(DE-DK) Mardi 12 juillet (jour 16) : Hirtshals – Skagen (54,12 km)

Était-ce le vin rosé de notre hôtesse ? En tout cas, on a tous les deux passé une mauvaise nuit, pendant laquelle j’ai l’impression d’avoir rêvé plusieurs fois de notre arrivée à Skagen, ce bout du monde danois, qui est aussi le bout le plus au nord de l’Europe continentale.

vous voyez la pointe, tout là haut là haut ? Eh bien, Skagen, c’est là !

Je me suis éveillée d’humeur maussade, et pour ne rien arranger, on a dû partir l’estomac vide, ce qui n’est pas du tout mon genre. Bon, c’était pour faire les 300m nous séparant du supermarché Brugsen, mais quand même…
On a donc acheté des « viennoiseries » (danoises, donc pas de quoi nous envier), qu’on est allés manger sur un banc en regardant le port de Hirtshals. Le temps était couvert, le vent s’était levé, j’ai mis ma petite laine et tenté de rester positive quand même.

Et puis on est partis pour de bon, on a cafouillé un peu à la sortie de Hirtshals, puis on a retrouvé notre itinéraire, et tout s’est arrangé ! On a eu droit sur une petite dizaine de kilomètres à une magnifique piste cyclable asphaltée, sous un grand soleil et avec un vent plutôt dans le dos. Que rêver de mieux ?

Après, évidemment, on a dû se taper un tronçon abominable avec en guise de revêtement des gros cailloux sur lesquels on manque à chaque instant de déraper, mais ça n’a pas duré trop longtemps, et de manière générale, on pourrait résumer cette journée cycliste par ces quelques mots : « dans la forêt, entre asphalte et piste de graviers concassés ».

C’était de toute beauté, de temps en temps on apercevait la mer à gauche, des chevaux, des vaches, des moutons (même si globalement, il y a beaucoup moins d’animaux ici qu’aux Pays-Bas ou en Allemagne), et un moment donné, on n’a plus vu la mer du tout, mais on savait qu’elle était à la fois à gauche et à droite, puisque nous montions droit dans la fine pointe qui termine le Danemark.

À l’approche de Skagen, nous avons croisé un chasseur, ou un garde-chasse, qui revenait en portant une biche morte. L’avait-il tuée ? La ramenait-il après l’avoir trouvée dans cet état ? Mystère. 

Le nombre de cyclistes augmentait (mais celui de vélos électriques, par contre, diminue depuis que nous sommes au Danemark) : il y a de tout, comme cyclistes: ceux qui pédalent à l’aise, de retour d’une course ou d’une promenade; ceux qui tracent, le nez dans le guidon de leur VTT; quelques rares solitaires sur leur vélo de course ; et puis évidemment les « randonneurs au long cours » comme nous, lourdement chargé, parfois plus que nous d’ailleurs s’ils campent. Et comme cette partie de l’itinéraire n°1 que nous suivions est commune à l’aller et au retour, forcément, ça fait du monde !

À 12h25, nous sommes arrivés à notre motel, le bien nommé Skagen Motel, où nous resterons deux nuits avant de repartir, côté mer baltique cette fois pour la « redescente ». On avait fait 54km, et j’avais faim ! 

Pile à ce moment, Philipp a reçu un appel de son ami Ingo, qui était censé nous héberger deux jours à Kiel dans quelques jours: il a le covid ! On va donc réfléchir à un plan B – on a déjà quelques idées, mais normalement, on ne roulera pas plus, et ne modifiera pas non plus notre date de retour à Bruxelles.

Notre chambre n’étant pas encore prête, on a déposé nos bagages et on est repartis sur des vélos considérablement allégés vers le centre de Skagen, situé à un kilomètre environ. Très joli, mais bondé, plein de magasins, de restaurants et de touristes, et d’ailleurs piétonnier. 

Cela dit, c’est la première fois qu’on est positivement frappé par l’architecture danoise. En général, on a surtout vu des chalets isolés de bois noir, ou alors des centres plus bâtis, mais à l’architecture assez hétéroclite, ce qui signifie que le plus laid côtoie le plus charmant, sans grande unité. Une seule chose semble typique ici, hormis les chalets en bois noir : les petites barrières de bois blanc entourant nombre de maisons.

On a cherché à s’éloigner de la foule, et on s’est installés à la terrasse ombragée et quasi déserte du Foldens hôtel café restaurant, pour un énorme sandwich.

Puis on est revenus à notre motel pour prendre possession de notre chambre et se reposer un peu avant de repartir.

En fin d’après-midi on est donc repartis à pied vers le centre, où on a longuement flâné (Philipp s’achetant au passage deux chemises) afin de choisir notre restaurant du soir. On a finalement jeté notre dévolu sur le Firenze, un « authentique restaurant italien » qui me permettait, pour une fois, de ne manger ni pizza ni burger végétarien. Les pains à l’ail en entrée se sont avérés très décevants, et l’apérol spritz décidément toujours très inférieur aux standards belges, par contre le spaghetti aux champignons, ail et huile de truffe était délicieux.

Ensuite, on est encore allés boire un verre au port, qui pour une fois offrait quelques possibilités. On s’est attablés à une terrasse située sur le toit d’un bâtiment, d’où on avait une vue imprenable sur la vie du port de plaisance. 

Ensuite, retour à l’hôtel en passant par de petites rues. Ici, tout est jaune. À croire qu’ils m’ont entendue regretter le côté trop hétéroclite de l’architecture des villes : ici, c’est presque trop uniforme !

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