On est éveillés avant 7h, mais vu l’heure à laquelle on s’était couchés hier, même avec une heure ou deux d’éveil nocturne, ça reste une bonne nuit.
Je me rue sur mes biscuits au chocolat, et Philipp sur les restes d’hier : pain, fromage … et bière (heureusement sans alcool) ! C’est qu’une grosse journée de vélo nous attend !


En regardant par la fenêtre, on voit plusieurs voitures et une belle caravane qui me fait irrésistiblement penser à celles de Kitchen Stories. L’impression qu’on arrive en Scandinavie se confirme, même si Philipp me déçoit un peu en me rappelant que dans le film, ce sont des Suédois et des Norvégiens. Pas trace de Danois donc…

A 7h55 on est prêts à partir, et c’est à ce moment-là que je découvre que mon pneu avant est plat ! Je me mets en devoir d’examiner la chambre à air, on essaie de repérer l’origine de la fuite, mais peine perdue. Parallèlement, Philipp a contacté notre assurance, un dépanneur du coin l’a rappelé et peut nous conduire quelque part où on trouvera peut-être un réparateur de vélos (et c’est évidemment toujours un dimanche que ça arrive, ce genre de choses..) et après réflexion, on finit par décider de lui demander de nous amener à Husum, ce qui aura en outre l’avantage de raccourcir un peu notre étape du jour. Il accepte de nous prendre tous les deux et arrive un peu avant 10h. Entre-temps, les propriétaires de la Pension Seerose sont arrivés et nous ont prêté une pompe, avec laquelle Philipp regonfle mon pneu à bloc.



Le dépanneur nous dépose une bonne demi-heure plus tard à la gare de Husum, où j’ai repéré un loueur de vélos ouvert et où, au pire, on pourra prendre le train pour Dagebüll si on n’a pas pu nous aider.
A la Radstation, la jeune fille qui nous accueille accepte de remplacer ma chambre à air pour être sûrs – car mon pneu n’a pas l’air de s’être dégonflé le moins du monde pendant le trajet; ça doit être un tout petit trou. et on peut enfin se mettre en route, peu après 11h !
Du coup, ce qui est bien, c’est que toute notre discussion d’hier soir n’a plus aucune raison d’être : on avait en effet renoncé à faire le tour de la « presqu’île » (qui en fait n’est pas du tout une presqu’ile, puisque, comme nous l’apprend le dictionnaire en ligne, qui dit presqu’ile dit isthme, c’est-à-dire étroite bande de terre reliant la quasi île à la terre) sur laquelle se trouve Tating, pour pouvoir faire en partie le tour de la presqu’ile (une vraie, cette fois) de Nordstrand. Mais maintenant que nous sommes à Husum, donc à une douzaine de kilomètres seulement de Nordstrand, plus rien ne nous empêche d’en faire le tour !


On entame donc notre périple, et en effet c’est magnifique, même si en fait très semblable aux paysages qu’on connaît déjà bien, un peu partout le long de la mer des Wadden. Mais bon, l’heure tourne et l’heure de manger arrive vite, d’autant que je n’ai quand même pas mangé grand chose ce matin, finalement. On jette notre dévolu sur le Watt’n Grill, où ils ont même deux burger végétariens différents ! Philipp en prend un, moi l’autre. On assiste à l’arrivée des participants à un tournoi qui a lieu une fois par an, des gens à cheval qui doivent faire passer des lances dans des anneaux et à la fin il y a un roi et/ou une reine, enfin si j’ai bien compris les explications données par une des cavalières à Philipp, qui n’a pas résisté à « taquiner l’indigène » pour savoir ce qui se passait.



(Je suis d’une atroce mauvaise foi, car cette fois-ci, c’est moi qui lui ai demandé de se renseigner…)
On repart vers 13h20, et c’est reparti pour des kilomètres de digues, de moutons, de barrières à ouvrir, de cieux magnifiques, de cyclistes en électrique (qu’on toise avec dédain) ou en « musculaire » (qu’on salue d’autant plus gentiment qu’ils sont lourdement chargés, comme nous). J’exagère évidemment, on est charmants avec tout le monde, mais on n’en pense pas moins !




Le vent est toujours fort, et rarement dans notre dos, et on est donc passablement fatigués quand on arrive enfin à Dagebüll et au Strandhotel du même nom, à 16h35 après avoir fait 45,26 km. On a une chambre magnifique au 2è étage (la chambre 23), d’où on a une vue imprenable sur la mer, la plage, les Strandkörbe et les gens qui se baignent. On resterait bien deux nuits ici, tiens ! A noter pour la prochaine fois : dix jours sans la moindre pause (ce qu’on a prévu), c’est beaucoup trop.



C’est notre dernière nuit en Allemagne ! Demain, on dort au Danemark !
(à suivre)