Après une nuit semblable à toutes les autres, on se lève vers 6h45. Chose frappante : de notre petite chambre mansardée, on n’entend pas les oiseaux chanter. Le coq, par contre, s’en donne à cœur joie.
Heureusement, je commence à gérer comme une pro ma consommation de liquide le soir: j’ai réussi à ne pas devoir me lever la nuit pour faire pipi (ce qui aurait nécessité d’enjamber Philipp et de me risquer sur une voie étroite jusqu’aux toilettes, avec le vide et l’escalier à ma gauche) ET à ne pas avoir mal à la tête ce matin. Je crois que je peux être fière de moi.
Il fait grand soleil, et comme un bonheur n’arrive jamais seul, il y a des granulés au chocolat noir De Ruijter au petit-déjeuner ! Je comprends pourquoi un peu plus tard, quand notre hôte vient faire un brin de papote avec Philipp : il est Néerlandais !





Nous nous mettons en route à 8h45, non sans avoir laissé un petit mot dans le livre d’or de notre « Kajüte » (c’est le nom de notre logement) et dit au revoir à nos hôtes. Pour rejoindre le Nordseeradweg, nous traversons d’abord un bois de pin longeant une voie ferrée, puis une campagne très bucolique. Tout cela est très joli. De temps en temps, un lièvre s’enfuit devant nous, on aperçoit une cigogne, … On avance bien, malgré des pistes cyclables parfois franchement mauvaises, et on prend la ferme décision que dorénavant, ceux qui conçoivent les pistes cyclables devront d’abord faire au moins cent kilomètres à vélo. On est sûrs d’une chose: jamais des cyclistes n’infligeraient ça à d’autres cyclistes !
À 9h35, on fait un petit arrêt sur la ravissante place de Meldorf, après 15km. On y reste un instant perplexe devant une dalle gravée au sol, qui représente quelque chose qu’on peine à identifier. Heureusement, une plaque explicative supplée à notre ignorance : il s’agit d’une broche, pas préhistorique mais presque, dont l’original se trouve au musée du Schleswig-Hostein.




On se remet en route, pendant quelques kilomètres on longe une sorte de canal qui nous mène à la mer, mais la piste cyclable continue au pied de la digue. Après 30 km, on n’y tient plus et on fait un petit arrêt, histoire de monter l’escalier et de voir la mer. Il est 10h35, on peut dire que jusqu’ici on avance bien, et puisque j’ai maintenant des petits machins à grignoter, je m’offre trois biscuits au chocolat.


On se remet ensuite en route avec allégresse : on a le vent dans le dos et on avance vraiment bien, car il souffle fort. Mais dès qu’on n’est plus dans notre direction « de base » (plein Nord), on sent la différence, et notre compteur oscille entre 11 km/h et 32 km/h !
On traverse Büsum, ça a l’air joli, mais il y a pas mal de monde et on doit même traverser une zone piétonne, c’est malin ça ! Enfin, on désobéit et on roule au pas, et personne ne nous dit rien, ouf !

Ensuite, après une nouvelle portion toute droite vent dans le dos, on arrive à une route qui passe au-dessus de l’Eider; sa partie cyclable a l’air toute neuve, car elle ne figure pas sur Komoot.

On commence à avoir faim, mais il n’y a pas des masses de choses dans les environs, c’est le moins qu’on puisse dire. Alors, on se résout à utiliser les grands moyens : Google Maps nous renseigne un hôtel-restaurant, le Kirchspielskrug Welt hôtel « Möllner Hof », à 2km, à Welt, et on y fonce. Il est 12h40 quand on y arrive, on a fait 61,46km ce matin ! On s’installe à l’arrière, sur la petite terrasse, qui jouxte un très joli jardin où on laisse nos vélos. La carte ne propose rien de végétarien, mais la dame est toute disposée à me préparer un petit quelque chose. Et en fait de petit quelque chose, je reçois une énorme assiette de légumes (carottes, haricots, chou-fleur, brocoli et champignons), accompagnée de sauce hollandaise et de croquettes de pommes de terre. Philipp, lui, s’offre des joues de boeuf, et il paraît qu’il a rarement aussi bien mangé.




Une fois rassasiés, on repart, renonçant (au moins pour aujourd’hui) à poursuivre le tour de la presqu’île – je veux absolument écrire ma chronique pour Marianne aujourd’hui. On va donc directement à Garding acheter de quoi manger ce soir, puis on va à notre « pension » de ce soir, située à quelques kilomètres au sud de Tating. On y arrive vers 15h20, et ça a vraiment l’air très bien. Un petit jardin à l’arrière nous tend les bras, et c’est là que je m’installe, une fois douchée (et petite lessive faite) pour écrire ma chronique.


Ah oui, petit détail : on est maintenant en Frise du Nord !
J’ai un peu de peine à trouver l’inspiration, tout cela est tellement loin… Mais enfin finalement je trouve, et on savoure ensuite un petit apéro dans le calme, avec les moutons au fond du jardin.

C’est là qu’on s’aperçoit qu’on n’a pas de petit-déjeuner demain matin… Philipp a l’air cool (« On a du pain et du fromage ») mais je ne vois pas du tout les choses de cette manière: le salé le matin, très peu pour moi, et partir l’estomac vide aussi !
On se rend compte aussi que le Nordseeradweg nous fait faire le tour d’une presqu’île qui a l’air magnifique, mais porte notre trajet de demain à près de 100km, ce qui m’effraie quand même un peu. On trouve un compromis : on ne fera pas tout le tour de la presqu’ile, on se contentera d’y aller, de la « couper en deux » et d’en repartir.
À 19h30, on a bien mangé et bien bu (sagement : des olives et des biscuits salés comme apéro, puis du pain et du fromage, le tout accompagné d’une canette de cidre) et on va se coucher !