(DE-DK) Samedi 9 juillet 2022 (jour 13) : Thyborøn – Hanstholm (71,85 km)

Hier soir, j’ai enfin compris pourquoi je me réveillais tous les matins vers 4h30 : c’est l’heure où le soleil se lève ici !

Cette nuit-ci n’a pas échappé à la règle, et il nous a fallu un peu nous motiver pour se lever et aller prendre le petit-déjeuner : c’est fou comme une journée de pause, ça casse le rythme !

Vue de notre chambre

Ensuite, on s’est mis en route pour l’embarcadère, puisqu’on avait jeté notre dévolu sur le bac de 9h (sinon c’était 7h, vraiment tôt, ou 10h, vachement tard). Le vent souffle toujours beaucoup trop fort à mon goût, mais bon, on n’a pas le choix, et je me motive en me disant que demain, ça ira mieux… et qu’à l’hôtel de ce soir, il y a une piscine !

On embarque donc pour Agger, non sans avoir déjà vu un phoque en attendant de pouvoir embarquer (je dis « déjà », parce que j’étais persuadée que j’en verrais plein, mais en fait non).

Traversée bien agitée, comme il fallait s’y attendre, et 20 minutes plus tard, nous voilà à Agger. Enfin, façon de parler, parce qu’Agger est en fait à une dizaine de kilomètres de l’endroit où on débarque, et la digue qui joint les deux est évidemment toute droite et en plein axe Sud-Nord, alors que le vent, je vous donne en mille, souffle du Nord. Bref, on déguste, et c’est dommage parce que c’est vraiment magnifique, mais on est entièrement concentrés sur la route, tenir le cap, avancer, coute que coute. Le vent, en effet, souffle à 45 km/h !

Heureusement, on rejoint ensuite une magnifique piste cyclable en bitume qui tourne légèrement à droite et longe la dune, ce qui nous met (un peu) à l’abri du vent. C’est le pied ! On rêve déjà de faire tout notre itinéraire du jour dans ces conditions-là, mais ce serait trop beau, et la piste devient rapidement du gravier, puis des coquillages concassés (déjà nettement mieux – moi, j’aime même beaucoup, mais Philipp n’est pas de cet avis), tandis qu’on traverse une sorte de lande. 

On rejoint ensuite une route qui nous amène à une ravissante église dont le clocher, ou plutôt la cloche, est situé à côté, dans une sorte de construction en bois noir, c’est très curieux. On s’arrête quelques instants, et un monsieur m’adresse la parole pour m’expliquer que cet édifice supportant la cloche date d’il y a trois ans seulement; je ne comprends pas grand chose à ce qu’il me raconte – on fait tous les deux de louables efforts pour parler anglais, mais ça ne ressemble pas à grand chose – mais il nous invite à visiter l’église, nous ouvrant la grille, et donc on s’exécute. L’intérieur est assez semblable à celui des précédentes déjà visitées, mais il y a un orgue et de très beaux vitraux.

Ensuite, on reprend la route, qui nous ramène dans les bois. C’est magnifique, on traverse une forêt de conifères, mais évidemment, le revêtement est très variable. On croirait qu’ils s’amusent à nous faire des blagues, alternant bitume, graviers, terre, etc. ! En tout cas, je dois arrêter de parler de « pistes cyclables » quand je décris notre parcours, car la plupart du temps, ce sont juste des itinéraires qu’un demi-dingue a estimé cyclables, sans doute un soir de beuverie…

J’exagère un peu, mais pas tant que ça en fait…

L’avantage de ce trajet, par contre, est qu’on est bien à l’abri du vent, et qu’on avance donc à un bon rythme, contrairement à ce qu’on craignait. Finalement, tout bien réfléchi, par un vent pareil, on préfère slalomer dans les bois sur des revêtements variables que tracer au bord d’une route pleine de voitures et exposée au vent ! Alors qu’on s’était juré de ne plus jamais emprunter une « piste » de gravier, on se retrouve donc plusieurs fois à pédaler dans les graviers en se contentant d’espérer que ça ne dure pas trop longtemps. On s’offre aussi le plaisir enfantin de grimper une longue côte à du 25 km/h, vent dans le dos évidemment.

À l’approche de Vorupør, on commence à avoir faim et à désespérer de trouver à manger. On se résigne donc à faire arrêt devant le cimetière, dont l’unique banc nous tend les bras. Mais je ne suis pas vraiment disposée à me contenter de noix de cajou ce midi, et je vérifie donc sur Google Maps, où je découvre qu’il y a plusieurs restaurants dans ce charmant petit village de Vorupør. On se remet donc en route, et en effet, on ne tarde pas à trouver le Break café. Ça n’a pas vraiment l’air d’être un restaurant, mais on n’est déjà que trop heureux d’avoir trouvé un établissement, quel qu’il soit, donc on s’arrête et on fait notre repas d’un délicieux cheesecake. Il est 13h et on a déjà fait 42km, on est donc à peu près aux deux tiers de notre parcours ! L’endroit est très « baba cool », d’ailleurs tout ce qu’ils servent est végétarien, et il y a différents espaces où s’asseoir : des petites tables classiques, une grande table commune et un salon en cuir, ainsi qu’un coin « boutique » où on vend des vêtements faits avec du matériel de récupération.

Ensuite ? Ben on repart, on continue à rouler, le paysage est magnifique (c’est normal, on est dans le parc national de Thy), on traverse encore des paysages de forêts, de landes, puis de dunes. Le vent a légèrement tourné, il souffle davantage d’ouest et donc on l’a surtout latéralement, ce qui nous permet d’avancer vite, mais reste dangereux à cause des bourrasques. Je manque d’ailleurs une fois de tomber, mais je réussis à me rattraper.

On s’arrête au Spar de Klitmøller (il y a plein de noms en « klit » par ici, ça nous a évidemment bien amusés, mais en fait « klit » veut simplement dire « dune ») pour quelques courses. 

Les dix derniers kilomètres se font sur une (vraie) piste cyclable qui longe la route principale, qui elle-même longe la mer. C’est à nouveau de toute beauté. Curieusement, la route est plate, mais la piste cyclable ne cesse de monter et descendre, ce qui est finalement assez agréable, même s’il faut veiller à ne pas être déstabilisé par les bourrasques lorsqu’on arrive au sommet d’une montée. Le vent est un peu plus fort que ce matin : près de 47 km/h !

À Hanstholm, on doit grimper un peu pour arriver à notre hôtel, enfin ! C’est normal, apparemment le centre est sur les hauteurs. Il est 15h30, on y est arrivés, et finalement, cette journée n’était même pas si épouvantable que ça ! En tout cas, les paysages étaient de toute beauté. On arrive en même temps qu’une jeune anglaise à vélo qui était déjà au Spar en même temps que nous et qui loge ici aussi. Elle est en vélo électrique et veut aller jusqu’au Cap Nord ! On va ranger nos vélos et on s’installe dans notre chambre 14, au rez-de-chaussée, une chambre spacieuse avec un petit balcon où on s’empresse de mettre sécher notre linge après notre lessive du jour.

Le soir, on va manger au restaurant de l’hôtel, comme arrêté avec la réceptionniste à notre arrivée : elle m’a expliqué que c’était un menu, et quand j’ai dit que j’étais végétarienne, elle m’a dit qu’en entrée c’était un potage tomates et qu’ensuite on pourrait me faire un plat de légumes. J’ai donc dit « OK ! », tout ça, évidemment, dans un anglais approximatif. 

Quelle ne fut pas notre stupéfaction lorsque le serveur nous amena notre premier plat : au lieu du potage aux tomates attendu, du roastbeef pour Philipp et un genre de cabillaud pour moi ! On appelle le serveur, on lui explique qu’il y a un malentendu, que je suis végétarienne, qu’on m’a parlé de potage tomates et de légumes. Il s’empare de nos assiettes avec un laconique « perfect ! » et s’en va.

Lorsqu’il revient, c’est avec du roastbeef pour Philipp et un burger végétarien pour moi. Très bien, mais quid du potage ? En plus, toutes les tables autour de nous se voient amener une entrée que nous n’avons pas eue et qui ne ressemble pas du tout à un potage tomates. Le mystère s’épaissit ! Pour en avoir le coeur net, Philipp demande au serveur qui a l’air le plus dégourdi, et qui nous explique très candidement qu’il n’y avait qu’à demander la formule 3 services ! Euh oui, mais nous on ne nous a jamais demandé combien de services on voulait ! Et si on nous l’avait demandé, on aurait certainement préféré l’entrée au dessert (une sorte de tarte à la framboise, pas mauvaise du tout d’ailleurs, accompagnée d’une boule de glace à la fraise épouvantablement sucrée).

Enfin bon, c’était pas mauvais, et on termine la soirée par un whisky dans le salon de l’hôtel. On n’aura même pas profité de la piscine, tiens !

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