Je m’éveille un peu avant 7h, Philipp une vingtaine de minutes plus tard. On prend un bon petit-déjeuner, seulement perturbé par mon incapacité à utiliser correctement l’appareil fournissant du café (ça, ça va !) mais aussi de l’eau chaude : par deux fois, je me retrouve avec de l’eau bouillante partout au sol, ce satané flux ne s’arrêtant pas. En fait, je sélectionne non pas la tasse d’eau, mais la carafe, ce qui explique…
On fait le check-out (enfin Philipp : vu nos compétences respectives, c’est lui qui se charge généralement des contacts en danois avec les indigènes : il fait ça très bien, les Danois apprécient et ça se voit, donc Philipp est heureux. Et moi, pendant ce temps, je fait un truc que je fais super bien : surveiller les vélos).

Bref, on se met en route un peu après neuf heures. Il fait gris mais la température est agréable et le vent ne souffle pas trop fort. Cette fois, on suit l’itinéraire balisé n°8. Le trajet est vraiment très beau, mais à nouveau assez valloné, et plusieurs panneaux nous indiquent qu’on est de nouveau sur le parcours du Tour de France (étape 3, qu’ils disent. Mais qu’est ce que le Tour de France vient f… au Danemark ??) ! D’ailleurs quelques belles côtes en témoignent. Mais ça donne de magnifiques vue sur le fjord, ou la mer, je ne sais pas très bien ce que c’est, mais c’est très beau !



On finit par descendre et rejoindre une magnifique petite plage, mais juste après (c’est chaque fois pareil, ces Danois sont vicieux !), on entame une remontée de la mort qui tue par un petit sentier de gravier tellement escarpé qu’on finit par renoncer à le gravir sur nos vélos. C’est évidemment le moment idéal que choisissent des armées de moustiques et/ou de taons pour nous attaquer. Vite, fuyons !


On arrive à Aabenraa par un magnifique petit chemin relativement potable (mais où je vois mal un peloton du Tour de France passer, cela dit) dans un sous-bois.

Il est 11h25, on a fait 33km, il est temps de faire une petite pause au bord d’une plage qui n’est pas très jolie, mais d’où on a quand même une belle vue sur l’horizon.


Ensuite, évidemment, ça remonte sec ! Enfin, on se fait les mollets, et les paysages continuent à être magnifiques. De là-haut, on a une belle vue sur la plage qu’on vient de quitter, avec à l’avant-plan des vaches qui nous regardent en mâchouillant mollement.

Et puis, ce qui est chouette, c’est que quand on monte, forcément on finit par redescendre, et là on peut s’en donner à cœur joie ! Et à part quelques passages un peu scabreux, c’est quand même souvent de belles routes de macadam.
N’empêche qu’après 45km, on fatigue, qu’on commence à avoir faim, et qu’on est tout contents de voir enfin un ravissant petit étang doté d’un petit banc qui fera parfaitement l’affaire pour notre pique-nique frugal, puisqu’on n’a rien d’autre que des biscuits et des noix.


On repart ensuite pleins d’un entrain renouvelé, et à 13h35, après 57km, on arrive au ferry qu’on doit prendre pour rejoindre Nordborg et notre hôtel du jour. Depuis notre pause repas, le trajet a été nettement plus agréable, autrement dit moins valloné ! Et pendant la traversée, qui dure environ 15 min, le soleil perce enfin les nuages !


Une fois sur l’île, on pourrait croire que ça va être plus plat, mais pas du tout, c’est reparti pour les montagnes russes !



On arrive peu avant 15h à l’hôtel Nordborg Sø, qui comme sont nom l’indique (pour peu qu’on possède quelques rudiments de danois évidemment), est au bord d’un lac. On a une chambre très spacieuse au rez-de-chaussée, et même une petite terrasse terrasse privative où on peut laisser nos vélos. C’est Byzance !




Comme il est tôt, on a le temps de faire un peu de lessive en plus de nos écritures habituelles.
Notre impression des années précédentes à propos du Danemark ne se dément pas : c’est un pays très peu peuplé (l’essentiel des Danois vivent à Copenhague) et on peut y rouler très longtemps sans croiser autre chose qu’une grosse ferme isolée ou un petit hameau. Quand on fait ses courses, on n’a pas intérêt à avoir oublié le pain !
Hier, j’ai lu une blague qui disait à peu près ceci « Une femme dit à son mari : je vais chez la voisine, j’en ai pour 5 minutes. N’oublie pas de retourner le rôti toutes les demi-heures ». Eh bien au Danemark, si on remplace « j’en ai pour », par « je ne reste que », ça ne fera rire strictement personne !
Après un petit repos bien mérité, on repart à pied le long du lac vers le centre, à 2km, où il y a trois restaurants… mais le premier est un asiatique très « cantine », le dernier est un grill (plutôt pas) reste donc au milieu une pizzeria encore plus cantine que l’asiatique : le Nordborg pizza, aussi italien et danois que moi… On fait contre mauvaise fortune bon coeur et on s’installe dans cet infâme boui-boui, qui ne sert en plus que des cannettes de soda !


Mais du coup, au retour, on s’installe à la terrasse du restaurant asiatique, qui fait aussi glacier et dont la terrasse est franchement extra. Un petit verre de vin blanc pour bien terminer la soirée, puis retour à l’hôtel !


Bonne nuit les amis !
