Le premier jour, nous dormions dans la chambre 23, au 2e étage sans ascenseur, la deuxième jour, dans la chambre 22, au 2e étage sans ascenseur. Je m’attendais donc à une chambre 21 cette fois, toujours au 2e étage sans ascenseur, mais non: nous avions la chambre 115, au 1re étage, avec ascenseur ! Ce qui ne m’a pas empêchée de dormir encore plus mal que les nuits précédentes ! Et ce n’est pas à cause du chemin de fer, tout proche, qui paraît-il (c’est Nathalie qui m’a dit) a valu un commentaire négatif sur internet à cet hôtel pourtant très bien.
Je commence ma journée en lisant à voix haute (comme ça Philipp en profite aussi) le premier article du blog de Nathalie et Henry, qui partent quant à eux pour 3 semaines en Norvège. D’ailleurs, si vous voulez suivre leur périple, c’est par ici et Henry écrit très bien : https://norway2022.greenpeppers.be.
Hier était jour de lessive pour moi, il était temps après trois jours… Bien qu’elle soit sèche ce matin, je change quand même de tenue – on a sa coquetterie, même à vélo – puis on part retrouver nos amis au petit-déjeuner.

Du coup on papote un peu plus que d’habitude et on se met en route à 9h45 seulement. J’ai programmé Komoot pour qu’on retrouve la rive de l’Elbe sans problème, et c’est en effet ce qui se passe. On admire au passage les anciens entrepôts (la Speicherstadt) et les ascenseurs qui mènent au tunnel sous l’Elbe (celui que Philipp aurait voulu qu’on emprunte hier), puis on continue vers Blankenese, dernier endroit connu de Philipp en Allemagne du Nord.


Le fléchage est toujours lamentable, et en suivant les panneaux Nordseeradweg, on arrive donc à une charmante petite plage qu’il est évidemment impossible de traverser à vélo. Un des policiers présents, à qui Philipp fait part fort civilement de sa perplexité et de son mécontentement, nous conseille de rejoindre la Elbchausee un peu plus haut, mais à mi-hauteur, on bifurque vers une adorable ruelle étroite, où on ne peut d’ailleurs pas rouler à vélo, bordée de magnifiques maisonnettes à droite et de leurs jardins à gauche, le tout à flanc de colline.





Les choses se compliquent quand on doit laisser passer le camion poubelle, dont on croirait qu’il a été fabriqué exprès pour passer dans cette ruelle. On se range avec nos vélos sur le porche d’une maison, puis on repart et on rejoint finalement la Elbchaussee, en prenant une côte qui me fait un peu penser à celle que nous avons dû gravir pour atteindre notre hôtel à Koblenz. Horrible… et évidemment, en poussant nos vélos, rester dessus serait impossible.
Nous retrouvons ensuite l’Elbe et une magnifique piste cyclable, et atteignons Blankenese à 11h20 après avoir roulé 16km.



À partir de là, on ne quitte plus vraiment l’Elbe, à une petite exception. Le vent n’a pas changé de direction depuis hier et on l’a donc dans le dos, on avance bien et on se paie même le luxe d’une petite course (on a tous les deux gagné !) sur une magnifique piste cyclable dans une réserve naturelle, juste avant de s’arrêter pour manger, à 12h20 a l’établissement Fährmannsand, à Wedel. On n’a fait que 28km, mais on doit être à peu près à la moitié du chemin. On reprend des forces avec deux œufs sur le plat (chacun) et des pommes de terre rissolées, le tout accompagné de force bière sans alcool – de la Weissbier pour être exacte, autrement dit de la blanche, mais munichoise. C’est très bon et ça tient au corps ! Il fait à nouveau très chaud, et seul le vent rend cette chaleur supportable.



On se remet en route vers 13h30, on retrouve des paysages très familiers, semblable à ceux qu’on trouve dans le Nord des Pays-Bas ou même le long de ll’Escaut, et surtout : des moutons ! (Avec les inévitables barrières qui vont avec…)
Et justement, une fois franchie l’une de ses barrières, on est harponnés, Philipp par une dame, moi par un monsieur, tous deux à vélo et qui nous expliquent la même chose (sauf que moi, je ne comprends pas un traitre mot): en fait, plus loin, cette route est fermée à certaines heures, qui varient selon les jours et ne sont évidemment pas affichées, sinon ce serait trop facile.

Mais le cycliste propose, du haut de son vélo de course, de nous guider, et nous poursuivons donc à trois, à une allure un tantinet plus élevée que ce dont on a l’habitude, et surtout sans pouvoir faire la moindre pause pour une photo ou une gorgée de thé (oui, on carbure au thé).
Lorsqu’on avise des panneaux indiquant Elmshorm, on pense qu’on va pouvoir en être débarrassés, mais non : il nous dit de le suivre encore, ce que nous faisons docilement. Et en fait, on n’a pas tort : il finit par nous lâcher à un embranchement où une piste part sur la gauche, littéralement dans les moutons. Pur bonheur pour moi, qui ai su garder une âme d’enfant, ou de bergère, comme vous voudrez.
Bon, évidemment, la bergère roule dans les crottes, mais que ne ferait-on pas par amour des bêtes ?




Finalement, on rejoint un canal, que l’on suit plus ou moins sans le voir – mais en voyant d’autres jolies choses ! – jusqu’à Elmshorn, qui disons-le tout de suite a l’air passablement moche. Il est 15h40, on a roulé 32,75km cet après-midi et on est morts de chaud !
Comme la ville n’a pas l’air terrible et que l’hôtel est un hôtel-restaurant pourvu d’une terrasse arrière toute mignonne, on mangerait bien la, mais pas de chance : le resto est fermé… et on est à nouveau au deuxième étage sans ascenseur, chambre 33 cette fois.
L’examen de la carte confirme qu’on a fait un détour en suivant notre guide, mais on n’a pas de regret : c’était très beau !
J’ai quelques craintes concernant cette nuit : on a manifestement des voisins bruyants, un groupe de mecs dont l’un est déjà venu tambouriner à notre porte, cherchant apparemment ses copains – mais sans un mot d’excuse quand j’ai gueulé à travers la porte…

Le soir, on fait simple et on se jette sur le premier restaurant des alentours, le Sandhu, une sorte de resto grill grec tenu par des Indiens, mais où on ne mange pas trop mal : d’abord un fromage grec pané, ensuite une patate farcie, aux épinards pour moi, au saumon pour Philipp. Et à 20h, on est de retour dans notre chambre, bien décidés à ne pas la faire longue !