Jour 16 – 2 août : Wicko –  Władysławowo (84,2km)

Le petit-déjeuner est servi à partir de 8h. On est donc à 8h tapantes en bas. Il faut dire qu’aujourd’hui, c’est notre dernière longue étape du voyage.

La nuit a été moins bonne pour moi, essentiellement à cause d’un chien qui aboyait dans une chambre voisine. Quelle idée d’emmener son chien dans un palac s’il est bruyant, non mais !

Peut-être sent-il la présence des deux chats qui se baladent dans l’hôtel, l’un d’eux ayant d’ailleurs accompagné notre repas d’hier, couché à nos pieds ?

On retrouve d’ailleurs l’un des deux chats au petit-déjeuner, pour lequel nos hôtes ne sont visiblement pas prêts : la table du buffet est encore vide, et ils se dépêchent de la dresser. On mange de bon appétit, notamment les œufs brouillés qui sont devenus au fil du voyage un incontournable, puis on se met en route à 9h30.

Après 3km sur la nationale sans piste cyclable par laquelle on est arrivés hier, on atteint la route de Leba et sa magnifique piste cyclable. Et après 12,8km, on rejoint notre Eurovélo 10, et on s’arrête au Rossman pour racheter du lait anti-moustiques, car notre flacon est vide, et ces sales bestioles toujours bien présentes ! Il est 10h10, on a bien roulé, à une moyenne de 20,1 km/h !

Pendant que Philipp fait les achats, j’aide une dame dont le sac en papier contenant ses courses s’est déchiré, et qui veut donc le mettre dans un autre sac en papier avant de remonter sur son vélo avec ledit sac plein de courses sur son porte-bagages. Comme je ne comprends pas ce qu’elle me dit en polonais, elle passe à l’anglais (help me please). Tiens, elle parle donc anglais, alors que les (jeunes) serveuses de notre hôtel n’en parlaient pas un mot ?! Je suis peut-être suspicieuse, mais est-ce un hasard, ou les Polonais (ne) parlent-t-ils anglais (que) quand c’est vraiment nécessaire pour eux ?

On emprunte ensuite une route sinueuse et vallonnée, puis on se farcit un passage impossible par un chemin qui s’avère en plus une voie sans issue (mais qui risque d’être traversée par des vaches), et quand après avoir fait demi-tour, on rejoint la « bonne » route, ce n’est vraiment pas mieux : un vrai bac à sable !

Heureusement, ce passage pénible est largement compensé par la suite par une magnifique traversée de dunes plantées de pins sur des kilomètres, avec un revêtement suffisamment bon pour qu’on puisse en profiter. 

On roule comme ça jusqu’à 12h25, où on s’arrête après 39km pour manger dans une sorte de snack avec plage miniature à Lubiatowo. Au menu : soupe tomates pour chacun de nous, et frites pour moi. Et avec ça une bière sans alcool, au goût de baies noires pour moi.

On repart à 13h15, et on en a à nouveau pour des kilomètres de forêt : ça monte et ça descend, ça tourne, on n’a pas trop de problèmes de sable ou de nids de poules, j’adore ça mais c’est fatiguant pour les épaules !

À quelques reprises, on retrouve les deux cyclotouristes à sacoches jaunes déjà vus ce matin dans le bac à sable (aimables comme des portes de prison), ainsi qu’une dame au vélo chargé comme un baudet qui affiche qu’elle fait un « compassing tour ». Ça fait partie des petits plaisirs des voyages cyclistes, retrouver régulièrement les mêmes cyclotouristes, même si les interactions sont nulles.

Alors qu’on a déjà fait 70 km, à 15h15, voilà qu’il se met à pleuvoir et que le tonnerre gronde. On s’équipe et on continue, un peu déprimés quand même de constater un peu plus tard qu’il nous reste encore une dizaine de kilomètres à faire ! En plus, sur une piste cyclable longeant une route tout sauf plate, alors que notre énergie est proche de zéro. Et comble de frustration, même si cette route longe la mer, on ne l’aura pas vue une seule fois de la journée ! C’est d’ailleurs une des deux choses intéressantes que Philipp m’a dites aujourd’hui, l’autre étant qu’en ce 2 août, nous avons maintenant tous les deux passé plus de temps ensemble que l’un sans l’autre. Eh oui, ça fait 28 ans qu’on est ensemble, et il avait 28 ans, et moi 27, à l’époque !

Il a enfin cessé de pleuvoir quand on arrive enfin à Dom Wczasowy Grażyna, à Władysławowo, à 16h10 et après 84,2km ! Autant dire qu’on est fourbus.

Evidemment, il nous faut pourtant repartir, d’autant qu’on meurt de faim (rappelez-vous : une soupe tomate à midi, plus des frites pour moi). On consulte Google Maps, on trouve une pizzeria à 800m, on s’arme de courage et on se met en route, à pied et sous la pluie puisqu’il s’est remis à pleuvoir. 

À la place où devrait se trouver la pizzeria, il n’y a rien d’autre qu’une sorte de snack en plein air où on va se renseigner. Deux jeunes hommes charmants viennent à notre secours, et finissent par nous indiquer un très bon restaurant, la Tawerna Klipper. On décide d’aller là, et lorsqu’on y arrive, après deux bons kilomètres de marche donc, on se rend compte qu’on est passés devant en allant à la pizzeria fantôme, et que c’est à 400m de notre pension !

On y entre bien décidés à faire bombance et, pour ce qui me concerne, à faire une seconde entorse à mon régime végétarien si nécessaire, puisque c’est un restaurant de spécialités de poisson. 

Ce sera donc Mojito à l’apéro, suivi (en fait précédé car elle est arrivée avant notre apéritif !) d’un potage tomates, puis d’un morceau de saumon grillé pour moi (éh oui : je suis végétarienne parce que j’estime ne pas avoir besoin de manger des animaux pour me nourrir, mais là j’en avais besoin !) et une pièce de porc pour Philipp. C’était délicieux, on sort de là rassasiés et toujours bien fatigués, mais demain, c’est une toute petite étape qui va nous mener à Hel, tout au bout de la fine langue de terre qui pend dans la mer, sur la carte tout en haut de cet article. Ensuite, on prendra le bateau pour Gdansk. Autant dire que les performances cyclistes, c’est fini !

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