Après une bonne nuit réparatrice, on s’éveille vers 6h30 (enfin, ça c’est moi, Philipp était déjà éveillé), et avant-même le petit-déjeuner, Philipp va jeter un oeil à son vélo, dont le pneu s’est bien dégonflé pendant la nuit. Puis, à 7h30, notre hôtesse nous amène le petit-déjeuner, qu’on prend dans notre chambre. Ils sont vraiment attentionnés : comme j’avais mentionné la veille que j’étais végétarienne quand on a parlé du choix du reste avec notre hôte, elle m’a prévu du fromage à la place de la charcuterie. Fromage dont on se sert pour faire des sandwiches pour ce midi, puisqu’elle nous a aussi amené un sachet de conservation et du papier aluminium. Ces gens sont vraiment charmants !

Je reçois un mail de Booking.com qui m’étonne un peu: il dit que ma réservation pour cette nuit a été annulée car on ne s’y est pas présentés. Bizarre, on est pourtant bien là ! Il faudra tirer ça au clair avec notre hôte (le seul du couple à parler anglais).
Philipp a oublié une de ses gourdes sur son vélo, et pour gagner du temps, je vais la lui chercher. J’en profite pour vérifier mes pneus, et caramba ! Mon pneu avant est plat !
Bon, on a fait un bon petit-déjeuner, le vent souffle en rafales mais il a cessé de tomber des cordes et il y a même quelques trouées bleues dans le ciel. Y a plus qu’à regonfler les pneus histoire qu’ils tiennent jusqu’au réparateur de Ringkøbing; ça nous fera un petit détour, mais rien de bien grave.
Quand je parle à notre hôte de cette histoire de réservation annulée, il faut quelques minutes pour qu’on comprenne qu’il y a un gros malentendu : en fait, on n’a pas logé là où on avait réservé (l’Appartement Holmsland), mais juste à coté, chez Lyngvigs B&B ! Eux n’attendaient personne hier, mais ont pensé qu’on arrivait à l’improviste, ayant vu le panneau au bord de la route. Et Philipp avait vu la maison « Holmsland », mais comme il n’y avait aucune indication de B&B devant, j’ait dit « Non non, c’est l’autre, là-bas », et on y est allés…
Du coup, on va trouver la madame du Holmsland, qui est bien désolée (tu parles) mais doit quand même nous compter la réservation. Voilà une nuit qui nous en aura coûté deux !


On se met finalement en route, avec un vent de face absolument épouvantable, et arrivés au bout de la « digue », on décide de continuer sans faire le détour par Ringkøbing, puisque nos pneus ont l’air de tenir.
Après une quinzaine de kilomètres comme ça, Philipp doit déjà regonfler son pneu, et l’itinéraire « North Sea Cycle Route » veut nous faire emprunter un chemin d’herbe et de pierre. Ça, c’est hors de question, on a déjà trop mis nos pneus à l’épreuve sur ces revêtements à la noix ! On décide alors de suivre mon itinéraire Komoot.
Petit mot d’explication : Philipp a enregistré tout notre itinéraire en suivant la « North Sea Cycle Route » sur Komoot. Moi, je fais chaque jour l’itinéraire le plus court de logement à logement, et en général je lance mon application à quelques kilomètres de l’arrivée, pour éviter de chipoter. Ici, je l’ai donc lancé à 15 km du départ, histoire qu’on ait l’itinéraire non seulement le plus court, mais aussi adapté au vélo de route, donc uniquement des voies asphaltées. Car une chose est sûre : si on veut arriver à notre étape suivante, avec un tel vent et deux pneus pas très vaillants, on doit penser « efficace » !

Après 24 km (il est déjà 11h15 !), on fait un petit arrêt à Vedersø : il fait 16° à tout casser, mais on peine tellement sur nos vélos qu’on meurt de chaud, il est donc temps d’enlever une couche. J’en profite pour aller voire l’intérieur de la ravissante église qu’on voyait de loin. Elles sont vraiment spéciales, les églises, ici : de loin, on dirait des maisons, mais beaucoup plus hautes.




Vers 12h40, on a fait un peu moins de 40km, mais on est fourbus. On tente de trouver un restaurant indiqué sur la gauche de la route, mais rien; Philipp demande alors à une dame qui sort justement du camping, elle demande à sa fille d’aller chercher son mari (visiblement, ce sont souvent les maris qui parlent anglais), lequel nous explique que le resto n’existe plus depuis longtemps mais nous fait rentrer dans le camping, et nous autorise à nous installer à une petite table et à utiliser l’infrastructure du camping pour recharger nos appareils, aller aux toilettes, etc.



On se remet ensuite vaillamment en route, mais c’est de pire en pire : on a toujours le vent de face, il souffle toujours à plus de 40 km/h, on avance donc horriblement lentement, qui plus est le long d’une route où des voitures nous dépassent en permanence. Impossible d’admirer vraiment le paysage, sans même parler de s’arrêter pour une photo : ce serait perdre un précieux « élan », si tant est qu’on puisse parler d’élan …


À cela s’ajoute que tous les 10 km environ, Philipp doit regonfler son pneu, et qu’il le fit avec tellement de conviction qu’il finit par casser la pompe ! Bon, elle peut encore servir, mais ça devient de plus en plus difficile de l’utiliser…
Et toujours ce vent, qui nous assourdit, rend toute conversation ou même tout bref échange impossible : on ne s’entend pas à deux mètres !
On a mal aux genoux, à la nuque, aux épaules, au dos, aux mains, tant on est crispés sur nos guidons, attentifs à anticiper les bourrasques pour ne pas valser dans le fossé, on est épuisés et on en vient à penser qu’Hamlet avait raison : « Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark ».
Finalement, tant bien que mal, on arrive à Thyborøn; assez moche au premier abord: on longe d’abord une zone portuaire industrielle, puis on arrive dans un port de pêche, notre hôtel n’est plus qu’à 500m mais ça n’a toujours pas l’air très cosy…



Et puis finalement, on y est, l’hôtel Sea Side est devant nous, face au port, ça a l’air assez mignon, il est 18h, on est épuisés: on a fait près de 88km avec, de face, un vent de plus de 40 km/h ! Je dois dire que je suis fière de nous…
Et la bonne nouvelle, c’est qu’on reste ici deux nuits ! Pas de vélo demain donc, repos !





On va manger au café-restaurant de l’hôtel, heureusement ils ont des burgers végétariens !
