
On est à 8h au petit-déjeuner après une nuit pas terrible pour Philipp, qui se réveille le dos constellé de piqûres (de quoi ??).
Le petit-déjeuner est servi dans une sorte de salle de bal, qui nous fait nous demander quelle était l’affectation d’origine de cette grande bâtisse. Un hôtel ? On y occupe la chambre 1, la seule de tout l’étage qui soit occupée d’ailleurs.

C’est la mère de notre hôte (Damian) qui nous accueille, quittant pour l’occasion son fauteuil installé devant la télévision. Une femme assez spéciale, qui m’a considérablement énervée hier: elle est venue tambouriner à notre porte en pleine nuit (il devait être au moins 19h30 !) pour nous dire des choses évidemment incompréhensibles (elle ne parle que polonais). Comme on ne comprenait pas, elle m’a obligée à descendre avec elle dans la salle du petit-déjeuner pour me montrer la bouilloire et les boissons. Moi, je n’avais besoin de rien, mais elle n’avait pas l’air d’être disposée à accepter ça. Elle a fini par utiliser Google translate, puis faire mine d’appeler son fils, mais à force de « nie » j’ai fini par obtenir qu’elle me laisse remonter dans ma chambre. Ouf, bon débarras la vieille !
Enfin, elle est quand même sympa : on a eu un bon petit-déjeuner, avec des oeufs brouillés, du fromage, une salade de pâtes, plus évidemment des charcuteries, des saucisses, des tomates, des concombres, des radis, etc. Seul le café était assez infect (un vulgaire Nescafé).
On s’est mis en route à 9h20, non sans que la vieille nous ait encore collé dans les mains un petit pot de miel polonais, et on a repris sur 5km l’itinéraire qu’on avait fait hier pour arriver. En clair, ça veut dire qu’on s’est retapé le bon kilomètre d’horribles pavés, du genre qui vous fait rentrer les omoplates dans les oreilles, puis on a rejoint notre itinéraire.
Ensuite, on a roulé longtemps sur des pistes cyclables longeant des routes, ce n’est pas super joli mais au moins on avance bien, ce qui est précieux quand on a une longue étape, comme aujourd’hui, et on est épatés par l’infrastructure cyclable polonaise, mais aussi par le comportement courtois des automobilistes polonais !
On finit par rejoindre la côté et ses inévitables stations balnéaires, mais on traverse aussi de charmants villages, comme Darlowo, où passe la Wieprza. On est souvent frappés par l’architecture très hétéroclite : on identifie aisément les anciennes constructions communistes, qu’elles soient rénovées ou non, mais elles coexistent avec de très belles bâtisses plus anciennes, ainsi qu’avec des édifices résolument modernes. Quant aux églises, elles sont souvent très jolies.




À 11h25, on fait une pause baignade après avoir roulé 29,9km, à Darlowo-Darlowko. C’est rare de trouver une plage qui ne soit pas bondée, et celle-ci est merveilleusement peu fréquentée, on n’hésite donc pas ! Il y a longtemps que les Strandkörbe ont disparu, on n’en a vu que pendant les premiers kilomètres après la frontière allemande. La mer est agitée, curieusement peu salée, et la baignade nous fait un bien fou !



On repart vers 12h10, pour un tronçon difficile mais magnifique le long de la mer : une étroite piste cyclable dont des segments sont ensablés, ce qui nécessite parfois de descendre de vélo quand on ne roule pas en VTT, mais en vélo de randonnée bien chargé.


Ensuite, on a droit pour nous consoler à un tronçon européen nickel ! On s’arrête au premier établissement qu’on trouve, à 12h45, après avoir fait 37,4km depuis ce matin. Pour Philipp, ce sera une soupe tomate-croûtons, et pour moi des crêpes épinards et fêta.



On repart à 13h50, avec un plan pour le soir : comme on est de nouveau loin d’un restaurant, mais qu’on bénéficie d’un logement avec frigo et jardin, on décide d’aller s’acheter de quoi faire un petit repas sommaire « chez nous ». Le Carrefour Express de Jaroslawiec nous fournit ce dont on a besoin.

On poursuit notre route, avec un éventail de revêtements très diversifié, un passage près d’un impressionnant champ d’éoliennes, puis une route importante longée par une piste cyclable aux allures d’autoroute, et vers 16h30 on arrive à Wodnica dans notre logement du soir, qui s’avère être une petite maison dans le jardin d’un particulier. Un cadre idéal pour notre repas du soir !




Notre hôte est très sympa, mais ne parle que polonais. Qu’à cela ne tienne, on s’en sort. Et quelques chips, olives (moi), charcuterie, olive et fromage (Philipp) plus loin, ça va encore mieux ! On sirote notre bière au jardin en préparant un peu la journée de demain, car une nouvelle longue étape nous attend.

Ah et puis j’allais oublier : on a vu des cigognes, aujourd’hui ! Elle est pas belle, la vie ?
