Après une très mauvaise nuit, on était à 7h30 au petit-déjeuner, après quoi Philipp se mît en devoir de regonfler tous nos pneus, profitant de la pompe prêtée par le gérant du motel.
Pendant ce temps, je m’informais sur les éphémérides, ce qui me permet de vous transmettre cette information capitale : les
journées font plus de 17h ici à cette saison, le soleil se lève 1h20 plus tôt qu’à Bruxelles.
On se met en route un peu avant 9h, avec, comme on s’y attendait, un bon gros vent de face. On avance donc péniblement et, pendant les 12 premiers kilomètres, sur le même itinéraire que celui qu’on a pris pour arriver, puisqu’on est sur une étroite langue de terre.
Ensuite, on quitte la route numéro 1 pour la route numéro 5 – au Danemark, les itinéraires pairs vont dans le sens est-Ouest ou l’inverse, et les itinéraires impairs dans le sens nord-sud ou l’inverse. Nous prenons donc l’itinéraire 5 à son point le plus au nord, en direction du sud.
Et pendant près de 30km, on longe la route nationale 40 (on a décidé que c’était une nationale, mais en fait on n’en sait rien) avec un vent d’ouest, donc latéral, très fatigant., mais heureusement souvent atténué par la présence d’arbres ou de maisons au bord de la route. On est certes sur une belle piste cyclable, mais ce n’est pas folichon. Enfin, au moins on avance bien, et à 11h30, après 40km, on arrive à Frederikshavn.
Notre première préoccupation est double : acheter une pompe à vélo de qualité (rappel des épisodes précédents : d’abord on n’avait pas de pompe – grave erreur -, et ensuite on en a acheté une petite que Philipp a cassée) et acheter des anti-inflammatoires pour Philipp, qui a soudain très mal au dos. On se répartit la tâche (moi la pompe, lui les médicaments) puis on va manger à la terrasse d’un petit resto italien que j’ai repéré à notre arrivée : le Da Leonardo.
Ensuite on repart, tout en notant que Frederikshavn est vraiment jolie et mérite plus que les brèves visites de tous ceux qui transitent vers la Norvège, puisque c’est le principal port d’embarquement pour quitter le « continent ». Car oui (coucou Benoit ou Alain M.), visiblement, les Danois considèrent comme nous que l’Europe continentale s’arrête chez eux, et que les autres Scandinaves sont des quasi insulaires. On a d’ailleurs vu un panneau souhaitant la bienvenue sur le continent aux passagers descendant des ferrys.
L’itinéraire qu’on emprunte en quittant Frederikshavn est charmant, c’en est enfin fini de la grand route, on voit la mer, magnifique, sur notre gauche, malheureusement Philipp a très mal au dos et on fait donc un premier arrêt après 8km pour lui permettre de souffler un peu.
Non seulement il y a beaucoup de vent, mais il fait froid ! C’est bien la peine de rouler vers le sud…
Heureusement, la pause fait du bien à Philipp, qui repart donc plus vaillant.
L’impression qu’on avait déjà eue ce matin ce confirme : la région a l’air plus prospère que ce qu’on a traversé sur la côte ouest : on voit des cafés, des restos, des industries, des B&B, et même des terrains de tennis ou de mini-golf.
La route reste très agréable, on est tout le temps sûr de l’asphalte et on voit la mer, d’un magnifique bleu turquoise. Mais on est quand même fatigués, et soulagés d’arriver enfin à l’Aså Camping Cottage à 16h30.
Comme son nom l’indique, il s’agit d’un camping avec une partie logements en dur. Et le nôtre est un minuscule chalet en bois avec juste un lit, deux chaises et une tablette. Pas de WC ni de salle-de-bain, qui sont communs.
Après l’habituelle douche, on décide de reprendre nos vélos pour aller jusqu’au port, indiqué à 1km de là et où il y a un restaurant qui propose un hamburger végétarien ! En fait, le resto et le port sont plutôt à 2km, et on y mange vraiment sur le pouce (et assez mal) d’autant qu’un jeune chanteur se produit ce soir-là sur la terrasse du Café Hawblik (c’est son nom), ce qui rend toute conversation impossible.
Je fais ensuite une petite promenade histoire de faire le tour de ce charmant petit port, pendant que Philipp m’attend sagement sur un banc.