(DE-DK) Lundi 4 juillet 2022 (jour 8) : Dagebüll – Rømø (90,39 km)

Dur réveil vaguement migraineux vers 5h30, sauf que je lis mal l’heure et crois qu’il est une heure plus tard. C’est quand Philipp s’éveille et me demande l’heure que je me rends compte qu’il va bientôt être 6h, et non 7h. Mais la migraine augmente rapidement, pas question de me rendormir. Heureusement, le petit-déjeuner est accessible à partir de 7h, et nous y sommes donc les premiers. Et il y a des croissants, et en plus ils sont bons !

Il fait beau, il y a une lumière magnifique ce matin, le vent n’a pas l’air de souffler trop fort, et de notre chambre j’ai déjà pu observer un lièvre.

On a une longue route aujourd’hui, 80 km environ, et je ne me sens pas en super forme. Mais si on retrouve nos vélos (qui ont passé la nuit à l’abri de la pluie, mais pas des voleurs) et qu’aucun de nos pneus n’est plat, on va pouvoir se mettre en route tôt !

Hier, peu après notre départ de Husum, j’ai senti un truc bizarre sur mon épaule, soudain. Craignant un insecte, j’ai tenté de le chasser de la main, et me suis retrouvée avec la main souillée d’un liquide brun… C’était un caca de volatile, qui avait également bien souillé l’une de mes fontes. Ça n’a aucun intérêt, mais je tenais à le consigner ici pour la postérité. Et je dois encore nettoyer la fonte (l’épaule, c’est fait, si si).

On se met en route à 8h, on n’est jamais partis aussi tôt ! Notre route quitte rapidement la côte, et c’est tant mieux parce qu’on en a vraiment ras-le-bol des barrières à moutons à ouvrir tous les kilomètres ! Quand je pense que la première fois que j’en ai trouvé une, lors d’un de mes premiers voyages cyclistes, j’ai trouvé ça charmant ! Je me rends compte à quel point ça casse le rythme et épuise, à la longue.

On avance donc bien sans les barrières, on a le vent dans le dos, on est principalement sur des routes asphaltées, on traverse quantité de villages portant des noms se terminant en « büll », et à part un petit cafouillage, on ne se trompe pas de chemin. 

Tout près de la frontière, l’itinéraire nous amène soudain à un château (le Seebüll hof), puis à un chemin de coquillages, puis d’herbe, puis à un petit pont blanc adorable d’où Philipp s’amuse à faire pipi dans l’eau. Il est 10h15 et on a déjà fait 37km, c’est une journée comme je les aime !

On arrive ensuite à la frontière, et on (enfin Philipp) échange quelques mots avec un couple de Néerlandais qui font le tour des villes de la Hanse et viennent de passer la frontière dans l’autre sens.

Peu après, on arrive à Højer, on tournicote dans le village  à la recherche d’un café où s’arrêter, Philipp ayant un besoin impérieux… de se situer sur la carte. C’est un peu pénible parce qu’il y a des travaux et que plusieurs rues sont donc ouvertes, on doit donc rouler dans le sable ou les graviers. 

À 11h30, on finit par s’arrêter au moulin de Hojer. Philipp a fini par taquiner l’indigène, une brave dame qui voulait nous faire repartir dans une direction que je désapprouvais formellement, mais j’ai prétexté que je voulais vouloir le moulin, ce qui a fait entendre raison à Philipp et … permis à notre indigène de se souvenir qu’il y avait un café au moulin ! (Gros soupir)

Café pour moi, chocolat chaud pour Philipp, boule au chocolat pour les deux, d’abord dehors, mais on doit se replier rapidement sur l’intérieur car il commence à pleuvoir.

On a fait plus de 50km et c’est la grande forme, comme quoi… mais il nous reste 37km à parcourir, dont une bonne partie vent de face puisque le vent souffle de l’ouest et que Rømø est à l’ouest de la côte…

On repart sous la pluie, j’ai pensé à mettre mon superbe protège selle acheté à Vlieland cet hiver, mais Philipp a oublié et s’en sert donc pour protéger son postérieur de sa selle trempée !

La pluie, heureusement, ne dure pas trop longtemps. On suit l’itinéraire Komoot que j’ai programmé hier soir, mais qui ne suit pas la North Sea Cycle Route (désolée, je ne sais pas comment on dit ça en danois). Ça perturbe un peu Philipp, qui croit toujours qu’on s’éloigne, mais il fait des efforts louables pour lâcher prise. Et la route est magnifique, le ciel superbe, les couleurs variées… Je fais peu de photos parce qu’on roule bien et qu’on savoure le fait de ne plus être obligés de s’arrêter tous les kilomètres pour ouvrir une barrière : on ne va pas remplacer les barrières par des pauses photo, ce serait con !

Les choses se gâtent un peu lorsqu’on emprunte la digue vers Rømø, comme il fallait s’y attendre. Dix kilomètres nous attendent, vent de face, et quel vent ! On fait deux pauses noix de cajou pour se donner de l’énergie, et curieusement je suis plus en forme que Philipp. Peut-être parce que c’est beau, tout simplement ! 

Par contre, heureusement que j’ai voulu aller voir le moulin de Hojer, parce qu’il n’y a strictement rien à manger ni à boire sur notre chemin ! Et une fois arrivés à Rømø, il y a, mais tout est fermé le lundi !

On continue donc bravement, c’est moins pénible depuis que le vent est latéral, mais il faut se cramponner à son guidon. Par contre, c’est magnifique, un petit air de Vlieland…

Mon itinéraire Komoot nous amène sans problème jusqu’à une adorable maison à l’écart de la route, avec petit jardin, balançoire, etc. On est tout contents, mais le monsieur qui vient nous accueillir à l’air fort surpris : on n’est pas à la bonne adresse ! On reprend donc la route munis de ses explications (Philipp) et de Google Maps (moi) et deux bons kilomètres plus loin, cette fois ça y est, on est arrivés !

Il est 15h10, on a fait un bon 40km, plus les 50 de ce matin… Et je suis en pleine forme ! 

On loge dans un endroit composé de plusieurs bâtiments de plein pied, chacun abritant quelques chambres. La notre, le numéro 10, est vraiment rudimentaire : deux lits jumeaux, une table et une chaise, une petite étagère entre les deux lits, et c’est tout ! Pour les sanitaires, il faut aller dans le bâtiment voisin, où se trouve un local wc -douche qu’on partage avec nos voisins du numéro 9.

Après avoir fait nos lits – puisqu’ici il fallait louer les draps –  et pris notre douche, accompagnée de la lessive, on vaque aux occupations habituelles quand on arrive : recharger nos divers appareils, faire nos lits et, pour moi, charger mes photos et écrire ce blog. Quand tout cela est fini, une partie de notre lessive, qu’on a pendue à l’arbre face à la maison, est déjà sèche, et il est déjà 17h30, autrement dit largement temps d’aller manger. 

Avant de rire bêtement, souvenez-vous que 1) on n’a rien mangé à midi, 2) les restaurants, ici, ferment à 20h ou 21h grand max, et 3) on a 90 km dans les pattes, donc on est fatigués et affamés.

On se met en route à pied, puis on se ravise, revient chercher nos vélos (et au passage, on fait une rencontre inattendue), réalise que les clés de nos vélos sont dans notre chambre, revient à notre chambre, retourne à nos vélos, et on se met enfin en route pour le « centre », c’est-à-dire le port, où il y a en effet 4 ou 5 restaurants. Le premier n’a plus de place, on se replie donc sur la pizzeria Europa, une sorte de cantine spacieuse manifestement tenue par des Italiens, où on mange fort bien pour pas cher du tout : en entrée, gaspacho pour Philipp et artichauts à l’ail gratinés pour moi (un délice), et ensuite une pizza chacun, le tout accompagné de bière, en calculant bien notre coup pour ne pas devoir nous lever la nuit…

Ensuite on reprend nos vélos et on va jeter un œil à la mer – il y a des moutons sur la pelouse qui jouxte la plage, et pas de séparation entre la pelouse et la plage, les moutons peuvent donc aller dans le sable – et au port, puis on rentre « chez nous ».

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