Jour 13 – 30 juillet :  Kołobrzeg – Karnieszewice (60 km)

On se lève à 7h, avec un objectif clair : aller nager ! Nous sommes en effet dans un hôtel avec piscine, et la dernière fois que ça nous est arrivé, on n’en a même pas profité. Hier, à nouveau, on n’a pas eu l’occasion d’y aller, alors comme elle est accessible à partir de 7h, on a décidé qu’on irait ce matin.

Et quelle bonne idée on a eue ! La piscine est en effet située au 5e étage, ce qui signifie sur le toit et en plein air. Bon, elle n’est pas très grande, mais on y est seuls avec vue sur la cime des arbres.

Ensuite, petit-déjeuner. J’ai découvert avec un peu de retard le coin où étaient rassemblés toutes les composantes possibles d’un petit-déjeuner sucré, mais cela dit, je me fais assez bien aux œufs brouillés et à ce fromage d’ici qui ressemble à de la fêta, mais n’a aucun goût… Quant à Philipp, j’aurais dû photographier son assiette !

On se met en route à 9h20 après s’être enduits soigneusement de crème solaire, car le soleil tape déjà bien !

Sitôt quitté Kołobrzeg (ce qui arrive vite, puisque notre hôtel est situé à l’est de la ville), on entame un trajet magnifique le long de la mer, sur une piste cyclable qui nous permet d’être attentifs à autre chose qu’elle : le bruit des vagues sur notre gauche, la lumière dans les arbres, etc. Cette idylle n’est interrompue que par les traversées de cités balnéaires, toutes semblables et toutes aussi laides. Non pas qu’elles soient réellement laides, mais elles se ressemblent toutes : partout les mêmes stands proposant l’insertion de fausses mèches colorées dans les cheveux, les mêmes petits trains touristiques, les mêmes échoppes de bracelets en coquillages et de bouées en forme de dauphin, les mêmes vendeurs de gaufres, de kebabs et de glaces… Et puis ce monde ! Chaque fois, quel soulagement de quitter cette cohue et de retrouver le calme de la forêt, sans transition aucune. Il n’y a pas d’entre-deux en effet, c’est soit la vulgarité criarde des stations balnéaires, soit le silence et la beauté de la nature.

Après une dizaine de kilomètres, on cafouille un peu à cause d’un panneau manifestement mal placé qui nous fait rentrer dans les terres alors qu’on aurait dû continuer le long de la mer. Pas grave, on retrouve vite notre route, et peu avant 11h on fait un premier petit arrêt pour boire et voir la plage. On a déjà fait 26km ! Il faut dire qu’avec ce revêtement nickel, on avance bien (à la notable exception d’un tronçon qui traverse un énorme chantier immobilier, qui nous fait rouler dans la poussière pendant quelques centaines de mètres).

Après quelques kilomètres encore, on entame le tour d’un lac sur une piste étroite dont le revêtement nous ralentit, et on s’arrête un peu avant 12h après 39km pour manger une pizza (une seule pour deux, Philipp ayant bien mangé ce matin !) au restaurant Nautilus, à Mielno.

On repart ensuite à 12h50. On est en fait sur une étroite bande de terre, avec le lac à notre droite et la mer à notre gauche. On décide donc d’abandonner le tour du lac pour passer côté mer, sur une route qui nous permet d’avancer plus rapidement et surtout met nos épaules moins à l’épreuve. De plus, on caresse vaguement l’idée d’aller se baigner dans la mer, mais finalement on renonce, car il fait couvert et plus si chaud que ça, du coup ! 

Pour une fois, notre logement ne se trouve pas sur le trajet de l’Eurovélo, on doit donc dévier de notre itinéraire pour y arriver. On traverse des paysages plus campagnards, un peu plus vallonés aussi, et il est 14h25 quand on arrive 60 km à la Dom Gościnny Liść Dębu, à Karnieszewice. On se trompe d’abord de maison, s’arrêtant devant le 42 plutôt que le 42A. Mais le 42A est clairement plus engageant comme chambre d’hôtes ! On est accueillis par le propriétaire et sa mère, qui nous préparera le petit-déjeuner demain matin.

Le seul problème est que la maison est très isolée, le premier restaurant est à 3km. Aura-t-on le courage d’aller jusque là ?

Eh bien oui, on l’a eu ! On s’est remis en route un peu après 17h, et on a été immédiatement interceptés par nos hôtes : la mère voulait absolument nous recommander d’aller voir l’arboretum tout proche, et son fils trouvait visiblement cette suggestion idiote. Selon lui, il valait mieux aller manger tout de suite, car sinon il n’y aurait plus rien ! Question resto, il faut dire qu’on n’a pas vraiment l’embarras du choix, puisqu’il n’y en a qu’un – mais paraît-il, on y mange très bien. On est donc allés à ce fameux Bar 6, à 4km de notre pension. On a un peu cafouillé car une nouvelle autoroute a visiblement été construite récemment le long de la route au bord de laquelle se trouve le Bar 6, mais finalement on y est arrivés. Ça vous a un petit air de Bagdad Café : un resto de routiers, qui ne paie pas de mine, avec une dame derrière son comptoir qui prend vos commandes sans un sourire (mais ça, c’est assez commun en Pologne : les gens sont gentils, serviables, tout ce qu’on veut, mais pas souriants pour un sou ! Ne dit-on pas d’ailleurs « triste comme toute la Pologne » ? Eh bien maintenant, on sait pourquoi.)

Miraculeusement, dans la liste de plats aux noms plus incompréhensibles les uns que les autres (mais la patronne a fini par nous sortir un menu en allemand, ouf !), il y avait des ravioles aux champignons ! Philipp, quant à lui, a choisi une goulasch, et on est allés s’installer à l’arrière, dans un charmant jardinet. Parce que oui, le bar de routiers dispose d’un petit jardin avec des fleurs, une vigne, des jeux pour enfants, etc. Et on a fort bien mangé.

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