Aujourd’hui, c’est REPOS !
On s’éveille tôt quand même, comme d’habitude, mais on traîne un peu dans notre chambre qui fait plutôt studio, tant elle est spacieuse, et on va prendre le petit déjeuner un peu avant 8h. Les Danois ne m’ont pas l’air très doués pour faire le café, généralement c’est plutôt de l’eau chaude avec un vague goût « café », mais bon.

Un autre truc bizarre ici, ce sont les serrures : chez nous, pour fermer une porte, il faut faire un tour complet avec la clé dans la serrure. Ici, il suffit de tourner la clé d’un quart, ou même d’un huitième de tour, et puis de remettre la clé dans sa position initiale et de la retirer, et c’est fermé !
Après le petit-déjeuner, on va parlementer avec la propriétaire de l’hôtel, qui allait nous trouver une solution pour le vélo de Philipp, et en effet nous donne les coordonnées d’un réparateur qui se déplace pour réparer « chez vous ». Celui-ci vient à 11h, ce qui me laisse le temps d’écrire ma chronique pour Marianne.



Le gars est tellement sympa que Philipp m’envoie un sms pour me dire de descendre, et en effet (en fait, les Danois sont sympas, même si pas très causants quand ils n’ont rien à dire, ce qui au demeurant n’est pas pour me déplaire). Mais surtout, il a inventé sa propre entreprise, puisqu’il a aménagé sa camionnette pour pouvoir faire des réparations « ambulatoires » en suspendant le vélo par un système ingénieux. Il remplace les deux pneus de Philipp, trop usés, et vérifie l’état de mon pneu avant, qui se porte comme un charme. D’après lui, on a dû mal revisser la pipette après la dernière réparation, ce qui explique ma mésaventure.
Hier soir, on était crevés et découragés, et je dois bien dire que je me demandais s’il était bien raisonnable de poursuivre ce voyage. Mais après avoir tout bien considéré (les logements déjà payés, la piste ferroviaire pour au moins éviter les forts vents de demain, le programme des jours restants), on est parvenus à la conclusion qu’on allait continuer, puisque le vélo de Philipp est retapé, que la météo annonce moins de vent dès lundi et que notre journée de demain n’est pas trop longue (une soixantaine de kilomètres quand même).
Nos problèmes de vélo étant réglés, on se met en route à la découverte de Thyborøn. D’abord, on ne résiste pas à faire un tour dans un magasin de vêtements de sport, où on achète chacun une couche en plus : c’est qu’il ne fait pas chaud, en juillet, dans le Jutland central !
Après quoi la découverte peut vraiment commencer. L’arrivée sur la plage, après avoir franchi une dune, offre un spectacle époustouflant : la mer est déchaînée, les vagues se brisent sur les brise-lames à grand fracas, l’écume vole sur la plage, … Les lunettes de soleil sont indispensables, pour se protéger non pas du soleil, mais du sable. Il y a énormément de bunkers aussi.



On revient dans l’intérieur des terres, une église m’intrigue parce qu’elle est à la fois très moderne et (surtout) surplombée d’une croix, ce qui la rend très identifiable de loin, contrairement aux églises que j’ai vues jusqu’ici, qui ressemblent davantage à des maisons étirées en hauteur, sans signe distinctif particulier. Je suppose que ces dernières sont des églises luthériennes (de l’Eglise du Danemark, religion officielle ici) tandis que cette église-ci est catholique.



Thyborøn est la première « ville » (en réalité, c’est un village de pécheurs) que nous découvrons vraiment. On est loin de l’image qu’on a souvent des pays scandinaves, avec leurs petites maisons en bois peint, et de manière générale l’aspect propret et cossu que donne généralement la prospérité : la région est historiquement plutôt pauvre, comme l’a expliqué à Philipp le réparateur de vélos, raison pour laquelle il y a si peu de cafés, restaurants, etc. Les habitants n’avaient tout simplement pas les moyens de s’y rendre. Il y a malgré tout de jolies maisons, mais qui cohabitent avec des habitations fort banales, qui ont parfois l’air un peu abandonnées ou peu entretenues. On tombe aussi sur un bâtiment très étrange, la Sneglehuset (maison des coquillages), qui est, comme son nom l’indique, une maison entièrement couverte de coquillages (à l’intérieur aussi, parait-il) où l’on peut aussi boire un café. Mais comme on commence plutôt à avoir faim, on poursuit notre chemin.





On va manger finalement au Mallemukken, un endroit très spécial puisqu’on y mange dans la coque retournée d’un bateau ! On se contente d’une salade et de frites, histoire de ne pas se transformer en hamburgers… A la sortie, on s’offre même une glace.





Puis on revient vers le port, où j’ai la joie indicible de voir un phoque, puis ce qui ressemble fort à un dauphin ! Ça y est, ma journée est faite !



En fait non, pas du tout : car un peu plus tard, j’apprends que mon filleul Raphaël est enfin né. Ô joie, et qu’il me tarde de faire sa connaissance !
Le soir, on hésite un peu, et finalement on va manger au resto de l’hôtel : après tout, puisqu’on a le choix entre hamburger (végétarien si on veut) et hamburger (végétarien si on veut), autant le manger là où on sait qu’il est bon, et dans un cadre agréable !
Car je crois l’avoir déjà dit, mais l’art des plaisirs de la table, ce n’est pas vraiment le fort du Danemark, ou en tout cas de cette région-ci. Peu de restaurants, peu de variété : on vient pour manger plus que pour passer un moment agréable autour d’une table.