Jour 4 : Åstrup – Fredericia (81 km)

Disons-le tout de suite : ceux qui disent que le Danemark, c’est plat, devraient être obligés de venir pédaler le long de l’itinéraire cyclable (ou prétendument tel) numéro 5.

Je viens donc de vivre la pire journée cycliste de ma vie.

Pourtant, ça commençait bien : à peine levée, j’étais récompensée de mes premiers pas matinaux sur la terrasse par la vue d’un cerf au loin ! 

Peu après 7h, Nina et Jørgen nous ont servi le petit-déjeuner, et on en a profité pour se préparer des sandwiches pour midi. C’est vraiment un couple charmant, très sympathique, qui nous a d’ailleurs finalement ramené des pizzas hier soir, car le restaurant à smørrebrød avait trop de monde à servir pour pouvoir nous en préparer.

Le chien, Toby, nous a tenu compagnie, on a encore un peu fait la conversation avec l’autre dame qui logeait là, et qui habite Grenå, et on s’est mis en route à 8h30. D’abord à pied pour les 500 premiers mètres, car le Skovlyset’s B&B a comme principal défaut d’être absolument inaccessible à vélo, sauf peut-être en VTT. Et puis, pleins d’enthousiasme, on est montés sur nos vélos pour prendre la route vers Juelsminde. Une route comme les autres, sinueuse et vallonée, qui nous a mené après 8 km à la mer. Mais on n’a fait que l’apercevoir, hélas, avant de repartir de plus belle. On a fini par rejoindre brièvement la mer quelques kilomètres plus loin, et puis on a eu notre première côte atroce. Arrivés tout en haut, alors qu’on espérait une descente en pente douce vers la mer sur une belle route asphaltée, on a dû subir un chemin de graviers épouvantable. Ça descendait, en effet, mais le revêtement était tel qu’il était parfois impossible de rester sur nos vélos. Après deux ou trois kilomètres comme ça, on a donc décidé de faire notre première infidélité au trajet prévu et de rejoindre la grande route et sa piste cyclable – une pure merveille, un lacet de bitume absolument magnifique !

Malheureusement, on a fini par être obligés de la quitter, pour la simple raison que la piste cyclable ne continuait pas. Naïfs comme on est, on s’est dit qu’on pouvait rejoindre la mer, maintenant que les plus grosses côtes avaient l’air d’être derrière nous. (Oui, ça n’a pas l’air très logique, mais le problème est que la côte est tout sauf plate, par ici. Autrement dit, la longer – quand c’est possible – c’est être assurés de monter et de descendre tout le temps).

Alors certes, c’était beau. Mais personne de sensé n’appellerait ça un itinéraire cycliste. En fait, c’est à peine si, par endroits, c’était un itinéraire piéton ! J’imagine qu’il y a des adeptes du VTT qui prennent leur pied sur ce genre de sentier, mais il faudrait enfermer celui qui a eu l’idée de commettre pareil itinéraire balisé sans prévoir un avertissement et, tant qu’il y était, une alternative pour ceux qui préfèrent rester en vie.

Bref, avec tout ça, on n’avançait pas bien vite, devant par moments descendre de vélo et le pousser (ou le retenir, selon la direction de la pente) parfois sur une centaine de mètres. Et donc, quand on s’est enfin arrêtés pour manger, peu après midi, on n’avait fait que 45 km et on était crevés.

Après une petite heure de pause sur une adorable petite plage munie de bancs de pique-nique, on était un peu reboostés, mais pas assez pour ce qui nous attendait…

De fameuses montées, sur route cette fois, avant la descente sur Vejle…

Ensuite, un petit répit, mais pas très long, où on a longé le fjord sur un chemin un peu convenable, puis sur la route, et puis le pire : le Munkebjerg, un sommet – rien que ça ! – avec des pentes de 15%, le genre de truc qui monte et qui tourne tout le temps, sans piste cyclable, ce qui veut dire que pendant que toi tu sues sang et haut en première vitesse (ou quand ça ne va vraiment plus, en poussant ton vélo), des voitures te dépassent d’une manière qui n’a parfois rien de rassurant. L’horreur ! 

On a fini par arriver en haut, et on a décidé que ça suffisait comme ça, les fjords, les petites plages, les barques, les sentiers de randonnée, ras-le-bol ! On a rejoint la route principale la plus proche, et de là Fredericia, au plus vite. On est arrivés à l’hôtel Gammel Havn peu avant 16h, hôtel qui est juste en face de l’endroit où on a bu un verre l’année passée entre deux trains. Du coup, on a commencé par s’arrêter là évidemment, d’autant que le nom de l’hôtel est écrit en tout grand sur la façade ! Mais non, c’est en face ! Allez comprendre…

Le soir, on fait un petit tour des environs, constate que j’ai le choix entre un burger végétarien, un burger végétarien et un burger végétarien, et on opte donc pour le un burger végétarien du café Vivaldi, à la décoration assez sympa.

Puis, on va faire un dernier petit tour au port avant un gros dodo bien mérité !

Ah oui, on voit déjà de loin le pont qu’on prendra demain pour rejoindre notre étape suivante : Odense !

Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire