
Eh bien, on a passé une excellente nuit, peut-être parce que pour une fois, on avait un store ET des tentures, et qu’il faisait donc raisonnablement sombre dans la chambre, même une fois le soleil levé. Du coup, j’ai ouvert un oeil à 7h30, juste à temps pour qu’on soit au petit-déjeuner à 8h. Petit-déjeuner par ailleurs à la fois beau à regarder et délicieux, même si comme toujours ici, il vaut mieux aimer manger salé dès le matin, ce qui n’est pas mon cas…

Notre hôte était charmant, et sa maison spacieuse et décorée avec goût. Un amateur de vin, semble-t-il à un juger par le nombre de bouteilles et de verres de toutes formes qui décorent son intérieur. On le plaint, car il ne doit pas être facile de trouver du bon vin au Danemark : mes quelques tentatives de commander un bon verre de vin se sont toutes soldées par un échec cuisant…
On n’était pas seuls dans ce B&B (qui ne s’appelle pas comme ça, mais qu’importe : on sait maintenant qu’au Danemark, il y a des B&B qui ne font qu’un B, et des « Molino » qui sont en fait des B&B). Les autres hôtes de notre hôte (ah la langue française…) étaient des Belges aussi, mais on n’a vu que leur voiture.
Le beau temps semble avoir vécu. Il fait gris, 14 degrés et la météo annonce un temps pluvieux pour toute la matinée. On a bien fait de se baigner hier !
Mais qu’importe, on se met en route tranquillement vers 9h30, puisqu’on a une toute petite étape aujourd’hui. Avant, il faut évidemment que je regonfle mon pneu avant, qui est complètement plat.
Notre route s’éloigne rapidement de la côte (ça veut dire que ça monte), et on traverse à nouveaux des paysages magnifiques, une forêt, des champs de blé à perte de vue, de superbes routes asphaltées en lacets où on se prend à exploser des records de vitesse, sans aucun mérite puisqu’on a le vent dans le dos ! Heureusement, que nous ne sommes pas dans des zones 30…








On voit assez rapidement Grenaa dans le lointain, grâce à des espèces de gigantesques échelles qui se dressent vers le ciel, semblables à celles qu’on a vues à Frederikshavn. Aucune idée de ce que ça peut bien être, mais c’est repérable de loin. Plus tard, c’est le phare de Grenaa qu’on aperçoit, et puis on fonce jusqu’à l’embarcadère, puisque c’est là que nous amène la Rute 5 (portion danoise, côté est, de la North Sea Cycle Route) et que Philipp tient beaucoup à déterminer la « fin officielle de notre voyage ». Pour moi, la fin officielle de notre voyage, c’est quand on arrête de pédaler et qu’on monte dans le train, mais bon, ne dit-on pas que la différence est une richesse ?




De toute manière, l’intérêt de l’embarcadère vers la Suède est triple : d’abord, on y trouve aussi un joli petit port de plaisance; ensuite, on y trouve un marchand de glace (et une vendeuse « bien » voilée, mais bon, ça ne pouvait pas être parfait); et enfin, on a presque l’impression d’avoir quitté le Danemark, puisqu’en repartant, on y voit des panneaux de bienvenue au Danemark, destinés bien sûr à ceux qui débarquent de Suède, mais qu’on prend pour nous.




On roule encore un petit kilomètre et demi pour rejoindre notre hôtel, où notre chambre est déjà prête et où on s’installe donc aussi sec !
(Pour ceux que ça intéresse, je continuerai à raconter jusqu’à notre retour à Bxl, mais ce sera moins cycliste, évidemment)
On était à 11h au port, après 28km, et peu avant midi à notre hôtel. Ma priorité, puisqu’on est dimanche, c’est d’écrire ma chronique pour Marianne. Ensuite, on repart à vélo vers le centre ville, assez étrangement situé à 3 km du port. La ville est déserte, en fait : tout est fermé, même la plupart des cafés et restaurants.




On finit par s’arrêter près de l’église à la terrasse du café La Casa, où on teste enfin ces fameuses gaufres belges qu’on a déjà croisées plusieurs fois au cours de notre voyage. En réalité, ce sont des sortes de gaufres de Liège, surmontées de boules de glace et accompagnées de chantilly et de fruits rouges. Pas mauvais, mais sans comparaison avec une vraie gaufre liégeoise…


L’établissement est juste en face du musée de l’Ostjylland, qui est tout aussi fermé que tout le reste, mais est néanmoins une bâtisse magnifique, au style plutôt alsacien que danois d’ailleurs.


On repart ensuite à vélo vers le port, puisqu’on n’a pas trouvé au centre-ville de restaurant attrayant pour le soir. On fait un petit arrêt dans un cimetière dont les murs d’un beau jaune vif m’ont intriguée, et où l’on remarque que les stèles de beaucoup de défunts (surtout hommes, mais pas seulement) mentionnent leur profession.





Une fois arrivés au port, Philipp réclame qu’on mette enfin en pratique le concept (qui m’est assez étranger, je dois bien le dire) de « journée de repos », et en conséquence de quoi va m’attendre à la terrasse du Casablanca, que j’ai sélectionné entre tous pour notre repas du soir, pendant que je pars à pied faire un petit tour du port, côté plage et côté Marina.




Je le rejoins ensuite pour un délicieux repas à a terrasse du Casablanca, qui propose un extraordinaire buffet italien où je peux déguster olives, artichauts grillés, tomates séchées, fêta, mozzarelle, taboulé, poivrons farcis, etc. Un vrai délice !

Nous rentrons ensuite à l’hôtel, où après avoir entreposé nos vélos, nous allons encore à pied jusqu’à la plage toute proche. Ce qui nous donne l’occasion de découvrir que dans ce que nous pensions être des dunes, entre l’hôtel et la plage, il y a en réalité tout un quartier de maisons en bois, dont le premier étage donne une vue imprenable sur la plage et la mer.



Allez, un petit bilan pour terminer le récit de cette dernière journée de voyage : sans compter les kilomètres parcourus depuis notre arrivée à l’hôtel, nous avons fait en trois semaines, de Cuxhaven à Grenå, 1321 km, avec un dénivelé total de 2480 mètres.
