(DE-DK) Mercredi 6 juillet 2022 (jour 10) : Esbjerg – Hvide Sande (92,75 km)

Après une très mauvaise nuit dans ce lieu pourtant extraordinairement calme, je m’éveille vers 6h40. Le soleil brille, le ciel est uniformément bleu, serait-ce une belle journée qui s’annonce ?
Hier, on a fait très fort, puisqu’on n’est finalement jamais ressortis de notre chambre une fois arrivés : une fois la douche prise et les diverses tâches habituelles accomplies, il était 21h ! On accuse sans doute la fatigue, même si chaque matin on est en forme pour se remettre en route. À retenir pour la prochaine fois : prévoir une pause de deux nuits au même endroit après une semaine. Dieu n’avait pas tout à fait tort quand il s’est reposé le 7è jour, en fait…

On prend le petit-déjeuner dans la salle commune, située dans le bâtiment de la réception – où il n’y avait personne hier, les clés étaient disponibles dans un petit coffre à code. Ensuite, peu avant 9h, on se met en route. On fait quelques kilomètres pour rejoindre la mer, puis on longe la route qui la longe (ben oui) jusqu’à ce qu’on arrive à un magnifique front de mer. Il n’y a pas un chat, et l’architecture est vraiment curieuse : beaucoup de constructions très modernes, et un peu plus loin, une fois rentrés un peu dans l’intérieur des terres, d’énormes baraques, parfois très prétentieuses, parfois pleines de charme, mais en tout cas tellement spacieuses qu’on à peine à croire que ce sont des habitations privées.

Le vent est toujours très fort (hier, il soufflait à 33 km/h, aujourd’hui, si on en croit Strava, il est retombé à 21 km/h, mais ça reste quand même pas mal, surtout quand on l’a de face.)

On s’arrête à un supermarché Super Brugsen à Oksbøl, où on achète des viatiques, puisqu’on ne peut pas dire que l’horéca pullule par ici : noix de cajou, figues séchées, biscuits, pistaches. On est parés !

Le parcours est plus vallonné que d’habitude aussi, mais ça reste agréable de pédaler sur ces routes qui serpentent dans des paysages magnifiques, notamment un parc naturel où mon seul regret est que la piste cyclable soit le long de la route, alors que ç’aurait été tellement plus agréable d’être à l’écart de la route…

Vers 12h40, comme on n’a décidément rien trouvé pour s’arrêter et manger, on fait une pause pique-nique sur un banc du même nom du coté de Henne. On a déjà fait 50 km, on vient de traverser des dunes et des bois, il fait magnifique, sans faire chaud pour autant, bref c’est un temps idéal pour rouler !

On aimerait bien, cependant, s’arrêter un peu plus loin pour remplir nos gourdes,  voire manger un petit quelque chose (dixit Obélix au Danemark), mais je commets la funeste erreur de dédaigner l’unique établissement qu’on voit, 7 km après notre pause de midi : j’avais décidé qu’on en ferait encore au moins dix…

Bon ben tant pis pour nous, il n’y en a pas d’autres… On continue donc à rouler, ne s’arrêtant que pour une petite photo lorsqu’on atteint pile la moitié de notre itinéraire : 665 km faits – ça, c’est sûr -, et 665 km à faire – ça, c’est moins sûr, ça peut changer, plutôt vers le haut d’ailleurs…)

À force de pédaler, on atteint la langue de terre sur laquelle se trouve Hvide Sande, puis le port de Hvide Sande. Ça aussi, c’est déconcertant ici : on ne voit quasi jamais de caravanes au bord de la route vendant des boissons, des frites, des gaufres, des hot dogs ou que sais-je encore. Pas non plus de café dans le moindre village, en face de l’église. Je ne sais pas si c’est parce qu’on est dans le Jutland, ou si c’est comme ça partout au Danemark.

Quand on arrive au port de Hvide Sand, il est 15h10, on a encore fait 35 km depuis notre pause de midi, et on commence à avoir mal un peu partout (le popotin, les genoux et les pieds surtout), même si sur cette étroite bande de terre où se trouve Hvide Sande, on a le vent dans le dos. On s’installe donc dans l’établissement Marina, où on fait le point en buvant une boisson chaude. Philipp est tenté de réitérer le système d’hier (manger tôt, ici, et puis aller s’installer), moi je préfère la formule classique, et comme il est gentil, il accepte qu’on fasse comme je veux (NON, pas « comme toujours »).

On se remet donc en route, non sans avoir revêtu notre vêtement de pluie, parce que le temps s’est progressivement gâté dans l’après-midi, et c’est là que Philipp se rend compte que son pneu arrière est dégonflé. Pas totalement, mais quand même de manière anormale. On hésite un peu : rebrousser chemin ou continuer ? Mais il fait froid, il pleut, on a envie d’arriver, alors on regonfle un peu et on continue, et heureusement, le pneu tient jusqu’à notre arrivée à l’Apartment Holmsland.

La route sur cette bande de terre où se situe Hvide Sande n’est pas des plus agréables : la plupart du temps, il n’y a pas de piste cyclable et on est donc sur la route, juste à côté des voitures qui nous dépassent en trombe. Mais c’est apparemment à peu près la seule voie asphaltée : toutes les rues qui en partent sont en réalité des chemins de cailloux, autant dire qu’on préfère pas ! On en a déjà eu quelques uns aujourd’hui, et c’est le seul bémol jusqu’ici à cette journée qui est vraiment, de notre avis commun, la plus belle de celles qu’on a eues depuis notre départ.

Je m’attendais à un motel, à un truc un peu impersonnel, mais l’apartment Holmsland est en réalité une maison privée habitée par un couple charmant, qui a apparemment deux chambres au premier étage. Nous occupons la chambre « Nord », et en face sur le pallier se trouve comme de juste la chambre « Syd », occupée par des Suédois, nous apprend notre hôte.

On entrepose nos vélos dans le « garage » (en fait une sorte de gigantesque grange), on se douche, écritures, etc. puis on se met en route pour le restaurant qu’on a repéré sur la route, pas trop loin d’ici.

La vue de notre chambre est magnifique !

Finalement, on n’est pas allés au restaurant prévu : alors qu’on s’apprêtait à partir, notre hôte est venu frapper à notre porte pour nous proposer, vu qu’il pleuvait à verse, de prendre sa voiture… et tant qu’à faire, d’aller ailleurs qu’à ce resto, selon lui pas terrible. Il nous a recommandé entre autres le café Marina, où nous sommes donc retournés en voiture ! Hamburgers à nouveau, délicieux d’ailleurs et bien sûr végétarien pour moi, puis on a été remettre un peu d’essence dans la voiture et on a fait un bref arrêt devant une église toute proche !

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