
On se lève avant 7h après une très bonne nuit. On prend un copieux petit-déjeuner (quand même, faut pas pousser !) et on se met en route pour la ville la plus proche, Greifswald. Car je ne vous ai pas encore tout dit, rayon emmerdes : hier, Philipp s’est aperçu que la fixation d’une de ses sacoches de vélo était partiellement détachée. Ben oui, après trois jours où j’ai donné de ma personne avec une abnégation hors norme pour nous concocter de délicieuses matinées à gérer des problèmes techniques, c’était un peu son tour ! Et avec la créativité qu’on lui connaît, il a trouvé un nouveau filon : les sacoches ! Ça, on ne l’avait encore jamais fait… Il ne reste plus que deux points de fixation opérationnels sur les trois, sans doute à causes des multiples secousses endurées ces derniers jours. Notre premier objectif ce matin est donc de trouver où acheter une sacoche de remplacement, et heureusement, il y a plusieurs magasins d’articles de sport à Greifswald.

On se met en route à 8h25, et pour éviter les chocs, on décide de prendre la grand-route plutôt que la petite route pavée qui la longe. Mal nous en prend : en 500 m, on se fait klaxonner deux fois, on comprend qu’on n’est décidément pas les bienvenus sur cette route et on se résigne donc à prendre la route pavée qui nous est infligée pendant 8 bons kilomètres avant que l’Union européenne s’en mêle et nous propose à la place une magnifique piste goudronnée. Après 15 km, à 9h25, on arrive à un immense centre commercial. Mais pas de sacoches dignes de ce nom, on repart donc vers un premier réparateur, qui s’avère en vacances. Pas de bol… On repart donc vers une deuxième adresse, à un bon kilomètre de là, et alléluia : à 10h30, 21 km après notre départ de l’hôtel, Philipp trouve enfin son bonheur, et en profite même pour s’acheter un nouveau casque. Mais pas moyen de payer par carte, il doit donc encore aller chercher du liquide à un distributeur avant qu’on puisse enfin quitter Greifswald pour de bon à 11h25.

On roule ensuite d’un bon pas, on traverse un très joli petit village avec un port et plein de terrasses, mais il est encore un peu tôt pour s’arrêter. La route est facile aujourd’hui, on pédale d’un bon train et les revêtements sont généralement bons.

Un peu avant 12h30, on se fait rincer par une grosse averse et on finit par s’abriter en attendant que ça se calme, puis on repart.
Peu avant 13h, on s’arrête pour manger à la pension Boddenblick, à l’entrée de Gahlkow, après 43 km. La route était très jolie et agréable jusqu’ici, avec un passage dans les bois un peu plus sportif à cause de passages boueux, mais rien d’insurmontable.

On repart peu avant 14h. Et une heure plus tard, après avoir parcouru 60 km tout pile, on est à notre Hotel Leuchtfeuer, à Freest. On a une chambre très spacieuse au premier étage de cet hôtel au style chalet suisse. On y a même un balcon où on peut mettre sécher notre linge du jour (y compris pour moi celui d’hier, qui n’était pas sec ce matin et que j’avais laissé pendre à mes sacoches pour qu’il sèche, sauf qu’il a plu…)

C’est notre dernier logement dans un fief au nom prononçable avant longtemps, puisque demain nous passons en Pologne !

On repart se balader à pied vers le port. On prend d’abord une voie sans issue qui longe une partie du port réservée aux pêcheurs, et quand on arrive au bout et s’aperçoit qu’on va devoir faire demi-tour, un gars qui est dans son jardin nous propose de passer par son jardin pour rejoindre la route ! Ce qu’on accepte évidemment. On fait le tour du port et de l’offre horeca (du poisson, toujours du poisson), on va voir la mer, puis on prend un verre dans un Biergarten, Zum Leuchtturn.




Ensuite on se dirige vers le seul restaurant un peu convenable, An der Waterkant, où on s’installe en terrasse car à l’intérieur tout est plein. On y mange fort bien, mais impossible de respecter mon régime végétarien : pour la première fois en plus de dix ans, je me résigne donc à une entorse et commande du « seelachs » (je découvre plus tard qu’il s’agit de lieu noir ou colin d’Alaska) après mon camembert. Et évidemment, on essuie une une grosse averse pendant notre repas ! Mais tout est bien qui finit bien, on a bien mangé, on a bien bu, on a la peau du ventre bien tendue – et on est prêts à affronter la gastronomie polonaise !


