
La journée commence bien : à part un réveil dû aux démangeaisons des piqûres de moustiques, on a vraiment bien dormi !
On va chercher nos vélos et prendre le petit-déjeuner à la Bäckerei Horn, à quelques encablures de notre hôtel et pour nettement moins cher. J’en profite pour vérifier mes pneus, un peu traumatisée par l’expérience d’hier : ils sont intacts, ouf. Car aujourd’hui, on a une longue étape, donc pas de temps à perdre ! Il fait ensoleillé et déjà chaud.

On passe chercher des sous à un distributeur automatique, car il y a beaucoup d’endroits où l’on peut pas payer par carte, puis on monte rechercher nos bagages dans notre chambre, et on s’en va à 9h20 après avoir regardé la carte et repéré un ferry à Glewitz, au sud de l’île qui nous évite de repasser par Stralsund pour rejoindre le continent. C’est décidé, on va faire ça ! Aucune raison de repasser par Stralsund si on peut l’éviter.

On part en direction de Binz, à 4 km, et on fait un petit détour pour aller voir la digue, qui est ravissante avec toutes ses maisons de bois blanc avec des terrasses ajourées. Puis on quitte Binz par le Ostseeradweg, rejoignant pour cela un magnifique lac.

Tout va pour le mieux, sauf que… j’ai été un peu optimiste concernant mon pneu avant : on a à peine fait 5km qu’il me semble qu’il est un peu trop dégonflé. On continue donc avec ce pneu faiblard jusqu’à Sellin, mais je suis ralentie car même dans les descentes, je n’ose pas aller trop vite, car j’ai moins de contrôle sur les freins et la direction.
À l’entrée de Sellin, Philipp « taquine l’indigène », comme il dit, et ledit indigène nous indique un réparateur pas loin. On y arrive après avoir fait 16km, mais pas de chance : c’est un réparateur qui ne répare pas – en fait c’est un loueur de vélos, et il est seul avec plein de clients. Par contre, il nous prête son compresseur pour qu’on puisse regonfler mon pneu et repartir jusqu’à un autre réparateur qu’il nous indique, à Baabe. On chipote un peu pour le trouver, mais, lui, par chance, répare ! Il est 11h10, on a fait 19 km, mais en s’éloignant fameusement du trajet prévu, car le balisage est très différent de l’itinéraire qu’on a téléchargé sur Komoot. Or, on suit le balisage, d’autant que parfois le chemin qu’on devrait prendre selon Komoot n’existe tout simplement pas.



Le réparateur remplace ma chambre à air par celle que Philipp avait avec lui, et à 11h30 on se remet en route… et on a à peine fait 200 m que mon pneu est complètement plat ! Retour donc au réparateur, à pied pour moi.
Le réparateur est un esprit scientifique : même s’il a un nouveau pneu et une nouvelle chambre à air adaptées à mon vélo (c’était pas gagné car les modèles allemands ne sont pas les mêmes que les nôtres), il cherche quand même à savoir d’où vient la fuite et finit par trouver un minuscule clou planté dans mon pneu. Clou qu’il ne parvient pas à enlever, il remplace donc le pneu aussi et on repart à 12h10.
À 12h55, après 31 km, on s’arrête pour un petit repas de midi (frites pour moi, currywurst pour Philipp) après un itinéraire tout à fait charmant qui nous fait passer au bord d’un lac, avec des revêtements tout à fait convenables et des paysages magnifiques. Et qu’est-ce que c’est bon de rouler avec un pneu bien gonflé !

On repart à 13h30 en s’accordant pour trouver que c’est notre plus belle journée, question paysages et « confort de roulage ».
Difficile de résumer la suite en détails, mais ça c’est un peu gâté. On a pris une route au lieu d’une autre, du coup après Putbus, on est allés jusqu’à Bergen, ce qui nous éloignait fameusement de notre ferry – mais on n’avait pas le choix, on était dans une forêt, sur une piste à peine praticable, on n’allait certainement pas faire demi-tour !

À 16h, après 68 km, on est enfin arrivés au ferry à Glewitz. On a eu des pistes cyclables tellement horribles (leur spécialité dans la région étant les grandes dalles de béton inégales et non rejointoiées comportant de grands trous placés en quinconce, de telle sorte qu’il est à peu près impossible de les éviter) que finalement on a décidé de rester sur la route pendant les 10 ou 15 derniers kilomètres, sans plus s’embarrasser de l’itinéraire cyclable – cyclable mon oeil !
On quitte donc Rügen sur le ferry de 16h30 sans état d’âme particulier, si ce n’est une grosse fatigue. Après ces trois jours d’île, on est impatients de poursuivre vers l’Est, et la Pologne n’est plus très loin !
Notre logement non plus d’ailleurs, heureusement. Aussi, après une traversée qui dure 15 minutes, on arrive à la Haus Überland à 17h10, après 73,5 km.

C’est très mignon, mais il n’y a de nouveau aucun restaurant dans les environs, et personne à la pension à qui on pourrait mendier une simple tartine au fromage. Quand au distributeur de boissons dans l’entrée, il ne fonctionne qu’avec des pièces, et on n’a plus de monnaie ! Il y a bien trois livreurs de pizza, mais aucun ne livre « chez nous », on est trop loin…
Heureusement, d’autres pensionnaires que Philipp aborde peuvent nous échanger 10€ en monnaie. On aura donc à boire pour accompagner nos crasses !
On s’installe donc au jardin dans une Strandkörbe avec notre bière et nos crasses… jusqu’à ce qu’il commence à pleuvoir !
