
On s’éveille vers 7h après une bonne nuit. On s’amuse au petit-déjeuner à observer l’ordre d’arrivée des résidents : nous sommes les premiers avec la chambre 1, puis arrive la chambre 2, on se dit « Tiens, c’est l’Allemagne : on arrive dans l’ordre ! ». Mais ensuite arrivent la 4, puis la 5 (qui forme un groupe cycliste avec la 4). Et l’inquiétude monte, teintée d’agacement : où restent les occupants de la 3, et de quel droit bafouent-ils ainsi le bel ordre germanique ? Les derniers arrivés occasionnent un fou rire chez moi, car on n’arrive pas à entendre quel est leur numéro de chambre. Philipp dit alors (pas assez fort pour qu’ils l’entendent évidemment) : « bitte noch einmal » (pourriez-vous répéter ?). Et j’explose d’un rire totalement décalé dans l’ambiance feutrée du petit-déjeuner.


On est prêt à partir un peu avant neuf heures, mais nos plans sont un peu compromis par le fait que mon pneu arrière est plat. Et en plus, on est dimanche ! On regonfle rapidement, découvre qu’il semble y avoir un loueur de vélo ouvert au port, à proximité donc, et on y va, Philipp à vélo, et moi à pied en poussant mon vélo, pour ne pas risquer d’endommager la roue.

Malheureusement, le réparateur repéré sur Google Maps n’existe en réalité pas encore ! Nous voilà donc bien ennuyés, d’autant que réparer la roue arrière, c’est nettement plus compliqué que la roue avant. On se souvient cependant qu’on a une assurance Touring qui nous couvre même à l’étranger. Le plus compliqué étant de prouver à la charmante personne – en fait ni charmante ni très efficace – qu’on a en ligne que oui, on est bien affiliés, de trouver tous les renseignements qu’elle nous demande (et qui ne lui permettent curieusement pas de trouver notre dossier), jusqu’à qu’on s’aperçoive que j’ai oublié de renouveler notre assurance… qui cela dit n’arrivait à échéance que le 13 juillet. On n’a donc qu’une semaine de retard, je fais le payement en direct et tout finit par s’arranger : on nous envoie un dépanneur d’ici une heure ou deux. On prend donc notre mal en patience et de mon côté, j’en profite pour écrire ma chronique hebdomadaire pour Marianne : comme ça, au moins, quand on arrivera à notre étape, je n’aurai plus à m’occuper de ça, et si le temps continue à être aussi ensoleillé, on pourra même peut-être se baigner ! Notre étape du jour n’est heureusement pas très longue : une bonne quarantaine de kilomètres seulement.


L’attente s’éternise, tous les passants ou presque s’arrêtent pour proposer leur aide, une charmante jeune dame à vélo tractant son enfant dans une remorque nous propose même de nous amener une boisson fraîche… mais moi, c’est surtout d’évacuer ma boisson que j’ai besoin ! Heureusement, elle habite à deux pas et je l’accompagne donc jusque chez elle pour satisfaire ce pressant besoin. Entre-temps, il est midi et toujours pas de réparateur en vue !
Mais à 12h05, il arrive enfin, ouf ! Il n’y a qu’un petit trou dans la chambre à air, il place donc une rustine (autocollante, on n’arrête pas le progrès) puis regonfle très gentiment les deux pneus de mon vélo et contrôle ceux de Philipp.

Avec tout ça, il est 12h30 quand on se met enfin en route ! Moi qui déteste ne pas avoir fait une bonne partie de notre trajet le matin, c’est encore raté !
Sitôt partis, on traverse un paysage bien vallonné, puis on arrive à la mer (un de ses bras a tout le moins), qu’on longe sur une magnifique piste cyclable asphaltée, assez large pour rouler de front qui plus est. Malheureusement, on a le vent de face, et il est nettement plus fort qu’hier. Il fait aussi plus chaud et on est la plupart du temps en plein soleil.



On fait une première petite pause peu avant 13h30, après 13km, et je mange mes oursons Haribo, puisqu’on n’a rien d’autre !
Peu avant 14h, après 18km, à Nisdorf, on avise une ravissante bâtisse qui s’avère être le bio hôtel Gut Nisdorf, qui s’affiche gay-friendly mais est surtout nanti d’un magnifique jardin où une table à l’ombre n’attend que nous. Cela dit, on n’y reste pas seuls longtemps puisqu’un autre couple de cyclistes vient rapidement nous y rejoindre. Un sandwich au fromage pour moi, une currywurst pour Philipp, une bière sans alcool pour chacun de nous, on remplit nos gourdes et on repart à 14h40, après encore avoir un peu bavardé avec le successeur du couple, un charmant monsieur à la chemise très bariolée.

On repart les batteries rechargées, toujours sur une magnifique route asphaltée. Mais on finit par perdre le balisage (disons plutôt qu’il est soudain absent) et on continue tout droit là où on aurait dû aller à gauche. Du coup, on arrive à Stralsund par un autre chemin, en logeant longtemps une route heureusement nantie d’une piste cyclable séparée, elle-même bordée d’un champ de curieuses plantes inconnues de moi.



Finalement il est 16h35 quand on arrive à notre appartement à Stralsund. « Appartement », il faut le dire vite, c’est plutôt une modeste chambrette, mais peu importe ! On a fait 41,6 km, mais on est presqu’aussi crevés qu’hier ! Il faut dire que le vent soufflait vraiment fort aujourd’hui. Stralsund a l’air magnifique, très verte, avec de nombreuses étendues d’eau et une vieille ville qui a l’air pleine de charme. On ne se sera à nouveau pas baignés aujourd’hui, mais on a bien l’intention d’aller découvrir la ville !

On repart manger à la Piazza, un restaurant italien comme son nom l’indique, et on s’installe en terrasse face a la Marienkirsche, sur le Neuer Markt, pour une pizza.


Puis on va encore se promener dans la vieille ville et jusqu’au port. C’est vraiment une très belle ville, pas une de ces villes musée où tout est beau et propre : une vraie ville qui vit, avec des coins charmants et d’autres plus délabrés, et un mélange de briques rouges (ce qu’évoquait Stralsund dans le souvenir de Philipp) et de maisons pastel. On découvre notamment le Radhaus, très spécial avec une sorte de halle, le Alter Markt où a lieu un concert, les anciens entrepôts de briques rouges au port, etc.






