Dès potron-minet, le ciel est bien dégagé et le soleil brille. Avant même le petit-déjeuner, on peut donc admirer ce qu’on surnommait hier entre nous le « château d’If » de Rønde, et qui est en fait le château de Kalø : un château en ruines situé sur une presqu’île reliée à la terre par une chaussée de 500 m. Nous sommes d’ailleurs passés devant le début de cette digue hier – il y avait des vaches et beaucoup de marcheurs.

Ce château faisait partie d’un ensemble de quatre forteresses identiques du Jutland construites à partir de 1313 par le roi Eric VI, dans un but pas très sympa puisqu’il s’agissait de contrôler les rebellions de nobles et paysans locaux, et que ce sont ceux-là même qu’il s’agissait de mater qui ont dû édifier le château ! Plus tard, au 15è siècle, le château de Kalø est devenu prison d’Etat, avant d’être détruit en 1662. Ses matériaux ont servi à la construction du palais de Charlottenbourg, qui était alors le palais privé du roi Ulrik Frederik Gyldenløve. Aujourd’hui le château est détenu et protégé par l’État danois, et il a été incorporé en 2009 au parc national de Mols Bjerge.
(Merci Wikipédia… maintenant, on peut aller déjeuner l’esprit serein !)
… Ce qu’on fait donc, tout en admirant encore la magnifique vue sur la baie, avant de régler nos suppléments (le prix de la chambre ne comprenant ni la location de draps et d’essuies, ni le petit-déjeuner) et de se mettre en route vers 9h, sous un ciel fameusement plus nuageux qu’à notre réveil, et surtout un fort vent de face !
On aurait pu penser que, notre itinéraire du jour longeant la côte, ce serait assez plat, mais finalement non : ça serpente et monte et descend de nouveau pas mal, en tout cas pendant les 20 premiers kilomètres, d’abord sur une magnifique route, ensuite pendant deux bons kilomètres sur un assez mauvais chemin de terre et de gravier – ravissant itinéraire au demeurant, mais quand on roule sur ce genre de revêtements, c’est malheureusement difficile de profiter du paysage, tant on doit se concentrer sur ce sur quoi on s’apprête à poser sa roue !

On fait une mini-pause à la marina de Egå, histoire de satisfaire un petit besoin naturel. Le temps est toujours bien gris, avec de temps en temps quelques gouttes de pluie qui nous font craindre la grosse averse, mais heureusement rien de tel ne se passe et nous échappons aux multiples changements de tenue qui ont parsemé notre trajet d’hier.
Les dix derniers kilomètres sont très agréables, sur une très belle piste cyclable qui longe à la fois le chemin de fer et la mer, et nous amène jusqu’aux premiers bâtiments du port. C’est une vraie joie pour moi de revoir la première image d’Aarhus que j’ai eue en arrivant ici l’été dernier, en train.

Qui dit longer la mer, dit plages. Et en effet, on en voit plusieurs, toujours charmantes et évidemment fort peu peuplées. C’est qu’il ne fait pas bien chaud…
Les plages sont étonnantes ici, par rapport à ce dont nous avons l’habitude : en fait, c’est de la pelouse, avec juste quelques mètres de sable dont on se demande s’il a été mis là exprès pour faire plus vrai ou s’il y est naturellement.

Nous arrivons à notre hôtel, le Wake Up, à 11h40, après 32,64 km. Situé un peu en hauteur (décidément !), il est moderne et fonctionnel, mais nous devons payer un supplément pour bénéficier d’une chambre plus grande où nous pourrons entreposer nos vélos, car il n’y a pas d’autre endroit où les laisser ! Il y a bien un parking, mais il est inexplicablement réservé aux voitures… Bref, ils ne perdent pas le nord !
Le temps de s’installer un peu, de repartir en flânant et en s’extasiant, mais sans vraiment trouver d’endroit sympa où manger, il est 14h quand on reçoit notre burger végétarien, qu’on a fini par dénicher au Cross Café (Åboulevarden 66), une ruelle de ce quartier piétonnier qui longe le Aarhus Å, et où se trouve aussi le centre commercial d’Aarhus. C’est vraiment un endroit adorable ! On s’installe en terrasse, on commande, la serveuse nous demande de payer tout de suite, et quand c’est fait, nous annonce qu’il y a environ une demi-heure d’attente ! Bon, finalement, ce sera un peu moins, heureusement…

Une fois rassasiés, on repart se balader dans la ville, faire quelques petits achats « snacks » en prévision de la longue étape de demain, puis se poser près du Dock 1, le premier endroit où nous sommes allés l’an dernier en quittant la gare, et qui symbolise à lui seul tout ce que j’aime dans cette ville dont je suis décidément amoureuse : la proximité de l’eau, les grands espaces, l’architecture ultra-moderne qui côtoie des bâtiments parfois très anciens pleins de charme, enfin la ville, mais tranquille, sereine, apaisante même.
Ce soir, on a réservé une table au restaurant Lepagnol, non loin de l’hôtel. On a bien marché – et un peu pédalé aussi ! -, et demain, il s’agit d’être en forme : on a une centaine de kilomètres à faire jusqu’à l’étape suivante, fini de rigoler ! Et en plus, il semble bien qu’on aura le vent de face, à nouveau…
Oserais-je dire que par contre, ça devrait être assez plat ?

Allez, encore quelques photos, juste pour le plaisir…









