C’est à peine croyable, mais on a bien dormi !
Vers 8h, on était au petit-déjeuner, ce qui nous a permis d’avoir le bus 99 de 9h01.
Sur le net, il était vivement conseillé de s’y rendre tôt le matin ou tard le soir, car c’est un des lieux les plus courus du Danemark. On décide donc que ce sera notre première activité de la journée.
En effet, on voulait absolument aller jusqu’au bout du bout du Danemark, à savoir Grenen, qui est l’endroit où la mer du Nord et la mer Baltique se rejoignent de part et d’autre d’une étroite bande de sable sur laquelle on peut marcher. Un truc un peu magique pour les gens qui, comme moi, veulent toujours aller « au bout » (de la jetée, de la digue, du ponton, de n’importe quoi qui a une fin qu’on voit très bien à vingt ou à deux cent mètres, mais qu’il faut absolument que j’atteigne).
Grenen étant à un bon 5km d’ici, et la météo prévoyant beaucoup de vent, l’idée de faire une journée « sans vélo » ne nous déplait pas, mais 5km à pied, plus le retour, plus tous les autres projets que j’ai encore pour la journée, ça commence à faire beaucoup. D’où la riche idée de Philipp : prendre le bus. Et ça tombe bien, le bus 99 passe devant le motel et va jusqu’à Grenen, d’où il ne reste plus qu’un bon kilomètre et demi à parcourir pour avoir un pied dans la mer du Nord et l’autre dans la Baltique.

Bref, on a pris le 99, un bus (en fait plutôt un car) un peu irritant, car il vient de Blokhus (et Hune) et passe par Hirtshals, et les plus attentifs se souviennent qu’on a logé à Hune puis à Hirtshals. Ce bus fait donc en 2h ce que nous avons fait en deux jours.
Du terminus du 99, on a emprunté le chemin balisé qui nous amène dans les dunes, histoire de découvrir quelques vestiges architecturaux majeurs de la seconde guerre mondiale (des bunkers), puis la plage qui nous fait longer la Baltique jusqu’à la pointe où elle se confond avec la mer du Nord. Il n’y avait pas encore trop de monde à cette heure-là, mais lorsque nous avons fait demi-tour, un tracteur arrivait par la mer du Nord, tractant un bus plein de touristes… et au terminus du bus, deux autres tracteurs étaient déjà prêts à partir, remplis eux aussi de leur contingent de touristes. On avait donc bien fait !








J’aurais bien été voir de plus près le phare, mais un bus 1 (je me demande s’ils ont d’autres lignes à Skagen que le 1 et le 99 !) nous tendait les bras, on a donc sauté dedans pour rejoindre le centre ville. Cette fois-ci, le chauffeur nous a fait payer nos billets, alors que celui du 99 nous avait fait comprendre que c’était déjà bon comme ça (on était les seuls dans son car, peut-être nous était-il reconnaissant d’agrémenter sa solitude ?).
D’abord le plus urgent : se désaltérer, et tant qu’on y est, craquer pour une délicieuse pâtisserie au chocolat. Pourquoi n’ont-ils pas ce genre de choses au petit-déjeuner, au lieu de leurs charcuteries et autres fromages ?


Ensuite, on est partis flâner, faire les boutiques, se perdre (je veux dire que j’ai perdu Philipp, mais ça va, je l’ai retrouvé), constater que la mode féminine danoise est certes intéressante, mais pas vraiment mon genre (ouf, de toute manière je n’ai pas vraiment de place dans mes sacoches !), puis manger au Green’s un petit snack à la fois roboratif et diététique : diverses fritures (oignons frits, bâtons de mozzarella frits, mini loempias et frites de patates douces) et bière sans alcool.




Je vous ai déjà parlé des cailloux peints, mais l’amour des Danois pour les cailloux semble aller au-delà de ça, car on trouve quantité de brols plus ou moins artistiques en cailloux, et notamment des sortes de colliers de cailloux qui sont parfois simplement suspendus (dans quel but ?) parfois disposés artistiquement pour faire des formes diverses.

De retour à l’hôtel, j’ai profité de la sieste de Philipp pour relire le manuscrit de mon prochain livre (moment pub : sortie le 6 septembre !), puis on est repartis, en direction cette fois de la Tilsandede Kirke, autrement dit l’église ensablée. Pour ça, on a pris le bus n°1, puis on a marché une vingtaine de minutes. Les conducteurs de bus sont vraiment gentils ici: celui-ci, quand on lui a dit où on voulait aller, nous a conseillé de plutôt prendre un autre bus pour avoir moins de trajet à faire à pied (sauf qu’on le savait déjà, mais l’intention était là). Et comme rien n’indique, dans le bus, le nom de l’arrêt suivant, ils s’arrêtent là où on leur a dit qu’on voulait descendre et nous font signe. Celui-ci est même descendu de son bus pour nous indiquer l’itinéraire à suivre à pied pour arriver à cette fameuse église ensablée, dont l’histoire est vraiment très triste : elle date de la fin du 14è siècle, et c’est à l’époque un des plus grands édifices religieux du Jutland. Mais à partir du 16è siècle, le sable commence à envahir l’église, puis les murs du cimetière adjacent. En quelques dizaines d’années, malgré les efforts de la congrégation, l’église est envahie par le sable, tant et si bien qu’elle est détruite en 1795. Mais le roi Christian VII ordonne que le clocher soit préservé et utilisé comme phare. (Merci Wikipédia)


N’empêche, si l’histoire est triste, l’endroit est superbe, en plein milieu d’une réserve naturelle, où l’on retrouve ce mélange, bien connu de nous maintenant, de lande et de forêt de conifères. On s’y balade un peu, puis, en attendant le bus pour rentrer, on s’offre une glace (lui), un café et un chapeau (moi).

On prend le bus jusqu’à l’arrêt « Svenske Sømandskirke », car je tiens absolument à aller voir cette église suédoise de marins, très logiquement située à deux pas du port. Elle est malheureusement fermée à cette heure, on se contente donc d’y jeter un oeil de l’extérieur avant de rejoindre le centre ville, où on va manger un hamburger au Mcknudsens Restaurant, à la décoration assez originale, jusqu’aux portes des toilettes d’ailleurs !







Le vent souffle de plus en plus fort, on reprend la route demain pour un bon 75 km, les premiers que nous ferons le long de la mer Baltique, avec comme première étape Aså. Mais avant, il faudra regonfler mon pneu avant, un peu flagada ce soir…

