Born, où se succèdent d’adorables maisons pastel aux toits de chaume, puis en suivant l’itinéraire balisé, on s’éloigne radicalement de celui qu’on avait préparé. Qu’à cela ne tienne, ça revient au même, et c’est très joli !
À 15h30, on s’offre une glace après 58 km à Prerow, histoire de reprendre des forces avant les 20 derniers kilomètres !
Et enfin, peu après 17 heures, après 78 km exactement, on arrive à notre hôtel, le Restaurant & Pension Eshramo, sur le Markt. C’est ravissant, Philipp envisage de rester deux semaines ici et de raconter des périples cyclistes fictifs pendant qu’on se prélasse à ne rien faire. Il faut dire que pour une première étape, c’était un peu long (81 km si l’on compte les trois kilomètres pour rejoindre la station de S-Bahm à Rostock), même si on a été gâtés au niveau des paysages et de la météo. C’était vraiment une journée magnifique, et on compte bien encore en profiter ce soir !
Une fois douchés et changés, on fait un petit tour du Markt et on jette notre dévolu sur le burger bar Vollbarth, où on mange un burger curieusement non accompagné de frites. J’en demande donc, mais elles mettent tellement de temps à arriver qu’on décide de payer et de s’en aller ! Moi qui mange des hamburgers quasi uniquement pour avoir l’occasion de manger des frites !
On va ensuite se balader jusqu’au port, qu’on aperçoit du Markt, puis on rentre prendre un dernier verre à la terrasse de l’hôtel. On est bien fatigués !
Pour la 5è année consécutive, nous allons donc enfourcher nos vélos pour longer la mer du Nord (au sens large). Après Antwerpen – Cuxhaven (2021, 1000 km), Cuhhaven – Grenå (2022, 1320 km en 3 semaines), Grenå – Copenhagen (2023, 660 km en 10 jours), et Frederica – Rostock (2024, 84O km en 12 jours), nous repartons aujourd’hui de Rostock jusqu’à Gdansk, en Pologne. Deux grosses semaines le long de la Baltique donc, avec une nouveauté : l’abandon du train, en tout cas du train allemand, au profit d’une camionnette louée ! Voyager en train avec des vélos chargés, étant donné le service catastrophique offert par la Deutsche Bahn, est devenu un véritable calvaire : retards, trains supprimés, refus d’embarquer, changements de voie de dernière minute, etc. On tente donc une nouvelle formule, qui combine le train (en Belgique et en Pologne) et la camionnette (pour la traversée de l’Allemagne).
18 juillet 2025
On a mis le réveil à 5h45, ça pique ! Mais heureusement, on n’a pas très loin à aller à vélo aujourd’hui : jusqu’à la gare de Uccle Calevoet, et puis y a plus qu’à se laisser rouler. Après un café rapidement avalé pour moi, on se met donc vaillamment en route et on est largement à l’heure pour le train de 6h26 qui nous amène Gare du Midi, où on prend le train pour Liège, et là le train de 8h18 pour Aachen.
Trois petits kilomètres à vélo, et on arrive à la station Europcar, où on prend possession de notre camionnette, dans laquelle on pourrait facilement mettre 8 vélos ! À 10h, j’ai enfin trouvé comment démarrer l’engin, c’est parti pour la traversée de l’Allemagne !
Petit arrêt pique-nique sur une aire d’autoroute. On mange nos sandwiches, on a faim (surtout moi) !
Traverser l’Allemagne, c’est long. Et encore, c’est même pas toute l’Allemagne ! Et en plus, on accumule tronçons en travaux, accidents (pas nous !) et embouteillages, et la perspective d’arriver en fin d’après-midi s’éloigne inexorablement. Par contre, l’heure qu’on a donnée pour la remise de la voiture (20h30), elle, se rapproche tout aussi inexorablement. On peut oublier la petite excursion à Warnemünde !
On finit par arriver, forcément, et il est un petit peu avant 20h quand, après avoir refait le plein, on gare notre carrosse sur le parking de l’Europcar de Rostock, un peu étonnés que personne ne vienne nous accueillir et vérifier que tout est en ordre. Qu’à cela ne tienne, on enfourche nos vélos et on fait les 100 mètres qui nous séparent de notre hôtel.
On repart au plus vite manger le long de l’eau à la terrasse du restaurant géorgien Kogan.
L’expérience s’avère décevante… Le cadre est certes magnifique, mais le restaurant a manifestement ouvert récemment et manque totalement d’expérience. On doit donc attendre une heure (!) pour avoir enfin une sorte d’houmous qui nous permet de patienter jusqu’à ce qu’arrivent nos plats… le mien ne correspondant absolument pas à ce que j’ai commandé ! Au lieu d’une sorte de faitout de légumes et aubergines, je reçois une sorte de tarte salée couverte aux épinards et au fromage, pas mauvaise cela dit, mais sans aucun rapport avec mon choix initial.
On est de retour à l’hôtel à 22h30 après avoir mangé en quatrième vitesse, plus par fatigue et froid que par faim d’ailleurs !
Difficile de donner un titre à un voyage dont on n’est pas encore sûre de la forme qu’il prendra… J’ai bien préparé un itinéraire qui m’amènerait jusqu’à Zwolle en partant de la maison (j’avais vraiment très envie de partir à vélo de la maison, sans prendre de train jusqu’à mon point de départ), mais je ne suis pas certaine que c’est finalement ce que je vais faire. J’ai vraiment envie de me laisser porter par mes envies du moment, qui seront certainement conditionnées en partie par la météo.
Le 1er juillet 2025, je me mets donc en route un peu avant 9h sous une chaleur déjà accablante. Direction le canal, le long duquel je vais traverser tout Bruxelles, avant de poursuivre en direction d’Anvers. Je fais un premier arrêt pour me réhydrater à l’ombre d’un petit parc peu avant Vilvorde, le long de la Senne, après 20 km, parcourus à un beau rythme, puisqu’en un tout petit peu plus d’une heure ! Je m’arrête ensuite une deuxième fois à 10h35 après 30 km un peu après Humbeek. Il fait horriblement chaud, il y a peu de zones d’ombre le long du canal, et même en roulant très vite, la chaleur est à peine insupportable. Je transpire la grosses gouttes.
À 11h35, après 43 km, j’arrive à Klein Willebroek. Il est vraiment temps que je fasse une pause. Je me sens pas bien. J’ai même un léger malaise qui me force à m’asseoir par terre quelques instants,. Le problème c’est que je n’ai encore vu aucun établissement ouvert !
Heureusement, à peine repartie, j’aperçois le bac, et de l’autre côté des terrasses et des parasols ! J’embarque donc. Le bac démarre à 12h, on est deux cyclistes à bord.
Je fais l’erreur de ne pas m’installer finalement à la terrasse de l’autre côté, qui ne me semblait pas suffisamment fraîche. Du coup je dois encore rouler un peu plus longtemps que ce que j’aurais espéré pour trouver enfin un endroit où m’arrêter, après avoir un peu tourné dans Boom, été jusqu’à la gare, et découvert à cette occasion une possibilité de rejoindre Noeveren par un tunnel cycliste, plutôt qu’en empruntant un abominable pont.
Il est donc 12h20 quand je fais enfin ma pause repas (faut le dire vite… chips et portion de fromage) à Noeveren. J’ai fait 47 km et vu un thermomètre à Boom qui indiquait 39 degrés ! Enfin, je ne suis plus qu’à 20km d’Anvers à tout casser, je devrais y arriver ! Après trois bières (sans alcool) et ma petite collation, je me sens un peu mieux. Je réserve une chambre d’hôtel à Anvers : après une nuit de 4h et ces kilomètres dans la fournaise, j’ai bien besoin du confort d’une chambre d’hôtel et, surtout, de pouvoir y arriver tôt !
Je prends une dernière bière en terrasse (à l’ombre) histoire de me réacclimater à la chaleur et de lire un peu en ayant un œil sur mon vélo, puis vers 13h40 je me remets en route vers Anvers et mon hôtel !
Le problème par cette chaleur, c’est que les batteries surchauffent. Mon itinéraire Komoot ne m’est donc d’aucune utilité, et peu après 14 heures, je dois m’arrêter pour recharger ma montre, qui déclare soudain forfait. De toute manière, une pause est déjà bienvenue, même si je n’ai roulé qu’une demi-heure ! Et miracle, j’ai trouvé un banc à l’ombre et il y a même un petit vent qu’on pourrait presque qualifier de frais, ça fait du bien !
Je fais une dernière pause à 15h10 à Anvers, à la terrasse du bistro Pompidou. Et à 16h, j’arrive à mon hôtel, le A-Stay, où j’occupe une chambre au septième étage dans la Pelikaanstraat. On ne va pas se mentir, comme disent les jeunes : la journée a été vraiment éprouvante. À plusieurs moments, je me suis vraiment sentie mal, avec des frissons et un léger mal de tête qui indiquait très clairement la déshydratation. Pourtant, je n’ai pas arrêté de boire, mais y a rien à faire : quand c’est trop chaud, c’est trop chaud ! Rester immobile en plein soleil était tout simplement impossible. Heureusement, les cinq derniers kilomètres, après ma dernière pause, ont été relativement arborés et donc plus supportables.
Finalement, je suis assez fière d’être arrivée à Anvers, après avoir fait près de 70 km sous un soleil de plomb, et en n’ayant dormi que quatre heures la nuit passée !
Les deux tronçons de mon trajet du jour. 53km, puis 16km.
En fin de journée, après une bonne douche et mes habituelles écritures, je repars mettre mon vélo en sécurité au parking de l’hôtel, puis chercher un endroit où manger. Je m’installe à la terrasse de chez René et commande un radler et un toast aux champignons. Peu après 19h, je suis de retour dans ma chambre, crevée !
Mercredi 2 juillet.
Je me mets en route à 8h30 après un bon petit déjeuner pris en terrasse, il fait encore supportable. J’ai décidé d’aller dans la direction de Bergen-op-Zoom, ce qui modifie radicalement, mon itinéraire, ne me fait traverser les bois et m’approcher de la mer.
Je ne tarde pas à voir des panneaux F12, qui indiquent la direction de Bergen-op-Zoom, et je décide de les suivre, car cela ressemble fort à une autoroute cycliste, bien ombragée qui plus est. Cela me fait dévier de l’itinéraire Komoot que j’avais préparé, mais tant pis. On verra bien… je m’arrête une première fois après avoir parcouru près de 8 km et en ayant roulé même pas une demi-heure, mais il fait déjà étouffant !
À 9h30, j’ai fait 13 km, dû quitter la F 12 et du coup je me suis un peu perdue du côté de …, mais je viens de rejoindre mon itinéraire à la gare d’Ekeren. Heureusement, les différentes pistes cyclables sont relativement ombragées, ce qui rend le trajet supportable. Je vide ma première gourde et me remets en route sur la F14 cette fois.
Après 22 km, à l’entrée de Putte, je change brusquement d’avis et oblique à droite vers Kalmthout. J’avoue que la perspective de devoir franchir le Brabantse wal n’a pas été pour rien dans ma décision. Il me semble l’avoir déjà fait un jour, et par cette canicule, franchement je crois que ce serait trop. J’emprunte donc un ravissant chemin ombragé, mais malheureusement moins carrossable que les pistes cyclables empruntées jusqu’ici.
Pour une raison que je ne m’explique pas, je tombe soudain sur un panneau indiquant que ce chemin est interdit aux cyclistes ! Qu’à cela ne tienne, je poursuis ma route dans la pinède, jusqu’à ce que je retombe sur une route, que je reprends droit direction Kalmthout, où je m’arrête, après avoir fait près de 28 km, pour une pause et surtout pour recharger mon GSM, dont je viens de m’apercevoir que ma batterie portative ne lui est pas adaptée ! Je savoure une délicieuse limonade maison, « Mojito limonade » dans l’établissement Heide city, tout en rechargeant iPhone et montre. En cette matière comme dans d’autres, j’apprends de mes étourderies !
Une fois qu’on a compris ce qu’on veut, tout est plus simple. Et moi, j’ai compris que je ne voulais pas nécessairement aller loin, ni spécialement ici ou là, mais juste rouler. Et si possible à l’ombre ! Du coup, je vois déjà plus clair, même si je n’ai pas la moindre idée d’où je dormirai cette nuit. J’échafaude mentalement des itinéraires, mais ce sont juste des idées auxquelles je ne me sens absolument pas tenue. Après tout, cet esprit correspond assez bien à la tourmente que je traverse actuellement …
Je m’offre aussi un croissant et un cappuccino, après tout on n’a qu’une vie et les pauses sont importantes ! Qui veut aller loin ménage sa monture (qui en l’occurrence se porte comme un charme, ce qui confirme l’avantage de la mécanique sur le vivant, mais je m’égare)…
Je repars à 11h15, et il fait 32°, m’apprend charitablement un affichage électronique à la façade d’une pharmacie.
Après 46 km, je passe la frontière néerlandaise, et tout de suite après j’arrive à Nispen. Il y a deux établissements sur la place principale, mais l’un est fermé et l’autre ne sert pas à manger. Je repars donc, mais je sens bien qu’il faudrait bientôt que je m’arrête. En désespoir de cause, à 12h30, après 48 km, je m’arrête sur un banc à l’ombre pour boire et manger quelques amandes en attendant mieux. Heureusement que j’ai mangé un croissant à 11h !
J’en profite pour regarder un peu la carte, et je décide, en tout cas provisoirement, d’aller jusqu’à Breda (23km). Je suis surprise du peu d’indications pour les cyclistes. Je suis parfois sur la grand-route, sans même une piste cyclable, ce qui n’est pas vraiment habituel, ni en Flandre ni aux Pays-Bas.
Cinq minutes plus tard, je change d’avis, et opte pour Bergen-op-Zoom. Retour donc à mon idée du matin ! Après un fameux détour du coup… mais on s’en fout. Je me remets en route à 12h50.
Après 60 km, à 13h30, j’arrive au cimetière militaire de Bergen-op-Zoom. J’ai grand besoin d’une bonne pause, je commence à avoir faim, mais heureusement le centre n’est plus très loin. Après, j’aimerais aller jusqu’à la presqu’île de Tholen, si je suis assurée de trouver à y loger.
Je m’offre encore un petit détour en suivant des indications vers deux restaurants que je ne trouve jamais, mais ça me permet de découvrir un peu des paysages campinois que j’ai finalement assez peu vus aujourd’hui : forêts de bouleaux ou de pins, étendues d’eau entourées d’étendues sablonneuses, etc.
À 14h15, j’arrive sur le Markt de Bergen-op-Zoom après 67 km, et m’installe à la terrasse du Times, où je m’offre un Radler et un croque-monsieur – sans jambon évidemment. Le temps a changé, le vent s’est levé (je l’ai malheureusement de face) et le ciel s’est un peu couvert.
Le croque-monsieur est un véritable régal, et un deuxième Radler (toujours sans alcool) l’accompagne à merveille.
Je me mets en quête d’un vrienden op de fiets à Tholen, mais les deux que je trouve et appelle ne répondent pas. Finalement, je me dis que Bergen-op-Zoom, c’est pas si mal, et je réserve une chambre au Fletcher hôtel, un peu à l’écart de la ville, dans un grand parc, et … avec wellness ! Après tout, on n’a que le bien qu’on se fait (bis).
Il est 15h15, et j’ai fait 69 km quand j’arrive à l’hôtel. Je me sens assez en forme, rien à voir avec hier, comme quoi une longue nuit, ça aide !
Puisque je suis dans un wellness, en route pour la piscine ! Un peu étonnée de ne pas trouver de peignoir dans la chambre, mais bon… Le mystère s’éclaircit une fois arrivée en bas : en fait la piscine, fait partie du wellness, pour lequel il faut payer. De plus, même si ça n’est pas un problème pour moi, c’est naturiste, mais j’avoue n’avoir pas envie de payer un supplément, d’autant plus que le temps se gâte, et que la préposée à l’accueil m’a expliqué qu’en cas d’intempérie, elle devrait fermer la piscine. Je retourne donc dans ma chambre, où je traîne un peu en attendant de repartir manger.
Je repars à pied vers 18 heures en direction du centre-ville, et m’installe en terrasse sur le Markt, au grand café restaurant De Bourgondier. Il est tombé déjà quelques gouttes quand j’ai quitté l’hôtel, mais il se met à tomber des cordes, heureusement le parasol qui me protège à l’air bien imperméable. Je m’offre un schnitzel végétarien à la sauce champignons – sauce dans laquelle il doit y avoir au maximum deux petits champignons de Paris, mais ça nourrit – ainsi qu’un petit verre de vin blanc (deux) pour agrémenter mon repas. Je rentre à l’hôtel vers 20h30, la pluie a cessé et le temps s’est bien rafraîchi.
Endormissement difficile, il doit bien être 23h quand j’entame une nuit parsemée, comme la précédente, de réveils agités.
Jeudi 3 juillet. Je m’éveille à 6h30 et sens bien que la nuit est terminée. Je suis donc au petit-déjeuner avant 7h, mais avant ça je peaufine mon itinéraire : je décide de renoncer à passer par Tholen, d’aller directement à Vlissingen et de m’y prendre un hôtel sur le Boulevard !
Finalement, vu les prix pour avoir une vue sur la mer et non sur la ville, j’opte pour une formule un peu plus modeste, tout près du Boulevard, et avec piscine !
Le soleil brille déjà dans un ciel uniformément bleu, mais il devrait faire plus frais aujourd’hui.
Je me mets en route un peu avant huit heures, je rejoins rapidement le lac, où je découvre qu’il y a même des plages, puis poursuis ma route par un magnifique itinéraire à travers la campagne qui me fait rejoindre la LF 13 après 5 km. Pas pour longtemps malheureusement, puisque je bifurque le long de la N 289.
Après une dizaine de kilomètres, j’arrive en Zélande et passe au-dessus du Schelde-Rhein canaal, ce qui me permet de constater que les ponts me terrorisent toujours autant !
Je finis heureusement par quitter cette nationale et fais un premier arrêt à Krabbendijke à 9h, après 21 km. Mais sitôt sortie du village, je retombe sur la même fichue N289 !
Krabbendijke
Après 30 km le long de la nationale, je n’en peux plus et décide sur un coup de tête de bifurquer à gauche vers Hansweert, qui n’est qu’à 3km et où je fais une longue pause dans un établissement qui semble être aussi un petit théâtre pour enfants, le Kaj Munk.
Quitter Hansweert est un peu laborieux car de gros travaux de rehaussement des digues sont en cours. Mais je finis par m’en sortir et à 11h40, après 48 km, j’arrive à Goes. Je roule jusqu’au Markt et m’installe à la terrasse du bien nommé Marktzicht, où je déguste une délicieuse vegetarische plank : une petite soupe tomate-crème, trois petites croquettes au fromage et une petite salade de pâtes !
Je repars ensuite dans la direction de Middelburg et Vlissingen, et quand je dois choisir (6km pour Middelburg, 11 pour Vlissingen si je me souviens bien), je décide d’aller directement vers Vlissingen, ce qui me fait retomber sur la LF13.
À 14h, j’ai fait un peu plus de 73 km, il ne m’en reste quelques uns à faire pour arriver à Vlissingen, et soudain la batterie de ma montre me lâche. Elle ne pourrait pas prévenir un peu avant ? Enfin, de toute façon j’ai bien besoin de m’arrêter un peu : je suis fatiguée et j’ai d’abominables crampes d’estomac ! Le seul problème est que je suis au bord de la route, en plein soleil – heureusement, il fait nettement plus frais que les deux jours précédents !
Finalement, je ne tarde pas à repartir après avoir mis ma montre à charger et en utilisant Strava pour enregistrer mon itinéraire. Mais les crampes reprennent de plus belle, ça devient insupportable, je m’arrête donc au bord du canal qui mène à Middelburg, que je viens de rejoindre. Je ne suis vraiment plus loin du but, et ne tarde donc pas à repartir après avoir enclenché cette fois Komoot, ce qui explique que j’ai trois tronçons pour la journée d’aujourd’hui !
J’arrive à l’hôtel à 14h45, j’ai une chambre au rez-de-chaussée sur l’arrière, et comme d’habitude je n’ai rien de plus pressé que de prendre une douche et de faire ma petite lessive en même temps ! Car oui, j’ai porté les mêmes vêtements tous les jours, mais oui, je les lavais tous les soirs !
Au total, j’ai fait 79 km.
Une fois rafraîchie, comme j’ai faim, je me mets en route à pied vers le Boulevard et (surtout) une glace. Décidément, j’adore la digue de Vlissingen, et il fait un temps absolument magnifique !
Tout au bout de la digue, je découvre une étrange sculpture faite de gigantesques tubes de bambou dans lesquelles on a pratiqué des fentes, ce qui produit de la musique quand le vent souffle dedans.
Après un bref retour à la chambre, je repars prendre un apéro à une terrasse, puis manger à une autre (celle du Boulevard 17, où on mange des tomatensoepen depuis plus de 20 ans ! Aucun serveur ne parle néerlandais et ça m’agace un peu. Ils répondent systématiquement en anglais, et je dois montrer à la serveuse Virgin Mojito sur la carte pour qu’elle comprenne !
Bref, je mange un truc un peu bizarre à base d’aubergines tomatées et de riz, puis je rentre à l’hôtel en faisant un grand détour pour encore profiter de la vue et du soleil. Et une fois à l’hôtel, je m’installe encore un peu au lounge (je pensais m’installer en terrasse mais elle est envahi de fumeurs bruyants). On n’a que le bien qu’on se fait, hein ?
Vendredi 4 juillet. Je m’éveille un peu avant 7h après une nuit passable, la meilleure depuis mon départ en réalité.
Je me mets en route vers 8h30, après un bon petit-déjeuner, sans GPS : maintenant, je connais le chemin ! Il fait magnifique, et il fait encore désert, à cette heure. Je n’ai pas regardé les horaires des ferry, mais j’arrive pile à temps (8h46) pour celui de 8h48. Je dois même courir un peu pour embarquer !
Le ferry aussi est quasi désert à cette heure matinale, et il fait déjà bien chaud ! J’hésite encore entre aller jusqu’à Knokke ou jusqu’à Ostende pour prendre ensuite le train pour Bruxelles, et puis à la réflexion, j’ai bien envie d’aller jusqu’à Bruges : d’abord jusqu’à Knokke le long de la mer, et puis jusqu’à Bruges le long du canal.
À 9h40, je fais un petit arrêt au Verdronken Zwarte Polder. Comment dire le sentiment que j’ai éprouvé en descendant du ferry… Ce sentiment d’être à nouveau chez moi, de connaître chaque recoin de ce paysage et de ne pas m’en lasser… Un peu bêtement, je suis contente d’être ici avec mon vélo de Bruxelles. Je crois bien que c’est la première fois que je l’emmène ici !
Il est 10h05 quand j’arrive à Cadzand, à 19,5 km de mon point de départ. Il est temps de décider de la suite ! Tout droit vers Knokke, ou à gauche vers Bruges ? Mon itinéraire préféré me fait de l’œil, je ne tarde donc pas à me décider : une fois n’est pas coutume, à gauche toute !
À 10h50 et quasi 30km dans les guiboles, je suis à Sluis, après avoir emprunté mon itinéraire préféré entre tous, qui longe les remparts extérieurs de Sluis. Là encore, pas un chat, je profite toute seule de la nature, du cadre enchanteur, et du seul bruit de mes pneus sur les coquillages concassés !
Je m’arrête à la terrasse du Reggy’s, juste en face du moulin, pour un énième Radler sans alcool. Bruges n’est plus qu’à 16km d’après les panneaux cyclistes !
A 11h50, après 40 km dont une dizaine le long du canal, j’arrive à Damme. Il y fait relativement calme, et je m’installe à la terrasse du M12, non sans un coup d’œil ému vers l’établissement De Lamme Goedzak et le Uilenspiegel-museum… L’esprit frondeur et l’anticléricalisme potache ne sont plus de saison, les curés et autres pères (et mères) la morale sont de retour. Mais bref, passons… Une fois encore, je ne me refuse rien : kaaskrokketten, supplément frites et supplément salade verte.
Et puis je me remets en route pour la dernière étape de ce voyage, qui m’amène à Bruges à 13h05, après 45 km. Et à 13h35, après 50 km, je suis à la gare de Bruges, en ayant traversé la ville sans trop cafouiller, du moins je crois. Il y a un train à 13h58, je n’aurai donc qu’une vingtaine de minutes à attendre.
Difficile de résumer pareil voyage… Comme chaque fois, le début paraît déjà si loin !
Je retiens cependant quelques petites choses que je vous livre pêle-mêle :
le contraste saisissant entre deux pays (le Danemark et l’Allemagne), mais aussi, dans une moindre mesure certes, entre les anciennes Allemagne de l’Ouest et de l’Est. En gros, les paysages danois très peu peuplés, une manière danoise de profiter de la plage ou plus généralement de la vie d’une manière très simple (ni transats ni Strandkörbe, mais aussi très peu de cafés ou restaurants, et ceux-ci généralement très « sans chichi », burgers ou pizzas. Le contraste est donc saisissant avec l’Allemagne de l’Ouest, beaucoup plus peuplée, avec de nombreux villes et villages, de l’horeca à foison, des stations balnéaires très « côte belge » (les Strandkörbe en plus et les grands immeubles en moins !) qui côtoient des petites plages « sauvages » à la danoise. Passer à l’Est, c’est retrouver un peu de cette atmosphère danoise, avec à nouveau davantage d’espaces naturels exempts d’habitations, une tradition culinaire spécifique aussi, conservée depuis l’époque de la RDA.
l’absence quasi totale de touristes non germanophones dans la partie allemande : on a croisé quelques Suisses, peut-être l’un ou l’autre Autrichien, mais on n’a jamais entendu parler autre chose qu’allemand pendant cette partie du voyage. Manifestement, l’Allemagne n’est pas (encore ?) devenue une destination touristique courue. Sans doute est-ce lié à la fois à son histoire et au fait qu’on l’imagine comme trop proche pour être vraiment dépaysante.
la profusion de plus en plus grande de randonneurs cyclistes en vélo électrique. Ce qui engendre des contrastes amusants entre « musculaires » en tenue légère et électriques bien emmitouflés, ne pouvant ainsi cacher qu’ils ne font pas beaucoup d’effort physique !
l’omniprésence, le long de la Baltique, d’écoles et de plages de surf. Et le grand nombre de gibier aperçu au fil de ce voyage – chevreuils ou biches, je ne sais pas, mais en tout cas, on en a vu un paquet !
on a eu beaucoup de chance avec le temps : peu de pluie, pas de vent trop violent, et le seul pont horrible qu’on aurait du prendre était en rénovation, donc remplacé par une navette en autocar ! Et pas la moindre crevaison, ni le moindre pépin mécanique !
le balisage, tant au Danemark qu’en Allemagne, n’est pas terrible : pas question de faire comme je l’ai fait avec la Maasroute de Liège à Rotterdam, en me contentant de suivre les panneaux…
Sinon, on peut résumer ce voyage en quelques chiffres : on a finalement fait 839 kilomètres depuis notre départ de l’hôtel Gammel Havn à Fredericia jusqu’à notre arrivée à l’hôtel Intercity de Rostock (sans compter donc les petits trajets supplémentaires). Et ce, en 12 jours de vélo, soit une moyenne de près de 70km par jour.
En termes de dénivelé, ça fait 3790m de montée, et 3760m de descente ! C’est plus que l’an dernier, où nous avions parcouru 659 km (717,7 km en comptant les petits suppléments) et 2710 mètres de dénivelés, et que l’année précédente, où de Cuxhaven à Grenå, en trois semaines et 1321 kilomètres, nous n’avions eu « que » 2480 mètres de dénivelé.
Plage typique danoisePlage typique allemande
Mes coups de coeur :
au Danemark, j’ai toujours une affection particulière pour Fredericia, adorable petite ville, et de manière générale pour leurs églises et leurs boîtes-aux-lettres !
en Allemagne, j’ai particulièrement apprécié Eckernförde, l’île de Fehmarn et la ville de Wismar. Et il y a deux hôtels où je me verrais bien séjourner plus longuement : le Landhotel de Wittenbeck et, plus encore, le Ostseehotel de Hunhoi (Niesgrau) !
Notre trajet complet !
Et la suite ?
Moi qui, au départ, avais clairement exprimé le désir de ne plus passer autant de temps à rejoindre notre point de départ, donc de ne pas poursuivre l’Eurovélo 10 au-delà de Rostock, j’ai bien envie de pousser jusqu’à la Pologne quand même, finalement, et en particulier jusqu’à Gdansk, dont je n’ai entendu que du bien. Mais il se peut que nous changions de mode de transport, dégoûtés par la Deutsche Bahn, et louions une voiture pour aller jusqu’à notre point de départ, et idem pour revenir de notre point d’arrivée…
Notre plan est clair, bien pensé, et surtout, nous permet de rentrer à Bruxelles tranquillement, sans multiplier exagérément le nombre de trains par jour, et en profitant encore de notre dernière étape pour voir une jolie ville. On a donc arrêté notre choix sur Münster, ce qui nous permet de ne prendre que deux trains le premier jour : Rostock – Hamburg et Hamburg – Münster, histoire d’arriver à Münster vers 15h. J’ai déjà repéré un lac où on pourrait aller se baigner, et évidemment, on compte bien s’offrir un petit resto le soir !
Je dors donc peinarde jusqu’à 8h, puis on s’offre un copieux petit-déjeuner censé nous tenir lieu aussi de repas de midi, et on file à la gare, juste à côté de l’hôtel. Évidemment, l’ascenseur, qui hier fonctionnait parfaitement, est en panne. C’est donc parti pour descendre nos vélos et nos bagages par l’escalier, excellent pour le dos de Philipp (et pour le mien accessoirement).
Notre premier train nous mène comme prévu jusqu’à Hambourg. Et là, les ennuis commencent : notre second ICE (Hamburg – Münster) est annulé ! Qu’à cela ne tienne : on décide de bricoler une solution alternative en prenant des trains régionaux, avec comme première destination Bremen (Brême). Mais le premier train pour Bremen est également annulé ! Plutôt que de prendre le suivant, celui de 14h15, qui sera évidemment bondé, on décide de monter dans l’ICE suivant pour Münster, celui de 14h46… (alors qu’on devait normalement arriver vers cette heure-là à Münster !). Après tout, nos billets Hamburg – Münster mentionnent qu’ils sont valables sur n’importe quel ICE ce jour-là. Mais l’heure prévue de cet ICE ne cesse d’être reportée, de 10 ou de 15 minutes chaque fois, ce qui nous oblige à rester sur le quai (heureusement qu’on a bien mangé le matin ! et il arrive finalement à 16h16… alors qu’on venait de l’annoncer comme supprimé et qu’on s’apprêtait donc à changer de quai en espérant avoir celui de 16h45 !
On finit par quitter Hamburg à 16h34, dans un train qui apparaît sur l’application Deutsche Bahn comme officiellement supprimé !
On croit que nos ennuis sont terminés, mais non : la contrôleuse arrive, l’air sévère, et demande à qui sont ces vélos. A nous, évidemment, puisqu’elle a déjà contrôlé les autres cyclistes… Or, elle ne prétend pas nous laisser voyager avec des vélos pour lesquels on n’a pas de réservation. On a beau lui dire qu’on a une réservation pour nous ET pour nos vélos, mais que notre ICE a été annulé, ainsi qu’un train régional, qu’on a attendu plus de trois heures sur le quai à Hamburg et qu’on doit absolument être à Münster ce soir, elle ne veut rien entendre : au prochain arrêt, à Hamburg-Harburg, si nous ne descendons pas, le train ne redémarre pas ! Philipp perd un peu patience, les gens du compartiment sont adorables, partagent notre indignation et tentent de l’infléchir, mais rien à faire. On ne va pas punir tout un train, qui a déjà près de 2 heures de retard sur son horaire, on descend donc, furieux. Comme on est dans la première voiture, juste derrière le conducteur, il vient gentiment nous expliquer que la contrôleuse a raison, que s’il a un contrôle il aura des ennuis… MAIS ILS PEUVENT PAS PLUTOT CONTROLER LA PONCTUALITE ET LA CIRCULATION DE LEURS TRAINS, BORDEL, AU LIEU D’EMM… LES VOYAGEURS ?
Notre ICE qui repart sans nous…
Bref, on s’est fait jeter du train. On respire un grand coup et on va au guichet d’information voir ce qu’on peut faire maintenant. Là, le préposé commence par nous affirmer que le train que nous aurions dû prendre à Hamburg n’a en fait pas été supprimé ! Grandiose… Enfin, il nous aide quand même à trouver une connexion qui nous permette d’arriver à Münster… passé 21h et avec 3 trains régionaux différents ! D’abord celui de 17h26 jusqu’à Bremen, puis celui de 19h14 jusqu’à Osnabrück, et enfin celui de je ne sais plus quelle heure qui nous amène enfin à Münster à 21h22 ! L’hôtel est juste à côté de la gare, mais on doit encore amener nos vélos à un parking tout proche ( tour à tour, l’autre gardant les bagages), bref il est 22h passé quand on est enfin dans notre chambre !
Je ne vous parlerai évidemment pas de la ville de Münster ni d’un quelconque resto : on s’est acheté une crasse à Osnabrück et on n’a vu de Münster que son hôtel et son parking pour vélos – qu’on vous recommande chaleureusement, d’ailleurs !
Le lendemain, c’est en voyageurs largement avertis contre la Deutsche Bahn qu’on se met en route : il faut dire que ça fait bien deux semaines qu’on a appris que notre premier train (Münster – Köln) était supprimé, puis que finalement pas, puis que si en fait, etc. Dans le doute sur l’existence réelle de ce train, on est donc directement passés au plan B, et au lieu de tabler sur un très hypothétique train vers 10h30, on est à la gare vers 8h, et on monte dans le premier train pour Cologne. Pas de bol : le train s’arrête finalement à Wuppertal : pour une mystérieuse raison, il ne va finalement pas plus loin, mais pas de panique : il y a un autre train pour Cologne à 10h13, nous dit-on fort obligeamment.
Sauf que ce train est deux fois plus petit que celui qu’on quitte, et évidemment bondé puisque tout le monde s’y précipite. Nous, on doit changer de quai avec nos vélos (par les escaliers, puisqu’il n’y a pas d’ascenseur à la gare de Wuppertal), donc enlever les sacoches, descendre les sacoches, descendre les vélos, remonter les sacoches, remonter les vélos, remettre les sacoches, … Quand on est enfin devant le train, il est plein comme un oeuf. On attend donc celui de 10h43 pour Aachen, qui est extraordinairement quasi vide et à l’heure.
Ensuite, tout se passe comme sur des roulettes: à Aachen on prend le train de 13h43 pour Liège, dont on descend à Welkenraedt pour prendre notre train de 14h25 pour Bruxelles. On est à 16h à Bruxelles Midi, et de là, on rentre à vélo à la maison.
Et toutes ces mésaventures nous ont bien motivés à ne plus utiliser la Deutsche Bahn. D’ailleurs, finalement, louer une camionnette ne s’avère pas plus cher, et est certainement infiniment moins stressant que de compter sur un service aussi calamiteux !
Et voilà, il fallait bien que ça arrive un jour : c’est notre dernière journée à vélo ! Une petite étape, environ 50km, maximum, jusqu’à notre hôtel, en passant par Warnemünde, la station balnéaire au nord de Rostock.
Je m’éveille tôt, vers 6h20, j’entends la pluie, les oiseaux, quel calme ! Philipp s’éveille un peu après 7h, et à 7hh45 on est au petit-déjeuner, qui ne commence qu’à 8h, mais il y a déjà deux autres tables occupées !
À 9h45 on se met en route. Il fait un soleil radieux, le vent souffle assez fort, comme hier, mais cette fois on l’a dans le dos ! On traverse un petit village où l’on peut admirer l’architecture de la région, version est-allemande non entretenue et version rénovée !
Puis on rejoint rapidement la côte, et on la longe quasiment tout le temps jusqu’à Warnemünde. La route est magnifique, la plupart du temps séparée des voitures, dans les bois ou le long de la digue.
Il est 11h25 et on a fait 26 km quand on arrive au phare de Warnemünde. On a repéré un chouette établissement où on se poserait bien un peu avant de repartir jusqu’à notre hôtel, situé dans le centre de Rostock, mais il n’ouvre qu’à midi, alors on fait encore un petit tour à vélo : par la digue jusqu’à l’hôtel Neptun, qui date de la RDA, puis par une petite rue très animée le long du vieux port, et puis on revient manger au Teepott. J’y mange le sandwich le plus cher de ma vie: 20€, mais il faut avouer qu’il est délicieux : fromage de chèvre, chutney de figues, noisettes grillées…
Le phare de Warnemünde L’hôtel NeptunLe portTrop mignon !
On y observe une scène incroyablement attendrissante : une maman (ou un papa ?) moineau prélève de petites miettes d’une frite tombée au sol pour les donner à son bébé qui piaille à ses côtés. Craquant !
Ensuite, il est temps d’aborder le dernier tronçon de notre voyage, celui vers le centre de Rostock et notre hôtel. On longe d’abord une quasi-autoroute: deux fois deux bandes, mais avec une piste cyclable le long, ce qui implique qu’à chaque sortie et entrée d’autoroute, on doit vérifier soigneusement que rien n’arrive avant de traverser la bretelle ! Un peu stressant…
Sonnenblumenhaus et An der Stadtautobahn
On passe par Lichtenhagen, où se trouve la Sonnenblumenhaus (la maison des tournesols), qui a fait grand bruit au début des années 1990 quand elle fut incendiée par des néo-nazis, alors qu’elle était un centre d’hébergement pour réfugiés.
Allusion à l’incendie de la Sonnenblummenhaus
Puis, après quelques kilomètres le long de cette grand route, on la quitte enfin pour une autre, un peu plus cyclo-compatible, puis on rejoint le bord de l’eau, qu’on longe un peu avant de bifurquer vers le centre-ville.
Finalement, il est 14h40 et on a fait 46 km quand on arrive à notre hôtel, l’Intercity, juste à côté de la gare.
Et ça tombe bien, parce qu’après mûre réflexion (choisir, c’est renoncer) on a décidé d’aller passer la soirée à Warnemünde – oui oui, d’où on vient ! Mais cette fois, on fait la quinzaine de kilomètres en S-Bahn. Après avoir un peu flâné, entre lèche-vitrines et recherche d’un restaurant, on finit par arrêter notre choix sur un des restaurants du Neptun, le Weineck, où je mange une Flammkuchen et Philipp une spécialité du coin, un truc de porc gratiné au fromage. Puis on va encore jusqu’au bout de la jetée – ou plutôt d’une des jetées : il y a celle qui mène au phare rouge, celle qui mène au phare vert, et celle-ci se divise encore en deux sur la fin !
Puis on retourne à la gare, et à l’hôtel !
Demain, on entame notre retour vers Bruxelles, en train. Mais ce sera probablement encore l’occasion de quelques photos à partager ici : on fait escale à Münster !
Aujourd’hui, c’est une « petite » étape, et c’est surtout l’avant-dernière de ce voyage… Et pour ne rien arranger, il pleut, comme on s’en rend compte à peine éveillés, vers 7h. Le petit-déjeuner est à 8h, dans la salle du restaurant, qui donne immédiatement vue sur un grand manège couvert. On n’a pas vu de chevaux, par contre. Mais la dame qui nous a servis hier nous a dit qu’ils arrêtaient à la fin de l’année. On n’a pas très bien compris si elle parlait uniquement du restaurant ou aussi de l’hôtel, mais peut-être l’activité équestre a-t-elle déjà cessé en prévision de la fermeture ?
Quoi qu’il en soit, on se met en route vers 9h40 – c’est fou ce qu’emballer ses quelques bagages prend du temps, enfin pour certains… -, avec comme projet de s’attarder un peu à Wismar, puisqu’on a le temps. Wismar, en effet, semble valoir le détour, si on en juge par ce qu’en dit Wikipédia. Ville hanséatique, fondée en 1226, Wismar a été occupée par les Suédois en 1632, devenant alors Wisborg, et ce n’est qu’en 1903 que « la Suède renonce définitivement à ses droits sur la ville, qui redevient ainsi définitivement allemande. Les habitants fêtent chaque année, à la fin de l’été, la fête suédoise qui est encore la plus grande fête de l’année, devant la fête du port. »
À 10h15, après avoir roulé quelque 9km, on est dans le centre de Wismar, vraiment très joli. On voit d’ailleurs quelques drapeaux suédois et quelques références à la Suède dans le centre-ville, où on flâne un peu. Sur le Marktplatz, Philipp parle assez longuement avec un vieux monsieur qui nous a abordés, curieux de savoir d’où on venait, et qui a visiblement la nostalgie de la belle époque de la RDA ! On poursuit ensuite notre chemin (non sans que Philipp se soit enfin débarrassé de ses vieilles chaussures !) dans le centre, vers la St-Marien-Kirche, le vieux port, la St Nikolai-Kirche, tout ça est absolument charmant, et un peu après 11 heures, on se remet en route.
St-Marien KirchenLe vieux portSt Nikokai Kirche
A midi, on fait une petite pause à Neu Wodorf après 24 km à un arrêt de bus pour grignoter. On y trouve un oisillon et une sorte de petite musaraigne morts. Puis on repart, et on fait une seconde pause repas en face du moulin de Stove, une demi-heure plus tard, après 28km.
Un peu plus tard et plus loin, on essuie une grosse averse, c’est carrément de la grêle qui nous tombe dessus, mais on a à peine le temps de se mettre à l’abri et de mettre nos vestes que ça s’arrête. On repart donc, et très vite le gros nuage noir fait place à un soleil radieux.
Le trajet est de toute beauté : la région, ici, en ex Allemagne de l’Est, ressemble davantage au Danemark, avec de grandes zones non peuplées, juste des champs et des forêts. Au fond, on y trouve le meilleur du Danemark (ses paysages) combiné au meilleur de l’Allemagne (son infrastructure touristique) ! Et d’ailleurs, alors que je commence à fatiguer beaucoup (j’ai mangé mes 5 barres de céréales au fil des pauses, mais le vent est vraiment fort aujourd’hui, et évidemment on l’a la plupart du temps de face ! Si on ajoute à cela les montées, ça fait beaucoup…), on arrive à Kühlungsborn.
C’est souvent comme ça, les voyages cyclistes : on n’en peut plus, on est crevés, on commence à se demander quand cette journée va enfin se terminer, et puis on arrive dans un endroit superbe, on fait une pause, et on repart complètement revigoré et redynamisé !
Et donc, à Kühlungsborn, on découvre une Promenade et une architecture balnéaire splendides. Il est 15 heures, on a fait 55 km depuis ce matin, et on s’arrête à une terrasse au bord de la mer, qui est très agitée. On s’offre un café glacé (moi), un chocolat glacé (lui), et deux croissants au chocolat (un pour chaque), et on souffle.
Un thermomètre (en plein soleil, d’accord) affiche 29°. Et dire qu’il y a encore des gens qui roulent à vélo (électrique évidemment !) avec une grosse veste !
Bon, Kühlungsborn est très joli, mais c’est un peu Knokke-Le-Zoute, faut avouer. Beaucoup de monde, de boutiques, de glaces, de vélos, … On repart pour les 6 derniers kilomètres et à 16h pile, on arrive à notre hôtel, le Wittenbeck Resort, mais dont l’appellation locale semble être plutôt Das Landhotel, après avoir fait 61km. Il y a deux poneys dans un enclos juste devant l’entrée, on a la chambre 204, au premier étage, et vue sur nos vélos ! Et comme il y a piscine et sauna, on y court !
Après quoi, on s’offre un petit apéro dans les jardins de l’hôtel (décidément, j’ai bien réfléchi, mais le camping, c’est pas mon truc !), puis un délicieux repas (double portion de goulasch pour lui, curry végétarien à la citronnelle pour moi) suivi d’une mousse au chocolat pas terrible qu’on se partage.
C’est dimanche, la vie est belle, et on a fait 444,43km cette semaine.
Demain, on rejoint notre point d’arrivée, Rostock. Et on a déjà des rêves plein la tête pour la suite (l’année prochaine)…
Je m’éveille un peu après 7h, Philipp une grosse demi-heure plus tard. On prend notre petit-déjeuner « maison » à la table de notre petite chambre, on emballe tout et on s’en va ! Hier, j’ai acheté des élastiques pour pouvoir attacher mon sac à dos (acheté à Kiel) sur mon porte-bagage : j’en avais marre de m’escrimer chaque matin à fermer mes deux sacoches ultra remplies ! Et comme ça au moins, si je craque pour un t-shirt à Rostock, j’aurai de la place pour le ranger !
Côté météo, si hier c’était la douche, et avant-hier le bain, aujourd’hui le temps semble de nouveau à la baignade ! Quand on se met en route à 9h15, il fait déjà très beau.
On passe par le port de Neustadt, qui a l’air très joli, avec des navires anciens, mais on n’a malheureusement pas le temps de s’attarder. La route est assez vallonnée pendant 10 km, jusqu’à ce qu’on rejoigne le bord de mer, à nouveau tout à fait charmant, avec déjà des gens qui se baignent.
On fait une première pause sur la digue de Niendorf, dans la baie de Lübeck, à 10h30 après 20km. On a traversé de très jolis quartiers, très chics, avec des pins, des grosses villas, un peu le Knokke local !
Manifestement, si les stations balnéaires sont un concept inconnu des Danois et peu fréquent aux Pays-Bas, elles font partie de la culture allemande comme belge ! Mais en Allemagne coexistent des plages « sauvages » sans infrastructure particulière, et des plages payantes, avec des Strandkõrbe, et dans ce cas, si on ne loue pas une Strandkorb, on doit acheter une carte journalière qui donne accès à la plage. Je comprends mieux pourquoi dans la plupart des logements, nous avons reçu une carte touristique à notre nom…
Plage de Niendorf
On emprunte ensuite un chemin un peu plus sportif pendant quelques kilomètres, qui nous fait vraiment longer la falaise, qui monte et qui descend, et qui est évidemment de toute beauté.
Ensuite, on traverse Travemünde, qui a l’air très joli, mais assez touristique. Et là, on prend un bac pour traverser la Trave. Il est 11h45, on a fait 28km, et surtout, un ou deux kilomètres plus loin, on arrive dans le Mecklenburg-Vorpommern, dans l’ancienne Allemagne de l’Est… Et je n’en ai rien remarqué, malgré le long arrêt de Philipp devant un panneau explicatif et une pierre gravée « Nie wieder geteilt » (plus jamais séparés) que je regarde sans que l’information atteigne mon cerveau !
On emprunte ensuite une piste cyclable dans une réserve naturelle. C’est magnifique, et au bout de quelques kilomètres on s’arrête pour une pause repas : il fait beau, il y a des bancs, des chèvres, de l’ombre, bref c’est parfait ! Mais il y a tellement de moustiques qu’on renonce et se remet en route. La piste continue longtemps, avec quelques belles montées suivies d’encore plus belles descentes, au début j’adore ça, mais ça fatigue, d’autant que finalement, il est 13h35 et on a fait 54km quand on s’arrête enfin ! En plus, toute à ces montées et ces descentes, j’ai oublié de fermer la bouche et avalé un insecte qui me fait tousser…
Deux barres chocolatées et quelques noix de cajou plus tard, on repart et on finit par rejoindre, après 68 km, le niveau de la mer .
Après 75km, alors que notre hôtel est tout proche, la rue qu’on doit emprunter est barrée !
Pas le choix : on en emprunte un petit chemin piéton et cycliste, très joli, qui nous amène tout droit à la plage.
Et là, évidemment, pas moyen de rouler : nous devons pousser nos vélos sur le sable pendant quelques centaines de mètres, ce qui est assez éprouvant avec des vélos chargés !
Finalement, ce n’est qu’une demi-heure après avoir croisé la route barrée (qui était à 900m de notre hôtel) qu’on arrive à l’hôtel, à 15h45.
On mange le repas du soir à la terrasse du restaurant de l’hôtel. Cordon bleu végétarien, croquettes de pommes de terre et petits pois ! Ensuite, on va faire notre traditionnelle balade digestive jusqu’à la plage.
Et à 19h30, on est de retour à la chambre (qu’on a d’ailleurs bien involontairement subtilisée à une famille arrivée après nous, des parents accompagnés de leur grande fille. La dame qui nous a accueillis s’est manifestement trompée en nous donnant la chambre 17, et j’ai d’ailleurs reçu un sms me souhaitant la bienvenue dans la chambre 5, ce qui aurait pu me mettre la puce à l’oreille…). Comme chaque soir, je fais mes petites écritures (que vous lisez ensuite ici) avant qu’on aille se coucher.
On se lève à 6h40 après une très bonne nuit. Le petit-déjeuner est à 8h, on a donc le temps d’empaqueter un maximum de nos affaires avant de descendre manger.
Aujourd’hui, c’est notre dernière longue étape, environ 80km à nouveau (moins le pont !). Il faut bien admettre que la fin approche, en même temps que Rostock !
A 7h45, on est devant la porte de la crêperie, et d’autres vacanciers amateurs d’un petit déjeuner nous rejoignent, mais ce n’est qu’à 8h07 qu’on nous ouvre enfin ! Autant pour la ponctualité allemande… Cela dit, ça valait le coup d’attendre un peu : le petit déjeuner est extra, et on reçoit même des crêpes (alors que sur booking, des voyageurs s’étaient justement plaints de ne pas avoir de crêpes alors qu’ils logeaient dans une crêperie. Peut-être l’établissement a-t-il tenu compte de la remarque ?).
On s’informe via internet sur l’horaire des shuttles : il n’y en a un que toutes les heures et demie. De toute évidence, on n’aura pas celui de 9h45, on vise donc celui de 11h15, ce qui nous laisse largement le temps d’un petit détour par la côte, histoire d’encore profiter un peu de ces merveilleux paysages.
On se met en route vers 9h50, après avoir réglé quelques soucis d’intendance bruxelloise (clin d’œil à Jacqueline) et récupéré nos vélos, que nous avions pu entreposer dans la salle du restaurant pour la nuit.
On emprunte une voie verte toute droite qui nous permet de rejoindre la côte, et ensuite on longe la digue. A partir de là, on a le vent de face, mais un magnifique paysage compense largement, et on voit même un chevreuil pas du tout effarouché par notre présence !
Après 5 km, on quitte la côte pour rejoindre le village de Wulfen, puis celui d’Avendorf, et après 9 km, on atteint l’arrêt du shuttle. Il est 10h30, on est donc beaucoup trop tôt ! Quand le car arrive, son conducteur (le même qu’hier) nous invite à le rejoindre là où il nous a déposés hier. Il se confirme donc que ce n’était pas son lieu d’arrêt officiel ! On charge nos vélos, cette fois dans la remorque du car, et 20 minutes plus tard, on est de l’autre côté, à Grossenbrode. Il pleut un peu, qu’à cela ne tienne, on se met en route !
Notre premier arrêt dans un arrêt de bus nous permet de découvrir un antisémitisme bien vivace – ce doit être le même génie local qui a laissé une trace de ses idées politiques à plusieurs endroits…
Ce n’est que peu après 13h, après 32km, qu’il arrête enfin de pleuvoir, au moment où on rejoint la digue. Ça nous permet de profiter un peu plus du paysage sur les kilomètres restant, et tant mieux car notre itinéraire ne s’éloigne jamais beaucoup de la mer, on voit donc de jolies petites plages, le phare de Dahme, et de beaux points de vue sur la mer lorsqu’on en est un peu plus éloignés.
Notre pause repas est tardive et frugale : quelques noix à 14h30, après 46km. Puis on reprend la route, les derniers kilomètres sont très vallonnés (Google Maps nous parle de 200m de dénivelé sur les 10 derniers kilomètres, ce qui me semble peu probable puisqu’on a, au total du jour, 220m de dénivelé…) mais sur une bonne piste cyclable asphaltée séparée de la route, qui tourne, monte et descend sans cesse comme des montagnes russes. Moi, j’aime bien !
On arrive à notre logement du jour à 16h. C’est un petit appartement (plutôt une chambre avec kitchenette) au rez-de-chaussée d’une maison dans un quartier résidentiel. Pas le grand confort, mais ça ira.
On ne tarde pas à repartir manger. Là encore, ce n’est pas le plus gastronomique qu’on ait trouvé, mais c’est tout près et on manque d’énergie pour aller plus loin, ce qui voudrait dire au port, à 1,5 ou 2 km en descente, donc à remonter ensuite !
Nous mangeons donc chez Rettino, un mixte de fast food pita grill pizzeria situé sur le parking d’un centre commercial, et qui propose aussi un spaghetti à l’ail et à l’huile et un durum végétarien. Mon choix se porte sur le premier, et curieusement, le cadre et le service sont plutôt sympas, outre qu’on mange à deux pour 25€, pourboire compris. Cette journée aura probablement été la moins chère du voyage, vu notre logement bon marché du jour et l’impasse faite sur le repas de midi !
Last but not least, dans ce « restaurant » assez minable il faut bien le dire, je reçois pour la première fois en Allemagne (sur demande, mais quand même) du fromage râpé ! Les autres fois, je me suis chaque fois vu opposer un refus aussi catégorique que désolé.
Après quoi, on passe chez Aldi acheter notre petit déjeuner de demain matin : yaourts et chocolat pour Philipp, muesli pour moi, lait entier pour nous deux ! Et à 19h à peine passé, on est de retour dans notre petit nid douillet !
Je m’éveille vers 6h30 avec une atroce migraine. Déjà hier, cette fatigue en arrivant à l’hôtel, suivie d’une sensation de froid, m’avait fait craindre une insolation ou quelque chose du même genre. Et là, c’est vraiment pas la forme !
On prend le petit-déjeuner à 7h dans une salle bien en accord avec le code du wifi : Tradition ! Et heureusement, la migraine se calme un peu avec le petit-déjeuner. Et vers 8h30, on se met en route, avec, une fois n’est pas coutume, un pull / une petite veste car il fait encore un peu frisquet.
En chemin, on voit plusieurs lièvres qui débouchent d’un champ de maïs, puis, nous voyant arriver, font prestement demi-tour.
Dans ces moments-là, je regrette de ne pas avoir mon appareil photo sous la main. C’est l’inconvénient : je fais moins de photos. Mais l’avantage, c’est que je fais moins de photos !
On arrive à Heiligenhafen, qui porte d’ailleurs très mal son nom : le front de mer est vraiment très laid, mais il y a probablement une jolie petite ville plus à l’intérieur des terres. Malheureusement, on ne fait que l’apercevoir.
À 9h50, après 20 km environ, on arrive en vue du pont qui va nous mener sur l’île. Depuis ce matin, Philipp me stresse en me disant qu’on va devoir prendre un pont, et qu’il ne va certainement pas me plaire. Car, je le rappelle, j’ai la phobie des ponts ! Mais après 27 km, on arrive à un panneau qui nous indique que le pont est fermé et qu’on doit donc prendre une navette. Excellente nouvelle !
Reste à trouver ce fameux shuttle ! Ce qu’on fait sans trop de peine, après avoir fait demi-tour sur quelques centaines de mètres : le shuttle, un autocar, s’apprête justement à repartir et accepte de nous embarquer pour Fehmarn, où il nous débarque à 10h45, après avoir roulé pendant 10 km, soit beaucoup plus que la longueur du pont lui-même ! Et en plus, il ne nous dépose même pas un endroit particulièrement sécurisé !
On récupère au plus vite notre itinéraire, histoire de faire comme prévu le tour de l’île avant d’arriver à notre hôtel, et comme tout ça est très plat, on avance à un bon rythme dans un cadre magnifique, très naturel, qui fait penser aux îles frisonnes des Pays-Bas.
Un peu avant midi, après un petit détour par rapport à notre itinéraire, on atteint le phare ! On a fait 40 km kilomètres. Il y a beaucoup de monde, enfin beaucoup pour nous, on ne s’attarde donc pas !
Après 48 km, à 12h35, on s’arrête pour manger au Cosy strandbistro. Je m’offre un paquet de Pommes, c’est-à-dire de frites, celui que je n’ai pas eu à Laboe : j’avais confié le soin à Philipp de passer commande, et choisi un burger végétarien avec frites, et il avait oublié les frites !
L’itinéraire qu’on vient de faire était absolument magnifique : une digue étroite longeant la mer avec des paysages de toute beauté. On est en plein milieu d’une réserve naturelle, il y a des barrières à moutons – ce qui nous oblige à nous arrêter pour les ouvrir et passer – mais du coup, il y a aussi des moutons, et ça, j’aime bien !
Ensuite, après avoir encore longé la digue dans le même paysage de toute beauté, peu avant 14h, on trouve une plage qui répond parfaitement à nos critères : peu de monde, pas trop de galets, et surtout, d’où on peut garder un œil sur nos vélos ! On s’offre donc une petite baignade, même si la transition du cycliste vers le maillot, et surtout vice versa, n’est pas des plus simples… Mais ça en valait la peine !
Un peu plus loin, les gens ont réalisé quantité de dessins parfois immenses avec des galets sur la plage. On ne voit pas toujours très bien ce que ça représente (surtout en roulant) mais ça donne un paysage très spécial.
Après 72km, on s’arrête au nord-est de l’île, au pied d’un champ d’éoliennes. C’est vraiment magnifique, on a l’impression d’être au bout du monde. Je décide que la photo de nos vélos avec les éoliennes sera la photo mise en avant sur mon blog !
On bifurque ensuite vers l’intérieur des terres pour rejoindre le village principal de l’île, Burg auf Fehmarn, et à 16h20, après 81 km, on arrive à notre hôtel, le Pfannkuchenhaus Fehmarn, qui est, comme son nom l’indique, une crêperie.
Je crois que c’est la plus belle journée de ce voyage…
On occupe la chambre 4, qui se trouve au 2e étage, sous les combles, et occupe seule tout l’étage. On y a donc deux chambres, un petit salon et une salle-de-bain avec douche et baignoire. Le grand luxe !
Une fois rafraîchis, on repart à pied et après un petit tour pour la forme, on s’installe à la terrasse de la pizzeria Da Gianni, où on ne se refuse rien : pains à l’ail et pizza, le tout accompagné d’un petit Chardonnay !
Ensuite, encore un petit tour des environs – c’est la Weinfest au village ! – et au dodo !
Enfin presque, parce qu’on doit attendre 21h pour aller mettre nos vélos en lieu sûr pour la nuit.
Cet après-midi, au nord de l’île, on est passés à proximité d’un gigantesque chantier. Philipp a émis l’hypothèse qu’ils construisaient un tunnel vers le Danemark. Et ce soir, bingo ! On a eu confirmation, en passant devant un centre d’information, qu’un tel chantier était en effet en cours. Le tunnel fera 18km !