Jour 12 – 29 juillet :  Pobierowo – Kołobrzeg (54 km)

Comme va vous voyez où on en est par rapport à notre but ultime, Gdansk !

La nuit a été un peu compliquée dans ce minuscule lit, mais moins que je ne le craignais. On s’éveille vers 7h. Le soleil brille déjà, la journée s’annonce ensoleillée, comme le reste de la semaine d’ailleurs. Puisqu’il n’y a pas moyen d’avoir un petit-déjeuner à notre (bien mal nommée) pension Panorama, on a fait du repérage hier, et repéré  un établissement proche où ils servent des petits-déjeuners à partir de 8h. On se met donc en route à 8h25 pour faire les 400m qui nous séparent de cet établissement, le Smazalnia u Jacha (ça sonne bien, mais en fait ça veut dire « La salle de friture de Jach »). 

La commande s’avère compliquée, heureusement que Google translate existe, surtout pour moi, et doublement : d’abord parce que mon polonais est nettement plus rudimentaire que celui de Philipp (en gros, je sais dire bonjour, merci et oui, et parfois je confonds merci et oui…), ensuite parce que lui mange de tout, alors que moi… 

On mange bien, cela dit, Philipp un peu de tout, et moi des œufs brouillés avec du fromage, puis des crêpes au nutella et à la crème fraîche, puis une petite tartine au fromage pour terminer ! Faut bien s’adapter…

On se met en route pour de bon à 9h15, et on commence par traverser plusieurs stations balnéaires, où les touristes abondent déjà, même à cette heure. En fait, il n’y a généralement pas de digue le long de la mer, mais une route un peu en retrait, qui la longe et est bordée de maisons des deux côtés (et surtout de commerces pour touristes), et de temps en temps, perpendiculairement, des rues sans issue qui mènent à un escalier menant lui-même à la plage.

À Rewal, on longe enfin la mer sur quelques dizaines de mètres, puis on traverse Niechorze, doté d’un phare très art nouveau et d’un joli moulin tout en bois. On longe ensuite un chemin de fer qui nous mène à la gare de Pogorzelica, avant de pénétrer dans une gigantesque et magnifique forêt. Une indication incompréhensible (un rectangle rouge) sous le signe indiquant une piste cyclable nous inquiète un peu, on craint des revêtements tellement impraticables qu’il s’agisse d’un avertissement du style « à vos risques », mais finalement ça va encore – disons qu’on a vu pire. Et depuis hier, je sens que je fais des progrès colossaux en matière de gestion de ma peur (de tomber, de déraper, de crever – un pneu -, etc).

N’empêche, on doit rester super concentrés sur la route, on a mal aux épaules et aux mains, et lorsqu’on quitte cette forêt et arrive à Rogowo, puis à Dzwirzyno, on s’arrête pour prendre un verre (enfin une canette avec une paille). On a déjà fait 38km, et il est 11h45.

On repart ensuite à 12h10, et on bénéficie d’une très belle piste cyclable (on n’en finit pas de remercier l’Europe !). Malheureusement,  elle fait aussi office de trottoir, et elle est envahie par une foule de piétons, cyclistes, cuistax, patineurs, etc, ce qui nous ralentit parfois un peu (alors qu’on a le vent dans le dos). Mais on ne va pas se plaindre !

Lorsqu’on arrive à Kołobrzeg, on s’arrête pour manger le repas de midi au restaurant Magnum. On a fait 50,5 km et il est 13h ! On s’offre un camembert au four chacun, accompagné d’une bière sans alcool.

On repart ensuite pour le dernier bout de trajet, et à 14h18, on arrive au Radisson Resort Kołobrzeg, situé de l’autre côté de la ville, et un peu à l’écart d’ailleurs. On y a une chambre gigantesque, elle doit bien faire quatre fois celle d’hier, et le lit est agréablement spacieux. Contraste total donc !

Nos vélos, pour une fois, sont montés avec nous dans la chambre.

On repart ensuite vers la mer, dans le double objectif de découvrir les environs et de trouver un restaurant pour le soir.

Après un coup d’œil à la mer, on finit par jeter notre dévolu sur le Marina café, où on prend l’apéro au 6e étage de l’hôtel Marina, ce qui nous offre une vue magnifique sur les environs !

Ensuite, on redescend au rez-de-chaussée manger au Lobster. Un délicieux repas fait de toast aux chanterelles puis spaghetti bolognaise vegan pour moi, et tartare de cerf puis hamburger pour Philipp, le tout délicieux !

On rentre ensuite à l’hôtel par le même chemin, à travers bois.

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Jour 11 – 28 juillet :  Świnoujście – Pobierowo (59,8km)

On est évidemment à nouveau les premiers au petit-déjeuner à 8h, non seulement parce qu’on est levés depuis une heure, mais aussi parce qu’il y a vite embouteillage dans le couloir qui permet d’accéder au buffet (lequel est d’ailleurs juste en face de notre chambre). Il importe donc d’être les premiers si on ne veut pas devoir faire la file !

Il fait déjà chaud, et (ceci n’ayant rien à voir avec cela) Philipp trouve des renseignements sur l’itinéraire que nous devons suivre à partir d’aujourd’hui : le Ostseeradweg est l’Eurovelo 10, qui correspond en Pologne au R10. Moins drôle, les avis sur internet sont très critiques concernant la qualité (traduisez la praticabilité) de ce R10. On testera ça dès ce matin, où notre itinéraire tel que planifié fait 74km, mais une cinquantaine seulement (plus vallonnés aussi néanmoins) si on prenait au plus court d’un logement à l’autre. Au moins, on a un plan b…

On se met en route vers 9h25. Une dizaine de minutes plus tard, après 4,25 km, on est à l’embarcadère, où le ferry arrive justement. Dans le port, on peut admirer une série de navires de guerre. On embarque illico, de manière certes un peu plus désordonnée qu’en Allemagne, mais ici, c’est gratuit ! À 10h, on quitte la rive ouest de la Swina, et 5 minutes plus tard, on accoste de l’autre côté. En route !

On fait quelques kilomètres (pas des masses : 2 ou 3, guère plus) sur une fort belle piste cyclable, puis on se retrouve dans une forêt certes magnifique, mais dont le revêtement de la piste semble plus fait pour les amateurs de sensations fortes que pour les cyclotouristes pépères que nous sommes : sable, cailloux, passages boueux, montées et descentes,… rien ne nous est épargné ! Et évidemment, comme presque tous les cyclistes du ferry prennent la même route, on se fait dépasser par d’arrogants gamins en VTT qui ont l’air de trouver ça super cool… 

On semble par ailleurs longer un domaine militaire, et on finit par arriver à la mer. Pour ça, il nous faut cependant encore franchir une côte complètement ensablée et la redescendre ensuite. Mais le point de vue sur la mer veut le coup, et étrangement, avec les vagues qui l’agitent, elle ne ressemble en rien à la piscine qu’on a quittée hier. On a fait 14,4 km depuis ce matin.

On repart par une piste cyclable qui longe la mer, nettement plus praticable que ce qu’on vient de faire, heureusement. ÇA nous permet, au lieu de garder les yeux rivés sur le sol, d’admirer la mer sur notre gauche et la forêt sur notre droite.

Après 4,5 km sur cette route, on arrive à une ville balnéaire au nom impossible, et juste après, on rentre dans un parc national, le Wolinski parc Norodowy. On est un peu étonnés d’être accueillis par un garde qui nous réclame 10 zlotys par personne pour entrer – et c’est d’autant plus étrange que jamais on ne franchira une quelconque sortie de ce parc…

Il n’y a pas que ce garde qui nous accueille, d’ailleurs : les moustiques aussi forment un comité d’accueil très efficace, au point qu’on se sauve quasiment après s’être ré-aspergés de lait anti moustiques.

Cela dit, ce parc naturel est magnifique, à nouveau de la forêt à perte de vue, et un revêtement suffisant pour pouvoir lever le nez du guidon. 

Il n’en reste pas moins que la matinée a été fatigante, et qu’après 30 km, on commence à avoir faim et envie de faire une pause. On s’arrête donc à Wiselka à 12h30, à un endroit où il y a beaucoup d’établissements, mais ce ne sont que des vendeurs de glaces et de gaufres. Tant pis : on mangera donc une gaufre ce midi. On a une petite frayeur car Philipp ne trouve plus son portefeuille. Il croit l’avoir déposé sur son vélo après avoir payé l’entrée du parc (une dizaine de kilomètres auparavant donc…) mais heureusement, il est resté sur mon porte bagages ! Quand je vous dis que le revêtement était convenable…

La gaufre avalée, on repart à 13h, et là, on commence à vraiment bien rouler ! On n’a pas grand mérite : l’Union Européenne nous offre de nouveau des kilomètres de piste cyclable de grand luxe. 

Finalement, on fait un dernier arrêt après 58km, à 14h40, sur un banc à l’entrée d’une station balnéaire. On est bien fatigués et on ressent tous les deux le besoin d’une pause avant de repartir, mais surprise : la consultation de Komoot nous apprend qu’on est à 720m de notre arrivée ! 

Du coup, forcément, on repart sans tarder, et on arrive un peu avant 15 heures à notre pension Panorama après avoir fait 59,8 km.

C’est une maison modeste qui ressemble assez à celle d’hier, et la dame qui tient l’établissement, Kasia, ne parle pas un traître mot d’autre chose que de polonais, mais elle est très souriante et les traducteurs automatiques font des miracles, puisque je reçois d’elle un charmant message en allemand me donnant toutes les informations utiles. Notre chambre est minuscule, notre lit aussi d’ailleurs.

On repart se promener dans la petite cité balnéaire, à la fois très semblable et différente aux cités balnéaires d’autres pays. On va voir la mer, déchaînée, puis on s’installe à la terrasse du Restaurant et café 54, avec le projet d’y boire, puis d’y manger. Ce qu’on fait !

Pour les curieux : une pizza !

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Jour 10 – 27 juillet :  Świnoujście 

On est éveillés tôt, forcément vu l’heure à laquelle on s’est couchés. On doit donc patienter jusqu’à 8h pour accéder au petit-déjeuner, servi sous forme de buffet mais qu’on doit manger dans notre chambre. Si on s’en étonne d’abord, on comprend vite en voyant le local du buffet : 1 m2 à tout casser, mais avec un choix impressionnant. 

Une fois le petit-déjeuner avalé, on va se balader jusqu’au phare de Stawa Milyny, où on s’assied un peu à contempler une dizaine de cygnes parfaitement indifférents à la présence de promeneurs.

On rentre ensuite par la plage, ce qui est l’occasion d’un bain de pieds puis d’un Mojito (sans alcool, à 10h30 du matin !) à un strandpaviljoen (pas sûre qu’ils appellent ça comme ça ici). On enchaîne avec la même soupe aux champignons qu’hier soir en guise de repas, au Butcher steak house, puis on rentre à l’hôtel, Philipp faire une sieste, moi écrire ma chronique. Ensuite, on repart à la plage, en équipement de plage cette fois, pour notre première baignade dans la Baltique, qui, en tout cas ici, ressemble fort à une grande piscine d’eau fort peu salée. Il faut faire des dizaines de mètres pour avoir de l’eau jusqu’à la taille !

Ensuite, une petite boisson chaude en terrasse (car le soleil était justement absent lors de notre baignade), un petit passage par la pension, et on repart manger le repas du soir au Costa Brava. Au menu cette fois, burger de canard pour Philipp et risotto aux champignons pour moi. 

Ensuite retour à l’hôtel, impatients d’être demain : la journée de repos nous a fait du bien, mais ici on a l’impression d’être dans un entre-deux entre l’Allemagne et la Pologne. Certes, on est en Pologne, mais les touristes allemands forment au moins la moitié du cheptel, l’allemand côtoie le polonais comme les euros les zlotys, et cette station balnéaire est assez bruyante, avec cette manie de diffuser de la musique de discothèque dans chaque resto et ce monde fou qui transhume en permanence des magasins à la plage et de la plage aux terrasses. On aspire au calme et à la découverte d’une mystérieuse Pologne profonde qui nous ferait nous sentir vraiment ailleurs. 

Ce n’est pas que Świnoujście soit moche, cela dit : le front de mer est bordé de bâtiments modernes généralement blancs et assez réussis, mais ça manque d’histoire, de cachet, d’âme, que sais-je ?

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Jour 9 – 26 juillet :  Freest – Świnoujście (56,2 km)

Avec notre rythme de voyage habituel, où on va se coucher avec les poules (en réalité, bien plus tôt qu’elles en cette saison, je sais de quoi je parle !), on se lève tôt. À 7h, on est donc au petit-déjeuner après une excellente nuit.

Hier soir, je me suis acheté un bracelet à une échoppe « self service » devant une maison, sur la route entre le restaurant et notre hôtel. On voit beaucoup ce genre d’échoppes ici, comme aux Pays-Bas d’ailleurs, qu’il s’agisse de fruits, de pommes de terre, d’œufs, de miel ou de confiture ou, plus rarement, de bijoux comme ici (mais ils vendaient aussi des cucurbitacées). En plus, j’aime bien ramener quelque chose en souvenir de nos voyages. Et un bracelet, ça ne prend pas de place !

On se met en route à 8h45. Il pleut très légèrement, mais il fait doux.

À 9h30, après 12km, on arrive au pont qui nous mène à l’île de Usedom. Il a cessé de pleuvoir, mais le pont est horrible (et c’est un jugement esthétique, car il est tout-à-fait abordable pour la grande angoissée des ponts que je suis). Des masses de voitures s’agglutinent en embouteillage monstre, manifestement cette île est une destination de vacances prisée.

Un peu après 10 heures, après 21 km, on arrive à la plage de Trassenheide. Et un rayon de soleil salue notre arrivée ! 

À 10h30 on arrive à Zinnowitz après 23,8km. C’est ici qu’on a repéré un distributeur automatique où retirer de l’argent. C’est ici aussi que je m’aperçois (ou me souviens) que ma carte de crédit est bloquée car j’ai fait trop souvent un faux code… Heureusement, Philipp connaît le code de la sienne, et la deuxième banque qu’on fait accepte ma carte de débit. Zinnowitz est très jolie, avec beaucoup de belles maisons patriciennes en front de mer.

À la sortie de Zinnowitz, on prend un cappuccino dans un adorable Biergarten quasi sur la plage. On se baignerait bien s’il ne faisait pas aussi gris !

On repart à 11h10 et une heure plus tard, après 38 km et un tronçons dans les bois fait de montagnes russes, dont deux abominables pentes de 16 % que Philipp grimpe vaillamment (non, moi pas…), on s’offre une pause repas à Ückeritz.

Après une délicieuse pomme de terre au four agrémentée de Quark, on repart vers 13h et on traverse alors la plus grande aire de camping que j’aie jamais vue : 3 ou 4 km sûrement où se succèdent des aires de camping. Pourtant, il ne doit pas y avoir grand chose d’autre à faire que profiter de la plage sur cette étroite bande de terre !

Ensuite, on rentre à nouveau dans un bois, on a de nouveau de belles montagnes russes à franchir, mais cette fois je parviens à ne pas mettre pied à terre, puis on retrouve enfin un paysage un peu plus plat et on arrive à Heringsdorf, puis à Ahlbeck. Il y a beaucoup de monde, une sorte de foire nous oblige à dévier un peu de notre itinéraire car la circulation est interdite aux cyclistes. C’est aussi le moment où il se met à pleuvoir sérieusement.

Une fois quittée la cohue, on rejoint une magnifique piste cyclable aux allures de boulevard, très fréquentée et bordée d’un bois à gauche et de belles maisons à droite. Et à 14h25, après 53,5km, on passe la frontière ! On fait évidemment un arrêt photo, on photographie un couple de cyclistes et ils nous rendent la pareille, Philipp tente d’arracher une information à l’un des deux garde-frontières (il veut savoir comment reconnaître le Ostseeradweg en Pologne) mais c’est peine perdue, le gars n’en a visiblement pas la moindre idée.

On poursuit donc et à 14h40, on arrive à notre pension Savona, située dans une petite rue non loin de la digue. On a fait 56,2km.

On ne tarde pas à repartir pour découvrir la ville, qui s’avère être une station balnéaire très moderne et très très animée.

On s’offre une glace, on jette un coup d’œil à la plage (il y a des Strandkörbe !), on flâne un peu, puis on s’installe pour manger au steak house dans l’artère piétonne et commerçante qui mène à la plage : apéro à base de litchis et de gin, puis une délicieuse soupe aux champignons en entrée, servie avec de la purée au fond de l’assiette (la meilleure soupe aux champignons que j’aie jamais mangée !), puis une pièce de viande pour Philipp et des pâtes au pesto et à la burata pour moi. Si la cuisine polonaise ressemble à ça, on en veut bien tous les jours ! 

Par contre, l’animation de la ville est un peu pénible après une semaine au calme. Sur le chemin du retour vers l’hôtel, une jeune violoncelliste contraste agréablement avec la musique sortant des haut-parleurs au restaurant. 

Demain, on reste ici, c’est notre journée de repos, puisque d’expérience on sait qu’après une semaine de vélo, ça fait du bien. il faudra qu’on trouve quelque chose de calme à faire ici …

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Jour 8 – 25 juillet :  Sundhagen – Freest (60 km)

On se lève avant 7h après une très bonne nuit. On prend un copieux petit-déjeuner (quand même, faut pas pousser !) et on se met en route pour la ville la plus proche, Greifswald. Car je ne vous ai pas encore tout dit, rayon emmerdes : hier, Philipp s’est aperçu que la fixation d’une de ses sacoches de vélo était partiellement détachée. Ben oui, après trois jours où j’ai donné de ma personne avec une abnégation hors norme pour nous concocter de délicieuses matinées à gérer des problèmes techniques, c’était un peu son tour ! Et avec la créativité qu’on lui connaît, il a trouvé un nouveau filon : les sacoches ! Ça, on ne l’avait encore jamais fait… Il ne reste plus que deux points de fixation opérationnels sur les trois, sans doute à causes des multiples secousses endurées ces derniers jours. Notre premier objectif ce matin est donc de trouver où acheter une sacoche de remplacement, et heureusement, il y a plusieurs magasins d’articles de sport à Greifswald.

On se met en route à 8h25, et pour éviter les chocs, on décide de prendre la grand-route plutôt que la petite route pavée qui la longe. Mal nous en prend : en 500 m, on se fait klaxonner deux fois, on comprend qu’on n’est décidément pas les bienvenus sur cette route et on se résigne donc à prendre la route pavée qui nous est infligée pendant 8 bons kilomètres avant que l’Union européenne s’en mêle et nous propose à la place une magnifique piste goudronnée. Après 15 km, à 9h25, on arrive à un immense centre commercial. Mais pas de sacoches dignes de ce nom, on repart donc vers un premier réparateur, qui s’avère en vacances. Pas de bol… On repart donc vers une deuxième adresse, à un bon kilomètre de là, et alléluia : à 10h30, 21 km après notre départ de l’hôtel, Philipp trouve enfin son bonheur, et en profite même pour s’acheter un nouveau casque. Mais pas moyen de payer par carte, il doit donc encore aller chercher du liquide à un distributeur avant qu’on puisse enfin quitter Greifswald pour de bon à 11h25.

On roule ensuite d’un bon pas, on traverse un très joli petit village avec un port et plein de terrasses, mais il est encore un peu tôt pour s’arrêter. La route est facile aujourd’hui, on pédale d’un bon train et les revêtements sont généralement bons. 

Un peu avant 12h30, on se fait rincer par une grosse averse et on finit par s’abriter en attendant que ça se calme, puis on repart.

Peu avant 13h, on s’arrête pour manger à la pension Boddenblick, à l’entrée de Gahlkow, après 43 km. La route était très jolie et agréable jusqu’ici, avec un passage dans les bois un peu plus sportif à cause de passages boueux, mais rien d’insurmontable. 

On repart peu avant 14h. Et une heure plus tard, après avoir parcouru 60 km tout pile, on est à notre Hotel Leuchtfeuer, à Freest. On a une chambre très spacieuse au premier étage de cet hôtel au style chalet suisse. On y a même un balcon où on peut mettre sécher notre linge du jour (y compris pour moi celui d’hier, qui n’était pas sec ce matin et que j’avais laissé pendre à mes sacoches pour qu’il sèche, sauf qu’il a plu…)

C’est notre dernier logement dans un fief au nom prononçable avant longtemps, puisque demain nous passons en Pologne !

Pour ceux qui veulent visualiser où on est, d’où on vient et où on va…

On repart se balader à pied vers le port. On prend d’abord une voie sans issue qui longe une partie du port réservée aux pêcheurs, et quand on arrive au bout et s’aperçoit qu’on va devoir faire demi-tour, un gars qui est dans son jardin nous propose de passer par son jardin pour rejoindre la route ! Ce qu’on accepte évidemment. On fait le tour du port et de l’offre horeca (du poisson, toujours du poisson), on va voir la mer, puis on prend un verre dans un Biergarten, Zum Leuchtturn.

Ensuite on se dirige vers le seul restaurant un peu convenable, An der Waterkant, où on s’installe en terrasse car à l’intérieur tout est plein. On y mange fort bien, mais impossible de respecter mon régime végétarien : pour la première fois en plus de dix ans, je me résigne donc à une entorse et commande du « seelachs » (je découvre plus tard qu’il s’agit de lieu noir ou colin d’Alaska) après mon camembert. Et évidemment, on essuie une une grosse averse pendant notre repas ! Mais tout est bien qui finit bien, on a bien mangé, on a bien bu, on a la peau du ventre bien tendue – et on est prêts à affronter la gastronomie polonaise !

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Jour 7 – 24 juillet : Prora – Sundhagen (73,5 km)

La journée commence bien : à part un réveil dû aux démangeaisons des piqûres de moustiques, on a vraiment bien dormi !

On va chercher nos vélos et prendre le petit-déjeuner à la Bäckerei Horn, à quelques encablures de notre hôtel et pour nettement moins cher. J’en profite pour vérifier mes pneus, un peu traumatisée par l’expérience d’hier : ils sont intacts, ouf. Car aujourd’hui, on a une longue étape, donc pas de temps à perdre ! Il fait ensoleillé et déjà chaud.

On passe  chercher des sous à un distributeur automatique, car il y a beaucoup d’endroits où l’on peut pas payer par carte, puis on monte rechercher nos bagages dans notre chambre, et on s’en va à 9h20 après avoir regardé la carte et repéré un ferry à Glewitz, au sud de l’île qui nous évite de repasser par Stralsund pour rejoindre le continent. C’est décidé, on va faire ça ! Aucune raison de repasser par Stralsund si on peut l’éviter.

Binz

On part en direction de Binz, à 4 km, et on fait un petit détour pour aller voir la digue, qui est ravissante avec toutes ses maisons de bois blanc avec des terrasses ajourées. Puis on quitte Binz par le Ostseeradweg, rejoignant pour cela un magnifique lac.

Tout va pour le mieux, sauf que… j’ai été un peu optimiste concernant mon pneu avant : on a à peine fait 5km qu’il me semble qu’il est un peu trop dégonflé. On continue donc avec ce pneu faiblard jusqu’à Sellin, mais je suis ralentie car même dans les descentes, je n’ose pas aller trop vite, car j’ai moins de contrôle sur les freins et la direction. 

À l’entrée de Sellin, Philipp « taquine l’indigène », comme il dit, et ledit indigène nous indique un réparateur pas loin. On y arrive après avoir fait 16km, mais pas de chance : c’est un réparateur qui ne répare pas – en fait c’est un loueur de vélos, et il est seul avec plein de clients. Par contre, il nous prête son compresseur pour qu’on puisse regonfler mon pneu et repartir jusqu’à un autre réparateur qu’il nous indique, à Baabe. On chipote un peu pour le trouver, mais,  lui, par chance, répare ! Il est 11h10, on a fait 19 km, mais en s’éloignant fameusement du trajet prévu, car le balisage est très différent de l’itinéraire qu’on a téléchargé sur Komoot. Or, on suit le balisage, d’autant que parfois le chemin qu’on devrait prendre selon Komoot n’existe tout simplement pas. 

Le réparateur remplace ma chambre à air par celle que Philipp avait avec lui, et à 11h30 on se remet en route… et on a à peine fait 200 m que mon pneu est complètement plat ! Retour donc au réparateur, à pied pour moi. 

Le réparateur est un esprit scientifique : même s’il a un nouveau pneu et une nouvelle chambre à air adaptées à mon vélo (c’était pas gagné car les modèles allemands ne sont pas les mêmes que les nôtres), il cherche quand même à savoir d’où vient la fuite et finit par trouver un minuscule clou planté dans mon pneu. Clou qu’il ne parvient pas à enlever, il remplace donc le pneu aussi et on repart à 12h10.

À 12h55, après 31 km, on s’arrête pour un petit repas de midi (frites pour moi, currywurst pour Philipp) après un itinéraire tout à fait charmant qui nous fait passer au bord d’un lac, avec des revêtements tout à fait convenables et des paysages magnifiques. Et qu’est-ce que c’est bon de rouler avec un pneu bien gonflé !

On repart à 13h30 en s’accordant pour trouver que c’est notre plus belle journée, question paysages et « confort de roulage ».

Difficile de résumer la suite en détails, mais ça c’est un peu gâté. On a pris une route au lieu d’une autre, du coup après Putbus, on est allés jusqu’à Bergen, ce qui nous éloignait fameusement de notre ferry – mais on n’avait pas le choix, on était dans une forêt, sur une piste à peine praticable, on n’allait certainement pas faire demi-tour ! 

À 16h, après 68 km, on est enfin arrivés au ferry à Glewitz. On a eu des pistes cyclables tellement horribles (leur spécialité dans la région étant les grandes dalles de béton inégales et non rejointoiées comportant de grands trous placés en quinconce, de telle sorte qu’il est à peu près impossible de les éviter) que finalement on a décidé de rester sur la route pendant les 10 ou 15 derniers kilomètres, sans plus s’embarrasser de l’itinéraire cyclable – cyclable mon oeil ! 

On quitte donc Rügen sur le ferry de 16h30 sans état d’âme particulier, si ce n’est une grosse fatigue. Après ces trois jours d’île, on est impatients de poursuivre vers l’Est, et la Pologne n’est plus très loin !

Notre logement non plus d’ailleurs, heureusement. Aussi, après une traversée qui dure 15 minutes, on arrive à la Haus Überland à 17h10, après 73,5 km.

C’est très mignon, mais il n’y a de nouveau aucun restaurant dans les environs, et personne à la pension à qui on pourrait mendier une simple tartine au fromage. Quand au distributeur de boissons dans l’entrée, il ne fonctionne qu’avec des pièces, et on n’a plus de monnaie ! Il y a bien trois livreurs de pizza, mais aucun ne livre « chez nous », on est trop loin…

Heureusement, d’autres pensionnaires que Philipp aborde peuvent nous échanger 10€ en monnaie. On aura donc à boire pour accompagner nos crasses !

On s’installe donc au jardin dans une Strandkörbe avec notre bière et nos crasses… jusqu’à ce qu’il commence à pleuvoir !

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Jour 6 – 23 juillet : Polchow – Prora (40 km)

Disons-le tout de suite : j’ai mal dormi. La Plaisanterie n’était probablement pas une bonne idée de lecture, finalement. J’ai l’impression d’avoir passé la nuit à en écrire une version personnelle. À cela s’ajoutent les moustiques, dont je m’étonne de n’avoir pas encore parlé alors qu’ils constituent un véritable fléau sur Rügen. Il m’est arrivé d’en avoir 7 ou 8 en même temps sur les jambes !

Avant d’entamer le récit de la journée, je dois encore préciser qu’hier soir, on a bien tenté de se faire livrer des pizzas. Mais les quelques « livreurs » qu’on a contactés se bornaient à permettre qu’on vienne chercher notre commande, ce qui n’était évidemment pas le but.

Tout ça pour dire qu’on s’est levés vers 7h15, que j’ai dû me contenter d’un petit-déjeuner frugal (je vais me transformer en noix de cajou !), et qu’on est ensuite partis à 8h10, par un temps sec avec même de temps en temps un rayon de soleil.

Après 10km sur une route et des pistes très vallonnées dévoilant des paysages superbes, on arrive à Lohme, où on s’accorde un petit tour au port avant de repartir. C’est très joli, mais on ne va pas vraiment au port en réalité, car celui-ci est plusieurs dizaines de mètres en contrebas. On se contente donc de l’admirer de haut avant de partir sans avoir trouvé l’établissement que j’espérais pour prendre enfin un petit-déjeuner digne de ce nom.

Vers 10h20, on arrive à Sassnitz après avoir roulé  24 km en traversant le parc national de Jasmund : des kilomètres à travers la forêt où ça monte, et ça descend et ça tourne, avec plein de graviers pour que notre plaisir soit complet, mais ça valait le coup, et ça nous a un peu protégés de la pluie qui s’est remise à tomber.

On espérait trouver un établissement au port de Sassnitz, et en effet il y en a plein, dont les terrasses nous tendent les bras… sauf qu’ils sont encore tous fermés ! Impossible d’avoir un café et un croissant, ou même une gaufre ou une part de cheese cake (toutes choses que je voyais annoncées)…

On repart donc, et après 2km supplémentaires, on arrive à un Netto, où je vais acheter de quoi nous faire un petit déjeuner de fortune. Il est peu après 11h, il est temps que je me mette autre chose que des noix de cajou sous la dent ! 

C’est au moment de repartir que je m’aperçois que mon pneu avant est complètement plat ! Pas étonnant, cela dit, avec le revêtement qu’on a dû subir depuis notre départ ce matin… On fait donc une fois encore appel à Touring, et on s’arme de patience. Quand je pense que j’avais prévu une étape courte aujourd’hui pour qu’on puisse aller visiter le site de Prora à notre aise !

Comme le dépanneur n’arrive pas, on s’achète également de quoi grignoter en guise de repas de midi, ce qui nous permet au passage de nous réchauffer un peu dans le magasin, car il ne fait vraiment pas chaud, il y a un sale petit vent froid et de temps en temps, il pleut !

Enfin, vers 14h15, on voit passer un véhicule ADAC, qui d’abord nous dépasse sans nous voir, puis heureusement revient et répare ma chambre à air.

Il est 14h35 quand on se remet enfin en route, par un itinéraire moins valloné que le matin heureusement, et à 15h45, après 40km et 400m de dénivelé positif, on arrive au Dormero hôtel, après avoir un peu flâné dans l’ancien domaine nazi de Prora, dont certaines parties sont en ruine, tandis que d’autres ont été complètement rénovées et transformées en appartements. Notre hôtel a d’ailleurs furieusement l’air d’en faire partie !

On y occupe une suite avec un salon, une kitchenette, et une grande salle-de-bains, du grand luxe ! 

On repart se balader par la plage jusqu’aux limites de Prora, puis retour par l’arrière des bâtiments jusqu’au restaurant italien qu’on a repéré en arrivant, Il Ristorante, où Philipp s’enfile une pizza et moi des pâtes aglio e olio. Ça fait du bien !

Prora, c’est à l’origine un projet architectural nazi visant à créer une station balnéaire pour le peuple allemand (aryen évidemment). Complètement mégalomane, il consistait en pas moins de 4,5km de bâtiments destinés à pouvoir accueillir 20000 personnes en même temps. Mais le projet n’a finalement jamais vu le jour, la guerre étant venu l’interrompre. Prora devient ensuite une base militaire de la RDA, et depuis 2004, les blocs sont vendus et convertis en projets immobiliers, tant résidentiels qu’hôteliers.

C’est vraiment très spécial de se retrouver dans ce qui pourrait très bien être un décor de film, mais qui a vraiment été un projet national-socialiste. Aujourd’hui, de « vrais gens », citoyens d’Etats démocratiques, se promènent dans ces allées, logent dans ces bâtiments, se baignent sur ces plages, et nombreux sont sans doute ceux qui n’ont pas la moindre idée de l’origine de ce site.

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Jour 5 – 22 juillet : Schaprode – Polchow

On est à 7h30 au petit-déjeuner, comme prévu. Il pleut toujours, les canards qui se baladent dans les jardins de la pension sont contents, nous moins. 

On se met en route un peu avant neuf heures, sous la pluie évidemment.

Après 8 km sous une pluie battante, et sur des pistes cyclables qui n’en méritent pas le nom, on arrive à 9h40 au ferry qui va nous amener sur la presqu’île de Wittow. On embarque juste à temps avant qu’il entame la traversée ! 

Le ciel est bas et lourd comme dans une chanson de Brel. On fait une petite pause à Wiek, devant un restaurant du port où un ancien étudiant de Philipp a travaillé. Mais tout est encore fermé à cette heure : les quelques établissements devant lesquels on passe n’ouvrent qu’à midi ou même dans l’après-midi. 

Apres 27,5 km, toujours sous une pluie battante, on s’arrête au port de Breege au café Zaf’s. Il est 11h et vu la météo, on a renoncé à notre itinéraire initial (70km probablement en partie sur des chemins pleins de flaques, voire complètement inondés), sans pour autant opter non plus pour le trajet le plus court entre les deux logements : notre idée est en effet de privilégier les routes asphaltées, donc d’aller de village en village. Du coup, on avance à un bon rythme, le seul problème étant qu’on ne peut pas arriver avant 16h à notre pension du soir ! 

Tant qu’on roule, la pluie n’est finalement pas trop désagréable, mais on est absolument trempés quand on arrive au café, et à en juger par nos doigts, on croirait qu’on est resté trop longtemps dans notre bain ! Aux grands maux, les grands remèdes : mon essuie de plage aura au moins servi à nous sécher un peu, et je change de dessus, le mien étant trempé. À la réflexion, je change aussi de dessous d’ailleurs, puisque notre plan se précise et qu’on semble partis pour rester ici jusqu’à 15h, histoire de se donner une chance de partir au sec et de pouvoir accéder à notre chambre en arrivant. On s’installe donc pour un temps, on s’offre des œufs sur le plat, et pour Philipp une soupe finnoise, de poisson donc évidemment. Ensuite, je poursuis, avec Philipp, la lecture (pour la 5e fois) de La Plaisanterie, ce chef d’œuvre de Milan Kundera qui me parle tellement en ces temps troublés. 

Personnellement, j’aurais bien profité de la première accalmie pour repartir et faire encore quelques kilomètres pour nous rapprocher de notre destination, mais Philipp préfère rester ici et faire ensuite d’une traite les derniers kilomètres en étant sûrs d’arriver à une heure où on pourra accéder à notre chambre. De toute manière, on est encore loin d’un temps sec ! De plus, un coup de fil à notre pension nous permet de savoir qu’on n’est pas les bienvenus avant 16h. On prend donc notre mal en patience, sans connexion internet mais avec Kundera, ce qui n’est finalement pas plus mal !

On repart donc vers 15h, et il est 16h30 quand on arrive à Polchow, à la pension Lemke, après 45km. Nous sommes à présent sur la presqu’île de Jasmund. 

La dernière partie de notre trajet était très belle : d’abord des kilomètres de piste cyclable longeant une forêt de pins, juste assez vallonnée pour ne pas être monotone, puis une autre piste cyclable sillonnant entre deux étendues d’eau, pile au moment où le soleil pointait enfin le bout de son nez, et enfin, après un tronçon le long d’une route, une piste cyclable nettement plus vallonnée qui nous mène du château de Spycker jusqu’à un sommet. Ensuite, il n’y a plus qu’à se laisser descendre jusqu’à la pension !

Seule ombre au tableau de cette fin de journée, une chute de Philipp, qui a vainement tenté de passer dans l’étroit espace entre le bas-côté et un casse-vitesse. Mains il s’en tire avec un genou écorché. 

Notre hôte est assez bizarre, je dois dire, et si Philipp le trouve très gentil tout en lui reconnaissant un côté un peu rustre d’insulaire (ouh le vilain préjugé raciste !), je n’arrive pas à le trouver autre chose que « malaisant », comme diraient les enfants. D’une extrême lenteur, semblant toujours oublier ce qu’il vient de faire ou ce qu’il doit encore nous dire (c’est pourtant pas compliqué : dire bonjour, s’enquérir de notre identité, vérifier qu’on a payé, nous donner la clé et nous indiquer le chemin de notre chambre), faisant des commentaires sur mon physique de Néerlandaise (?), …

Par contre, on a une belle suite, composée d’un petit salon, d’une chambre et d’une salle-de-bains, qu’on s’empresse d’utiliser (ah ! Une bonne douche chaude après toute cette pluie) après avoir mis nos affaires trempées à sécher.

Concernant l’itinéraire, on commence à être bien rodés : Philipp nous guide sur l’essentiel du trajet grâce à l’itinéraire Komoot qu’on a préparé et qui suit le Ostseeradweg, et moi je prépare chaque jour l’itinéraire le plus court, de logement à logement. Ça nous permet, quand on approche de notre destination, de basculer d’un itinéraire à l’autre; je prends alors le relais pour nous amener à notre étape.

Le repas du soir s’avère par contre compromis : la pension fait bien restaurant, mais pas le mardi soir, outre le fait qu’elle ne propose rien de végétarien. Et les restaurants les plus proches sont à 2-3 km,  ce qui n’est pas énorme mais Philipp n’est pas du tout motivé par la perspective de se faire encore doucher à l’aller et/ou au retour, et le ciel reste menaçant. Comme une bouteille de rosé nous a accueillis et qu’on a nos noix, on se résout donc à un deuxième repas frugal ce soir, avec pour consolation, hormis le fait de rester au chaud et au sec, la poursuite de la lecture de Kundera…

Et puis finalement, il y avait grand soleil ce soir …

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Jour 4 – 21 juillet : Stralsund – Schaprode (57,6 km)

On se lève un peu avant 8h après une bonne nuit. Ce matin, pour avoir un petit-déjeuner, il faut d’abord rouler, puisqu’on n’est pas dans un hôtel. On a déjà repéré hier une boulangerie et un supermarché Netto où on pourra à la fois prendre un petit-déjeuner et acheter de quoi grignoter sur la route si nécessaire. Et en plus, tout ça est sur notre itinéraire, qui commence fort puisqu’on va devoir emprunter un énorme pont vers l’île de Rügen, où on va passer trois jours.

L’île de Rügen

Une représentation du pont me nargue d’ailleurs au mur de la boulangerie où on prend notre petit déjeuner.

Dûment approvisionné en noix diverses, on se met en route vers 9h15. Il pleut légèrement, mais rien de très grave. Et ô soulagement : finalement, on ne doit pas emprunter cet horrible pont : un pont beaucoup plus modeste le longe et est tout à fait supportable pour moi.

On arrive sur l’île de Rügen après 4,5 km environ, et on est tout de suite confrontés à des revêtements épouvantables, fait de pavés, de gravillons, de plaques de béton pas de niveau, etc. Puis on prend un beau petit chemin au revêtement toujours aussi épouvantable, mais qui nous mène droit sur la mer. Plus exactement, qui nous la fait longer sur un chemin extrêmement chaotique, ce qui est assez épuisant et nous force à rouler lentement, même dans les descentes, en regardant sans cesse le sol devant nous. C’est d’autant plus dommage que le paysage a l’air très beau : la mer est à quelques mètres sur notre gauche, et à droite s’étendent des champs à perte de vue. On fait une petite pause à 10h, on a pas encore parcouru tout à fait 10 km, mais ça fait déjà du bien de s’arrêter – et on en profite pour souhaiter un bon anniversaire à notre filleule Nadège !

On repart ensuite dans un paysage toujours très agricole, mais qui s’éloigne de la mer et où on chercherait en vain un établissement. On se borne donc à quelques petits arrêts très brefs pour regarder la carte, boire un peu, etc.

Et à 12h05, on arrive enfin en vue d’un établissement ! C’est le premier qu’on voit, on ne va pas le laisser passer ! C’est le Gingster Eck, à Gingst, et on a déjà parcouru 41 km. On se régale d’une crème de champignons et d’une portion de frites, et on repart à 12h50 : notre hôtel peut nous accueillir dès 13h, alors pourquoi traîner ? A 13h45, on arrive donc a l’hôtel « Rügensschmiede vis-à-vis Hiddensee », après quelques kilomètres le long d’une route pas du tout adaptée aux vélos : une route à deux bandes où l’on peut faire du 80 km/h et où il n’y a ni bas-coté, ni piste cyclable ou trottoir. On a fait 57,6 km. Notre hôtel se trouve à Poggenhof, à quelques kilomètres donc de Schaprode. On a une belle chambre au 1er étage.

On se repose un peu, puis on prend notre courage à deux mains pour partir à Schaprode. C’est trop bête de ne pas aller voir à quoi ça ressemble, et puis on doit manger, et l’hôtel ne propose pas de repas à part le petit-déjeuner. C’est d’ailleurs un hôtel assez spécial, sans personnel visible. Une enveloppe à notre nom nous attendait à la réception, et contenait toutes les infos utiles ainsi qu’un document à compléter et un QR code permettant d’accéder à diverses fonctionnalités en ligne. Cela dit, il y manquait un truc important : la clé de notre chambre, et on a donc quand même dû appeler quelqu’un !

Bref, nous voilà donc prêts à partir pour Schaprode malgré une météo peu enthousiasmante. Mais ma théorie est que si on fait l’aller au sec, peu importe qu’on revienne trempés, d’autant qu’on n’est qu’à 2 km.

Seulement voilà : la pluie augmente et on finit donc par renoncer à notre petite excursion. Ce soir ce sera donc repas vraiment léger : on a acheté deux paquets de chips (on prend, on indique sur la liste à disposition notre numéro de chambre et le tour est joué) et on descendra se servir un verre un peu plus tard pour accompagner nos chips ! 

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Jour 3 – 20 juillet : Barth – Stralsund (41 km)

On s’éveille vers 7h après une bonne nuit. On s’amuse au petit-déjeuner à observer l’ordre d’arrivée des résidents : nous sommes les premiers avec la chambre 1, puis arrive la chambre 2, on se dit « Tiens, c’est l’Allemagne : on arrive dans l’ordre ! ». Mais ensuite arrivent la 4, puis la 5 (qui forme un groupe cycliste avec la 4). Et l’inquiétude monte, teintée d’agacement : où restent les occupants de la 3, et de quel droit bafouent-ils ainsi le bel ordre germanique ? Les derniers arrivés occasionnent un fou rire chez moi, car on n’arrive pas à entendre quel est leur numéro de chambre. Philipp dit alors (pas assez fort pour qu’ils l’entendent évidemment) : « bitte noch einmal » (pourriez-vous répéter ?). Et j’explose d’un rire totalement décalé dans l’ambiance feutrée du petit-déjeuner.

On est prêt à partir un peu avant neuf heures, mais nos plans sont un peu compromis par le fait que mon pneu arrière est plat. Et en plus, on est dimanche ! On regonfle rapidement, découvre qu’il semble y avoir un loueur de vélo ouvert au port, à proximité donc, et on y va, Philipp à vélo, et moi à pied en poussant mon vélo, pour ne pas risquer d’endommager la roue.

Malheureusement, le réparateur repéré sur Google Maps n’existe en réalité pas encore ! Nous voilà donc bien ennuyés, d’autant que réparer la roue arrière, c’est nettement plus compliqué que la roue avant. On se souvient cependant qu’on a une assurance Touring qui nous couvre même à l’étranger. Le plus compliqué étant de prouver à la charmante personne – en fait ni charmante ni très efficace – qu’on a en ligne que oui, on est bien affiliés, de trouver tous les renseignements qu’elle nous demande (et qui ne lui permettent curieusement pas de trouver notre dossier), jusqu’à qu’on s’aperçoive que j’ai oublié de renouveler notre assurance… qui cela dit n’arrivait à échéance que le 13 juillet. On n’a donc qu’une semaine de retard, je fais le payement en direct et tout finit par s’arranger : on nous envoie un dépanneur d’ici une heure ou deux. On prend donc notre mal en patience et de mon côté, j’en profite pour écrire ma chronique hebdomadaire pour Marianne : comme ça, au moins, quand on arrivera à notre étape, je n’aurai plus à m’occuper de ça, et si le temps continue à être aussi ensoleillé, on pourra même peut-être se baigner ! Notre étape du jour n’est heureusement pas très longue : une bonne quarantaine de kilomètres seulement. 

L’attente s’éternise, tous les passants ou presque s’arrêtent pour proposer leur aide, une charmante jeune dame à vélo tractant son enfant dans une remorque nous propose même de nous amener une boisson fraîche… mais moi, c’est surtout d’évacuer ma boisson que j’ai besoin ! Heureusement, elle habite à deux pas et je l’accompagne donc jusque chez elle pour satisfaire ce pressant besoin. Entre-temps, il est midi et toujours pas de réparateur en vue !

Mais à 12h05, il arrive enfin, ouf ! Il n’y a qu’un petit trou dans la chambre à air, il place donc une rustine (autocollante, on n’arrête pas le progrès) puis regonfle très gentiment les deux pneus de mon vélo et contrôle ceux de Philipp.

Avec tout ça, il est 12h30 quand on se met enfin en route ! Moi qui déteste ne pas avoir fait une bonne partie de notre trajet le matin, c’est encore raté ! 

Sitôt partis, on traverse un paysage bien vallonné, puis on arrive à la mer (un de ses bras a tout le moins), qu’on longe sur une magnifique piste cyclable asphaltée, assez large pour rouler de front qui plus est. Malheureusement, on a le vent de face, et il est nettement plus fort qu’hier. Il fait aussi plus chaud et on est la plupart du temps en plein soleil. 

On fait une première petite pause peu avant 13h30, après 13km, et je mange mes oursons Haribo, puisqu’on n’a rien d’autre !

Peu avant 14h, après 18km, à Nisdorf, on avise une ravissante bâtisse qui s’avère être le bio hôtel Gut Nisdorf, qui s’affiche gay-friendly mais est surtout nanti d’un magnifique jardin où une table à l’ombre n’attend que nous. Cela dit, on n’y reste pas seuls longtemps puisqu’un autre couple de cyclistes vient rapidement nous y rejoindre. Un sandwich au fromage pour moi, une currywurst pour Philipp, une bière sans alcool pour chacun de nous, on remplit nos gourdes et on repart à 14h40, après encore avoir un peu bavardé avec le successeur du couple, un charmant monsieur à la chemise très bariolée.

On repart les batteries rechargées, toujours sur une magnifique route asphaltée. Mais on finit par perdre le balisage (disons plutôt qu’il est soudain absent) et on continue tout droit là où on aurait dû aller à gauche. Du coup, on arrive à Stralsund par un autre chemin, en logeant longtemps une route heureusement nantie d’une piste cyclable séparée, elle-même bordée d’un champ de curieuses plantes inconnues de moi.

Finalement il est 16h35 quand on arrive à notre appartement à Stralsund. « Appartement », il faut le dire vite, c’est plutôt une modeste chambrette, mais peu importe ! On a fait 41,6 km, mais on est presqu’aussi crevés qu’hier ! Il faut dire que le vent soufflait vraiment fort aujourd’hui. Stralsund a l’air magnifique, très verte, avec de nombreuses étendues d’eau et une vieille ville qui a l’air pleine de charme. On ne se sera à nouveau pas baignés aujourd’hui, mais on a bien l’intention d’aller découvrir la ville !

On repart manger à la Piazza, un restaurant italien comme son nom l’indique, et on s’installe en terrasse face a la Marienkirsche, sur le Neuer Markt, pour une pizza.

Puis on va encore se promener dans la vieille ville et jusqu’au port. C’est vraiment une très belle ville, pas une de ces villes musée où tout est beau et propre : une vraie ville qui vit, avec des coins charmants et d’autres plus délabrés, et un mélange de briques rouges (ce qu’évoquait Stralsund dans le souvenir de Philipp) et de maisons pastel. On découvre notamment le Radhaus, très spécial avec une sorte de halle, le Alter Markt où a lieu un concert, les anciens entrepôts de briques rouges au port, etc. 

Les petites maisons qui font face à notre logement

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