(DE-DK) Lundi 27 juin 2022 (jour 1) : Un jour, six trains 

Les départs en vacances au petit matin, c’est toujours un peu stressant. Mais alors quand ton fils n’a plus donné signe de vie après que tu l’aies quitté le samedi soir dans la piscine d’un jardin brabançon, que tout ce que tu sais c’est qu’il n’est finalement pas rentré avec sa grande sœur, préférant rester plus longtemps chez sa marraine et rentrer en taxi…

Tout à mes préparatifs de voyage, l’évidence ne m’a frappée que passé 23h, pile au moment de me coucher. C’est sûr, il avait certainement été assassiné par un taximan homophobe et je ne l’apprendrais que dans quelques jours, quand on retrouverait son corps dans un petit bois. C’était le scénario à la fois le plus probable et le moins propice à l’endormissement. Bref, j’ai dormi 5h, et même le réveil programmé à 5h45 m’a trouvée déjà éveillée, levée … et rassurée : mon fils est vivant, alléluia, je ne suis pas une mère indigne, les taximen sont sympas, c’est juste que « j’avais plus de batterie ».

Du coup, ce qui est vachement chouette, c’est que j’ai même eu le temps de déjeuner avant notre départ, poules libérées, à 6h15 pour la gare du midi, où après un premier trajet cycliste de 6,9km (22 minutes), on a attrapé le premier des cinq trains prévus aujourd’hui, celui de 6h55 pour Welkenraedt…

Et puis le deuxième, Welkenraedt – Aachen, et tout aussi facilement le troisième, celui de 9h22 pour Düsseldorf. C’est-à-dire une heure plus tôt que celui prévu initialement, mais notre expérience récente de « disparition » de trains à Aachen nous avait fait choisir de partir une heure plus tôt que nécessaire de Bruxelles, pour être certains d’avoir le train de 10h22 pour Düsseldorf. Et comme miraculeusement, aucun train n’a disparu, nous voilà avec une heure d’avance sur l’horaire, ce qui devrait nous permettre, si tout continue comme ça, d’arriver à Cuxhaven vers 16h30 au lieu de 17h30.

Par contre, il fait gris, et dans les trains il fait même franchement froid ! 

A peine montés dans le train pour Düsseldorf, on se fait rappeler à l’ordre par une dame car on doit porter un masque. Et le mien n’étant pas réglementaire, elle me le fait remarquer sans ménagement. Ah, l’émouvant attachement teuton à la discipline !

Juste avant Düsseldorf, on traverse le Rhin. Et à Düsseldorf (coucou François !), on profite de la petite heure dont on dispose pour s’acheter un sandwich. On monte ensuite dans un train qui n’est pas celui pour lequel on a une réservation, espérant pouvoir ainsi arriver plus tôt à destination. La consigne est simple : en cas de contrôle, Philipp se tait, et moi je fais l’idiote qui baragouine à peine quelques mots d’allemand (bref, c’est tout moi) et je tente d’expliquer qu’on croyait que nos billets valaient pour n’importe quel train.

Le plan fonctionne à merveille, en tout cas pour cette partie-là. Mais les contrôleurs m’expliquent très gentiment et avec force gestes qu’on doit descendre à la prochaine gare, celle de Duisburg, et prendre le train suivant, qui est celui pour lequel on a une réservation.

Ce qu’on fait donc. Ce qui est bien, c’est que du coup on n’aura pas annulé pour rien notre réservation à l’hôtel de ce soir via Booking.com pour la refaire en direct, ce qui était la seule solution si nous arrivions après 17h pour pouvoir accès au coffre dans lequel se trouverait notre clé. Ne cherchez pas la logique, il n’y en a pas…

Et évidemment, je n’ai pas démérité du doux surnom dont m’affuble Philipp avec une touchante constance, et aussitôt dans le train Duisburg – Bremerhaven-Lehe, je me mets donc en devoir de (enfin) manger. Lui aussi, cela dit… 

Mais « Obélix en Germanie », c’est moi !

On entame notre plus long trajet en train de la journée, 3h30 environ, avec quelques arrêts seulement, dont un à Brême (coucou Ingo et Ulrike !).

Sauf qu’arrivés à Bremerhaven Hauptbahnhof, avisant la pluie qui tombe dru, on décide de descendre là plutôt que d’aller jusqu’à Bremerhaven-Lehe : quitte à attendre près d’une heure, autant le faire dans une « grande » gare plutôt que sur un quai sous la pluie ! C’est aussi l’occasion d’une boisson chaude, et je commence à me demander si je n’ai pas surestimé le caractère estival du climat en n’emportant qu’une paire de sandales et un unique pull… Enfin, mon application météo me promet grand soleil pour demain, et celle de Philipp, moins optimiste, estime le risque de pluie à 30%. Espérons que j’aie, comme toujours, raison ! 😜

Notre dernier train, jusqu’à Cuxhaven, accuse finalement un bon quart d’heure de retard à l’arrivée, resté longtemps immobilisé dans l’attente du passage d’un autre train venant en sens inverse. Il est donc 17h45 quand on arrive à Cuxhaven, par un temps vraiment maussade, gris et pluvieux, et c’est sous la pluie que nous gagnons notre hôtel situé à 3,5 km de la gare, heureusement sans nous tromper.

 

La chambre est jolie et relativement spacieuse, juste en face de l’église, et au 2è étage – je crois vraiment qu’ils le font exprès, quand ils accueillent des cyclistes !

La douche sous laquelle on se précipite, contrairement à l’habitude, a pour fonction de nous réchauffer…

Je me suis amusée – sur une idée de Philipp – à enregistrer notre trajet en train à l’aide de ma montre connectée. Mais elle n’est visiblement pas habituée à ce type d’exercice, car à l’en croire, on a parcouru 100 km ! Enfin, au moins on a notre trajet en image !

Le soir, on jette notre dévolu sur la pizzeria du coin de la rue, Parlamento, puis on se balader jusqu’à la Kugelbake, car oui, le soleil est enfin là !

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