Une semaine après notre retour, le moment est venu de mettre par écrit ce qu’on pourrait appeler un bilan ou un épilogue à ce voyage.
Après une semaine d’Allemagne (pays relativement familier, où nous avions déjà voyagé à vélo plusieurs fois), le Danemark fut une arrivée en terra incognita. Aussi, c’est surtout de ce pays que je parlerai ici. On s’attendait, Scandinavie oblige, à ce que le coût de la vie y soit élevé, et l’expérience nous a donné tort, sauf peut-être pour les hébergements, où nous avons, pour un budget similaire, logé « moins bien » au Danemark qu’en Allemagne : plus de B&B, de pensions ou de « campings améliorés », nettement moins d’hôtels.
Mais surtout, ce que je retiens du Danemark, c’est…
Les drapeaux danois partout, bien sûr. Sur les maisons, le long des routes, sur des cailloux peints, etc.



En parlant de cailloux peints, l’omniprésence de cailloux : sur les routes soi-disant cyclables, sur les chemins d’accès aux maisons, en tant que (parfois énormes) supports aux numéros de rue ou nom des habitants, à l’entrée d’un chemin privé, en tant que stèles dans les cimetières, et puis évidemment en tant que supports artistiques pour des peintres amateurs qui exposent (vendent ?) ensuite leur production le long des routes. Nous n’avons cependant plus vu de vendeurs de cailloux peints sur la côte est, peut-être parce qu’elle est plus prospère que la côte ouest ?





Toujours au niveau du « décor », les éoliennes, évidemment. Par centaines, en véritables champs, et vu le vent qu’on a connu, on ne s’étonne pas de leur présence.

Le Danemark, ce sont aussi ces chalets en bois, généralement peints en noir, mais plus encore les petites barrières en bois blanc qui délimitent souvent les propriétés. Et puis les églises, bien sûr, tellement différentes des nôtres, tellement semblables entre elles aussi, ce qui me les rend d’ailleurs sympathiques : comme si le but, ici, était uniquement de fournir aux fidèles un endroit où se rassembler, sans que personne ne songe à jouer à « qui a la plus grande »… Quant aux moulins, moins nombreux qu’aux Pays-Bas, ils sont aussi assez différents, avec un sommet en forme de bulbe assez curieux et charmant.







Je ne conseillerais pas le Danemark (ou en tout cas le Jutland) aux gastronomes, et certainement pas s’ils sont végétariens. Nous avons été frappé par le peu de diversité de l’offre en matière d’Horéca, et surtout en matière de restauration : le « fish and chips » est omniprésent, et on trouve assez facilement une pizza ou un hamburger, mais au-delà de ça, c’est nettement plus hasardeux. C’est certainement différent dans les grandes villes, mais il y a peu de grandes villes au Danemark, justement !
Le Danemark n’est pas non plus un pays de noctambules, en tout cas pour ce qui est du repas du soir, car s’il est extrêmement simple de trouver à manger un repas du soir à 16h30, c’est nettement plus compliqué après 20h…


Deux grands points positifs pour terminer : d’abord, la gentillesse des Danois, et l’atmosphère de confiance qui règne : les portes sont souvent ouvertes, on peut laisser son vélo devant un magasin sans crainte le temps d’une course (il paraît que les locaux y laissent même parfois leur bébé, mais nous n’avions pas de bébé pour tester…), et nous nous sommes même vus prêter sa voiture par notre hôte, un soir où il pleuvait à verse, et où il n’a pas voulu nous laisser repartir à pied au restaurant. Plus généralement, nous avons été frappé par la relative « froideur » des Danois lorsqu’ils n’ont rien de particulier à dire, mais également par le fait que plusieurs d’ente eux sont venus spontanément nous parler, parfois longuement, lorsqu’ils pensaient pouvoir nous aider.


Ensuite, l’espace. C’est un petit pays, mais l’un des moins peuplé du monde, avec ses 136 personnes par km2 (et 101/km2 pour le Jutland). D’où une impression d’espace omniprésente. On peut rouler pendant des kilomètres, parfois même des dizaines de kilomètres, sans apercevoir autre chose qu’une maison isolée, mais pas le moindre village, commerce, etc.



La grande question pour terminer : et ensuite ?
On ne poursuivra pas selon notre idée de départ, en continuant la North Sea Cycle Route vers la Suède et la Norvège, ça, c’est sûr : ces contrées nous paraissent trop inhospitalières aux cyclistes « pépères » que nous sommes.
Par contre, personnellement, j’ai très envie de poursuivre la découverte du Danemark, justement vers ces contrées que j’imagine plus hospitalières, plus à l’est et plus citadines. Je maintiens mon coup de coeur pour Aarhus, et je me verrais donc bien repartir de là et rouler vers Odense et Copenhague, via un itinéraire à imaginer entre les 3 grandes villes du Danemark.



Voyager avec un linguiste, c’est aussi avoir l’attention attirée par les similitudes, nombreuses, entre le danois et les langues germaniques. Allez, à vous de jouer maintenant !






