Jour 16 et jour 17 :  Rostock – Münster – Bruxelles

Notre plan est clair, bien pensé, et surtout, nous permet de rentrer à Bruxelles tranquillement, sans multiplier exagérément le nombre de trains par jour, et en profitant encore de notre dernière étape pour voir une jolie ville. On a donc arrêté notre choix sur Münster, ce qui nous permet de ne prendre que deux trains le premier jour : Rostock – Hamburg et Hamburg – Münster, histoire d’arriver à Münster vers 15h. J’ai déjà repéré un lac où on pourrait aller se baigner, et évidemment, on compte bien s’offrir un petit resto le soir !

Je dors donc peinarde jusqu’à 8h, puis on s’offre un copieux petit-déjeuner censé nous tenir lieu aussi de repas de midi, et on file à la gare, juste à côté de l’hôtel. Évidemment, l’ascenseur, qui hier fonctionnait parfaitement, est en panne. C’est donc parti pour descendre nos vélos et nos bagages par l’escalier, excellent pour le dos de Philipp (et pour le mien accessoirement).

Notre premier train nous mène comme prévu jusqu’à Hambourg. Et là, les ennuis commencent : notre second ICE (Hamburg – Münster) est annulé ! Qu’à cela ne tienne : on décide de bricoler une solution alternative en prenant des trains régionaux, avec comme première destination Bremen (Brême). Mais le premier train pour Bremen est également annulé ! Plutôt que de prendre le suivant, celui de 14h15, qui sera évidemment bondé, on décide de monter dans l’ICE suivant pour Münster, celui de 14h46… (alors qu’on devait normalement arriver vers cette heure-là à Münster !). Après tout, nos billets Hamburg – Münster mentionnent qu’ils sont valables sur n’importe quel ICE ce jour-là. Mais l’heure prévue de cet ICE ne cesse d’être reportée, de 10 ou de 15 minutes chaque fois, ce qui nous oblige à rester sur le quai (heureusement qu’on a bien mangé le matin ! et il arrive finalement à 16h16… alors qu’on venait de l’annoncer comme supprimé et qu’on s’apprêtait donc à changer de quai en espérant avoir celui de 16h45 ! 

On finit par quitter Hamburg à 16h34, dans un train qui apparaît sur l’application Deutsche Bahn comme officiellement supprimé !

On croit que nos ennuis sont terminés, mais non : la contrôleuse arrive, l’air sévère, et demande à qui sont ces vélos. A nous, évidemment, puisqu’elle a déjà contrôlé les autres cyclistes…  Or, elle ne prétend pas nous laisser voyager avec des vélos pour lesquels on n’a pas de réservation. On a beau lui dire qu’on a une réservation pour nous ET pour nos vélos, mais que notre ICE a été annulé, ainsi qu’un train régional, qu’on a attendu plus de trois heures sur le quai à Hamburg et qu’on doit absolument être à Münster ce soir, elle ne veut rien entendre : au prochain arrêt, à Hamburg-Harburg, si nous ne descendons pas, le train ne redémarre pas ! Philipp perd un peu patience, les gens du compartiment sont adorables, partagent notre indignation et tentent de l’infléchir, mais rien à faire. On ne va pas punir tout un train, qui a déjà près de 2 heures de retard sur son horaire, on descend donc, furieux. Comme on est dans la première voiture, juste derrière le conducteur, il vient gentiment nous expliquer que la contrôleuse a raison, que s’il a un contrôle il aura des ennuis… MAIS ILS PEUVENT PAS PLUTOT CONTROLER LA PONCTUALITE ET LA CIRCULATION DE LEURS TRAINS, BORDEL, AU LIEU D’EMM… LES VOYAGEURS ?

Notre ICE qui repart sans nous…

Bref, on s’est fait jeter du train. On respire un grand coup et on va au guichet d’information voir ce qu’on peut faire maintenant. Là, le préposé commence par nous affirmer que le train que nous aurions dû prendre à Hamburg n’a en fait pas été supprimé ! Grandiose… Enfin, il nous aide quand même à trouver une connexion qui nous permette d’arriver à Münster… passé 21h et avec 3 trains régionaux différents ! D’abord celui de 17h26 jusqu’à Bremen, puis celui de 19h14 jusqu’à Osnabrück, et enfin celui de je ne sais plus quelle heure qui nous amène enfin à  Münster à 21h22 ! L’hôtel est juste à côté de la gare, mais on doit encore amener nos vélos à un parking tout proche ( tour à tour, l’autre gardant les bagages), bref il est 22h passé quand on est enfin dans notre chambre !

Je ne vous parlerai évidemment pas de la ville de Münster ni d’un quelconque resto : on s’est acheté une crasse à Osnabrück et on n’a vu de Münster que son hôtel et son parking pour vélos – qu’on vous recommande chaleureusement, d’ailleurs !

Le lendemain, c’est en voyageurs largement avertis contre la Deutsche Bahn qu’on se met en route : il faut dire que ça fait bien deux semaines qu’on a appris que notre premier train (Münster – Köln) était supprimé, puis que finalement pas, puis que si en fait, etc. Dans le doute sur l’existence réelle de ce train, on est donc directement passés au plan B, et au lieu de tabler sur un très hypothétique train vers 10h30, on est à la gare vers 8h, et on monte dans le premier train pour Cologne. Pas de bol : le train s’arrête finalement à Wuppertal : pour une mystérieuse raison, il ne va finalement pas plus loin, mais pas de panique : il y a un autre train pour Cologne à 10h13, nous dit-on fort obligeamment.

Sauf que ce train est deux fois plus petit que celui qu’on quitte, et évidemment bondé puisque tout le monde s’y précipite. Nous, on doit changer de quai avec nos vélos (par les escaliers, puisqu’il n’y a pas d’ascenseur à la gare de Wuppertal), donc enlever les sacoches, descendre les sacoches, descendre les vélos, remonter les sacoches, remonter les vélos, remettre les sacoches, … Quand on est enfin devant le train, il est plein comme un oeuf. On attend donc celui de 10h43 pour Aachen, qui est extraordinairement quasi vide et à l’heure.

Ensuite, tout se passe comme sur des roulettes:  à Aachen on prend le train de 13h43 pour Liège, dont on descend à Welkenraedt pour prendre notre train de 14h25 pour Bruxelles. On est à 16h à Bruxelles Midi, et de là, on rentre à vélo à la maison.

Et toutes ces mésaventures nous ont bien motivés à ne plus utiliser la Deutsche Bahn. D’ailleurs, finalement, louer une camionnette ne s’avère pas plus cher, et est certainement infiniment moins stressant que de compter sur un service aussi calamiteux !

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