
Difficile de résumer pareil voyage… Comme chaque fois, le début paraît déjà si loin !
Je retiens cependant quelques petites choses que je vous livre pêle-mêle :
- le contraste saisissant entre deux pays (le Danemark et l’Allemagne), mais aussi, dans une moindre mesure certes, entre les anciennes Allemagne de l’Ouest et de l’Est. En gros, les paysages danois très peu peuplés, une manière danoise de profiter de la plage ou plus généralement de la vie d’une manière très simple (ni transats ni Strandkörbe, mais aussi très peu de cafés ou restaurants, et ceux-ci généralement très « sans chichi », burgers ou pizzas. Le contraste est donc saisissant avec l’Allemagne de l’Ouest, beaucoup plus peuplée, avec de nombreux villes et villages, de l’horeca à foison, des stations balnéaires très « côte belge » (les Strandkörbe en plus et les grands immeubles en moins !) qui côtoient des petites plages « sauvages » à la danoise. Passer à l’Est, c’est retrouver un peu de cette atmosphère danoise, avec à nouveau davantage d’espaces naturels exempts d’habitations, une tradition culinaire spécifique aussi, conservée depuis l’époque de la RDA.
- l’absence quasi totale de touristes non germanophones dans la partie allemande : on a croisé quelques Suisses, peut-être l’un ou l’autre Autrichien, mais on n’a jamais entendu parler autre chose qu’allemand pendant cette partie du voyage. Manifestement, l’Allemagne n’est pas (encore ?) devenue une destination touristique courue. Sans doute est-ce lié à la fois à son histoire et au fait qu’on l’imagine comme trop proche pour être vraiment dépaysante.
- la profusion de plus en plus grande de randonneurs cyclistes en vélo électrique. Ce qui engendre des contrastes amusants entre « musculaires » en tenue légère et électriques bien emmitouflés, ne pouvant ainsi cacher qu’ils ne font pas beaucoup d’effort physique !
- l’omniprésence, le long de la Baltique, d’écoles et de plages de surf. Et le grand nombre de gibier aperçu au fil de ce voyage – chevreuils ou biches, je ne sais pas, mais en tout cas, on en a vu un paquet !
- on a eu beaucoup de chance avec le temps : peu de pluie, pas de vent trop violent, et le seul pont horrible qu’on aurait du prendre était en rénovation, donc remplacé par une navette en autocar ! Et pas la moindre crevaison, ni le moindre pépin mécanique !
- le balisage, tant au Danemark qu’en Allemagne, n’est pas terrible : pas question de faire comme je l’ai fait avec la Maasroute de Liège à Rotterdam, en me contentant de suivre les panneaux…
Sinon, on peut résumer ce voyage en quelques chiffres : on a finalement fait 839 kilomètres depuis notre départ de l’hôtel Gammel Havn à Fredericia jusqu’à notre arrivée à l’hôtel Intercity de Rostock (sans compter donc les petits trajets supplémentaires). Et ce, en 12 jours de vélo, soit une moyenne de près de 70km par jour.
En termes de dénivelé, ça fait 3790m de montée, et 3760m de descente ! C’est plus que l’an dernier, où nous avions parcouru 659 km (717,7 km en comptant les petits suppléments) et 2710 mètres de dénivelés, et que l’année précédente, où de Cuxhaven à Grenå, en trois semaines et 1321 kilomètres, nous n’avions eu « que » 2480 mètres de dénivelé.


Mes coups de coeur :
au Danemark, j’ai toujours une affection particulière pour Fredericia, adorable petite ville, et de manière générale pour leurs églises et leurs boîtes-aux-lettres !
en Allemagne, j’ai particulièrement apprécié Eckernförde, l’île de Fehmarn et la ville de Wismar. Et il y a deux hôtels où je me verrais bien séjourner plus longuement : le Landhotel de Wittenbeck et, plus encore, le Ostseehotel de Hunhoi (Niesgrau) !

Et la suite ?
Moi qui, au départ, avais clairement exprimé le désir de ne plus passer autant de temps à rejoindre notre point de départ, donc de ne pas poursuivre l’Eurovélo 10 au-delà de Rostock, j’ai bien envie de pousser jusqu’à la Pologne quand même, finalement, et en particulier jusqu’à Gdansk, dont je n’ai entendu que du bien. Mais il se peut que nous changions de mode de transport, dégoûtés par la Deutsche Bahn, et louions une voiture pour aller jusqu’à notre point de départ, et idem pour revenir de notre point d’arrivée…