La première chose qu’on remarque en se levant, c’est qu’il tombe des cordes ! Mais il faut quand même bien se mettre en route, surtout que notre B&B, contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, ne propose pas de petit-déjeuner… On roule donc jusqu’au supermarché Netto, où on s’achète de quoi grignoter, puis jusqu’au port, où on attend à la terrasse (couverte) du resto Skakkes Holm que la pluie se calme. Du coup, quand on se met enfin vraiment en route à 9h40, on n’a même pas fait 5 km !

On emprunte l’itinéraire balisé n°5, qu’on suivra jusqu’à Fredericia, et c’est vraiment une route magnifique : sinueuse, vallonnée, où alternent des paysages de champs de blé, des pinèdes, des forêts… La région est comme dans notre souvenir, très peu habitée, mais très proprette, contrairement à la côté ouest, qui nous avait semblé plus pauvre.
On doit malheureusement s’arrêter souvent pour adapter notre tenue au temps extrêmement variable : et vas-y que j’enlève une couche, voire deux, que je mets mes lunettes ! Et vas-y que je remets une couche, et puis finalement le vêtement de pluie aussi ! Ah zut, j’ai oublié d’enlever mes lunettes ! Ah tiens, il ne pleut plus… Allez, on enlève une couche !

Par deux fois, on doit même s’arrêter tellement il pleut, et s’abriter en attendant la fin de l’averse. La deuxième fois, à Balle, ce sont même des trombes d’eau qui tombent, à tel point que la chaussée est complètement inondée ! Et comme le vent, que jusque là on avait dans le dos, est tout-à-fait tombé, ce satané nuage ne bouge pas ! Pendant de longues minutes, on se trouve même au sec devant l’épicerie où on s’est abrités, tout en voyant la pluie tomber bien dru dans une flaque à 20 mètres de nous. L’avantage, c’est que ça donne des lumières et des cieux magnifiques !

Même si j’ai vidé un paquet de biscuits au chocolat ce matin en guise de petit-déjeuner, il commence à faire faim, et comme d’habitude l’an dernier, on peine à trouver un endroit où s’arrêter, ne serait-ce que pour manger nos noix… Finalement, à 13h10, on avise enfin le camping Ebeltoft de Dråby. On a fait près de 40 km, et on décide de s’offrir une glace. Philipp craque pour un truc qui a l’air bien dégueu, moi pour un sage Magnum noisette, mais comme le truc bien dégueu s’avère être une glace à l’anis, on échange !
Puis on repart, et soudain, alors que la route descend en sinuant… la mer ! Le spectacle est d’autant plus magique qu’on ne s’y attendait pas du tout. Dommage qu’avec la mer vienne la pluie, encore une fois !


Scruter les nuages, tenter de comprendre d’où vient le vent, qui semble tourner sans cesse, parier sur nos chances de nous faufiler entre deux gros nuages, ça a son charme, mais ça fatigue. Aussi ai-je l’idée géniale, alors qu’on passe devant la brasserie Molskroen du Strandhotellet, de faire une pause (une vraie, car celle de Dråby n’a duré qu’un quart d’heure : on a vu un gros nuage arriver, et on s’est empressés de partir avant qu’il nous rattrape) histoire de prendre une boisson chaude et de laisser passer l’averse qui s’annonce… Averse qui commence finalement juste quand on quitte l’établissement !
Qu’à cela ne tienne : il nous reste une quinzaine de kilomètres, s’il le faut on les fera sous la pluie, mais on commence à avoir envie d’arriver à l’hôtel, d’autant qu’il offre une magnifique vue sur mer. Je me prends à rêver d’une baignade en fin de journée : l’eau est claire, vraiment tentante, et avec un rayon de soleil, c’est tout-à-fait possible !

On reprend donc la route, d’abord via une piste cyclable le long de la côte, puis, lorsqu’on s’en éloigne, à nouveau sur des routes qui sinuent, montent et descendent, ce qui donne des points de vue imprenables sur la baie et la mer argentée.

Mais arrivés à Rønde, il devient de plus en plus clair qu’on monte et s’éloigne du rivage. Le Danhostel, plutôt une sorte d’auberge de jeunesse, est en réalité situé sur les hauteurs ! On aura mérité notre vue sur mer ! Il est 16h quand on arrive, après avoir parcouru 59 km. Et finalement, sur ce dernier tronçon, il n’est pas tombé une goutte !
En fait, Rønde, c’est un peu comme Grenå, en tout cas les deux villes ont en commun que le centre est assez éloigné du rivage.
On est quand même bien fatigués après cette première journée de vélo ! Il faut dire qu’on n’a pas été gâtés, ni côté météo, ni côté relief. On est donc à 18h au café Laurits, dans la Hovedgaden, où ils servent un burger végétarien. Ce sera notre menu du soir ! Après quoi, on fait nos écritures sur la terrasse, en profitant de la vue sur la mer, évidemment !



Demain, étape courte jusqu’à Aarhus, ce dont je me réjouis doublement !
