Ce matin on prend le petit-déjeuner au château, ou presque !
En effet, l’hôtel est manifestement une autre dépendance du château, et la comtesse nous y accueille d’ailleurs en jeans et long t-shirt rose informe. On la reconnaît car elle est sur LinkedIn, où elle se présente comme cherchant un emploi. Décidément, la noblesse n’est plus ce qu’elle était …




L’hôtel est charmant, la décoration de très bon goût, mais le petit-déjeuner n’est pas très adapté aux végétariens qui mangent sucré au petit-déjeuner … Je me résigne donc à prendre une portion d’omelette, sans prendre garde au fait qu’il y a dedans de petits morceaux de lardons… Bon, j’ai dû manger 5 grammes de porc, je n’en mourrai pas et lui l’était déjà. Mais rien à faire, moi qui adorais ça, je n’y trouve plus aucun plaisir et laisse les autres morceaux sur le côté de mon assiette.
On se met en route vers 9h, non sans que j’aie gonflé déjà deux fois mon pneu avant : je l’avais regonflé en quittant le B&B, mais une heure après, en sortant de l’hôtel situé à 100m, il était de nouveau tout flapi. Ça s’annonce mal…
La journée, cela dit, s’annonce magnifique : le soleil brille, le ciel est bleu, il fait déjà assez chaud, et le vent ne souffle pas trop fort. On se met donc en route avec entrain, et on arrive rapidement à Hadsund (nous logions en réalité plutôt à Visborg hier, à quelques kilomètres de Hadsund), où on s’attend à prendre un bac, mais en fait c’est un pont au-dessus du Mariager Fjord, qu’on longe ensuite sur quelques kilomètres, avant de s’en éloigner pour emprunter une route assez vallonnée mais magnifique.



J’aperçois soudain un animal sur ma droite, et je m’écrie « Oh regarde, une biche, ou un faisan ! ».
Je me rends compte en le disant que quelque chose ne va pas, que j’ai dit « faisan » au lieu de « faon » bien sûr. Ça fait bien rire Philipp, qui en rajoute une couche :
- « Oh regarde, un mulot, ou un rhinocéros ! »
- « Oh regarde, une sardine, ou une baleine ! »
On est morts de rire tous les deux !
Mon pneu, par contre, ne rigole pas. Je pensais pouvoir me contenter de le regonfler tous les 10km, mais il ne tient même pas aussi longtemps. J’essaie de rouler plus vite qu’il ne se dégonfle, mais il est coriace… Lorsqu’on arrive à 11h au bac qu’on doit prendre à Udbyhøj, je l’ai déjà regonflé trois fois, et on n’a fait que 27km.



Il va donc falloir prendre le taureau par les cornes et réparer. Heureusement, une bassine d’eau traîne à proximité, et on n’a pas trop de mal à repérer l’origine de la fuite. Ensuite, une rustine, « Et klet, c’est collé », il est 11h40 et on peut repartir !
On ne croit plus vraiment à la la possibilité de trouver un resto ou même un supermarché, puisqu’il n’y a pas vraiment de ville ou de gros village dans la région qu’on traverse. On s’arrête donc à 12h30 dans le cimetière de l’église d’Estruplund, après avoir roulé 36km, pour un pique-nique frugal : noix de cajou et biscuits salés.





J’aurais bien visité l’église, mais elle est fermée, apparemment pour cause de mérule. Le cimetière est très joli, et j’aime beaucoup les tombes danoises, généralement des sortes de jardinets, pas de tombes, juste des stèles.
Il y a même des toilettes publiques dans le cimetière, gratuites et très propres, mais dont la porte en bois grince horriblement. Dans pareil cadre, si on était le soir, on se croirait dans Thriller !
On reprend la route, les paysages sont toujours aussi magnifiques et la route « délicieusement vallonnée ». C’est comme ça que je l’ai formulé dans ma tête, tout en roulant. Il faut dire qu’on a le vent dans le dos, et qu’on avance donc bien, même quand ça monte – et même si Philipp souffre toujours du dos.



On fait un bref arrêt près d’une grande ferme, et la propriétaire des lieux vient spontanément nous proposer de remplir nos gourdes au robinet, ce qu’on accepte avec reconnaissance : l’inconvénient des pique-nique dans la nature, c’est qu’on ne peut pas se réapprovisionner en boisson. On papote un peu, la dame est curieuse de savoir où on vient, Philipp lui dit « Hadsund », elle ne voit absolument pas ce dont il parle, il répète, et elle finit par comprendre et prononcer à sa manière. On comprend soudain pourquoi certaines mauvaises langues prétendent que le danois n’est pas une langue, mais une maladie du larynx…
Moi, je fraternise avec un chat, qui n’a aucun problème à me comprendre, et vice versa d’ailleurs.
Ensuite on repart, on refuse mordicus le chemin de graviers que la « Rute 5 » veut nous faire emprunter – ça fera un petit détour, mais tant pis – et on continue d’admirer ces magnifiques paysages. Ici, sur la côte est, les paysages me paraissent plus terrestres, moins sableux que dans sur la côte ouest. Il y a toujours beaucoup de forêts, mais aussi des champs, des cultures, et plus du tout cette lande qu’on a tant traversée quand on était « de l’autre côté ».



On fait encore un petit arrêt à un château, le Meilgaard, quelques kilomètres avant d’arriver. Juste comme on s’arrêtait pour le photographier, un cycliste local nous en a longuement expliqué l’histoire, on va donc y jeter un oeil.


On arrive un peu avant 16h à Bønnerup Stand, au « Molino », qui comme son nom ne l’indique pas, est en réalité un B&B, et non un hôtel. On s’installe sommairement et on repart pour la plage, où on s’offre tour à tour (car il faut que l’un des deux garde les affaires, non à cause des voleurs – la plage est déserte – mais à cause du vent, qui souffle quand même fameusement et risquerait de tout emporter) une baignade ! C’est notre première baignade depuis notre départ, et elle a lieu dans le Kattegat, dont nous pouvons vérifier qu’il est en effet bien plus chaud que ne l’est la mer du Nord.






Ensuite, on va repérer les environs, à la recherche d’un restaurant pour le soir, et on finit par découvrir l’hôtel Kattegat, qui propose des formules buffet (« pasta » ou « grill ») et où j’espère donc trouver un petit quelque chose de végétarien.
Finalement, c’était le jour « buffet », avec un seul buffet où je me suis gavée de gratin dauphinois, de petits pois, de fêta, d’olives noire et de salade. Eh bien je n’avais plus si bien mangé depuis longtemps ! Pareil pour Philipp, mais dans un style nettement plus carnivore !