Jour 17 – 3 août : Władysławowo – Hel (41,2km)

On n’est pas pressés aujourd’hui, donc on a décidé de traîner un peu à Władysławowo, qu’on a traversé sous la pluie hier, avant de prendre la direction de Hel. Le phare et le port en tout cas semblent valoir la peine d’être vus. 

Je n’en ai pas encore parlé, mais on est depuis le début de ce voyage en Poméranie. Une région dont le nom remonte à mon enfance, puisque mon grand-père y a été emprisonné pendant la seconde guerre mondiale dans le fameux stalag IIB, à Hammerstein. Bien plus au sud donc, mais quand même…

Bref…

À nouveau, on est sans effort à 8h au petit-déjeuner après une nuit pas terrible pour moi, entre cauchemars, douleurs à l’épaule et hurlements (pas les miens) dans la nuit. 

Le temps est sec, mais il ne tarde pas à commencer à pleuvoir pendant qu’on déjeune. Les œufs brouillés sont au lard, zut ! À la place, je découvre le raifort, moins convaincue, même si dans un sandwich au fromage, ça passe finalement pas mal.

De notre balcon, on voit bien la presqu’île de Hel, vers laquelle on se met en route vers 9h35 après avoir un peu hésité : il y avait tellement de monde hier sur la route qui y mène, de véritables bouchons ! Et nous ne sommes pas sûrs de ne pas devoir faire la trentaine de kilomètres sur cette route hyper fréquentée. Après tout, on pourrait encore modifier nos plans, rester sur le continent et prendre un ferry à Gdynia jusqu’au village de Iel, situé à l’extrémité de Iel, où on a réservé notre logement pour la nuit.

Mais non, faisons ce qu’on a décidé, on verra bien ! 

On renonce au phare de Władysławowo, situé à 8km dans la direction opposée à celle qu’on doit prendre, mais on fait un crochet par le port, pas vraiment le petit port de plaisance plein de charme…

Nous voilà donc rapidement sur la piste cyclable balisée R10 qui nous mène sur (la presqu’île) et à Hel. Sur les premiers kilomètres, on a l’impression d’avoir débarqué à Tomorrowland : le long de la route se succèdent les campings fréquentés quasi exclusivement par une faune de jeunes « alternatifs » aux mines pas toujours très fraîches. On se demande un peu ce qu’on fait là, mais après quelques kilomètres, le paysage change radicalement, et on se retrouve sur une magnifique piste cyclable qui longe la mer (côté sud et continent). Est-ce la météo peu engageante ? Toujours est-il qu’il n’y a vraiment pas la foule qu’on craignait. 

On fait un premier arrêt à Chalupy, quelle paix soudain ! La mer est étale, parsemée de quelques frêles embarcations colorées. On est sous le charme et on profite de ce qu’on a tout le temps (on ne peut pas arriver avant 15h à notre logement) pour faire quelques autres petites pauses, ainsi que quelques détours, notamment par le port et l’église de Kuznica, puis l’église de Jastarnia. Comme il se met à pleuvoir, on s’arrête pour un cappuccino à l’Oranzeria, à Jastarnia,  après 24km, peu avant midi.

La mer, côté « large »

Puis on traverse la bande de terre, passant au-dessus de l’unique voie de chemin de fer qui relie Władysławowo à Hel, pour aller jeter un oeil à la mer, côté nord et « large » cette fois.

Ensuite, on ne tarde pas à changer radicalement de paysage pour emprunter une splendide piste cyclable longeant une forêt de pins. Ça monte et ça descend, ça tourne, et ça pendant 7 ou 8km, j’adore ! 

Quand je pense qu’on a envisagé de ne pas prendre cette route, qui est je crois ma préférée de tout ce voyage ! Et je crois que c’est aussi sur cette trentaine de kilomètres qu’on aura finalement le plus vu la mer Baltique !

On finit par arriver comme ça à Hel, où à 13h15 et après 39,6km, on prend le repas de midi au Hello, sur la digue (éh oui, il y a une digue, bondée de restaurants d’ailleurs). Soupe tomates pour Philipp, et pour moi un curieux plat composé de trois oeufs, des pommes de terre, des cornichons (que je ne mange pas) et … une tasse de babeurre.

Ensuite, on cherche l’endroit où acheter les tickets pour le ferry vers Gdansk. On finit par trouver, mais on ne peut acheter les tickets que le jour-même. Tant pis, il ne nous reste plus qu’à gagner notre logement du jour, situé Leśna 3a/1. 

Là, la surprise est totale: des deux côtés de la rue, des bâtiments datant de l’époque soviétique, à droite restés en l’état, à gauche un peu retapés. Notre appartement se situe dans celui de gauche, et pas de chance, le message en polonais qui m’a été envoyé (et que j’ai négligé de traduire hier…) stipule que je dois prévenir 40 min avant notre arrivée ! Enfin, on prévient, une gentille dame tout confuse arrive dix minutes plus tard et nous ouvre la porte de notre palace du jour : un appartement deux chambres qui nous ramène quarante ans en arrière ! Il y a tout ce qu’il faut, mais on se croirait dans Good bye Lenin !

C’est à la table de la cuisine que je m’installe pour écrire ma chronique, après quoi on part se balader à pied, d’abord vers le phare (où on s’offre une glace), puis vers le port et la rue commerçante pour un repérage des restaurants pour ce soir.

On finit par s’installer au Dorsz ´Spolka, et sitôt assis, on est interpelés par nos voisins de table, un couple de Polonais qui tient absolument à nous conseiller certains plats de la carte, ainsi qu’à nous indiquer qu’une soupe suffit largement pour deux. On n’a jamais vu Polonais aussi volubiles, et souriants avec ça ! Evidemment, ils ne parlent que polonais, mais ils se font comprendre et sont vraiment sympathiques. N’empêche, on ne suit pas leurs conseils, puisque Philipp prend une pizza, et moi un burger végétarien.

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