(DE-DK) Dimanche 10 juillet 2022 (jour 15) : Hanstholm – Hune (92,58 km)

Aujourd’hui, je « spoile » : c’était magnifique, mais un peu long sur la fin !

Maintenant que c’est dit, reprenons par le menu : d’abord, on a fait la grasse matinée ! On s’est levés à 7h30 après avoir ouvert brièvement un œil à 4h44 (moi) puis à 6h30 (nous). J’avais espéré qu’il y aurait des croissants au petit-déjeuner, comme c’est dimanche, Philipp s’était évidemment moqué de moi en disant qu’on aurait du poisson cru, et j’avais raison : il y avait des croissants, ou plus exactement des pains en forme de croissants ! 

On se met en route vers 9h15, après un dernier regard au phare de Hanstholm. On redescend la route qu’on a grimpée hier pour rejoindre la côte, et pendant une dizaine de kilomètres au moins, c’est une paysage enchanteur qui s’offre à nous. La piste (je ne dis plus « cyclable ») se déroule devant nous en lacets, la mers à notre gauche, d’un bleu d’opale, à droite il y a des prairies, des collines, parfois des vaches ou des moutons.

Ensuite on rejoint une route, où on dépasse un couple de français qu’on a déjà vus il ya quelques jours – cela semble déjà si loin ! – sur cette digue à Thorsminde où on souffrait tant du vent : elle arborait sur son vélo un drapeau français, lui un drapeau espérantiste, du coup Philipp l’avait salué en espéranto. Elle avait l’air d’avoir du mal à suivre son homme, qui la devançait largement et ne semblait pas se préoccuper beaucoup de savoir si elle suivait.

Cette fois, on leur a dit bonjour en français; c’est une des choses que j’aime dans les voyages cyclistes : parfois, on rencontre à plusieurs reprises sur notre route quelqu’un ou quelques uns qui font le même trajet, on finit par les reconnaître de loin et ne plus s’étonner de les retrouver.

Le vent est bien tombé, et en plus on l’a à peu près dans le dos. Autant dire qu’on a avalé les 30 premiers kilomètres dans la joie et la bonne humeur, après quoi on s’est juste arrêté quelques instants près d’un magnifique cheval qui, visiblement, aimait bien les caresses.

Ensuite, c’est reparti pour une douzaine de kilomètres dans la forêt, mais aussi avec une bonne grimpette sur une magnifique route qui s’éloigne de la côte. La région est plus vallonnée ici, même si le pays reste globalement très plat.

Un peu après midi, on s’arrête en pleine forêt pour un pique-nique frugal. Enfin, pour ma part, j’ai quand même décidé que je m’offrais entrée, plat et dessert – à vous de deviner ce qui fait office de quoi !

Le silence est incroyable. Surtout après les journées venteuses qu’on a eues, où on avait parfois envie de crier « Ta gueule ! » au vent pour qu’il cesse enfin, on profite maintenant de ce silence extraordinaire, à peine troublé par les chants des oiseaux ou, de temps en temps, le bruit d’une voiture. Il n’y pas grand monde non plus, on croise parfois un promeneur ou des cyclistes, mais c’est rare, comme les maisons d’ailleurs; on est vraiment en pleine nature.

Ensuite on repart, n’étant pas totalement d’accord sur la pondération à accorder respectivement à la qualité du revêtement et à la beauté du paysage : on a déjà essuyé pas mal de tronçons en gravier, mais pour moi c’était compensé par la beauté des paysages traversés. Philipp, quant à lui, estime qu’il est trop concentré sur la route, quand elle est composée de gravier, pour pouvoir profiter du paysage. Les deux points de vue se valent, évidemment, et justement on est sur une (belle) route asphaltée, on est donc contents tous les deux. Sauf qu’à un moment, l’itinéraire balisé nous fait prendre à gauche, et ce n’est évidemment plus de l’asphalte. Je me souviens qu’on a regardé la carte, que j’ai dit « Bah, si c’est pour 300 m, ça va », et qu’on est repartis pour des kilomètres de piste en mauvais état… Puis, après une magnifique route, on s’est de nouveau retrouvés devant des panneaux qui nous faisaient emprunter une route épouvantable. Comme un cycliste en arrivait justement, Philipp lui a demandé si ça durait longtemps, ces graviers. « About 3 km ». Et en effet, mais avec une côte mortelle – j’avoue, j’ai marché, et j’avoue aussi, Philipp a réussi à la gravir sans mettre pied à terre, lui ! -, mais il était malheureusement impossible d’y échapper.

Ensuite, le bonheur : après être redescendus vers la mer, le Badehotel Svinkløv, un lieu magique, un hôtel au bout de nulle part, une terrasse face à la mer, avec rien autour, que la forêt d’un côté et la mer de l’autre. On y arrive en même temps que la jeune Anglaise qui logeait au même hôtel que nous et nous a déjà dépassés le matin. Et on s’y prend une désaltérante bière brune sans alcool, avant de remplir nos gourdes et de repartir pour la dernière « ligne droite », qui fait quand même encore une trentaine de kilomètres et qu’on fait en évitant cette fois scrupuleusement les « pistes », privilégiant le bitume jusqu’à notre arrivée à Hune à 16h20.

On loge dans un appartement, je m’attendais donc à une sorte de motel impersonnel, et en fait c’est une adorable appartement indépendant à l’étage d’une maison où vit une charmante dame rondelette que j’imagine en vendeuse de bonbons, et qui nous accueille très chaleureusement.

L’appartement est vraiment spacieux, mais de manière générale, tout me semble plus spacieux ici, même les toilettes sont souvent très grandes. Il faut dire qu’ils ont de la place !

Je me découvre une tique, normal après avoir traversé tant de forêt… Pas encore vu le moindre moustique par contre, sauf hier soir dans la chambre (et je l’ai prestement occis). Marianne, pourquoi diable as-tu tellement insisté pour que je prenne du lait anti-moustiques?

Ce soir, c’est fête : je ne mangerai pas de burger végétarien, mais une pizza ! C’est en tout cas ce que je prévois, puisqu’on a réservé dans la pizzeria toute proche.

(à suivre)

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