On s’éveille tôt après une nuit convenable, et donc on est au petit-déjeuner avant 7h, sans forcer. Heureusement qu’il est servi dès 6h30, parce qu’on est impatients de se mettre en route !
Nos vélos, qu’on a dû laisser dehors cette nuit, sont toujours là, ouf ! L’an dernier, on avait pu les rentrer dans une salle de jeu, mais à mon avis cette fois-ci il y a trop de cyclistes, à en juger par le nombre de vélos.

Il est 8h20 quand on se met en route. Les premiers kilomètres ne sont pas très bucoliques, mais on est la plupart du temps sur des pistes cyclables séparées de la chaussée, donc ça va. On est très contents de trouver facilement le balisage de l’itinéraire n°5, qu’on suit avec enthousiasme, jusqu’au moment où on arrive à un carrefour, sous un impressionnant pont de chemin de fer, où le balisage indique qu’on doit soit prendre un bac, soit retourner d’où on vient (selon le sens dans lequel on suit la route n°5), et c’est à ce moment-là qu’on comprend qu’en fait on ne devait pas suivre le 5, mais le 6 ! Heureusement, on n’a fait que quelques kilomètres avant de s’en rendre compte…



On longe ensuite le fjord pendant un bon paquet de kilomètres, et malheureusement, ça signifie emprunter une nationale assez fréquentée, qui monte et qui descend tout le temps, avec une très étroite piste cyclable sur le côté. Pas très drôle ! Heureusement, on a de temps en temps une vue magnifique sur le fjord. Et évidemment, on voit des drapeaux danois, de ravissantes petites églises, d’adorables maisons aux toits de chaume, etc.


On fait un premier arrêt à Kolding, après une trentaine de kilomètres donc, le long d’une petite rivière un peu à l’écart de notre itinéraire. On vient d’essuyer une belle averse, pas très longtemps après nous être consciencieusement enduits de crème solaire parce que ça tapait dur !

Un coup d’oeil sur la carte nous apprend qu’on a encore au moins 60 ou 70 km à parcourir si on conserve notre itinéraire de départ (le fameux 5). On pourrait prendre le 8, qui est plus court, mais plus à l’intérieur des terres. Soyons fous, et prenons le 5, on verra bien ! On le regrette amèrement quelques minutes plus tard, quand on se retrouve sur un horrible chemin de gravier qui tourne, qui monte et qui descend, nous obligeant à plusieurs reprises à pousser nos vélos. Au moment où on va renoncer et rejoindre l’itinéraire 8, cet horrible chemin fait place à une belle route goudronnée et toute plate. Du coup, on continue ! Pendant quelques temps, on reste sur cette magnifique route, et puis rebelote : on rentre dans une superbe forêt, mais à nouveau peu cyclable, avec des ornières rendues glissantes par les pluies récentes. Cela dit, c’est quand même moins impraticable que ce qu’on a fait avant, et en plus c’est vraiment très beau. Puis on retrouve à nouveau une route goudronnée et relativement plate, qu’on suit jusqu’à une plage qui est indiquée depuis longtemps et où on espère trouver de quoi manger et boire. Mais en fait de plage, c’est surtout une minuscule bande de sable fin qui remplace purement et simplement la piste cyclable, ce qui nous force à pousser nos vélos dans le sable – un supplice, surtout avec des vélos chargés ! On dirait que la piste cyclable s’est effondrée par endroits, mais le paysage est magnifique, on a de l’eau tout autour de nous et il n’y a pas un chat ! Ça nous change des trains… Il est 12h20, et on a fait un peu plus de 50 km !



Quelques kilomètres plus loin, on finit par trouver enfin un endroit où se sustenter, en l’occurrence le Binderup Restaurant. Je passe commande dans un danois visiblement assez convainquant, et du coup la serveuse me demande, pleine d’admiration, d’où on vient et si on parle danois, et là… bardaf, c’est l’embardée : je suis bien incapable de lui répondre en danois, et passe donc à l’anglais !



L’endroit est vraiment agréable, au bord d’une petite plage où, comme il fait plus de 15 degrés, quelques personnes se prélassent en maillot ou marchent sur l’eau – c’est en tout cas l’impression qu’elles donnent, tant l’eau est peu profonde sur plusieurs dizaines de mètres.
On repart un peu avant 14h, après avoir mangé un délicieux plat de pâtes aux légumes bien épicé et sans fromage – il faut dire que c’est un restaurant iranien.
La suite du parcours nous réserve encore quelques surprises, et surtout quelques revêtement peu cyclables. Chacun de notre côté, nous échafaudons des hypothèses. Celles de Philipp sont que (a) ceux qui conçoivent les itinéraires cyclables n’ont jamais fait de vélo ou (b) les autorités danoises détournent honteusement les subsides de l’Union européenne, qu’ils reçoivent pourtant pour faire des itinéraires cyclables praticables par les randonneurs. La mienne est que ces itinéraires ont été conçus récemment, donc principalement pour les vélos électriques et les gravel, deux types de vélos qui semblent à la mode ces derniers temps.
On essuie encore quelques gouttes, et en plus on a le vent contre, et il souffle assez fort. Mais on garde le moral, ou plus exactement Philipp ronchonne, et moi je tente comme je peux de le dérider. Mais on avance bien, surtout qu’on finit par retrouver une magnifique route goudronnée et déserte où on avance à vive allure. Jusqu’au moment où on doit se taper une fameuse côte, dont on découvre au sommet qu’elle fait partie du Tour de France !


Du coup, quand on s’arrête après 72km devant un adorable poulain, on est plus qu’à 19 km de Haderslev, notre destination du jour. Après toutes ces montées, on est convaincus que les derniers kilomètres seront une grande descente très chouette, mais en fait pas du tout : on continue à monter encore, à prendre des petits chemins très étroits avec des cailloux, et ce n’est vraiment qu’à la toute fin de notre trajet qu’on rejoint le niveau du fjord. On est heureux d’arriver à notre hôtel, un Danhostel, cette chaîne d’hôtel bon marché qu’on a découverte l’an dernier.




Il est 16h40 et on est bien fatigués !
On finit quand même par trouver l’énergie de repartir à pied vers le centre-ville, et on s’offre une pizza au restaurant Firenze.




Ensuite, retour à l’hôtel avec un passage par le Netto (supermarché danois bon marché) pour acheter que quoi grignoter demain si d’aventure on ne trouvait pas d’endroit où manger quelque chose d’un peu « sérieux » à midi. C’est que le Danemark, on commence à connaître : c’est magnifique, mais pas vraiment très peuplé, et encore moins peuplé en horeca…


Bonne nuit !