Jour 5 – 22 juillet : Schaprode – Polchow

On est à 7h30 au petit-déjeuner, comme prévu. Il pleut toujours, les canards qui se baladent dans les jardins de la pension sont contents, nous moins. 

On se met en route un peu avant neuf heures, sous la pluie évidemment.

Après 8 km sous une pluie battante, et sur des pistes cyclables qui n’en méritent pas le nom, on arrive à 9h40 au ferry qui va nous amener sur la presqu’île de Wittow. On embarque juste à temps avant qu’il entame la traversée ! 

Le ciel est bas et lourd comme dans une chanson de Brel. On fait une petite pause à Wiek, devant un restaurant du port où un ancien étudiant de Philipp a travaillé. Mais tout est encore fermé à cette heure : les quelques établissements devant lesquels on passe n’ouvrent qu’à midi ou même dans l’après-midi. 

Apres 27,5 km, toujours sous une pluie battante, on s’arrête au port de Breege au café Zaf’s. Il est 11h et vu la météo, on a renoncé à notre itinéraire initial (70km probablement en partie sur des chemins pleins de flaques, voire complètement inondés), sans pour autant opter non plus pour le trajet le plus court entre les deux logements : notre idée est en effet de privilégier les routes asphaltées, donc d’aller de village en village. Du coup, on avance à un bon rythme, le seul problème étant qu’on ne peut pas arriver avant 16h à notre pension du soir ! 

Tant qu’on roule, la pluie n’est finalement pas trop désagréable, mais on est absolument trempés quand on arrive au café, et à en juger par nos doigts, on croirait qu’on est resté trop longtemps dans notre bain ! Aux grands maux, les grands remèdes : mon essuie de plage aura au moins servi à nous sécher un peu, et je change de dessus, le mien étant trempé. À la réflexion, je change aussi de dessous d’ailleurs, puisque notre plan se précise et qu’on semble partis pour rester ici jusqu’à 15h, histoire de se donner une chance de partir au sec et de pouvoir accéder à notre chambre en arrivant. On s’installe donc pour un temps, on s’offre des œufs sur le plat, et pour Philipp une soupe finnoise, de poisson donc évidemment. Ensuite, je poursuis, avec Philipp, la lecture (pour la 5e fois) de La Plaisanterie, ce chef d’œuvre de Milan Kundera qui me parle tellement en ces temps troublés. 

Personnellement, j’aurais bien profité de la première accalmie pour repartir et faire encore quelques kilomètres pour nous rapprocher de notre destination, mais Philipp préfère rester ici et faire ensuite d’une traite les derniers kilomètres en étant sûrs d’arriver à une heure où on pourra accéder à notre chambre. De toute manière, on est encore loin d’un temps sec ! De plus, un coup de fil à notre pension nous permet de savoir qu’on n’est pas les bienvenus avant 16h. On prend donc notre mal en patience, sans connexion internet mais avec Kundera, ce qui n’est finalement pas plus mal !

On repart donc vers 15h, et il est 16h30 quand on arrive à Polchow, à la pension Lemke, après 45km. Nous sommes à présent sur la presqu’île de Jasmund. 

La dernière partie de notre trajet était très belle : d’abord des kilomètres de piste cyclable longeant une forêt de pins, juste assez vallonnée pour ne pas être monotone, puis une autre piste cyclable sillonnant entre deux étendues d’eau, pile au moment où le soleil pointait enfin le bout de son nez, et enfin, après un tronçon le long d’une route, une piste cyclable nettement plus vallonnée qui nous mène du château de Spycker jusqu’à un sommet. Ensuite, il n’y a plus qu’à se laisser descendre jusqu’à la pension !

Seule ombre au tableau de cette fin de journée, une chute de Philipp, qui a vainement tenté de passer dans l’étroit espace entre le bas-côté et un casse-vitesse. Mains il s’en tire avec un genou écorché. 

Notre hôte est assez bizarre, je dois dire, et si Philipp le trouve très gentil tout en lui reconnaissant un côté un peu rustre d’insulaire (ouh le vilain préjugé raciste !), je n’arrive pas à le trouver autre chose que « malaisant », comme diraient les enfants. D’une extrême lenteur, semblant toujours oublier ce qu’il vient de faire ou ce qu’il doit encore nous dire (c’est pourtant pas compliqué : dire bonjour, s’enquérir de notre identité, vérifier qu’on a payé, nous donner la clé et nous indiquer le chemin de notre chambre), faisant des commentaires sur mon physique de Néerlandaise (?), …

Par contre, on a une belle suite, composée d’un petit salon, d’une chambre et d’une salle-de-bains, qu’on s’empresse d’utiliser (ah ! Une bonne douche chaude après toute cette pluie) après avoir mis nos affaires trempées à sécher.

Concernant l’itinéraire, on commence à être bien rodés : Philipp nous guide sur l’essentiel du trajet grâce à l’itinéraire Komoot qu’on a préparé et qui suit le Ostseeradweg, et moi je prépare chaque jour l’itinéraire le plus court, de logement à logement. Ça nous permet, quand on approche de notre destination, de basculer d’un itinéraire à l’autre; je prends alors le relais pour nous amener à notre étape.

Le repas du soir s’avère par contre compromis : la pension fait bien restaurant, mais pas le mardi soir, outre le fait qu’elle ne propose rien de végétarien. Et les restaurants les plus proches sont à 2-3 km,  ce qui n’est pas énorme mais Philipp n’est pas du tout motivé par la perspective de se faire encore doucher à l’aller et/ou au retour, et le ciel reste menaçant. Comme une bouteille de rosé nous a accueillis et qu’on a nos noix, on se résout donc à un deuxième repas frugal ce soir, avec pour consolation, hormis le fait de rester au chaud et au sec, la poursuite de la lecture de Kundera…

Et puis finalement, il y avait grand soleil ce soir …

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